Shana face à son passé 16

Brittany recule doucement dans le couloir, hors de vue. Le téléphone toujours à la main, elle coupe la vidéo qu’elle vient d’enregistrer.

Elle a entendu une conversation entre un des hommes de Thomas et son ami de promo, il parlait d’une clinique. Les ordres étaient claires suivre Thomas et sa femme partout où ils iraient et les filmer. C’est ce qu’elle venait de faire.

Au même moment elle a un sms sur son portable. Un débriefing est programmé on vous envoie une voiture.

Elle range le téléphone dans la poche intérieure de sa veste. Lisse ses cheveux. Puis prend un instant pour respirer profondément.

Elle a toujours été prudente. Discrète. Trop, peut-être. Depuis le début, elle savait jongler entre les lignes. Ce n’était pas de la trahison, pas vraiment. Juste… des informations déplacées. Des détails transmis, en échange d’une protection, d’un dossier effacé, d’un frère sorti de prison. Ça avait commencé comme ça.

Et maintenant ? Tout a dérapé. Elle n’a jamais imaginé que les hommes attaqueraient si vite. Ni que Shana serait là, elle bien vu dans quel état tout cela l’avait mis.

Elle s’avance vers l’ascenseur, s’efforçant de garder une démarche normale. Son badge pend à sa veste, comme une couverture de routine. En croisant deux agents du GIGN, elle leur sourit. L’un d’eux détourne les yeux. L’autre, non.

Un frisson traverse son dos.

Plus bas, dans le parking sécurisé, un véhicule l’attend. Ordre de mission, dit le message. Elle doit se rendre à un debrief sur la mission manquée. Un détail administratif lui ont-ils dit.

Mais quelque chose cloche. Elle ne sait pas quoi.

Et au dernier étage de l’hôpital, Thomas la regarde depuis la baie vitrée. Il ne dit rien. Il sait. Il a laissé l’ordre passer. Il a laissé le véhicule se préparer. Mais cette fois, c’est elle qu’on suit.

Et il ne compte pas la laisser disparaître.Le moteur tourne déjà quand Brittany atteint le parking souterrain. L’air y est plus frais, figé. Une lumière blafarde tombe des néons au plafond. Elle vérifie l’heure sur sa montre. Tout semble normal.

Le chauffeur ne dit rien lorsqu’elle ouvre la portière arrière. Elle s’installe, ajuste son sac sur ses genoux. La voiture démarre, descend la rampe, puis s’engage dans le couloir de sortie.

Mais au lieu de prendre la direction du boulevard, elle tourne à gauche, vers une autre section du sous-sol.

— Ce n’est pas l’itinéraire, dit-elle, le ton plus tranchant qu’elle ne l’aurait voulu.Silence. Le véhicule s’arrête brusquement.

La portière s’ouvre violemment.

Deux hommes en civil l’attrapent sans un mot, la tirent hors de la voiture. Elle résiste un instant — réflexe de panique — mais elle comprend vite. Ce n’est pas une arrestation de façade. C’est une opération préparée.

Un troisième homme s’approche. Veste foncée, oreillette.

— Brittany Capet née Lemans, vous êtes en garde à vue. Soupçons de compromission, de passage à l’ennemi. d’opération sombre et j’en passe. Vous avez le droit de garder le silence.

Elle tourne la tête, les lèvres entrouvertes. Et dans l’ombre du pilier, Thomas apparaît.

Il ne la regarde même pas vraiment. Son regard passe à travers elle.

— Tu as mis Shana en danger. Mon enfant. Mon équipe. Tu ne parleras plus à personne sans que je sois dans la pièce.

Brittany tente un dernier mot.

— Thomas, je…

.Les agents l’entraînent sans ménagement vers un couloir isolé. Elle sait ce que cela signifie. Il ne s’agit plus de protéger des informations. Il s’agit de vérité.

Lumière blanche, implacable. Un mur miroir sans tain. Deux chaises. Une table. Pas de dossier papier, pas d’ordinateur. Juste une voix, juste lui.

Brittany est assise, les poignets libres, mais elle sait qu’elle ne sortira pas d’ici sans cicatrices. Elle garde la tête haute pour l’instant.

Thomas entre, seul. Il ferme la porte derrière lui. Ne s’assoit pas.Silence.Il la fixe longuement. Brittany soutient le regard, mais elle sait que chaque seconde de silence joue contre elle. Il n’a pas besoin de crier. Il n’a pas besoin d’intimider. Il sait.

— Pourquoi eux ? finit-il par demander. Pourquoi cette information-là ?

Elle ne répond pas tout de suite. Elle tente un sourire, mais il tombe à plat.

— Tiens regarde cette photo. Est-ce que tu le connais ?

Brittany est pâle, puis devient cramoisie et finalement pleure.

Thomas lui hurle

— Qui est cet homme pour toi ? Qui est-il parle ou je …

Puis il se calme et les bras croisés attend.

— Tu sais très bien comment ça marche… Ces gens-là ….

— Stop tes gémissements je connais. Qui est cet homme ?

— C’est… C’est…. Mon mari… Il s’appelle appelait Théo Capet. Nous nous sommes mariés. Enfin je n’étais pas consentantes, mais il voulait un enfant.

— Un fils je suppose

— En as-tu eu un ?

— Oui un garçon.

— Ou est-il ?

— Je l’ai mis en nourrice, mais ce que je n’avais pas dit à Théo c’est que la nourrice c’était ma mère.

— Et tu as été punie

— Comment le sais-tu ?

— Je connais leurs méthode aux Capet le père a violé ma femme pour qu’elle lui donne un fils et la deuxième génération a recommencer.

Ils m’ont menacé d’enlever mon fils, ils ont des moyens importants… Je ne pensais pas que ça irait aussi loin.

— Tu les as introduits dans un périmètre classé. Tu as transmis des horaires de convoi. Tu as fourni des identifiants de terrain.

Brittany fronce les sourcils.

— Je n’ai jamais donné des noms. Jamais. Je voulais juste… brouiller les pistes.

Thomas pose ses deux mains sur la table, doucement, puis s’assoit enfin.

— Tu savais que Shana était dans cette voiture ?

Un silence. Léger vacillement dans le regard.

— Non, murmure-t-elle. Je te jure que non.

— Mais tu savais qu’une femme y serait. Tu savais que ça devenait dangereux.

Elle baisse les yeux, sa voix devient plus fragile.

— Ils m’ont fait croire que ça n’irait jamais jusque-là. Qu’ils avaient juste besoin d’un accès. Pour vérifier un transfert. Pas une attaque. Pas ça.

— Tu travailles pour qui, exactement ? Donne-moi un nom.

Brittany relève les yeux. Il y a encore une hésitation — l’ultime instinct de survie.

— C’est un homme que tu connais m’a dit Théo,

Un frisson lui remonte le dos, mais il ne montre rien.

— Son nom

—JLC le fantôme

Thomas sort et laisse Brittany en plan et demande à son équipe de réfléchir pour savoir à qui appartient ses trois lettres. C’est à ce moment qu’il voit qu’il a plusieurs appels . Trois de Morel, autant de Buisson et un sms laconique de Shana.

Tu ne m’as pas rappelé suite aux appels de Morel et Buisson je vais à la prison voir le géniteur de ma fille. Je sais qui est JLC.

A suivre…

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Shana face à son passé 15

Thomas est chez le Colonel les yeux dans les yeux. C’est le Colonel qui prend le premier la parole. Il laisse Thomas debout pour lui signifier que les ordres restent les ordres.

— Qu’est-ce qu’il vous a pris d’enfreindre mes ordres ?

— Mon Colonel avec tout le respect que je vous doit rien n’est normal dans cette arrivée de voiture avec trois hommes armés prêt à tout pour nous tuer.

— Avez-vous des échos de l’interrogatoire des deux que vous avez arrêté.

— Non pour l’instant ils sont muets mais lorsqu’ils verront leur copain calciné je pense et j’espère qu’ils nous dévoilerons une partie de la vérité.

— Des aveux… Et bien j’ai beaucoup de doutes. Quels sont vos conclusions,asseyez-vous Commandant Lambert.

—. Merci mon Colonel, cette expédition avait été très bien montée en prevision que Baptiste soit repéré en transportant surtout Morel. On avait brouillé les signaux. Changé d’itinéraire au dernier moment. Pas une fuite dans l’équipe. Je me porte garant de mes hommes. Précautions maximales, il y avait ma femme.

Un silence assourdissant conclu sa dernière phrase puis il murmure plus qu’il ne dit au Colonel. Il serré les mâchoires signe d’une colère qui monte et va exploser.— La seule qui connaissait l’heure exacte de départ. Le point de chute. Même le détail du convoi… C’est Brittany.

Le Colonel le regarde, il est choqué par les propos de Thomas, c’est lui qui a donné son accreditation à la jeune femme. Il n’a pas envie d’y croire, mais les faits sont là. Il a passé plusieurs coups de fil chez ceux qu’ils considéraient infaillible jusqu’à ce jour. Il se souvient de son CV ainsi que de sa lettre de motivation. Il regarde sur son bureau ou il a mis ses papiers, puis se souvient qu’il les a mis dans une pochette verte. Il l’a tend à Thomas.

Brittany Taylor épouse C. Pourquoi il n’y a pas le nom de famille

Nom : Brittany TAYLOR épouse C

Profession : Journaliste Grand Reporter – Spécialiste des interviews et portraits

Nationalité : Francaise

Langues : Anglais (langue paternelle),

Français (langue maternelle),

Espagnol (professionnel) Adresse : Paris / New York (mobilité internationale)

Téléphone : +33 6 00 00 00 00

E-mail : brittany.taylor@journalpress.org

LinkedIn : linkedin.com/in/brittanytaylor Site pro : brittanytaylorjournalism.com

— C’est un faux

— Vous en êtes certain C’est elle qui a insisté pour interviewer les hommes du GIGN. C’est elle qu’on a laissée circuler librement. Et c’est elle qui a disparu dix minutes avant que la voiture ne surgisse dans la zone sécurisée soit disant pour besoins personnels.

Brittany était avec moi en Afrique lors d’une Mission spécifique avant mon intégration dans le GIGN. Lorsque vous me l’avez recommandé je me suis fier à votre jugement et à ce que je connaissais d’elle.

Thomas conclut, d’une voix basse, froide :

— On a introduit un traître. Et c’est peut-être pas fini.

— Je dois aller interroger Madame C… J’espère que ce n’est pas Capet son nom de famille. Je vais tenter le tout pour le tout. Lui montrer l’homme se prétendant s’appeler d’un nom maudit, son corps est désarticulé, il a les jambes brûlés ainsi qu’une partie de son corps. Seul son visage est intact mais il a une expression de peur.

Auparavant il va se rendre à la clinique Sainte Bernadette où l’attend Shana. Il donne des ordres au téléphone.

Gab tu laisses partir Brittany, mais tu mets une équipe sur son dos, tu prends ton téléphone une fois que je raccroche et tu fais comme si tu me répondais au téléphone, tu dis que je remercie Brittany, qu’il y aura un débriefing sûrement dans la journée, mais que pour l’instant je devais aller voir l’échographie du quatrième mois de ma femme. Gab me demande l’adresse de la Clinique, je lui la communique et je raccroche.

Je téléphone à droite et à gauche, donne des ordres tout en roulant pour me dépêcher de rejoindre ma femme. Baptiste et Shana sont dans la salle d’attente. Ouf je suis à l’heure. Je remercie mon frère et lui demande de rester avec Shana pendant que je vais remplir le dossier.

C’est à quinze heures que l’on rentre dans le cabinet médical. Le professeur Pierre de son nom de famille a été appelé par mon père suite à la connaissance de la grossesse de Shana. Il est là au cas où la grossesse de Shana soit gémellaire. Aussi cette visite du quatrième mois va leur apprendre si Shana attend deux bébés.

Thomas n’a encore rien dit à Shana car il y a un autre problème qui se greffe dessus, Shana est A négatif et Thomas est O positif.

La pièce est calme. Une légère tension flotte dans l’air. Shana est allongée sur la table d’examen, du gel posé sur le ventre.

Thomas son mari, debout à côté, lui tient la main. L’échographiste scrute l’écran.

Le Professeur (souriant doucement)Eh bien… Voilà une belle surprise.

Shana (nerveuse)Une surprise ? Ce n’est pas… mauvais, j’espère ?

Professeur : Pas du tout. Je vois deux poches. Deux petits cœurs qui battent… Vous attendez des jumeaux.

(Silence) Shana (de la surprise dans la voix)Des jumeaux ?… Deux bébés ? C’est vrai ?

Le médecin et le Professeur la tranquilité et son médecin prend la parole : Oui, deux. Tout à fait nets. Deux bébés, chacun dans sa poche, chacun avec son rythme. Tout va bien jusqu’ici.

Thomas serre la main de Shana, il est , ému. Tu sais… Mon frère jumeau. Celui que j’ai perdu à la naissance. Je me disais… peut-être… je ne sais pas.

Shana se tourne vers lui. Tu le sentais ?

Thomas (peu à peu, un sourire), un pressentiment, oui.

Le médecin les laisse un moment, discrètement.

Je vous laisse digérer la nouvelle. Félicitations à tous les deux.

A suivre…

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Shana face à son passé 14

C’est le troisième homme, celui qui devait conduite le véhicule. Il est encerclé par les flammes.

Les arbres craquent, s’effondrent dans des gerbes d’étincelles. Une fumée âcre voile le ciel, rougeoyant comme au crépuscule d’un monde. Au cœur de la forêt embrasée, l’ homme, isolé, encerclé par les flammes, hurle à l’aide.

Une opération de sauvetage hors norme s’est mis en route. L’équipe, lourdement équipée, s’est enfoncée dans la forêt avec des masques à filtration envoyé par les airs et un contact radio permanent avec les pompiers et les drones de surveillance.

Thomas forme deux groupes, deux hommes restent à l’arrière. Chacun des groupes est de quatre hommes. Il donne ses instructions à voix basse mais ferme.

— On a un couloir entre deux fronts. Ça tient encore. Alpha 2 à gauche, Bravo 3 avec moi. On avance.

Ils progressent, rampant parfois sous les branches calcinées. L’air est brûlant. La suie colle à la peau. À plusieurs reprises, ils aperçoivent l’homme : torse nu, couvert de cendres, agrippé à un tronc partiellement calciné, à moins de 100 mètres.

— On va te sortir de là ! Bouge pas !

Mais le vent tourne. En quelques minutes, les flammes redoublent. Des pins explosent comme des grenades. Une pluie de braises tombe sur un des groupes, le forçant à reculer.

— Chef, le feu nous encercle. Si on reste, on y passe.

Thomas ne pense qu’au sauvetage de cet homme bien qu’il ait tout fait pour les descendre. Thomas hésite. Il serre les dents. Il voit le regard du survivant, une détresse brute.

— Encore une tentative. Par le nord-est. On a une ouverture.

Ils tentent un contournement. Ils s’approchent à une trentaine de mètres. Mais une nouvelle langue de feu surgit comme une muraille vivante. Le thermomètre grimpe brutalement.

Le Commandant consulte les relevés thermiques, écoute les pompiers à la radio : Le front devient instable. Faut sortir. Maintenant.

Un instant de silence. Un instant de lutte intérieure

— Équipe Alpha, repli immédiat. On ne perd personne aujourd’hui. C’est fini.

Ses hommes obéissent. Le chef reste le dernier à tourner le dos au feu. Thomas est à 10 m il tente le tout pour le tout, mais il ne peut plus avancer. Il lui tend sa main , l’autre l’a saisit que pour faire tomber Thomas. Sa force est encore vive malgré les flammes qui lui lèchent les pieds. Il lui dit je suis un des fils Capet vous allez mourir avec moi Lambert.

Il l’agrippe brutalement, le serre avec une force désespérée. Thomas tire, mais l’autre le retient, le regarde droit dans les yeux, comme s’il voulait l’aspirer dans son propre enfer. Un combat éclate. Des coups secs. Deux hommes au bord du gouffre, au milieu de l’incendie. Thomas tente de le repousser, de le raisonner, mais l’autre ne pense qu’à une seule chose l’entraîner avec lui dans la mort par pure vengeance. Thomas l’a compris.

Soudain, au-dessus d’eux, un hélicoptère surgit, les pales fouettant la fumée. Une échelle de corde descend, se balance au-dessus des flammes.

Pilote (radio) :— « On a visuel, saisissez l’échelle !

Thomas la voit. Il n’a que quelques secondes.

Il tente de se dégager, mais l’autre ne lâche pas prise, il pourrait lui couper le bras avec sa machette mais il a encore le sens de l’honneur. Thomas n’a plus le choix. Il saisit l’échelle d’une main, l’autre encore accrocher à l’homme. Le feu monte autour d’eux. Et dans un dernier regard —une seconde suspendue dans le chaos — Thomas sent la main du fils Capet lâcher prise. Il est à environ deux mètres du sol. Thomas n’essaye pas de le rattraper il a besoin de ses deux mains pour monter.

Pas de vengeance. Pas de salut. Juste le feu qui referme ses mâchoires.

L’hélicoptère s’élève, l’échelle vacille dans le vent brûlant. Thomas regarde en bas, sans un mot.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 13

Personne ne comprend comment la voiture a pu franchir le premier périmètre. La route était bloquée, les accès filtrés. Et pourtant, elle est là, surgie comme un fantôme au milieu de la zone sécurisée. À croire qu’elle était là avant la mise en place de notre souricière.

Baptiste échange un regard rapide avec Thomas. Quelqu’un a ouvert une brèche. Volontairement ou non, c’est trop tard pour les questions.

Les hommes du GIGN à même le sol doigts sur la gâchette tirent dans le pneu avant droit, mais la voiture fait une embardée et se dirige droit sur l’homme couché au sol.

Ce dernier se relève et lance une corde et monte dans l’arbre. Sauvé pour cette fois. Mais son arme doit être en bouillie l’autre a pris un malin plaisir à l’écraser.

C’est leur lieu de manoeuvre depuis que Thomas est à leur tête. Son père avait une cabane de chasse et c’est tout naturellement qu’ils y sont installés.

Thomas parle tout haut pendant que Bastien cherche l’autre chemin forestier qui devrait les ramener à la fin du tunnel afin de récupérer Shana et Brittany.

— C’est impossible, murmure Thomas. Cette voiture ne devait pas être là.

Bastien n’a pas le temps de lui répondre, on leur tire dessus. Soudain, un premier projectile abat leur retroviseur, de chasseurs les voilà chassés. Pourquoi sont-ils à nouveau dans ce champs de bataille ?

En voyant la cabane, Bastien comprend qu’ils se sont jetés dans la gueule du loup. Ils ont tourné en rond et sont pratiquement revenu à leur point de départ. Thomas donnent des ordres. Les fusils d’assaut Bren ripostent, ciblant les pneus comme prévu. Deux éclatent dans un fracas sourd.

Le véhicule dévie, vacille, mais continue d’avancer. Puis, à pleine vitesse, deux silhouettes jaillissent par les portières arrière. Elles roulent dans les hautes herbes, disparaissent un instant. À peine ont-ils touché le sol que la voiture explose. Une boule de feu déchire l’air, projetant des débris enflammés dans tous les sens.

La détonation résonne jusque dans les chemins de traverse. Une pluie de cendres retombe doucement. Mais déjà, le feu se propage. L’herbe sèche s’embrase, les premières branches prennent. En quelques secondes, la lisière de la forêt s’illumine d’un rouge vif et inquiétant.Thomas serre les dents.

— Je les veut vivants. Mais s’ils disparaissent dans la forêt en feu, on n’aura plus rien.

La forêt brûle. L’air est lourd, saturé de fumée. Les branches craquent, les flammes lèchent les troncs. Quatre hommes s’élancent malgré tout, fusils en main, avançant entre les ombres et les braises. Ils suivent les traces des deux fuyards, les empreintes sont fraîches, herbes piétinées. Il y a sur un arbre la marque d’une main ensanglantée. Le sol vibre encore de l’explosion.

Après avoir reçu les ordres de Thomas, Gaby, l’un des tireurs d’élite va mettre en sûreté les deux jeunes femmes qui se trouvent dans la poche de survie. Il cherche à taton le plus près du sol, à la recherche de l’anneau. Avec des gants ignifugés, ils balayent les scories incandescentes, ainsi que les feuilles qui tombent du revers de la main. Ses doigts frôlent enfin le métal bouillant mais il ne sent rien. l’anneau est là, dissimulé sous un tapis de fougères qui risquent de s’embraser à tout moment. Il tire sur l’anneau et soulève la trappe. Rapidement il se laisse tomber à l’intérieur. Et referme la trappe, il règne en bas une légère fraîcheur mais rapidement l’air sera intenable, il va falloir faire vite. Shana de suite lui demande:

— Que se passe-t-il ? Pierrot et Jung sont partis pour nous ouvrir le chemin, ils ne sont pas revenus.

— C’est tout à fait normal Madame Lambert, votre beau-frère et votre mari n’ont pas atteint le point de rendez-vous.

— Dites-moi ce qu’il se passe je suis en état de comprendre je ne suis pas en sucre.

— Pourtant le Commandant m’a dit que vous étiez sous oxygène. Pourquoi l’avoir enlevé ?

— C’est Pierrot qui me l’a ôté lorsqu’il a vu que j’allais mieux.

— Parfait, êtes-vous en état de marcher Shana, moi c’est Gaby ?

— Oui, allons rejoindre mon époux, il m’en dira plus lorsque je serai auprès de lui. Et les occupants de la voiture que sont-ils devenus ?

Gaby reste évasif , ne voulant pas se trouver en opposition avec son chef. Dire aux deux femmes juste ce dont elles ont besoin de savoir, pour le reste le silence est de rigueur.

Le tunnel serpente comme une cicatrice oubliée sous la terre. Toute la petite troupe marche d’un pas vif. Le vent ne devrait pas entraîner de ce côté du bois le feu, mais on ne sait jamais. Lorsque Gaby arrive à l’intersection qui mène soit à la sortie, soit aux lieux de vie, il reçoit un appel de Thomas.

Gaby , tu vas accompagner mon frère, ma femme et Brittany, je suis comme un capitaine je ne quitte pas le navire. Tu es mes yeux mes oreilles en l’absence de Buisson. Mets tes oreillettes j’ai une ou deux choses à te dire, c’est confidentiel.

— « Tu emmènes Brittany à notre deuxième planque, Bastien te laissera le 4×4 ,le Colonel est au courant. Et ne cède pas à son charme.. Ne me réponds pas je sais que tu exécutera mes ordres à la lettre. »

— « À la perfection tu veux dire »

— Mesdames nous repartons.

Puis soudain des tirs sourds se font entendre, Gaby ne dit rien il a fait passer Brittany devant et lui est derrière Shana, la femme du Patron, il doit y veiller comme si c’était sa mère. Mais Brittany est intriguée par les bruits des Sten qui répondent aux mitraillettes des deux individus qui leur donnent du fil à retordre. Ce sont sûrement des militaires aguerris. Qui a bien pu les rencarder ?

Enfin la lumière au bout du tunnel, Bastien est là avec Jung, Pierrot a rejoint le reste de la troupe. Il y a deux voitures, le 4×4 de Bastien et la jeep de Jung. Ils vont repartir séparément, Jung Gaby et Brittany dans la jeep et Shana et Bastien dans le 4×4.

Brittany s’étonne et Shana lui répond :

— J’ignorais que tu habitais chez moi, t’inquiètes tu seras bien en compagnie de ses Messieurs.

Brittany ne dit rien et monte à l’avant dans la Jeep.

Pendant ce temps, remontant la pente entre les troncs noircis Thomas et ses hommes sont derrière les deux fuyards.

Thomas repère un mouvement vers des rochers, de suite il cri :

— À couvert

Un troisième homme apparaît, il était caché dans une anfractuosité de rochers. Depuis combien de temps était-il planqué. Thomas crie

— Attention grenade

Un des hommes du GIGN tombe, il est touché. Un éclat de métal l’a frappé à la cuisse lorsque l’homme en kakis, désespéré, car se voyant rattrapé a lancé une grenade artisanale. L’explosion n’a pas été fatale, mais elle l’a jeté au sol, sa jambe ensanglantée.

Thomas riposte avec sang-froid, puis donne un ordre silencieux, compris immédiatement par deux de ses hommes qui se jettent sur le type blessé à la main par la bombe. L’ homme hurle de douleur lorsqu’il est plaqué au sol, il le menotte d’un geste net. Le deuxième qui était revenu en arrière en entendant le bruit de la grenade tente de fuir, mais à bout de souffle, encadré par le feu, il est vite neutralisé.

— Les deux sont récupérés, annonce la voix dans la radio. L’un des nôtres est gravement blessé. Besoin d’évacuation d’urgence.

Thomas est sceptique, était-il que deux, il appelle Jung et Gaby pour leur demander la tenue vestimentaire des deux fuyards. Ils sont catégoriques, les deux confirment qu’ils étaient noirs. Il y avait bien un troisième homme. De toutes façons la forêt est en flamme et il ne l’a connait pas, il ne donne pas cher de sa peau. ils doivent retourner au passage secret. Auparavant ils doivent récupérer une de leurs civières et transporter Jo vers l’hélicoptère qui doit récupérer Jung, Gaby et Brittany. Ils céderont leur place au blessé.

Au même moment tous entendent un Au secours….

A suivre…

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Shana face à son passé 12

Et pourtant, un événement inattendu allait changer la donne.

Alors qu’à Lyon se déroulait ces moments dramatiques ou Calmet était liquidé car ayant trop parlé,Shana , épluchait depuis une quinzaine de jours un dossier d’ une unité spécialisée dans les crimes sexuels et réseaux pédocriminels. C’était une affaire non résolue. Des voisins s’étaient plaint de va et viens surtout la nuit d’un nombre impressionnant de personnes qui arrivaient vers 19 heures. Cela se passait dans un quartier résidentiel, lors d’une surveillance autour d’une maison bourgeoise la planque organisée à différents moments de la journée n’avait rien donné. On suspectait le couple d’abriter des “réunions privées” avec des mineurs. Plusieurs photos avaient été prises mais personne n’y avait reconnu qui que ce soit. Et surtout aucun enfant n’était rentré. En conclusion il était noté, des voisins jaloux voudraient aller aux partouzes. Et l’affaire avaient été laissé en suspens. D’autres crimes ou dossiers plus lourd s’étaient greffes sur celui-ci et méritaient plus d’attention qu’une partie de jambes en l’air avec adultes consentant.

Sur les photos prises cinq ans plus tot par des spécialistes de la traque. Une silhouette nette, un visage de profil sortant d’un SUV gris attire le regard de Shana.

Elle n’avait pas eu ce rapport sous les yeux à l’époque. Aujourd’hui, elle se sent mal, le bébé lui va bien. Le visage lui disait quelque chose mais les pages avaient été mainte et mainte fois consulté que c’était plié autour du visage, mais la voiture, elle lui donnait des frissons d’horreur.

En parcourant la presse économique, son œil fut happé par un article illustré du portrait d’un financier interrogé dans le cadre d’un « audit de conformité bancaire ». C’était Etienne de Brevailles, l’homme recherché par Morel, Gendarme dans une brigade de province un tantinet sur la touche et Thomas Lambert chef incontestable de l’unité d’élite du GIGN. Le sang de Shana n’a fait qu’un tour, l’homme que tout Interpol cherchait se pavanait cinq ans plus tôt dans ce pavillon de la ville de X. Voilà le lien qui lui manquait. Voilà la raison pour laquelle elle se sentait mal.

Et ce matin il sortait libre de sa convocation chez le Juge. Et c’était encore lui qui quittait la villa à deux heures du matin, pressé. Shana l’avait déjà vu dans d’autres circonstances. Pourquoi personne n’avait fait le lien ?

Shana lança immédiatement une recherche confidentielle. Et les signaux d’alerte s’enchaînèrent. Des virements suspects. Des allers-retours entre Paris et ce petit village du Beaujolais et de son vin célèbre.

Le Sergent Buisson et elle-même entendent bien distinctement dans les écoutes du passé. Un nom prononcé à voix basse par plusieurs suspects :

— “EB”… c’est lui qui paie. Lui qui protège.”

Elle prit son téléphone et appela le numéro de téléphone privé remis trois mois plus tôt par Julien M.

Ce n’était pas la ligne directe du commissariat central de Lyon. Mais un téléphone prépayé, le même pour tous. Ni vu ni connu.

— Capitaine Morel ? Je crois que vos fantômes croisent les miens. Et si c’est ce que je pense, c’est un putain d’État parallèle qu’on a sur les bras. Et pire tout ce qui nous semblait terminé avec l’arrestation de Capet est de retour . Il y a même des tentacules qui sont au delà de nos frontières. J’arrive.

— Non ! Ne vous fatiguez pas Shana c’est à moi de faire le voyage, rendez-vous là où vous savez.

— Bien Capitaine, le Sergent Buisson et moi nous y allons mon beau-frère nous y conduira avec une voiture passe-partout et une immatriculation bidon.

— Parfait, tout est en place les têtes devraient tomber…

Dès le lendemain, Morel rejoignit discrètement Shana et Buisson à une planque connue de Shana et Morel. Shana emporte avec elle son dossier, ses photos, et surtout : des écoutes téléphoniques accablantes, où un homme (identifié comme un ancien directeur d’établissement social) faisait clairement allusion à « des protections au sommet » venant de l’argent noir géré par le baron” JLC.

L’ancienne villa fut mise sous surveillance, mais à peine deux jours plus tard… elle fut incendiée dans la nuit, aucun blessé. Pas de traces, comme si quelqu’un avait effacé un tableau gênant. Est-ce que les voisins avaient prévenus les propriétaires en voyant le va et viens des voitures qui planquaient derrière et devant la maison. Bien qu’elle soit banalisées dans un quartier calme elles sont vite repérées.

Morel et Shana savaient désormais qu’ils ne pouvaient plus passer par la voie normale. Trop de complicités. Trop de risques.

Il fallait frapper vite, fort, et exposer au grand jour ce que les puissants tentaient d’enterrer depuis des années.

Mais pour ça, il leur fallait encore une chose : les fichiers cryptés de Calmet. Et le seul capable de les déchiffrer était en cavale. Un ancien analyste de la DGSI… lui aussi disparu.

Après quelques jours de filatures discrètes, mais surtout grâce à une ancienne connaissance de Shana au sein du renseignement intérieur qu’ils retrouvèrent Raphaël Brenne, un ex-analyste de la DGSI, spécialiste des systèmes de cryptage bancaires, aujourd’hui planqué dans un squat high-tech de la banlieue lyonnaise.

Quand Morel lui tendit la clé USB de Calmet, Brenne pâlit.

— D’où vient ça ? Qui vous a donné ça ?

— Il est mort, noyé. On pense que c’est vous le dernier à pouvoir nous aider.

Brenne brancha la clé. Le cryptage était du lourd, niveau militaire, mais pas infaisable. Trois heures plus tard, il dévérrouilla le cœur du dossier : une structure en arborescence, contenant des documents comptables masqués par des sociétés écrans, des listes d’invités à des « conférences privées » dans des maisons, hôtels particuliers, chalets en Suisse ou domaines en Bourgogne.

Shana avait annulé sa visite du quatrième mois et l’avait repoussé quinze jours plus tard. Elle n’aurait pas commencé son cinquième mois. Le médecin obstétricien avait accepté mais interdiction d’aller au-delà.

Il y avait des vidéos…Shana, qui avait vu les pires horreurs dans sa carrière, mit ses écouteurs.

Et son visage se figea.

— Ce sont des enfants ils n’ont pas plus de douze ans. Certains parlent allemand, d’autres espagnol. Et lui, là, à droite…C’est un adulte.

Elle agrandit l’image : Étienne de Brévailles, costume froissé, visage moite, assis dans un salon aux rideaux rouges. Il riait, et le pire… Mais Shana ne pouvait pas le dire, Morel se penche sur la vidéo et lui dit

— A partir de maintenant Shana c’est terminé vous ne visionnez plus rien. Baptiste va vous reconduire chez vous.

Elle protesta mais il fut inflexible. Thomas pas plus tard que ce matin m’a téléphoné, il était en colère car il avait appris que vous aviez changé la date de votre visite chez votre médecin. Le Colonel vous ordonne de rentrer chez vous. C’est un ordre Lieutenant.

En repartant avec Baptiste, elle lui dit seulement ses quelques mots :

. Le financier n’était pas seulement au courant. Il participait. Je l’ai vu… J’ai vu…. C’était horrible…

Baptiste tourne brusquement dans une allée forestière et s’enfonce dans la forêt. Shana s’aperçoit de rien jusqu’au moment ou une silhouette en treillis leur barre la route. La porte de Shana s’ouvre et sous le masque elle voit deux yeux verts, ils sont inquiets. C’est Thomas.

Dans un premier temps il l’a câline puis la gronde doucement :

— Baptiste va nous emmener à la visite du quatrième mois, j’ai refusé de l’annuler et nous y serons d’ici deux heures. De plus cette nuit tu as visionne l’Insoutenable, j’aurais dû m’y opposer. A compter d’aujourd’hui seuls Morel et Buisson s’occuperont de mettre le nez dans ce nid de mer

Mais Thomas ne finit pas sa phrase, au même moment il entend dans son oreillette :

 » Alerte, alerte une voiture en vue, immatriculation cachée, deux suspects à l’intérieur. « 

Branle bas le combat dans la forêt, la voiture de Baptiste est emmenée à couvert avec Shana, Baptiste et Thomas. Elle est rapidement mis sous des branches et des feuillages. Shana est cachée dans une planque dans le sol, sur ses oreilles un casque pour ne rien entendre. Elle y est en compagnie de deux des gars de Thomas et de Brittany une anglaise qui était venue les interviewer. Cette dernière trouve fort plaisant ces instants.

Baptiste récupère une mitraillette et suit au pas de courses son frère. Les hommes sont en place. Ils ont ordre de ne tirer que dans les pneus. Les deux hommes Thomas les veut vivant.

A suivre…

Copyright juin 2025