Nuit d’orage!

Sous la poussée du vent. Manon a juste le temps de voir Damien son sauveur, ligoté à même le sol, un bâillon sur la bouche, et, un homme de dos, se précipitant pour refermer la porte. Elle se recroqueville tant qu’elle peut dans son châlit, mais elle aperçoit un autre homme allongé sur un lit de fortune. Elle l’entend jurer le premier et pendant qu’il s’affaire à s’arque bouter  sur la porte pour la maintenir fermer, elle suit le regard de son sauveteur qui lui intime l’ordre de se glisser dans sa propre couchette, pensant avoir bien compris elle se glisse à l’intérieur de son duvet et se cache à l’abri des regards. . Alors qu’elle bouge doucement vers le fond elle sent sous sa main un objet métallique froid, elle tremble de tous ses membres, elle a l’impression que c’est une arme. A qui appartient ce revolver pense-t-elle intérieurement. Sûrement pas à ces hommes sinon que ferait-il dans le duvet de Damien, et si c’est à lui pourquoi s’en est-il pas servis contre eux deux.

Elle songe que la scène a dû se dérouler il y a peu et que c’est sûrement ce qu’il a poussé à se lever. Maintenant elle réfléchit et avant le coup de tonnerre fracassant elle avait entendu les premiers jurons mais à moitié endormis où droguer elle n’en n’avait pas compris le sens.

L’homme endormis sur le lit  de camp sur le sol se réveille et grogne et demande à l’autre s’il a trouvé cette femme qui les observait. Devant sa négation, il décide d’en finir lui-même en pointant une lampe torche sur les lits non visités, mais à sa grande déception il n’y a pas âme qui vive.

Aussi le voici vers Damien et sans ménagement il lui ôte son bâillon et le secouant lui demande  où est passé la nana avec qui il était l’après-midi. Manon l’entend lui répondre. Au lieu de m’assommer vous auriez mieux fait de commencer par me le demander et vous n’auriez pas perdu du temps à la chercher. Elle m’a dit devoir  quitter l’île et repartir au premier bateau sur le continent.    Les deux hommes semblent décontenancés et n’ont pas l’air de le croire.

Peu à peu l’orage se calme, la pluie aussi s’arrête, il est près de trois heures  du matin, le premier bateau va bientôt quitter l’île, pourquoi Damien ne leur dis rien

Le plus âgé pose la question tant attendue. A quelle heure ce bateau quitte l’île et surtout cette femme ne vous plaisait pas que vous l’avez laissé partir, vous n’avez pas son adresse, les questions fusent. Damien n’a même pas le temps d’en placer une. Maintenant les deux hommes ne se gênent pas pour le frapper. La peur fait claquer des dents à la belle rousse, elle va se faire repérer c’est sûr et quand à Damien il va la dénoncer, elle en est certaine. Mais il leur répond, ce n’était qu’une passade, des filles j’en ai autant que j’en veux. Les deux hommes ricanent bêtement et ne se préoccupent plus de lui. Ils font rapidement leur sac et réitère leur demande où plutôt aboie, alors à quelle heure le premier départ. Damien réfléchit rapidement et en calculant le temps qu’il va mettre avec Manon pour  quitter le refuge, il leur dit embarquement à 5h et départ une heure après, vous avez le temps de redescendre et d’être à l’embarquement Dès qu’ils ont franchis la porte, Damien appelle Manon et lui demande de prendre un couteau dans le tiroir du buffet et de couper ses liens. Mais elle a tellement peur qu’elle ne lui répond pas et il lui faut user de tous les subterfuges pour qu’elle accepte de venir vers lui.

D’une main tremblante elle lui coupe ses liens et se jette dans ses bras en sanglotant et en lui demandant pardon. Le temps n’est pas au larmoiement, il nous faut quitter au plus vite le refuge ils vont vite comprendre que je me suis moqué d’eux. Mais vous ne perdez rien pour attendre, en chemin vous allez tout me raconter. Leurs sacs sont rapidement fait, leurs vêtements secs sur le dos ils partent, direction les alpages mais il leur faut avant tout suivre leur poursuivant avant de prendre le chemin pour le lac depuis la bergerie de Grotelle et nous nous noierons au milieu des touristes. Mais  au moment de s’en aller Damien lui dit attendez moi, j’ai oublié mon duvet, il voit dans les yeux verts un éclair de panique. Tout en retournant dans le chalet il pense que Manon a découvert son révolver, il va falloir que tous les deux soient honnête l’un envers l’autre.

(Photo du Lac de Melo) à voir ici

Il la rejoint rapidement, et les voilà en route vers la bifurcation de la veille, la lune éclaire leur lente descente, il lui a recommandé de faire attention où elle poserait ses pieds, à la fois pour éviter d’être entendu mais aussi pour son salut personnel. Autant la montée est rude, autant la descente est vertigineuse et dangereuse. Tous deux descendent mais n’échangent aucune parole, chacun est attentif à la descente.

Soudain un bruit de voix les fait sursauter, ce sont les deux hommes ils en sont persuadés tous les deux. Il leur faut s’arrêter et attendre leur départ. Bientôt il fera jour et ils seront tous à découvert, les deux hommes comme Manon et Damien, il va falloir redoubler de prudence et éviter de se jeter dans la gueule du loup. Un accident en montagne est vite arrivé…

Ils sont allé trop vite, car les deux hommes  sont à peine à 300 mètres, heureusement que le chemin fait une large boucle et que le jour n’est pas encore levé, car ils auraient pu leur tomber dessus sans crier gare ! Enfin les voilà qui repartent, Manon a décidé d’expliquer ce qu’elle a vue, car après tout quand ils seront sur le chemin de la crique eux partiront sur les chemins de transhumance et normalement ils ne devraient plus jamais se revoir, sauf si le sort en a décidé autrement pense Damien, mais il ne lui dit rien.

Damien accepte d’écouter  son récit et voici ce qu’il apprend.

 Alors qu’elle se baignait dans la petite crique où il l’avait laissé, deux hommes ceux qui sont devant eux, accompagnés d’un troisième avaient fait irruption, ils portaient un paquet allongé qu’ils avaient laissé choir sur la plage d’un mouvement assez brusque. Manon les observait au travers de ses lunettes fumées, assez intriguée par leur paquet, qui n’était ni une planche à voile ni un zodiac, mais qui à ses yeux et au moment lui faisait penser à un « remake » d’Hitchcock, une femme est franchement dans ce colis s’était-elle dit en son for intérieur. Puis, elle en avait ri jusqu’à ce qu’elle entende des cris.  Brusquement elle s’était soulevée sur les coudes pour regarder au loin ce qui se passait, un des hommes était penché sur le colis, et, à coup de pieds il y tapait dessus et c’est à ce moment-là qu’elle a entendu l’appel au secours. Un peu éberlué et cherchant d’où pouvait venir cet appel elle avait eu le malheur de se redresser et avait attiré l’attention sur elle. Un des hommes lui avait dit de s’en aller et de se dépêcher  de quitter la plage. Elle avait ramassé ses affaires à la hâte et commencé à gravir le chemin escarpé, puis s’étant accroupis, elle s’était dissimulé dans une anfractuosité du rocher et avait attendu la suite des évènements.

Le plus vieux des trois la suivait à la jumelle, mais il ne  le  pourrait pas longtemps car le chemin bifurquait pour s’élever dans des bosquets et la forêt, mais sur le promontoire où la veille ils avaient échangés un baiser, elle pouvait voir sans être vue.

Damien a hâte de savoir et il la pousse à ce qu’elle continue rapidement son récit. Femme ou pas femme dépêchez-vous de me le dire.

Oui, c’était une femme, car dès que j’ai pris la poudre d’escampette ils ont dénoué leur paquet et une femme à la chevelure blonde en a été sortie. Elle avait les mains attachées dans le dos, mais continuait de crier. Damien a ses mots piquent une colère énorme, et lui demande pour quelles raisons elle n’a pas avertie les autorités. Et elle apprend qu’en ce moment il y a une battue sur l’île pour retrouver une touriste Américaine qui a été kidnappé. Fébrilement il cherche son portable et appelle :

–          C’est moi dit-il à son interlocuteur invisible. Tu peux en savoir davantage en allant cueillir au départ du ferry, deux hommes, il donne un signalement précis.

 Mais à ce moment-là la ligne est coupée et sans ménagement demande à Manon son propre portable, elle hésite et lui le passe rapidement en voyant le regard courroucé que Damien lui adresse. Il continue sa conversation  et elle entend lui dire, oui j’ai à côté de moi une jeune femme qui en sait long à ce sujet. Manon devient pâle et à nouveau la peur s’empare d’elle et la voilà qui court dans la descente. Désarçonné, Damien la suis et voilà qu’elle trébuche et emportée par sa précipitation s’affale de tout son long aux pieds. …….

Histoire sans Fin…..   © Tous droits réservés

EvaJoe

L’envers du décors…

 

Plus il s’éloignait de la plage, plus il avait envie d’y retourner, mais là haut du travail l’attendait. Deux mille moutons qu’il avait abandonné pour cette belle rousse. Ses yeux verts le hantaient, sa peau blanche et laiteuse, ce corps parfait, lui qui ne côtoyait que des bêtes depuis plus d’un mois , se sentait frustré de n’avoir pu prendre ce qu’elle lui offrait si gentiment.

Mais ce n’était pas  la passion qui l’animait tout au plus un besoin viscéral de posséder cette femme. Une envie fugace et demain il l’aurait oublié. Ainsi il en était avec les femmes depuis des années, et celle là comme les autres ne valaient pas mieux, il en était certain.

Tout en montant le chemin escarpé il la revoit, son visage est gravé à tout jamais en lui. La douceur de sa peau, sa main dans la sienne et, pourtant pas un son n’est sortis de sa bouche, il ne connait même pas son rire, ni ses larmes. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il entend un bruit insolite. Ce sont des éboulis de rochers, les pierres le frôlent, une l’atteint à la tempe, il s’effondre. Puis tout devient jaune orangé et noir. Il sombre et se voit descendre, tourner, rien ne peut l’arrêter il va se tuer.

Combien d’heures ou minutes se sont écoulé, il ne saurait le dire. Quand enfin il ouvre les yeux, c’est pour voir une bouche fraise et un regard anxieux posé sur lui. Sa naïade est là, elle serait donc venue à son secours. Elle  a  posé sur sa bosse un foulard imbibé d’eau fraîche. Elle ne dit rien elle le contemple seulement, elle passe délicatement ses doigts dans ses cheveux coupés courts, s’approche le plus prêt possible et pose sa bouche sur ses lèvres. Lui, comme un grand bêta est tétanisé et ne sait si il doit répondre à ce baiser. Son coeur bat la chamade, sa tête est douloureuse mais tous ses sens sont en éveils, et brusquement il prend cette bouche entrouverte et offerte et la dévore.

 

 

En voyant la chute de ses reins, il sait que déjà elle s’éloigne, il voudrait la faire sienne mais ne sait comment l’aborder. Il a sentis sur son torse nu ses seins pointus, il sait qu’elle le désire mais se veut lointaine. Et, lui se sent gauche devant cette femme ,alors comme il y a quelques heures il part.

 

 

 

EvaJoe 

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L’inconnue de Venise (fin)

 

 

 

Tout en réfléchissant il se souvient de ce que le commissaire de Venise lui a dit, ces deux demoiselles font
parties  de ces grandes familles de l’aristocratie Vénitienne qui cachent depuis longtemps des secrets. Chez elles il y a des passages secrets, des portes dérobées et même un coffre
dissimulé dans un mur et de plus derrière une tenture. Il serait curieux de se rendre chez elles, mais cela sera sûrement possible quand il aura découvert l’intrépide Julia car il en est
persuadé, rien ne lui résiste, pas plus un antiquaire qu’un commissaire ou une belle. Il se prend à sourire, mais il ne faut pas être distrait, cela bouge du côté du canal et de la Place
Saint-Marc toute proche, apparaît alors un jeune homme, avec sa mémoire visuelle, Paolo reconnaît l’antiquaire, sur le canal c’est un comparse, celui-là ne doit pas interférer il va falloir
l’arrêter avant qu’il ne rentre dans la boutique.

Tout s’est passé comme notre inspecteur l’avait voulu le plus compliqué a été de retrouver Julia, mais voici dans
les détails son récit :

Après avoir intercepté l’individu arrivé par le canal, Paolo avec son flegme habituel rentre chez l’antiquaire, il
furète de ci de là et casse volontairement une statuette ce qui lui vaut le courroux de l’antiquaire. Il lui propose de lui payer la statuette mais auparavant il aimerait bien voir une peinture
de Fragonard et plus particulièrement la naissance de Vénus. Le jeune homme est  perplexe, il se demande comment cet homme peut savoir qu’il possède cette œuvre, enfin cette copie.

Fragonard, vous dîtes ?

Oui vous avez bien compris

Mais je ne l’ai pas

Ah serai-je mal renseigné ? Ma fiancée m’a pourtant dit qu’elle l’avait restauré.

Et votre fiancée est ?

Julia

Julia, heu je ne vois vraiment pas qui est cette personne.

Si vous ne la connaissez pas, allez donc me chercher la peinture. Après tout j’ai peut être mal compris.

Il l’entend murmurer, » bien entendu que vous ne pouviez point la comprendre puisqu’elle est muette ».
Cela le conforte sur le fait que si elle n’est pas là, il la connaît sinon comment peut-il savoir qu’elle est muette.

Bon mon brave, pressez-vous je n’ai pas que cela à faire. L’antiquaire part dans son dépôt, pendant ce temps Paolo
appelle les carabiniers postés à quelques encablures de l’échoppe et lorsque ce Monsieur peu scrupuleux revient avec le tableau il voit la police, il fait mine de s’enfuir mais derrière lui
l’inspecteur lui bloque sa retraite. Il passe rapidement aux aveux mais nie toute implication dans la disparition de Julia.

Je sais que vous la connaissez, je vous ai entendu murmurer et du reste vous vous payiez ma tête : »Que
je ne pouvais la comprendre vu qu’elle est muette. »

Devant le fait accompli, il lui explique, qu’elle est venue d’elle-même suite à une lettre qu’elle avait trouvée
chez elle.

Vous avez réussis à communiquer ?

Oui je parle le langage des signes et Julia lit sur les lèvres.

Et, que disait cette lettre ?  En lui disant cela il est étonné qu’il parle de Julia d’une manière censée
et courtoise. Il ne peut être son kidnappeur, même si il est un faussaire, il a vis-à-vis de Julia une tendresse particulière, comme si il voulait la protéger. Comme un grand-frère.

Elle ne l’avait pas avec elle, elle est partie la chercher et depuis je vous le jure je ne l’ai pas revue.
Justement je me fais beaucoup de soucis car ce jour j’avais dans mon magasin deux acheteurs pour la vierge de Fra Giovanni et elle est allée leur dire que c’était un faux, enfin elle leur a
glissé un mot.

Paolo est fort surpris, c’est comme si son enquête prenait un autre tournant, et il lui demande qui étaient ses
deux clients. Mais pris d’un doute, il pense que l’antiquaire l’entraîne sur un chemin pour éviter la prison.

Et il s’entend lui dire, pourquoi l’avez-vous  menacé ? Pourquoi l’avoir impliqué, elle n’’est pas
fautive, c’est vous qui l’avez manipulé, l’avez obligé à faire la restauration de faux tableaux, vous connaissez sa droiture car vous avez pris connaissance de la lettre, vous êtes un menteur, un
fieffé coquin et vous l’avez affolé. Ou se cache-t-elle ou bien ou l’avez-vous caché ?

Décontenancé l’antiquaire baisse la tête et finalement montre une porte masquée par un gros coffre et dit le plus
bas possible, elle est là, mais elle va bien.

 

EPILOGUE

Julia va bien, elle a regagné la demeure familiale, mais elles m’ont demandé de garder la lettre et j’en ai pris
connaissance ce soir, et je comprends rapidement ce qui s’est réellement passé, mais ce n’est pas à moi de le dire, sauf si je suis appelé à la barre ce qui ne manquera pas, mais alors peut être
que vous le saurez ou bien vous n’entendrez plus jamais parler de l’inconnue de Venise.

 

                                                                                    

 

Note de l’auteur :

Toutes les histoires ne se terminent pas comme on aimerait personnellement, je peux mettre et vous le savez une
autre fin mais pour une fois vous resterez sur votre « FIN »

 

EvaJoe

 

 

 Si vous voulez voir la naissance de Vénus, c’est ici

Si Venise vous intéresse voici un blog sur cette ville 

 

 

L’inconnue de Venise (suite 1)

( Pour éviter que vous ayez à lire une grosse tartine, rire, j’ai coupé en deux la fin, donc le dénouement est proche mais
vous avez déjà l’essentiel de mon histoire. Comme certains, hi hi émettaient des hypothèses dans leurs commentaires j’ai tout modifié, donc cela m’a pris un peu plus de temps, rire mais cette fin
est meilleure.)

 

L’avez-vous fait authentifier ?

Bien entendu

Comment se trouve-t-elle entre vos mains ?

Ma sœur Julia a laissé des petits papiers codés et cela m’a mené à une cachette dissimulée dans
l’anfractuosité du mur derrière le rideau en velours bleu, elle ignorait son existence ainsi que sa grand-mère, mais sa sœur qui passait son temps à fureter dans la maison l’avait découvert. A
–t-elle suivie les directives qu’elle contient, Ingrid le pense, Julia est assez romanesque.

C’est étrange qu’elle ne l’ait pas emmenée avec elle ou alors elle voulait que vous suiviez son idée ?
Pourquoi ne l’avez-vous pas fait.

J’ai commencé mais j’ai atterris chez un antiquaire et devant mes questions il m’a menacé.

Que fais votre sœur ?

Elle est restauratrice d’œuvres d’art

Volées !

Non, ou allez-vous chercher ça ?

Il y a en ce moment un trafic d’œuvres d’art, j’enquête sur  place. Mais je ne puis vous en dire
davantage. Laissez-moi faire je pense savoir ou est votre sœur.

Je viens avec vous

Il n’en n’est pas question, rejoignez votre grand-mère et laissez-moi faire mon
travail.

 

Gentiment Paolo la met à la porte et téléphone à son contact qu’il a rencontré pas plus tard que ce
matin. L’entretien est bref, ils se mettent d’accord pour se retrouver le lendemain sur la place Saint Marc. Pour l’heure il est temps de se reposer, demain sera une rude journée.

Après avoir téléphoné à son contact, l’inspecteur, car c’est ce qui lui avait permis de ne pas être
suspecté lorsqu’il avait dit qui il était,   avait avertis son chef pour lui annoncer que son enquête avait fait un pas de géant et que le dénouement était proche. S’il avait su que son
acharnement à suivre la belle jeune femme allait faire clore son enquête aussi rapidement, il aurait eu l’idée de lui poser des questions  avant qu’elle  ne disparaisse.

Après une bonne nuit de sommeil, il était parti en vaporetto pour la place Saint-Marc, il y avait là
l’expert nommé par le musée et deux ou trois carabiniers, l’enjeu était d’importance. Il fallait taper fort et vite, la jeune femme kidnappée allait devenir l’enjeu de la transaction, il en était
sûr. Ne pas tirer un coup de feu, il savait faire c’était sa manière à lui de faire la Une des manchettes de journaux. L’inspecteur a frappé fort. Mais pour l’heure il n’en était pas là. Tapi
dans l’ombre, ils attendaient que l’antiquaire ouvre son magasin, car de suite ses pas l’avaient conduit vers cet homme qui avait menacé Miss Ingrid, en fait son suspect N°1. Quelle
coïncidence ! Celui sur lequel ses soupçons s’était porté,  un drôle d’antiquaire ma foi, un escroc  serait plus le mot. Il avait dû détourner au moins une dizaine d’œuvres d’art
et les avait copiés pour les faire passer pour des vrais. Depuis il inondait le marché et faisait baisser les cours.  Et surtout il les avait vendus  au musée Pinault en les faisant
passer pour des œuvres anciennes. L’œuvre qui avait ouvert une brèche  chez les  escrocs  était celle que Julia venait de restaurer,  » le couronnement de la vierge de Fra
Giovanni » et  en grande professionnelle, elle s’était vite rendue compte du subterfuge et avait enquêtée pour comprendre ce qui c’était passé. Le fait d’être muette lui avait ouvert des
portes, mais dans quel guêpier s’était-elle mise ?

 

Pour voir le tableau allez sur ce site ( qui existe réellement )

L’inconnue de Venise (suite)

 

 

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Photo prise icilink

 

Puis elle s’accoude et semble attendre, ne voulant pas être indiscret, Paolo s’éloigne un peu et tout à coup il voit
arriver une vieille femme, elle s’arrête à la hauteur de l’inconnue et celle-ci prends son bras et  voilà qu’elles se dirigent vers Paolo. A l’ instant où elles vont le dépasser, la plus
jeune s’arrête et l’apostrophe :

Je me demande  ce qui vous attire le plus, Moi ou le canal ?

Comment avez-vous vu que je vous suivais

J’entends tout, mais ne me posez pas de questions, répondez plutôt à ma question.

Tout en  parlant il dévisage l’inconnue et reconnais son erreur ce n’est pas la femme de l’hôtel mais pourtant la
ressemblance est frappante.

Il s’entend lui demander si elle a une sœur, mais devant son visage transformé il n’ose aller plus loin et se tait.

Que savez-vous d’elle, ou l’avez-vous vu ?

Les questions fusent de toutes parts, la vieille femme pleure et  Ingrid car c’est son nom  à un léger
tremblement à la commissure des lèvres, elle se retient mais brutalement éclate en sanglot.

Paolo est déconcerté, il est la cause indirecte des pleurs de ces deux femmes, mais il faut qu’il en connaisse la raison
s’il veut les aider.

Venez  avec moi, asseyez-vous  et dîtes moi la raison de votre chagrin, si je peux vous aider je vais le
faire.

Pourquoi m’avoir demandé si j’ai une sœur.

Parce que vous ressemblez étrangement à une jeune femme que j’ai croisé plusieurs soirs de suite avant le carnaval pas
très loin de chez moi. Mais elle a quitté l’hôtel  Danieli  le 5 février.

Mais que faisait-elle dans ce luxueux hôtel, était-elle seule ?

Je l’ai vu seule mais il est bien possible qu’elle rejoignait un homme.

Devant le regard courroucé de la belle Vénitienne, Paolo s’excuse  d’avoir extrapolé, en  fait il ne savait pas
grand-chose à part leur immense beauté.

              Avez-vous signalé sa
disparition

Oui, mais nous n’avons aucune piste. Mais si c’est vraiment elle, alors il faut que nous communiquions ce détail à la
police.

Il se fait tard, cela ne changera rien au problème, vous irez demain et moi j’irai voir le commissaire et je lui
raconterais tout.

Non, nous y allons de suite, ma sœur est muette et je ne sais ce qui a pu lui arriver, cela fait plus d’un mois qu’elle
est partie. Il ne faut pas attendre. Le moindre indice est important.

Dommages Mesdames, mais je ne peux pas, je suis attendu.

Mais devant les sanglots de la vieille dame,  il ne peut  se dérober et accepte de les accompagner.

Il est près de 3 heures du matin lorsqu’ il rentre chez lui, fort  en colère en ayant l’impression que c’était lu le
kidnappeur, si  enlèvement il y a.  Heureusement que l’hôtelier a pu confirmer ses dires sinon il y serait encore.

Tout cela lui semble bizarre, la jeune femme cache quelques choses, elle sait sûrement la raison de la disparition de sa
jeune sœur mais elle ne le communique à personne. Quant aux policiers, dans un premier temps ils le soupçonnaient mais après avoir décliné son identité, ils l’ont salués avec respect, Paolo en
rit encore. Cela leur apprendra se dit-il, de me croire coupable alors que j’aurai pu me taire et ne jamais adresser la parole à cette jeune femme. Là les indices semblent intéressant  car
cela remonte à une dizaine de jours voir quinze mais pas plus.

Bon il est temps d’aller dormir mais ce sera pour plus tard car un coup de sonnette impératif interrompt ces songes. Voilà
qu’ils viennent finalement m’arrêter se dit-il  tout bas.

Il descend quatre à quatre ces escaliers et quelle n’est pas sa stupeur, c’est la belle inconnue mais cette fois ci sans
sa grand-mère.

Je sais qu’il est fort tard, mais il faut que je vous explique la raison pour laquelle je n’ai pas tout dit à la
police.

Tout en disant cela elle se tord les mains et les larmes ne sont pas loin.

Vous venez à moi car vous avez entendu  ce que j’ai dit aux policiers et vous pensez que j’ai le bras un peu plus
long.

C’est à la fois pour cette raison et aussi à cause de cette lettre.

A ce moment elle sort une lettre de sa poche et éclate en sanglots, Paolo se sent gêné, cette femme lui fait beaucoup de
peine, mais il se demande ce qu’elle va lui apprendre et surtout si il est en capacité de l’aider.

Lisez là et dîtes moi ce que je peux faire si vous pensez que vous ne pouvez pas m’aider.

Au fur et à mesure qu’il prend connaissance du contenu il est agité et fébrile, il sent son côté téméraire reprendre le
dessus. Avant la fin de la lecture, il s’assoit  et voici ce qu’il lui dit :