L’autoroute de tous les dangers/20

L’aveu de Stéphane : c’est un cataclysme !

Pendant que nous nous rendions au 36 le téléphone a sonné. Théo s’est arrêté est sorti de sa voiture et a pris la communication. C’était Stéph.


Au fur et à mesure de la discussion je voyais Théo changer de couleur, puis se tenir la poitrine comme s’il étouffait. Puis il a poussé un cri rauque. Il a balancé son téléphone et s’est mis à crier comme s’il y avait une personne en face de lui. J’avais entrouvert la portière, j’ai senti à ce moment-là que la révélation était horrible pour Théo et il lui était impossible de me le dire.

Il arpentait le bas côté de la route à grande enjambée, tout en faisant des allers retours. Il parlait à voix haute avec des tons aigus, puis soudain fou de rage il s’est mis à hurler :

 » j’ai honte. Oh ce n’est pas possible. Je suis maudit, salaud tu n’es qu’un salaud, un sacré comédien, tu t’es joué de nous tous, tu es une crapule, pourquoi es-tu tombé si bas ? Pourquoi? Je vais aller te chercher et je vais écraser ta tête arrogante et tu vas croupir en prison même si j’ai honte. »

Mon travail c’est toute ma vie et Julie est mon amour. J’ai mal, je souffre. Tu as voulu la tuer, et après tu m’aurais tué, mais non jamais tu ne te salirais les mains. Tu n’es qu’un imposteur. Pourquoi n’as tu pas tué Hugo car Stéphane me l’a dit tu connaissais tout de ce qui s’est passé ce fameux jour de juin.

Puis il s’est assis a même le sol et s’est mis à pleurer.
Je suis sortie de la voiture, me suis approchée de lui, il sanglotait comme un enfant.

Je ne lui ai rien dit, je me suis assise auprès de lui, l’ai pris dans mes bras, lui ai caressé le visage.

Au travers de ses larmes, il m’a a regardé et il m’a dit :

 » C’est mon père ».

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/19

Le pire est en train d’arriver

Il est pas loin de trois heures du matin lorsque nous rentrons à l’hôtel mise à notre disposition.

C’est à ce moment que je me souviens que je ne lui ai pas parlé de cet hypothétique enfant, car, pour moi tant que je n’ai pas fait de test je ne puis me fier à sa mère. Même si dans son domaine c’est une pointure.

Elle sait toujours avant tout le monde ce qui va se passer. Pour Hugo elle a manqué de discernement ou elle a préféré fermer les yeux.

Mais comment le dire à Théo, j’ai vu ces yeux qui brillaient lorsque nous avons franchis le seuil de notre chambre. Il n’avait qu’une idée en tête me faire l’amour. Comme depuis que nous sommes sur cette enquête, nous prenons ensemble notre douche, c’est notre petit rite immuable, et après de fil en aiguille tout en me lavant et réciproquement je le caresse ou lui, mais ce soir nous n’irons pas plus loin, je préfère lui parler avant.

Il faut que je te dise ce que ta mère m’a dit.

Elle t’a fait de la peine, je pense que tu es en capacité de te défendre.

Non tu n’y es pas du tout.

Elle m’a empêché de boire une coupe de champagne.

Mais en quel honneur ?

Elle m’a dit que j’étais enceinte.

Une avalanche ou un tsunami se seraient produit au même moment je pense que Théo aurait eu la même expression.

Mais Julie la condition pour que tu ailles le plus loin possible dans la relation que tu avais avec mon jumeau c’était que tu te fasses poser un stérilet.

Je ne l’ai pas fait enlever si c’est ce que tu crois, ça arrive, certes fort rarement que des femmes se retrouvent enceinte malgré un stérilet.

Si c’est mon cas et bien je dois rapidement savoir de qui est mon enfant. J’ai fait un calcul, ton frère a mis un préservatif les trois dernières fois avant notre départ pour notre semaine de congés qui date d’il y a deux mois.

Je suis à peu près certaine que cet enfant est de toi. Mais le risque zéro n’existe pas.

Tu veux te faire avorter si ce n’est pas le mien, je te le dis tout net, pour moi c’est non. Je serais son père et il n’aura pas la tête du voisin. Mon frère et moi on est plus que semblable.

Ni les oreilles de mon voisin, bon mais je ferais quand même un test de paternité dès demain car c’est possible. Comme vous êtes jumeaux, tu vas te débrouiller pour avoir un échantillon du sang d’Hugo.

Si je fais ça, tout le monde à la brigade saura que tu attends un enfant.

On ne le chantera pas sur les toits si c’est Hugo, on se débrouillera. Il n’a pas eu de visite médicale, invoque n’importe quoi pour que le médecin lui fasse une prise de sang, tu ne seras pas à cours d’idée.

Je n’ai pas les idées claires ce matin, je vais y réfléchir mais je vois que tu n’es pas convaincue sur le fait de le garder. Écoute nous n’allons pas y penser et on avisera demain.

Alors prends-moi dans tes bras, viens.

Tu me pardonnes Julie mais ce soir je n’ai pas la tête à la bagatelle, je suis abasourdi que mon frère ait pu commettre tous ses actes odieux, aussi bien sur ta sœur et aussi sur son amie. Ainsi que sur toutes ces femmes qui nous ont raconté leur calvaire lorsque j’étais en poste à Lyon. Et le pire c’est qu’il semble que l’on a pas encore touché le fond.

Tu sembles inquiet, qu’est-ce qui te préoccupe ?

J’ai un vague pressentiment, écoute je vais te laisser seule quelques heures, mon ami qui sera en binôme demain avec toi va exceptionnellement dormir dans le canapé de la suite que nous avons.

Pourquoi tu penses que moi aussi je suis en danger.

Je ne sais pas, mais c’est bizarre ce que nous a confié Margot la femme de Jean-Ba, pourquoi un commanditaire aurait donné l’ordre de me tuer. Qu’ai-je vu ou entendu chez moi qui devrait m’alerter ?

Où vas-tu ? Qui vas-tu voir?

Une relation.

Qui ton indic ? La belle que j’ai vu chez tes parents.

Écoute ne te mets pas en tête quoi que ce soit, j’ai besoin de m’assurer d’une chose qui me trotte dans la tête. Moins tu me poses de questions, mieux je te protège. Et, c’est aussi la raison pour laquelle je pars maintenant, il fait encore nuit, je ne pense pas que nous ayons été suivis, les locaux du 36 ne sont plus en service, être là-bas est une excellente couverture.

En effet Toi, surtout si tu portes notre enfant tu dois te reposer. Dors. A demain mes amours.

Dès que Théo est parti l’officier qui a le même grade que moi, son meilleur ami rentre discrètement avec un oreiller. Il a un bandeau noir sur la tête je suppose qu’il va se le mettre sur les yeux.

Je vais dormir, faites en autant Capitaine.

Merci je vais d’abord grignoter, vous n’avez pas faim.

Si mais je tombe de sommeil.

Prenez ce que Théo n’a pas pu avaler.

Oui je sens qu’il a découvert quelque chose mais il n’a rien voulu me dire, à vous non plus j’imagine.

Vous imaginez bien, mais quoi que ce soit je pense que cela va le faire souffrir.

Je mange plus que je grignote, le Capitaine quant à lui ronfle comme un sonneur de cloche.

Puis je m’allonge sur les draps et m’endort.

C’est un bruit imperceptible qui m’a réveillé, soudain je me souviens avoir laissé entrebâiller la fenêtre. Je suis certaine que l’on monte par les terrasses. Je me précipite dans le salon mais on me ceinture et on m’applique une main sur la bouche.

Théo me chuchote à l’oreille c’est moi, ne dis rien et va te cacher dans la salle de bain, sous aucun prétexte tu n’en sors. Tu attends que je frappe trois coups fort espacés d’un silence et à nouveau trois coups. Là tu pourras ouvrir.

J’exécute les ordres et attends, quoi je ne sais pas. Il y a des bruits de lutte, puis un cri, et finalement un coup de feu. Puis plus rien. Et si mes deux gardes du corps étaient blessés et en train de se vider de leur sang. Je devrais leur porter secours.

A nouveau j’entends des bruits, j’écoute ce qu’il se dit.C’est Théo qui parle avec le Colonel, je suis rassurée, mais pourquoi ne vient-il pas?

A nouveau des pas nombreux, puis un bruit caractéristique, un lit de pompiers. Il y a un blessé. Intérieurement je maudis les ordres de Théo mais je les suis à la lettre. J’aurais pu me rendre utile. Qui a été blessé ?

Ah ça y est on frappe trois coups, puis le silence et à nouveau trois coups. J’ entrouvre la porte, Théo me prend dans ses bras, il a la lèvre ouverte, un pansement sur la tête.

Que s’est-il passé ?

On est venu pour te tuer !

Moi ?

Oui

Mais qui te l’a dit ?

Mon indic

Elle l’a appris comment ?

En quittant la soirée elle a surpris une conversation entre deux personnes qu’elle n’a pas pu me décrire. Juste leur voix dont une bien caractéristique.

L’homme déguisé aux dents de fer comme nous a dit la femme de Jean-Ba.

Voilà c’est exactement ça, donc je pense que c’était le commanditaire et Arthur. J’ai une petite idée pour celui qui donne des ordres mais il y a tout de même une chose qui me chagrine ce pourrait être lui mais c’est impossible que ce soit lui…

Qui ? Explique toi ?

Plus tard, prends ton petit déjeuner on nous attend au 36.

Il est où ton ami ?

A l’hôpital

On a tiré sur lui

Oui C’est grave?

Hélas..

Et le tireur, c’était ton cousin ?

Ce n’était pas Arthur c’était un comparse armé d’un fusil à pompe. Il a voulu repartir par la fenêtre mais il a mal calculé son coup et il s’est brisé la nuque en chutant brutalement sur le sol

Mais j’y pense pourquoi on a voulu me tuer.

Il y a une personne que je nomme X car j’ignore encore qui cela peut-être, qui était présente au cocktail, elle a trouvé que tu ressemblais étrangement à une fille qui n’aurait pas dû survivre à un viol collectif.

Qui ? Et pourquoi me tuer maintenant ils ont eu plus de deux ans pour tuer ma jumelle vu que moi j’étais sur Versailles. La corvette violette de ton frère avait ramené mon père dans notre maison. Ils savaient pertinemment où elle habitait.

Selon Jean-Ba qui s’est mis à table après notre départ, Hugo se serait rendu à votre maison, six mois après le drame et il aurait appris de votre voisine que ta jumelle était folle, avait perdu la mémoire et ne parlait plus.

Et la voisine n’avait jamais parlé de moi.

Non, ton père m’a dit que tu n’étais pas venu pendant cette période, tu étais plus souvent à l’hôpital psychiatrique que chez eux.

Effectivement je passais des heures à son chevet, plus tard mes parents se sont séparé, ma mère reprochant à mon père d’avoir permis à leur fille d’aller avec Hugo. Ce drame a bouleversé notre vie. Ma mère et mon jeune frère sont parti en Italie. Mon père et ma sœur ont quittés Lyon, vendu la maison et m’ont rejoint sur Versailles.

A cause de mon frère vous avez été les victimes collatéraux.Viens le Colonel nous donnait deux heures pour se remettre de nos émotions et maintenant je suis ton binôme pour l’interrogatoire de mon jumeau

C’est une mesure exceptionnelle car ceux qui sont de la famille sont souvent écartés de l’enquête, mais là on a que ce moyen pour le faire craquer.

Nous voir en couple devrait le faire sortir de son mutisme.

Oui

Tu ne veux toujours pas me dire à qui tu penses pour le commanditaire.

Je ne veux pas accuser une personne qui ne peut pas l’avoir fait.

J’attends un appel téléphonique de St Barth.

Stéphane va t’appeler

Oui j’ai récupéré dans les scellés le téléphone de mon frère, j’ai envoyé un texto à Steph en disant :

Adieu Mélodie, paix à son âme. Et Steph m’a répondu :  » on t’as dit qui était le commanditaire ? » Je lui ai dit non

Et ?

Il m’a répondu je suis en avion dès que j’ai mis le pied à ma cabane de pêche je t’appelle et tu vas tomber à la renverse.

Sa cabane de pêche ?

Oui en plus de sa villa il a une cabane de pêche.

Donc vos collègues ne vont l’intercepter qu’une fois que tu sauras qui est le donneur d’ordre.

Toutefois Julie le donneur d’ordre n’a rien à voir avec l’enquête sauf qu’il était au courant des horreurs. Jusqu’à quels points? Quand je saurais son nom …

Et Théo est blanc comme un linge et si je ne le soutenais pas il serait tombé.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/18

Une journée spéciale au 36 Quai des Orfèvres

Mais capitaine Martin vous ne nous avez pas dit pourquoi son mari et le cousin du Commandant Leyrieux se disputaient.


J’ai cru que vous l’aviez compris. Jean-Baptiste avait peur d’une bavure

C’est-à-dire ?

Décidément Lieutenant vous êtes long à la détente ce matin. Hugo et le Commandant se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Qui de vous peut les différencier ?

Il est vrai que celui  qui est dans la cage et notre Commandant, ils sont copie conforme.
Ce n’est pas trahir votre chef que de vous dire que même leur père ne les reconnaît pas.
Et vous Capitaine les reconnaissez-vous ?

Quand on me pose la question je me sens rougir, et surtout je me souviens de mon hésitation lorsqu’au petit matin il est venu me retrouver dans ma chambre, je doutais, mais la seule différence entre Théo et Hugo c’était ce grain de beauté sur ses parties intimes. Je tenais ça de Théo, ce qui à l’époque nous avait bien fait rire.

Capitaine
Oui
Laquelle ?
Je sursaute et leur dit en riant :  » je refuse de vous dévoiler mes sources  » ( éclat de rire). Dans une enquête comme celle-ci, rire fait un bien fou.
Tiens tiens serais-je chère collègue l’unique objet de votre discussion. Leur as-tu confié ce que tu sais ?

Théo enfin te voici. Heu pardon Commandant
Bon, j’ai suivi votre débat vous voulez savoir où se trouve ma différence avec mon jumeau. Je vais vous le dire, ensuite nous nous y remettons.

En espérant que ce n’est pas indiscret.

Oh bien sûr que ça l’est, mais comme vous avez peur que je prenne la place de mon frère, je vais vous le dire.

On ne sait jamais Commandant s’il vous prenait l’envie de nous tester.

Et bien vous seriez condamné à me déshabiller pour découvrir où se trouve mon grain de beauté.

Dès que Théo a prononcé cette phrase,  la brigade entière s’est interpellée dans un joyeux brouhaha. Tous les endroits cachés jusqu’au plus intime  ont été  balancés à tour de rôle par les gendarmes et la police jusqu’à ce que le Colonel Vermand fasse son apparition. Un silence de plomb s’est abattu sur les hommes.

Il a juste dit :
Commandant Leyrieux suivez-moi et mettez fin à ce  brouhaha, je n’arrivais pas à entendre mon interlocuteur.

Après ce petit intermède il a bien fallu se remettre au travail. Un coup de fil à Saint-Barth nous a appris que les domestiques s’activaient dans la propriété de Stéphane.

Son retour était imminent selon une jeune fille qui venait pour la première fois, personne n’avait dû lui dire de ne pas parler à des inconnus.

Quant au  cinquième homme, le fameux cousin, il était à la fois le violeur de ma soeur. Et son lourd passé nous confortait dans l’idée que c’était lui le meurtrier de Mélodie.

Le sixième homme, ce fameux commanditaire nous inquiétait beaucoup plus, car s’il s’attaquait au Commandant Leyrieux c’est que ce dernier était passé très près de la vérité. Aussi depuis ce matin nous regardions à la loupe toutes les photos prises pendant le cocktail chez ses parents. Qu’est-ce qui avait bien pu nous échapper ?

Hugo était interrogé ainsi que Jean-Ba mais ils étaient muets. Chacune des deux brigades, en binôme interrogeaient les deux hommes, mais   rien ne pouvait les inciter à parler.

Même en annonçant à Hugo que son jumeau était visé par un mystérieux commanditaire, il n’avait pas dit un mot de plus, rien ne l’avait fait fléchir.

Par contre il était tombé de haut en apprenant que son frère était Commandant à la SRPJ de Lyon et qu’il n’avait jamais fait le tour du monde. Qu’il avait mis à profit ses années d’absence pour se faire admettre au sein de la police.

Je l’avais aperçu penché sur la table, ses mains enserrant sa tête, il était resté ainsi de longues minutes, puis en levant la tête et se doutant qu’il était observé, s’était repris en nous faisant « «un doigt d’honneur» ». C’était toujours cet homme englué dans son rang dans la Société, refusant de plier. Avait-il compris pourquoi il était là ?

Alors Capitaine c’est un secret d’état l’endroit où se situe ce grain de beauté

Vous en êtes encore là. Alors je vous le dit c’est même un secret d’état, ( sourire en coin) à ne divulguer sous aucun prétexte.

Penchée sur des centaines de photos, j’observe avec Mario l’OPJ de Lyon toutes les photos, ceux que je reconnais je note leurs noms et j’essaye de me souvenir ce qu’ils ont fait au cours de la soirée et surtout quels interlocuteurs ils ont pu rencontrés. C’est un travail titanesque. Trois heures que nous planchons dessus.

Je suis fatiguée surtout que je vais continuer lorsque son avocat sera là par l’interrogatoire d’Hugo. Quelle réaction allait-il avoir ? J’avais hâte d’avoir ce duel, cette joute verbale entre celui qui était éperdument amoureux de moi et celle qu’il ne connaissait pas. Je ne serais plus sa chose de la station service de l’A 6 mais une capitaine de gendarmerie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers/17

Le commanditaire

Jean-Ba avait été cueilli sur le Pont de l’Europe, il pensait rejoindre sa femme en Allemagne et ainsi disparaître à nos yeux.

Lorsque les policiers français l’avaient intercepté il était stupéfait qu’il fut retrouvé si rapidement.

Bien entendu, personne ne s’était avisé à lui raconter qu’un mouchard avait été placé sur son véhicule.

Il avait demandé à téléphoner à sa femme, ce qui, bien entendu lui avait été accordé. Julie était étonnée qu’il n’est pas appelé d’avocats, mais apparemment celui de la famille Leyrieux allait aussi le défendre et à l’entendre l’affaire serait mené rondement car ces clients étaient d’honnêtes citoyens.

Hugo Leyrieux était de bonne famille et PDG des industries pharmaceutiques et cosmétiques depuis plus de dix ans, il avait pris la succession de son père.

Jean-Baptiste ( appelé Jean-Ba par ses amis) était un imminent professeur d’université, ancien chercheur au CNRS. Une figure connue car il avait publié plusieurs livres sur la bio-industries et des bandes dessinées pour enfants tous axés sur la planète.

Mais le coup de fil passé auprès de son épouse avait permis aux enquêteurs de pouvoir discuter avec sa femme Margot Gretzky honorable fille du grand manitou Allemand un constructeur automobile qui avait pignon sur rue en Europe.

En fait c’était elle qui avait rappelé moins d’une heure après que son époux lui ai dit qu’il était en garde à vue. Elle désirait s’entretenir avec un enquêteur car elle avait une révélation à faire de la plus haute importance.

Voici ce que Margot a raconté aux enquêteurs ainsi qu’au Colonel le coordinateur des forces de police et de gendarmerie.

 » Margot Gretzky a rappelé le standard et comme j’étais assez proche et qu’au cours de la soirée chez les parents d’Hugo et Théodore Leyrieux je ne lui avait pas adressé la parole c’est tout naturellement que j’ai écouté ce qu’elle m’a confié.

Allo je voudrais s’il vous plaît m’entretenir avec un inspecteur qui détient mon mari.

Oui ici capitaine Julie Martin, je vous écoute Madame.

J’ai quitté la France après une scène fort pénible entre mon mari et le cousin d’Hugo Leyrieux.

Seulement d’Hugo, vous ne connaissez pas Théophile.

Non mon époux m’a toujours dit qu’il n’était pas intéressant et de toutes façons il faisait le tour du monde.

D’accord, continuez Madame qu’avez-vous de si important à nous dire et qu’elle était la dispute qui opposaient votre mari et … Au fait comment se prénomme le cousin.

Arthur Leyrieux.

Quelle est sa profession ?

Homme de main, en fait je vous dit ça mais je n’en sais rien, j’ai juste appris de la bouche de Jean-Ba qu’il était sorti de prison depuis à peine deux semaines.

Il vous a dit la raison pour laquelle il était emprisonné ?

Il m’a dit c’était une erreur.

Hum je vois. Donc cette dispute, y avez-vous participé?

Non j’ai écouté aux portes et j’ai entendu qu’ils attendaient le commanditaire d’un meurtre.

Le meurtre de qui ?

Mon amie Melodie.

Qui devait l’assassiner ?

C’était fait

Expliquez -vous ?

Arthur avait tué sur ordre de je ne sais qui mais je l’ai mémorisé.

Comment ça ?

Je veux dire que je me suis cachée dans notre penderie à l’entrée et j’ai vu celui qui avait commandité le meurtre.

Le connaissiez -vous ?

Je ne sais pas, je ne crois pas !

Vous savez où vous ne savez pas.

J’ai fait son portrait robot à qui puis-je m’adresser ?

Ils l’ont appelé comment ?

C’est bizarre

Comment, que voulez-vous dire ?

Je n’ai peut-être pas bien compris son nom.

Dites-moi ce que vous avez entendu ?

Ils ont dit :  » Bonsoir Monsieur Charles Magne.

Et mon mari a ajouté Charlemagne à la barbe fleurie.

Il avait une barbe ?

Non

Pouvez-vous me le décrire ?

Oui, grand plus d’1 m80, des lunettes fumées, un chapeau genre borsalino, habillé tout en noir. A un moment donné j’ai vu ses cheveux.

Ah et ils avaient un signe particulier.

Non pas vraiment mais ils étaient blanc d’un très beau blanc.

Vous voulez dire que c’était un homme âgé

Je ne peux pas l’affirmer, sa voix était bizarre comme s’il avait un appareil dentaire. Je dis ça car mon fils aîné cela fait ce bruit quand il parle. Mais c’était normal ces dents étaient toutes en ferraille

Ah ! C’était un déguisement.Vous êtes dans quelle ville ?

Düsseldorf !

Allez a la Fédéral Police , Frachtstrabe au numéro 30 et portez leur votre portrait robot. Il est possible qu’il vous demande de faire marcher votre mémoire pour améliorer tel ou tel contour du visage. Nous les avertissons immédiatement. Par contre est-ce que vous savez où est allé Arthur Leyrieux ?Où je ne sais pas, mais il est parti avec le commanditaire pour éliminer un gêneur.

Ce sont ses mots.

Oui Savez-vous de qui il pouvait parler ?

Oui

Allez ne me faites pas attendre.

Théophilee Leyrieux.

Un silence pesant s’est abattue sur l’ensemble de l’équipe en entendant le nom de Théo. Qui pouvait être cet homme ? Et pourquoi Théo était considéré comme gêneur.

Il nous fallait rapidement interrogé Jean Baptiste et essayé de comprendre ce qui les avait mis sur la piste de l’enquêteur le plus discret et efficace de nous tous.

Théo avait été prévenu de se dépêcher de revenir au commissariat où on venait d’apprendre une révélation concernant l’assassinat de Mélodie de la Feuillantine. Personne n’avait osé lui dire qu’une ou plusieurs personnes mal intentionnées en voulaient à sa vie.

La veille il m’avait déposé au commissariat ven me faisant promettre de dormir sur place, il avait déposé un lit de camp, un drap, un oreiller, tout était dans sa voiture. Il etait reparti pour un rendez-vous mystérieux.

Quand son colonel m’avait interrogé je n’avais rien pu lui dire. Car Théo m’avait dit moins tu en sauras plus je te protège. Maintenant je craignais pour sa vie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers /16

Etrange…Etrange…

Qu’est-ce qui te tracasse dans le fait qu’ils se soient arrêté de parler en ta présence ?

Justement c’est cela qui me dérange. Comme si ils avaient une chose importante à me cacher.

Nous sommes sur une enquête qui nous a pris des mois, que dis-je deux ans ? Nous sommes à fleur de peau. Le moindre rien nous met en alerte.

Non Julie je sens roder autour de nous des forces maléfiques. Mes sens sont tous en alertes. J’ai dû louper quelques choses. Le Colonel veut que nous rentrions, nous allons faire le point avec nos équipes respectives.

Séparément, on va se répéter.

Non ensemble . De plus l’arrestation d’Hugo est resté secrète. Ils ne peuvent pas savoir que j’ai pris sa place. Et mon père n’est jamais arrivé à nous reconnaître.

Et pour ce qui est des différences moi j’en connais une.

Silence ! ( Petit rire)

Mon amour est plus que gêné devant mon allusion à son anatomie.

Tss Julie, c’est un tout petit détail.

Justement, lorsque je doutais tantôt j’aurais dû te demander de te déshabiller.

Tiens pourquoi ne l’as tu pas fait ?

En fait je n’en sais rien, c’est qu’au fond de moi j’étais certaine que c’était toi.

Mon amour me prend dans ses bras et m’embrasse. J’entends tousser discrètement puis finalement on me tape sur l’épaule et en face de moi sur sa chaise roulante manuelle j’aperçois le père des jumeaux.

J’interpelle Théo en ayant bien soin de lui dire : Hugo je pense que ton père veut te parler.

Merci Mademoiselle, si vous pouvez aller vous promenez je voudrais m’entretenir avec mon fils seul à seul.

Théo est un tant soit peu gêné que son père me congédie, mais je n’en fais pas cas. C’est sûrement un problème personnel. Cela fait deux heures que Théo et son père se sont enfermés dans le bureau. La porte est fermée ce qui a fait râler sa mère, elle est venue me déverser son angoisse concernant son fils Hugo et m’a avoué avoir dit à son mari la vérité sur notre prétendu mariage.

Alors là c’est la catastrophe, mais Théo devait bien savoir que tôt ou tard ça se saurait. Après l’enquête, bien entendu que tout aurait été parfait. J’ai attendu jusqu’à 17 h et j’ai enfin vu sortir Théo fort en colère, il m’a pris par le bras et sans dire au-revoir à personne nous avons franchis en voiture le grand portail blanc.

Il n’a pas desserré les dents durant tout le trajet. Nous nous sommes rendus jusqu’au Commissariat, juste avant de sortir il m’a dit : mon père savait qu’Hugo a été arrêté.

Il doit y avoir une taupe dans le service, et es-tu certain que personne ne sait que tu es au SRPJ de Lyon et que sur cette enquête exceptionnelle police et gendarmerie ont marchés main dans la main.

Je ne pense pas que ce soit une taupe, c’est l’avocat de la famille qui a communiqué ce matin avec mon père.

Ah je préfère. Mais pourquoi es-tu resté plus d’une heure en sa compagnie.

Car l’avocat de mon père a appris que j’étais dans la police. Et, il a fallu que je calme mon père en lui disant que je n’avais rien à cacher et que je me fichais complètement des cosmétiques. J’ai crû qu’il me claquait dans les doigts.

Et, c’est tout ?

Non, il m’a passé un savon pour lui avoir laissé croire que je faisais le tour du monde. Et m’a demandé aussi qui tu fréquentais. Je lui ai dit moi, Hugo vous a joué un sale jeu. Mais il n’était pas convaincu et a ajoute :  » sale traître ».

Ton père a osé te dire ça. Il est temps de démasquer les coupables sinon on court tout droit à la catastrophe.

J’ai donné des ordres pour que l’on arrête Jean-Ba et mon cousin Arthur, mais hélas ils ne sont plus là et la femme de Jean-Ba a rejoint l’Allemagne pour se rendre chez ses parents.

C’est étrange…

Par contre j’ai mis un traceur sur la voiture de Jean-Ba c’est ainsi que j’ai su que sa femme avait pris un avion pour Düsseldorf. Mais Jean-Ba est toujours en voiture. Et il est parti sur l’autoroute du Sud. Possible qu’il soit accompagné d’Arthur.

Vivement que l’on coffre toute la bande.

A suivre…

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