Shana face à un choix 10

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Shana face à un choix 9

Julien roulait comme un fou, la jeep dans les tournants passaient sur deux roues. Enfin je vois un attroupement, des chevaux de frise sur la route et plus loin une voiture grise qui fume encore.

Ce n’est plus qu’un amas de tôles brûlantes et fumantes. A l’intérieur deux corps. Ils sont a l’avant, selon le légiste ce sont deux hommes. L’un a le visage avec une barbe fournie, l’autre est trapu et se distingue très bien.

La voiture a été incendié de l’extérieur. Il n’y avait pas d’autres corps. Au sol on voit nettement deux traces de roues. Deux véhicules ont stationné un court instant. Puis des pas avec des chaussures d’hommes genre

Armée

Oui Commandant, des chaussures comme portent vos hommes et toute l’armée française.

C’est le même dessin

Hélas !

Tout un stock de chaussures ont été volé il y a deux mois, cela ne veut pas dire qu’il y a un traître dans nos rangs n’exagérez pas.

Il y a un homme qui pourrait nous aider. Il était de l’autre côté, mais dois-je vous l’amener mon Commandant.

Oui

J’entendais le chant des merles lorsque soudain il s’interrompirrent brutalement, remplacé par un silence inquiet. Moi Martin j’ai baissé mes jumelles. Un peu plus bas, à travers les branchages, j’aperçois la fumée. Intrigué, j’ approche sans bruit. Le bois s’ouvrait sur un chemin forestier. Là, une fourgonnette grise était arrêtée, portière ouverte, flamme naissante sous le capot. Deux silhouettes étaient à terre, inertes.

À terre vous en êtes certain.

Oui Monsieur , oh pardon Capitaine .

À ce moment Julien intervient

Commandant ! Mr Darvel.

Ce n’est pas grave Julien, continuez Monsieur Darvel

Merci mon Commandant, moi et les grades je m’y perds un peu.

C’est bon dites moi Monsieur si vous vous adressez à moi. Continuez

Monsieur à vite des hommes au sol il y avait à côté, une autre voiture — une Renault Espace noire — moteur tournant. Je tremblais car à un moment donné mes jumelles ont fait un reflet sur l’Espace. Il y avait trois individus masqués qui s’activaient. L’un d’eux portait une femme inconsciente sur l’épaule. Ils la jetèrent dans le coffre comme un sac de linge. Un autre homme, plus petit, à la carrure nerveuse, remis les deux types au volant, versa de l’essence et jeta le jerrican dans les broussailles.

Cet homme avait-il des gants ?

Je ne sais pas car c’était un Africain.

L’avez-vous entendu parler? Avait-il un accent ?

Ne m’en demandez pas tant. Un accent du midi je connais mais un accent africain ça je ne connais pas, pour moi c’est pareil, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest ça se ressemble tout. C’est à ce moment-là, lorsqu’il a allumé que j’ai reculé d’un pas, mais une branche a craquée sous mon pied.

— Un type a crié, un blanc

— Merde, du bruit ! lança l’un.

L’homme au jerrican fit un tour rapide des yeux, mais ne me vit pas. J’avais le cœur battant, je me suis accroupi derrière un tronc, en retenant ma respiration. Ils se sont sauvé rapidement, j’ai entendu les pneus crissés.

La voiture noire a fait demi-tour sur le chemin étroit et elle est partit dans un nuage de poussière. En s’éloignant, j’ai vu brièvement sa plaque :…95 QF… quelque chose. Je n’ai pas eu le temps de tout voir, mais ce fragment est resté gravé dans ma mémoire.

Je n’osais pas sortir de ma cachette j’ai attendu plusieurs longues minutes avant de sortir. La fourgonnette grise brûlait maintenant comme un brasier. J’ai saisit mon téléphone. J’ai dit :

— Allô, la police ? Je… je crois que j’ai vu quelque chose de grave. Très grave.

La femme avez-vous vu comment elle était ?

Martin : Oui. Petite, brune je dirais. Ils l’ont mise dans le coffre.

Comment était-elle habillée ?

Une robe fleurie dans les tons de vert et jaune, même j’ai eu honte pour la petite dame, sa robe tenait que d’un côté

Comment ça ?

Faut tout que je dise

Oui tout même ce qui vous semble horrible

Et bien j’ai vu les fesses de la dame,

Vous voulez dire qu’elle n’avait pas de sous-vêtements.

Je suppose

Julien intervient il voit que Thomas vient d’avoir un appel, les hommes avaient-ils des accents ? Les avez-vous entendu parler ? Leurs voix étaient-elles graves ?

Martin : Une voix grave, lente. L’autre plus nerveuse, comme un jeune genre cité, ils parlaient français, oui, mais avec une façon un peu… tranchante. Pas des gars du coin. Un parlait africain, je l’ai dit au Monsieur. Je connais le parler de l’Est de l’Afrique car j’étais dans une ONG en Ethiopie et en Erythrée.

Tholas en entendant ces mots est étonné, bizarre se dit-il comme Samir. J’espère que ce n’est pas un faux témoin. Il faut signe à ces deux hommes serre la main de Monsieur Darvel, Julien lui propose de le ramener à sa voiture, mais il décline l’invitation.

Thomas monte dans la jeep et passe un appel interne très bref. Suis le type dans le bois et tiens-moi au courant. Personne n’entend la réponse. Thomas attends ces acolytes et il repart sur les chapeaux de roues ce qui fait s’ esclaffer Julien.

— Tu dis de moi, mais toi mon Commandant vous allez nous jeter dans le fossé.

— Et si je freine tu vas atterrir dans le pare-brise, tu as oublié de mettre ta ceinture de sécurité.

— Excuse-moi je suis absorbé par les propos de Darvel

— Toi aussi alors nous sommes deux, en ce moment un petit groupe l’a pris en filature. Deux le suivent, deux sont le long de la route et deux sur l’autre chemin au cas où il change de route forestière.

— Bien vu mon Commandant.

Thomas (pensée) : Trois ravisseurs, deux morts, une femme enlevée, une tentative d’enlèvement d’enfant et maintenant, une plaque partielle. Y a autre chose là-dessous. Beaucoup plus gros que ce qu’on nous laisse croire. Les policiers pensaient à un banal accident mais ils n’ont pas entendu la version du dénommé Darvel. Celui-ci j’espère que mes hommes l’auront logé

Quatre à cinq heures plus tard le second de Thomas est de retour. Exténué mais porteur de bonnes nouvelles. Enfin si le fait que Darvel est un faux nom, mais leurs découvertes ne s’arrête pas là.

— Nous avons mis un traceur sur sa voiture. Et le gars est suivi en ce moment. Mais ce n’est pas tout nous avons entendu une drôle de conversation.

Ah oui laquelle ?

— Je l’ai enregistré, écoute.

— Allo ici Daniel, c’est vous Aïcha

— Non je ne rempile pas, c’est juste que j’ai croisé Samy

— Si je vous dit que c’est votre frère c’est que j’en suis certain.

— Au revoir

— Julien rentre à la caserne et essaye de comprendre ce que lui disait cette Aïcha. Cela m’intéresserait de le savoir. Donc il s’appelle Daniel et non Darel. C’est quoi son nom de famille ? Nous le saurons lorsque Matricon et Perbet seront revenus. Si sa boîte à lettres le mentionne.

— Tiens Lefèvre m’appelle. On rentre au bercail, ma famille m’attend.

— Mon Colonel, mes respects mon Colonel . Ah oui, espérons que les oiseaux sortiront du nid.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 8

Thomas a sa tête des mauvais jours, mais il dit aux grands de ne pas s’inquiéter, c’est une affaire d’adultes. Et pour l’instant il est encore en vacance et à distance il ne sert à rien.

— Avant de rentrer mais dans la voiture je vous donne la parole, dîtes-moi si vos vacances étaient intéressantes, passables ou nulles. Le plus jeune commence.

A ce moment-là on entend les pleurs d’un des jumeaux, ce qui fait rire Mila.

— Si c’est Matis il ne doit pas être content, car Matéo lui est toujours heureux. Il fait de plus beaux sourires que Mat…

— Matis est plus sage et il a rattrapé son frère en poids et dépasser d’une courte tête Matéo a dit Papa.

— Mila, Maël, c’est bien de faire des comparaisons mais la question je vous la posais à vous. Vos frères c’est bon ils m’ont répondu.

Moi Maël j’ai beaucoup apprécié nos vacances, on a fait plein de choses en famille. Le tir à l’arc m’a bien plus, j’aimerais faire ce sport à la rentrée.

— Et toi Mila

— J’ai aimé… Attendez je réfléchis, j’ai TOUT aimé, surtout lorsque l’on a pêché les poissons avec Youcef et que nous les avons mangé à la broche. Et j’espère que je ne ferais pas du tout à l’arc à la rentrée ça ne me plaît pas du tout. Je continue la natation puisque je vais en classe sport.

— Et toi Shana ?

— Ah moi aussi je dois dire les impressions. Bon j’ai aimé le bateau que ton groupe a acheté. Le coin sommeil est sympa, dinette un peu exiguë, heureusement qu’il faisait beau. Sinon j’ai aimé lorsque Mila a eu le courage de changer les deux jumeaux. Cela m’a beaucoup soulagé. J’ai aimé vos rires, votre jeu de piste, je n’en avais jamais fait de la vie. Merci ce fut une excellente idée. Et toi Thomas ?

— Je suis heureux que mon idée d’anniversaire vous ai plus. J’ai bien entendu aimé les cadeaux de tous, de vous mes enfants, de mon amour.

— Maman t’as offert un cadeau, on ne l’a même pas vu.

— Pourtant il se voit bien

— Hein ! Quoi ?

— Vous le verrez tout-à-l’heure.

— Pourquoi Papa

— Parce que je conduis.

Dans le rétroviseur intérieur Thomas voit ses enfants faire une drôle de tête, il sourit. Pour l’instant c’est encore le bon temps. Après ce sera dure.

La route n’est pas trop encombrée et nous arrivons à bon port dans le délai prévu par Shana qui est le meilleur GPS que je connaisse. La carte sur les genoux et parfois son guide à la main, elle montre aux enfants les curiosités qu’elle note sur un calepin, afin qu’un de ces jours nous puissions les visiter. J’adore cette femme.

— Nous voici arrivé, les grands sans qu’on leur demande rien détache les cosy et emmènent leurs petits frères dans leur chambre. J’embrasse Shana une fois que j’ai déposé devant la porte l’ensemble de nos cannes à pêche que Maël est chargé de ranger. La nourriture et tout le reste c’est Malik et Julien qui se chargent de l’emporter chez nous. Je change de voiture, celle-ci est notre dernière acquisition suite à l’arrivée des bébés. Six places plus des bagages et tout ce que l’on emporte pour des bébés de quatre mois fait que notre petite Captur ne faisait pas l’affaire.

La jeep démarre au quart de tour, nous sommes attendus. Il y a eu un drame chez Myriam. Je n’en sais pas plus, mais Julien mon second m’explique ce qu’il s’est passé.

— Nous avons été appelé par le Docteur à cinq heures du matin pas en tant que GIGN mais en tant qu’amis. Le Colonel était présent , c’était le briefing suite à une opération que nous avons mené cette semaine. Il nous a donné l’autorisation mais on attendait les ordres s’il fallait entrer en force.

— Julien viens en au fait, je ne veux pas savoir les états d’âmes du Colonel, je veux comprendre ce qu’il s’est passé chez nos amis.

— D’accord, mais je ne sais pas quelles sont tes relations avec ta belle-sœur.

— Mauvaises, alors lâche-toi

— Voici ce que Myriam nous a raconté :

L’après-midi avait cette lumière dorée propre aux fins d’été. Le parc résonnait de vie : cris d’enfants, conversations étouffées, le froissement des feuilles. Édith, assise sur un banc à l’ombre, veillait distraitement sur la poussette. Le bébé de 15 mois s’était assoupi, les joues roses de chaleur.

— Qui vous a raconté ça ?

— Myriam et une autre dame témoin de la scène.

— Ok continue

Elle tapotait sur son téléphone, nerveusement. Il y avait quelque chose dans l’air… elle le sentait, sans pouvoir l’expliquer.

— On dirait que c’est Edith qui vous le raconte,

— C’est ce qu’on ressentit les gens

Derrière elle, un bruit sourd, à peine un frottement sur le gravier. Elle n’eut pas le temps de se retourner : un bras passa brusquement autour de ses épaules, l’autre plaqua un chiffon humide contre son visage.

— Ils ont vu ça et ils ne se sont pas précipité.

— Ils étaient loin

— Et comment ont-ils su qu’il était humide ?

— ils l’ont laisse tomber.

— Sauf le respect que je te dois Thomas tu es chiant.

— Bon continue j’essaye de me retenir. Et on va où, nous ne sommes pas sur la route qui mène chez Myriam et Alain.

— Tu comprendras lorsque nous serons sur place.

— Alors vas y

Elle se débattit, son cri étouffé dans sa gorge. La poussette tomba sur le côté sous l’effet du mouvement. Le bébé se mit à pleurer, hurlant de terreur.

Un second homme se précipita vers l’enfant, mais dans la panique, son bras heurta la structure métallique de la poussette renversée. Il pesta, tenta de saisir le bébé… Trop tard.

— On dégage ! hurla le premier.

Ils abandonnèrent l’enfant, embarquant Édith dans une fourgonnette grise stationnée non loin. Le tout avait duré moins de 20 secondes.

La voiture disparut dans le trafic avant que quiconque ait vraiment compris ce qui se passait. Le bébé, couché sur le côté dans la poussette renversée, pleurait à fendre l’âme. Un passant alerté par les cris accourut.

— Appelez la police ! Quelqu’un vient d’enlever une femme !

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 7

Cette année, la famille largue les amarres pour une aventure douce et joyeuse. À bord de leur propre bateau, Shana, Thomas, Mila, Maël et les jumeaux de 4 mois quittent Paris pour fêter comme il se doit l’anniversaire de Thomas: un mari, un père. Direction un grand lac sauvage, calme et vaste, parfait pour se retrouver, rire, souffler — et vivre l’instant.

À bord, la vie s’organise au rythme des enfants et des envies. Les jumeaux dorment bercés par les vaguelettes, blottis dans les bras de Shana ou dans le calme du carré. Mika et Maël se relaient pour leurs frères.

Mila et Maël improvisent des cabanes avec les coussins de pont, pêchent des bouts de bois comme s’ils chassaient des trésors, et ponctuent chaque fin de journée par un plongeon dans l’eau claire. Les batailles d’eau avec leur père, c’est certain ils s’en souviendront.

Parfois Thomas, curieux et appliqué, apprend à prendre les commandes du bateau avec Youcef, le capitaine. Chaque jour, un peu plus autonome, il s’initie au langage des courants, des nœuds, et du vent. C’est un passage de relais entre marins, un moment complice d’homme à homme. Pour une fois Youcef apprend au boss. Il n’en est pas peu fier.

Pour le dîner d’apparat, chacun s’est apprêté avec soin, dans une élégance légère, estivale, sans trop en faire.

Shana portait une robe longue en lin ivoire, boutonnée sur le devant, fluide et légère, parfaite pour la chaleur douce du soir. Ses cheveux relevés en chignon bas, des créoles aux oreilles, elle avait cette grâce naturelle des femmes qui n’ont rien à prouver.

Sa fille Mila, 15 ans, était radieuse dans une robe portefeuille en soie fine, teinte vieux rose. Sa silhouette élancée, ses sandales dorées et ses cheveux noués d’un ruban lui donnaient une allure de jeune femme, élégante sans effort, belle comme le début d’un été.

Thomas et Maël, tous deux en costume beige clair, portaient une chemise blanche à col officier, légèrement entrouverte. Sobres et raffinés, ils avaient opté pour une élégance décontractée, parfaitement dans le ton du moment.

Thomas, fier et détendu ; Maël, sérieux et déjà si grand dans son allure. Même les jumeaux étaient de la fête. Habillés chacun d’un petit pantalon souple couleur sable et d’une chemisette blanche en gaze de coton, avec de fines bretelles assorties, ils étaient irrésistibles dans leur tenue de petit homme…

Le bateau s’amarre dans une crique discrète, près d’un petit port. Une surprise les y attend : les hommes du GIGN, l’unité que commande Thomas, ont préparé un dîner d’apparat en son honneur. Costumes décontractés mais élégants, regards complices, éclats de rire, anecdotes échangées autour d’une grande table dressée en terrasse du restaurant. Le vin coule, les toasts se succèdent, et les enfants, un peu intimidés, observent ce ballet d’amitié et d’estime.Ce soir-là, c’est l’homme qu’on célèbre : le père, le chef, le frère d’armes. Et aussi, discrètement, l’homme qui apprend, même à la barre, à se laisser guider.

Le lendemain du dîner, l’ambiance restait joyeuse, mais plus détendue. On se levait tard, on traînait un peu en tongs sur le pont, les jumeaux gazouillaient dans leur coin d’ombre, et le café s’éternisait.

Dans l’après-midi, une nouvelle activité les attendait : tir à l’arc en pleine nature.Mila, concentrée, bandait l’arc avec précision. Maël, dans son élément, visait les cibles comme s’il s’agissait d’un entraînement d’élite. Thomas, un peu joueur, prenait l’exercice très au sérieux — esprit GIGN oblige. Même Shana s’y essayait, éclatant de rire dès que sa flèche prenait la tangente. Youcef, fidèle capitaine devenu arbitre improvisé, tenait le score avec la rigueur d’un vieux marin.

Puis, pour clore la semaine, Mila et Maël avaient préparé une surprise : un grand jeu de piste autour du lac et à bord du bateau. Enigmes à résoudre, petits défis, balises cachées dans les coffres et sous les coussins, messages codés à décoder avec une boussole ou une loupe. Les rires fusaient, les esprits s’agitaient, même les bébés semblaient s’amuser de l’agitation joyeuse autour d’eux.

Et c’est ensemble, un peu émus, un peu salis par la terre et le bonheur, qu’ils découvrirent le trésor final : une grande toile blanche tendue sur le pont, avec une inscription peinte à la main par les enfants : »À notre capitaine préféré, joyeux anniversaire. L’escale sera longue mais bientôt nous repartirons.

Alors que le soleil commençait à décliner, les enfants avaient réservé une dernière surprise à leur père. Mila tendit un carnet relié de cuir, soigneusement décoré à la main : à l’intérieur, des mots tendres, des dessins, des souvenirs, des anecdotes — une collection d’amour en pages simples.

Maël, de son côté, lui offrit un pendentif en bois gravé, façonné lors d’une escale, qu’il avait suspendu à une ficelle marine : « Pour te porter chance quand tu navigues sans nous », avait-il écrit, il y avait sa carte avec ses étoiles, un petit mot de ret à lire seul.

Et puis, Shana arriva du carré avec un gros gâteau au chocolat fabrique avec Mila et Maël, dressé avec humour sur un plat de fortune.Au sommet, une bougie spéciale, fine et haute, en forme de gouvernail. Tout le monde se tut un instant. Même les jumeaux, blottis contre leur mère, semblaient percevoir que ce moment comptait.

Thomas souffla la flamme dans le silence, les yeux brillants. Pas de discours, pas de mise en scène. Juste un instant simple, vrai, et profondément ancré dans le cœur de chacun.

La mini croisière s’acheva par des chants marins repris en chœur par Mila .et Maël quant à lui faisait des couacs car sa voix commençait à muer. Ce qui amusaient ses parents et Mila très moqueuse se tenait les côtes chaque fois que ça partait en vrille.

Une fois le bateau à quai direction la voiture pour retourner à la caserne. Mais en route un appel téléphonique gacha leur dernière soirée.

A suivre…

Copyright juillet 2025

Shana face à un choix 6

Pour Mila et Maël, c’est incroyable : leur papa a toujours des idées géniales. Immédiatement, les deux grands adhèrent à son projet. Pourtant, Thomas précise qu’il y a une légère modification.

Oui, ils feront bien du kayak… sauf s’ils préfèrent embarquer pour une micro-croisière.

— Une quoi ?! s’écrient-ils en chœur. Et sur quel bateau ? Tu n’en as pas !

Thomas passe sa main dans les boucles de Maël et leur répond avec un sourire :

— J’en ai reçu un pour mon anniversaire.

— De Maman ?

— Non… de mes hommes.

La surprise se lit sur tous les visages — même sur celui de Shana. Elle le regarde et dit simplement :

— Cachottier.

Ce que Thomas admet volontiers.Les deux enfants abandonnent sans hésiter l’idée du kayak. Maël est même prêt à céder sur le gâteau d’anniversaire, mais Thomas le rassure avec tendresse :

— On fera le pique-nique, tu m’offriras ta carte au moment du gâteau… et on le mangera à bord.

— On part combien de jours ? demande Shana.

— Nous sommes mercredi. Eh bien, je peux consacrer une semaine entière à ma famille. Ça vous va ?

— Pour ta mini-croisière… oui.

Ce simple « oui » suffit à rendre Thomas fier de sa tribu.Mais soudain, Mila semble soucieuse. Elle demande si ses petits frères viendront, car, selon elle, la fête ne serait pas réussie sans eux.

— Même si, dit Maël, on ne se souvient pas de ce qu’on fait à trois semaines de vie…

Thomas les rassure : toute la famille sera là. Cette fois, ce ne sera pas lui le capitaine. C’est Youcef qui pilotera le bateau, et il lui donnera sa première leçon, en sa compagnie.

— J’aime bien Youcef. Il dit que je ressemble à son fils, avec mes boucles.

— C’est vrai, l’un de ses fils a les mêmes cheveux que toi. Tu sais pourquoi, Maël ? Nous ne t’avons rien caché.

— Oui… et vous êtes les meilleurs parents du monde !

— Tu es un rêveur, Maël. Tu verras, les parents sont chiants en grandissant… Quoique, t’as de la chance, t’es pas une fille.

— Pourquoi ? Les filles sont plus chiantes que les garçons ?

— T’es bête.

— Et toi, t’es bien une fille.

Thomas et Shana les entendent se chamailler pendant encore cinq minutes… Puis, plus rien. Juste des pleurs de bébé. Les deux grands reviennent, chacun portant un jumeau : celui dont ils ont choisi le prénom.

Shana prend Matis pour le peser, il.pesait il y a une semaine trois kilos huit cent quarante. Ironie du sort, c’est Matéo, déjà quatre kilos deux cent, qui lui pèse dans les bras.

— Tu n’as pas pris Matis, Maël. Tu as Matéo.

— Alors… qui les a recouchés dans leurs berceaux ?

— C’est toi, répondent Thomas et Shana d’une même voix.

— Moi ? Oui, dit Shana. Mais j’ai changé les berceaux de place ce matin.

— Et tu es la seule à les reconnaître ! Donc… tu nous as tendu un piège ! crient Thomas, Maël et Mila à l’unisson.

— Un gage pour Maman !

Puis le calme revient, interrompu par les pleurs insistants des deux bébés affamés. Thomas se précipite pour préparer les biberons. Peu à peu, la maison se calme. Seuls les sons des nourrissons subsistent.Maël sait que Matis boit lentement, mais il est très patient.

Matéo, lui, est un goulu : il boit comme un TGV. Ce qui arrange bien Mila, qui a toujours mille choses à faire. Se regarder dans le miroir, se maquiller les yeux, se faire une bouche rose… puis rouge… pour finalement la colorer en bleu à paillettes. Quand elle redescend, son père, inévitablement, lui dit…

—Pour les vacances je tolère ton maquillage, mais pour l’école il n’est pas question. Qui t’a acheté cette couleur ?

Un éclat de rire dans le salon et j’ai ma réponse. Maël répond :

— C’est mon cadeau d’anniversaire à Mila, tu l’as pourtant vu.

— La boîte grise

— Oui Papa

— Je pensais que c’était pour le dessin, du reste c’est ce que vous avez laisser entendre.

— Oui pour se peindre le visage, c’est de l’art Papa tu ne le savais pas ?

On en découvre tous les jours avec deux adolescents aussi complices. Allez préparer un petit sac, n’oubliez pas une tenue habillée, j’ai une surprise pour vous. Si vous avez un doute, demandez à votre mère. À part ça, prenez votre maillot de bain, de la crème solaire, des vêtements légers… et un pull, les soirées sont fraîches en bateau. Allez, filez maintenant, j’ai du travail.

Les enfants s’éloignent discrètement, et Thomas se replonge dans son ordinateur, oubliant brièvement les complications que le retour d’Édith ne manquera pas de provoquer.

Thomas ouvre à nouveau l’ordinateur , il ne se souvient plus où il en était puis une demi phrase lui saute aux yeux. Ah oui se dit-il.

 » Samir était avec les forces françaises stationnées au Sahel tissant des liens autant avec les officiers qu’avec les hommes de terrain. Il connaissait les codes, les zones sensibles, et surtout les hommes. »

Que faisait cet homme qui était dans une ONG fort connu avec l’armée Française ? Un indic, un infiltré. Bon il lui fallait lire la suite. Et Edith dans tout ce bazar où était-elle ?

Mais un jour, alors qu’il voyageait entre Dakar et Bamako, Samir s’est volatilisé. Il a bien décollé de Dakar, mais n’est jamais arrivé à Bamako. Une note à la main a écrit ( aurait-il pu sauter en parachute)?

Thomas ne le connaissant pas, ignore s’il est formé au saut en parachute.

Mais il lui faut s’avouer que c’est difficile de ne pas y croire. À moins bien entendu qu’on l’est fait disparaitre en le tuant. Mais dans un avion les armes sont à bannir.

Les derniers signaux de son téléphone ont été captés non loin de la frontière malienne, dans une zone réputée instable. Selon des sources locales, il aurait été intercepté par une patrouille armée, des hommes en treillis sans insignes — des anciens de l’armée régulière malienne, passés à la dissidence. Ils connaissaient Samir. Ils savaient ce qu’il savait. Et ils avaient leurs propres raisons de le faire taire… ou de l’utiliser.

Thomas trouve que tout cela sent mauvais…

Depuis, plus de nouvelles. Officiellement, il n’a jamais existé. Officieusement, certains savent qu’un nom a disparu des listes — et que ce nom valait plus que beaucoup.

Lorsque Shana redescend, elle trouve Thomas prostré, son visage dur, ce n’est plus celui d’il y a quelques heures, souriant, riant avec les enfants. Maintenant il a toute la misère du monde sur ses épaules.

— As-tu peur ?

— Oui

j’ose le dire même si j’espère que Shana ne va pas s’affoler.

— Pour Edith

— Non plutôt pour ce bébé

—Ils sont en danger

— Je ne sais pas, sinon il faudra protéger l’enfant.

— Ah ! Mais quel enjeu y-a-t-il ? C’est un bébé. Qui sont ses parents ?

— Ça c’est notre première enquête. Il faut qu’Edith réponde à toutes nos questions et surtout il faut qu’elle soit honnête.

Thomas fixe l’écran de son ordinateur. Sur la fiche d’Interpol, une simple ligne

Nom : Mbarek, Samir. Statut : Localisé. À surveiller. Dernière apparition connue : Dakar, 6 mois. Ancien collaborateur ONG – Médecins sans Drapeaux.

J’appelle Malik, je vois qu’il m’a laissé un message vocal. Peux-tu me laisser Shana, si c’est top secret je ne peux pas t’en parler et si tu restes je ne peux pas prendre la communication.

Shana me dépose un baiser sur les lèvres et monte voir où en sont les enfants.

Malik en visio

— Aucun mandat d’arrêt. Mais ce type est listé comme potentiellement infiltré. Pas criminel, mais instable. Une enquête en sommeil. Classée « zone diplomatique sensible.

— Diplomatique ?

— L’ONG pour laquelle il bossait a été démantelée dans des conditions troubles. Financement opaque. Missions non déclarées. Certains parlent d’activités paramilitaires sous couverture humanitaire.

Thomas serre les dents.

— Et Édith me dit juste qu’il « était gentil.

Il dit merci et à bientôt à Malik et se tourne vers Shana. Nous partons en vacances immédiatement.

A suivre…

Copyright juillet 2025