Shana face à son passé 15

Thomas est chez le Colonel les yeux dans les yeux. C’est le Colonel qui prend le premier la parole. Il laisse Thomas debout pour lui signifier que les ordres restent les ordres.

— Qu’est-ce qu’il vous a pris d’enfreindre mes ordres ?

— Mon Colonel avec tout le respect que je vous doit rien n’est normal dans cette arrivée de voiture avec trois hommes armés prêt à tout pour nous tuer.

— Avez-vous des échos de l’interrogatoire des deux que vous avez arrêté.

— Non pour l’instant ils sont muets mais lorsqu’ils verront leur copain calciné je pense et j’espère qu’ils nous dévoilerons une partie de la vérité.

— Des aveux… Et bien j’ai beaucoup de doutes. Quels sont vos conclusions,asseyez-vous Commandant Lambert.

—. Merci mon Colonel, cette expédition avait été très bien montée en prevision que Baptiste soit repéré en transportant surtout Morel. On avait brouillé les signaux. Changé d’itinéraire au dernier moment. Pas une fuite dans l’équipe. Je me porte garant de mes hommes. Précautions maximales, il y avait ma femme.

Un silence assourdissant conclu sa dernière phrase puis il murmure plus qu’il ne dit au Colonel. Il serré les mâchoires signe d’une colère qui monte et va exploser.— La seule qui connaissait l’heure exacte de départ. Le point de chute. Même le détail du convoi… C’est Brittany.

Le Colonel le regarde, il est choqué par les propos de Thomas, c’est lui qui a donné son accreditation à la jeune femme. Il n’a pas envie d’y croire, mais les faits sont là. Il a passé plusieurs coups de fil chez ceux qu’ils considéraient infaillible jusqu’à ce jour. Il se souvient de son CV ainsi que de sa lettre de motivation. Il regarde sur son bureau ou il a mis ses papiers, puis se souvient qu’il les a mis dans une pochette verte. Il l’a tend à Thomas.

Brittany Taylor épouse C. Pourquoi il n’y a pas le nom de famille

Nom : Brittany TAYLOR épouse C

Profession : Journaliste Grand Reporter – Spécialiste des interviews et portraits

Nationalité : Francaise

Langues : Anglais (langue paternelle),

Français (langue maternelle),

Espagnol (professionnel) Adresse : Paris / New York (mobilité internationale)

Téléphone : +33 6 00 00 00 00

E-mail : brittany.taylor@journalpress.org

LinkedIn : linkedin.com/in/brittanytaylor Site pro : brittanytaylorjournalism.com

— C’est un faux

— Vous en êtes certain C’est elle qui a insisté pour interviewer les hommes du GIGN. C’est elle qu’on a laissée circuler librement. Et c’est elle qui a disparu dix minutes avant que la voiture ne surgisse dans la zone sécurisée soit disant pour besoins personnels.

Brittany était avec moi en Afrique lors d’une Mission spécifique avant mon intégration dans le GIGN. Lorsque vous me l’avez recommandé je me suis fier à votre jugement et à ce que je connaissais d’elle.

Thomas conclut, d’une voix basse, froide :

— On a introduit un traître. Et c’est peut-être pas fini.

— Je dois aller interroger Madame C… J’espère que ce n’est pas Capet son nom de famille. Je vais tenter le tout pour le tout. Lui montrer l’homme se prétendant s’appeler d’un nom maudit, son corps est désarticulé, il a les jambes brûlés ainsi qu’une partie de son corps. Seul son visage est intact mais il a une expression de peur.

Auparavant il va se rendre à la clinique Sainte Bernadette où l’attend Shana. Il donne des ordres au téléphone.

Gab tu laisses partir Brittany, mais tu mets une équipe sur son dos, tu prends ton téléphone une fois que je raccroche et tu fais comme si tu me répondais au téléphone, tu dis que je remercie Brittany, qu’il y aura un débriefing sûrement dans la journée, mais que pour l’instant je devais aller voir l’échographie du quatrième mois de ma femme. Gab me demande l’adresse de la Clinique, je lui la communique et je raccroche.

Je téléphone à droite et à gauche, donne des ordres tout en roulant pour me dépêcher de rejoindre ma femme. Baptiste et Shana sont dans la salle d’attente. Ouf je suis à l’heure. Je remercie mon frère et lui demande de rester avec Shana pendant que je vais remplir le dossier.

C’est à quinze heures que l’on rentre dans le cabinet médical. Le professeur Pierre de son nom de famille a été appelé par mon père suite à la connaissance de la grossesse de Shana. Il est là au cas où la grossesse de Shana soit gémellaire. Aussi cette visite du quatrième mois va leur apprendre si Shana attend deux bébés.

Thomas n’a encore rien dit à Shana car il y a un autre problème qui se greffe dessus, Shana est A négatif et Thomas est O positif.

La pièce est calme. Une légère tension flotte dans l’air. Shana est allongée sur la table d’examen, du gel posé sur le ventre.

Thomas son mari, debout à côté, lui tient la main. L’échographiste scrute l’écran.

Le Professeur (souriant doucement)Eh bien… Voilà une belle surprise.

Shana (nerveuse)Une surprise ? Ce n’est pas… mauvais, j’espère ?

Professeur : Pas du tout. Je vois deux poches. Deux petits cœurs qui battent… Vous attendez des jumeaux.

(Silence) Shana (de la surprise dans la voix)Des jumeaux ?… Deux bébés ? C’est vrai ?

Le médecin et le Professeur la tranquilité et son médecin prend la parole : Oui, deux. Tout à fait nets. Deux bébés, chacun dans sa poche, chacun avec son rythme. Tout va bien jusqu’ici.

Thomas serre la main de Shana, il est , ému. Tu sais… Mon frère jumeau. Celui que j’ai perdu à la naissance. Je me disais… peut-être… je ne sais pas.

Shana se tourne vers lui. Tu le sentais ?

Thomas (peu à peu, un sourire), un pressentiment, oui.

Le médecin les laisse un moment, discrètement.

Je vous laisse digérer la nouvelle. Félicitations à tous les deux.

A suivre…

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Shana face à son passé 14

C’est le troisième homme, celui qui devait conduite le véhicule. Il est encerclé par les flammes.

Les arbres craquent, s’effondrent dans des gerbes d’étincelles. Une fumée âcre voile le ciel, rougeoyant comme au crépuscule d’un monde. Au cœur de la forêt embrasée, l’ homme, isolé, encerclé par les flammes, hurle à l’aide.

Une opération de sauvetage hors norme s’est mis en route. L’équipe, lourdement équipée, s’est enfoncée dans la forêt avec des masques à filtration envoyé par les airs et un contact radio permanent avec les pompiers et les drones de surveillance.

Thomas forme deux groupes, deux hommes restent à l’arrière. Chacun des groupes est de quatre hommes. Il donne ses instructions à voix basse mais ferme.

— On a un couloir entre deux fronts. Ça tient encore. Alpha 2 à gauche, Bravo 3 avec moi. On avance.

Ils progressent, rampant parfois sous les branches calcinées. L’air est brûlant. La suie colle à la peau. À plusieurs reprises, ils aperçoivent l’homme : torse nu, couvert de cendres, agrippé à un tronc partiellement calciné, à moins de 100 mètres.

— On va te sortir de là ! Bouge pas !

Mais le vent tourne. En quelques minutes, les flammes redoublent. Des pins explosent comme des grenades. Une pluie de braises tombe sur un des groupes, le forçant à reculer.

— Chef, le feu nous encercle. Si on reste, on y passe.

Thomas ne pense qu’au sauvetage de cet homme bien qu’il ait tout fait pour les descendre. Thomas hésite. Il serre les dents. Il voit le regard du survivant, une détresse brute.

— Encore une tentative. Par le nord-est. On a une ouverture.

Ils tentent un contournement. Ils s’approchent à une trentaine de mètres. Mais une nouvelle langue de feu surgit comme une muraille vivante. Le thermomètre grimpe brutalement.

Le Commandant consulte les relevés thermiques, écoute les pompiers à la radio : Le front devient instable. Faut sortir. Maintenant.

Un instant de silence. Un instant de lutte intérieure

— Équipe Alpha, repli immédiat. On ne perd personne aujourd’hui. C’est fini.

Ses hommes obéissent. Le chef reste le dernier à tourner le dos au feu. Thomas est à 10 m il tente le tout pour le tout, mais il ne peut plus avancer. Il lui tend sa main , l’autre l’a saisit que pour faire tomber Thomas. Sa force est encore vive malgré les flammes qui lui lèchent les pieds. Il lui dit je suis un des fils Capet vous allez mourir avec moi Lambert.

Il l’agrippe brutalement, le serre avec une force désespérée. Thomas tire, mais l’autre le retient, le regarde droit dans les yeux, comme s’il voulait l’aspirer dans son propre enfer. Un combat éclate. Des coups secs. Deux hommes au bord du gouffre, au milieu de l’incendie. Thomas tente de le repousser, de le raisonner, mais l’autre ne pense qu’à une seule chose l’entraîner avec lui dans la mort par pure vengeance. Thomas l’a compris.

Soudain, au-dessus d’eux, un hélicoptère surgit, les pales fouettant la fumée. Une échelle de corde descend, se balance au-dessus des flammes.

Pilote (radio) :— « On a visuel, saisissez l’échelle !

Thomas la voit. Il n’a que quelques secondes.

Il tente de se dégager, mais l’autre ne lâche pas prise, il pourrait lui couper le bras avec sa machette mais il a encore le sens de l’honneur. Thomas n’a plus le choix. Il saisit l’échelle d’une main, l’autre encore accrocher à l’homme. Le feu monte autour d’eux. Et dans un dernier regard —une seconde suspendue dans le chaos — Thomas sent la main du fils Capet lâcher prise. Il est à environ deux mètres du sol. Thomas n’essaye pas de le rattraper il a besoin de ses deux mains pour monter.

Pas de vengeance. Pas de salut. Juste le feu qui referme ses mâchoires.

L’hélicoptère s’élève, l’échelle vacille dans le vent brûlant. Thomas regarde en bas, sans un mot.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 13

Personne ne comprend comment la voiture a pu franchir le premier périmètre. La route était bloquée, les accès filtrés. Et pourtant, elle est là, surgie comme un fantôme au milieu de la zone sécurisée. À croire qu’elle était là avant la mise en place de notre souricière.

Baptiste échange un regard rapide avec Thomas. Quelqu’un a ouvert une brèche. Volontairement ou non, c’est trop tard pour les questions.

Les hommes du GIGN à même le sol doigts sur la gâchette tirent dans le pneu avant droit, mais la voiture fait une embardée et se dirige droit sur l’homme couché au sol.

Ce dernier se relève et lance une corde et monte dans l’arbre. Sauvé pour cette fois. Mais son arme doit être en bouillie l’autre a pris un malin plaisir à l’écraser.

C’est leur lieu de manoeuvre depuis que Thomas est à leur tête. Son père avait une cabane de chasse et c’est tout naturellement qu’ils y sont installés.

Thomas parle tout haut pendant que Bastien cherche l’autre chemin forestier qui devrait les ramener à la fin du tunnel afin de récupérer Shana et Brittany.

— C’est impossible, murmure Thomas. Cette voiture ne devait pas être là.

Bastien n’a pas le temps de lui répondre, on leur tire dessus. Soudain, un premier projectile abat leur retroviseur, de chasseurs les voilà chassés. Pourquoi sont-ils à nouveau dans ce champs de bataille ?

En voyant la cabane, Bastien comprend qu’ils se sont jetés dans la gueule du loup. Ils ont tourné en rond et sont pratiquement revenu à leur point de départ. Thomas donnent des ordres. Les fusils d’assaut Bren ripostent, ciblant les pneus comme prévu. Deux éclatent dans un fracas sourd.

Le véhicule dévie, vacille, mais continue d’avancer. Puis, à pleine vitesse, deux silhouettes jaillissent par les portières arrière. Elles roulent dans les hautes herbes, disparaissent un instant. À peine ont-ils touché le sol que la voiture explose. Une boule de feu déchire l’air, projetant des débris enflammés dans tous les sens.

La détonation résonne jusque dans les chemins de traverse. Une pluie de cendres retombe doucement. Mais déjà, le feu se propage. L’herbe sèche s’embrase, les premières branches prennent. En quelques secondes, la lisière de la forêt s’illumine d’un rouge vif et inquiétant.Thomas serre les dents.

— Je les veut vivants. Mais s’ils disparaissent dans la forêt en feu, on n’aura plus rien.

La forêt brûle. L’air est lourd, saturé de fumée. Les branches craquent, les flammes lèchent les troncs. Quatre hommes s’élancent malgré tout, fusils en main, avançant entre les ombres et les braises. Ils suivent les traces des deux fuyards, les empreintes sont fraîches, herbes piétinées. Il y a sur un arbre la marque d’une main ensanglantée. Le sol vibre encore de l’explosion.

Après avoir reçu les ordres de Thomas, Gaby, l’un des tireurs d’élite va mettre en sûreté les deux jeunes femmes qui se trouvent dans la poche de survie. Il cherche à taton le plus près du sol, à la recherche de l’anneau. Avec des gants ignifugés, ils balayent les scories incandescentes, ainsi que les feuilles qui tombent du revers de la main. Ses doigts frôlent enfin le métal bouillant mais il ne sent rien. l’anneau est là, dissimulé sous un tapis de fougères qui risquent de s’embraser à tout moment. Il tire sur l’anneau et soulève la trappe. Rapidement il se laisse tomber à l’intérieur. Et referme la trappe, il règne en bas une légère fraîcheur mais rapidement l’air sera intenable, il va falloir faire vite. Shana de suite lui demande:

— Que se passe-t-il ? Pierrot et Jung sont partis pour nous ouvrir le chemin, ils ne sont pas revenus.

— C’est tout à fait normal Madame Lambert, votre beau-frère et votre mari n’ont pas atteint le point de rendez-vous.

— Dites-moi ce qu’il se passe je suis en état de comprendre je ne suis pas en sucre.

— Pourtant le Commandant m’a dit que vous étiez sous oxygène. Pourquoi l’avoir enlevé ?

— C’est Pierrot qui me l’a ôté lorsqu’il a vu que j’allais mieux.

— Parfait, êtes-vous en état de marcher Shana, moi c’est Gaby ?

— Oui, allons rejoindre mon époux, il m’en dira plus lorsque je serai auprès de lui. Et les occupants de la voiture que sont-ils devenus ?

Gaby reste évasif , ne voulant pas se trouver en opposition avec son chef. Dire aux deux femmes juste ce dont elles ont besoin de savoir, pour le reste le silence est de rigueur.

Le tunnel serpente comme une cicatrice oubliée sous la terre. Toute la petite troupe marche d’un pas vif. Le vent ne devrait pas entraîner de ce côté du bois le feu, mais on ne sait jamais. Lorsque Gaby arrive à l’intersection qui mène soit à la sortie, soit aux lieux de vie, il reçoit un appel de Thomas.

Gaby , tu vas accompagner mon frère, ma femme et Brittany, je suis comme un capitaine je ne quitte pas le navire. Tu es mes yeux mes oreilles en l’absence de Buisson. Mets tes oreillettes j’ai une ou deux choses à te dire, c’est confidentiel.

— « Tu emmènes Brittany à notre deuxième planque, Bastien te laissera le 4×4 ,le Colonel est au courant. Et ne cède pas à son charme.. Ne me réponds pas je sais que tu exécutera mes ordres à la lettre. »

— « À la perfection tu veux dire »

— Mesdames nous repartons.

Puis soudain des tirs sourds se font entendre, Gaby ne dit rien il a fait passer Brittany devant et lui est derrière Shana, la femme du Patron, il doit y veiller comme si c’était sa mère. Mais Brittany est intriguée par les bruits des Sten qui répondent aux mitraillettes des deux individus qui leur donnent du fil à retordre. Ce sont sûrement des militaires aguerris. Qui a bien pu les rencarder ?

Enfin la lumière au bout du tunnel, Bastien est là avec Jung, Pierrot a rejoint le reste de la troupe. Il y a deux voitures, le 4×4 de Bastien et la jeep de Jung. Ils vont repartir séparément, Jung Gaby et Brittany dans la jeep et Shana et Bastien dans le 4×4.

Brittany s’étonne et Shana lui répond :

— J’ignorais que tu habitais chez moi, t’inquiètes tu seras bien en compagnie de ses Messieurs.

Brittany ne dit rien et monte à l’avant dans la Jeep.

Pendant ce temps, remontant la pente entre les troncs noircis Thomas et ses hommes sont derrière les deux fuyards.

Thomas repère un mouvement vers des rochers, de suite il cri :

— À couvert

Un troisième homme apparaît, il était caché dans une anfractuosité de rochers. Depuis combien de temps était-il planqué. Thomas crie

— Attention grenade

Un des hommes du GIGN tombe, il est touché. Un éclat de métal l’a frappé à la cuisse lorsque l’homme en kakis, désespéré, car se voyant rattrapé a lancé une grenade artisanale. L’explosion n’a pas été fatale, mais elle l’a jeté au sol, sa jambe ensanglantée.

Thomas riposte avec sang-froid, puis donne un ordre silencieux, compris immédiatement par deux de ses hommes qui se jettent sur le type blessé à la main par la bombe. L’ homme hurle de douleur lorsqu’il est plaqué au sol, il le menotte d’un geste net. Le deuxième qui était revenu en arrière en entendant le bruit de la grenade tente de fuir, mais à bout de souffle, encadré par le feu, il est vite neutralisé.

— Les deux sont récupérés, annonce la voix dans la radio. L’un des nôtres est gravement blessé. Besoin d’évacuation d’urgence.

Thomas est sceptique, était-il que deux, il appelle Jung et Gaby pour leur demander la tenue vestimentaire des deux fuyards. Ils sont catégoriques, les deux confirment qu’ils étaient noirs. Il y avait bien un troisième homme. De toutes façons la forêt est en flamme et il ne l’a connait pas, il ne donne pas cher de sa peau. ils doivent retourner au passage secret. Auparavant ils doivent récupérer une de leurs civières et transporter Jo vers l’hélicoptère qui doit récupérer Jung, Gaby et Brittany. Ils céderont leur place au blessé.

Au même moment tous entendent un Au secours….

A suivre…

Copyright Juin 2025

Shana face à son passé 12

Et pourtant, un événement inattendu allait changer la donne.

Alors qu’à Lyon se déroulait ces moments dramatiques ou Calmet était liquidé car ayant trop parlé,Shana , épluchait depuis une quinzaine de jours un dossier d’ une unité spécialisée dans les crimes sexuels et réseaux pédocriminels. C’était une affaire non résolue. Des voisins s’étaient plaint de va et viens surtout la nuit d’un nombre impressionnant de personnes qui arrivaient vers 19 heures. Cela se passait dans un quartier résidentiel, lors d’une surveillance autour d’une maison bourgeoise la planque organisée à différents moments de la journée n’avait rien donné. On suspectait le couple d’abriter des “réunions privées” avec des mineurs. Plusieurs photos avaient été prises mais personne n’y avait reconnu qui que ce soit. Et surtout aucun enfant n’était rentré. En conclusion il était noté, des voisins jaloux voudraient aller aux partouzes. Et l’affaire avaient été laissé en suspens. D’autres crimes ou dossiers plus lourd s’étaient greffes sur celui-ci et méritaient plus d’attention qu’une partie de jambes en l’air avec adultes consentant.

Sur les photos prises cinq ans plus tot par des spécialistes de la traque. Une silhouette nette, un visage de profil sortant d’un SUV gris attire le regard de Shana.

Elle n’avait pas eu ce rapport sous les yeux à l’époque. Aujourd’hui, elle se sent mal, le bébé lui va bien. Le visage lui disait quelque chose mais les pages avaient été mainte et mainte fois consulté que c’était plié autour du visage, mais la voiture, elle lui donnait des frissons d’horreur.

En parcourant la presse économique, son œil fut happé par un article illustré du portrait d’un financier interrogé dans le cadre d’un « audit de conformité bancaire ». C’était Etienne de Brevailles, l’homme recherché par Morel, Gendarme dans une brigade de province un tantinet sur la touche et Thomas Lambert chef incontestable de l’unité d’élite du GIGN. Le sang de Shana n’a fait qu’un tour, l’homme que tout Interpol cherchait se pavanait cinq ans plus tôt dans ce pavillon de la ville de X. Voilà le lien qui lui manquait. Voilà la raison pour laquelle elle se sentait mal.

Et ce matin il sortait libre de sa convocation chez le Juge. Et c’était encore lui qui quittait la villa à deux heures du matin, pressé. Shana l’avait déjà vu dans d’autres circonstances. Pourquoi personne n’avait fait le lien ?

Shana lança immédiatement une recherche confidentielle. Et les signaux d’alerte s’enchaînèrent. Des virements suspects. Des allers-retours entre Paris et ce petit village du Beaujolais et de son vin célèbre.

Le Sergent Buisson et elle-même entendent bien distinctement dans les écoutes du passé. Un nom prononcé à voix basse par plusieurs suspects :

— “EB”… c’est lui qui paie. Lui qui protège.”

Elle prit son téléphone et appela le numéro de téléphone privé remis trois mois plus tôt par Julien M.

Ce n’était pas la ligne directe du commissariat central de Lyon. Mais un téléphone prépayé, le même pour tous. Ni vu ni connu.

— Capitaine Morel ? Je crois que vos fantômes croisent les miens. Et si c’est ce que je pense, c’est un putain d’État parallèle qu’on a sur les bras. Et pire tout ce qui nous semblait terminé avec l’arrestation de Capet est de retour . Il y a même des tentacules qui sont au delà de nos frontières. J’arrive.

— Non ! Ne vous fatiguez pas Shana c’est à moi de faire le voyage, rendez-vous là où vous savez.

— Bien Capitaine, le Sergent Buisson et moi nous y allons mon beau-frère nous y conduira avec une voiture passe-partout et une immatriculation bidon.

— Parfait, tout est en place les têtes devraient tomber…

Dès le lendemain, Morel rejoignit discrètement Shana et Buisson à une planque connue de Shana et Morel. Shana emporte avec elle son dossier, ses photos, et surtout : des écoutes téléphoniques accablantes, où un homme (identifié comme un ancien directeur d’établissement social) faisait clairement allusion à « des protections au sommet » venant de l’argent noir géré par le baron” JLC.

L’ancienne villa fut mise sous surveillance, mais à peine deux jours plus tard… elle fut incendiée dans la nuit, aucun blessé. Pas de traces, comme si quelqu’un avait effacé un tableau gênant. Est-ce que les voisins avaient prévenus les propriétaires en voyant le va et viens des voitures qui planquaient derrière et devant la maison. Bien qu’elle soit banalisées dans un quartier calme elles sont vite repérées.

Morel et Shana savaient désormais qu’ils ne pouvaient plus passer par la voie normale. Trop de complicités. Trop de risques.

Il fallait frapper vite, fort, et exposer au grand jour ce que les puissants tentaient d’enterrer depuis des années.

Mais pour ça, il leur fallait encore une chose : les fichiers cryptés de Calmet. Et le seul capable de les déchiffrer était en cavale. Un ancien analyste de la DGSI… lui aussi disparu.

Après quelques jours de filatures discrètes, mais surtout grâce à une ancienne connaissance de Shana au sein du renseignement intérieur qu’ils retrouvèrent Raphaël Brenne, un ex-analyste de la DGSI, spécialiste des systèmes de cryptage bancaires, aujourd’hui planqué dans un squat high-tech de la banlieue lyonnaise.

Quand Morel lui tendit la clé USB de Calmet, Brenne pâlit.

— D’où vient ça ? Qui vous a donné ça ?

— Il est mort, noyé. On pense que c’est vous le dernier à pouvoir nous aider.

Brenne brancha la clé. Le cryptage était du lourd, niveau militaire, mais pas infaisable. Trois heures plus tard, il dévérrouilla le cœur du dossier : une structure en arborescence, contenant des documents comptables masqués par des sociétés écrans, des listes d’invités à des « conférences privées » dans des maisons, hôtels particuliers, chalets en Suisse ou domaines en Bourgogne.

Shana avait annulé sa visite du quatrième mois et l’avait repoussé quinze jours plus tard. Elle n’aurait pas commencé son cinquième mois. Le médecin obstétricien avait accepté mais interdiction d’aller au-delà.

Il y avait des vidéos…Shana, qui avait vu les pires horreurs dans sa carrière, mit ses écouteurs.

Et son visage se figea.

— Ce sont des enfants ils n’ont pas plus de douze ans. Certains parlent allemand, d’autres espagnol. Et lui, là, à droite…C’est un adulte.

Elle agrandit l’image : Étienne de Brévailles, costume froissé, visage moite, assis dans un salon aux rideaux rouges. Il riait, et le pire… Mais Shana ne pouvait pas le dire, Morel se penche sur la vidéo et lui dit

— A partir de maintenant Shana c’est terminé vous ne visionnez plus rien. Baptiste va vous reconduire chez vous.

Elle protesta mais il fut inflexible. Thomas pas plus tard que ce matin m’a téléphoné, il était en colère car il avait appris que vous aviez changé la date de votre visite chez votre médecin. Le Colonel vous ordonne de rentrer chez vous. C’est un ordre Lieutenant.

En repartant avec Baptiste, elle lui dit seulement ses quelques mots :

. Le financier n’était pas seulement au courant. Il participait. Je l’ai vu… J’ai vu…. C’était horrible…

Baptiste tourne brusquement dans une allée forestière et s’enfonce dans la forêt. Shana s’aperçoit de rien jusqu’au moment ou une silhouette en treillis leur barre la route. La porte de Shana s’ouvre et sous le masque elle voit deux yeux verts, ils sont inquiets. C’est Thomas.

Dans un premier temps il l’a câline puis la gronde doucement :

— Baptiste va nous emmener à la visite du quatrième mois, j’ai refusé de l’annuler et nous y serons d’ici deux heures. De plus cette nuit tu as visionne l’Insoutenable, j’aurais dû m’y opposer. A compter d’aujourd’hui seuls Morel et Buisson s’occuperont de mettre le nez dans ce nid de mer

Mais Thomas ne finit pas sa phrase, au même moment il entend dans son oreillette :

 » Alerte, alerte une voiture en vue, immatriculation cachée, deux suspects à l’intérieur. « 

Branle bas le combat dans la forêt, la voiture de Baptiste est emmenée à couvert avec Shana, Baptiste et Thomas. Elle est rapidement mis sous des branches et des feuillages. Shana est cachée dans une planque dans le sol, sur ses oreilles un casque pour ne rien entendre. Elle y est en compagnie de deux des gars de Thomas et de Brittany une anglaise qui était venue les interviewer. Cette dernière trouve fort plaisant ces instants.

Baptiste récupère une mitraillette et suit au pas de courses son frère. Les hommes sont en place. Ils ont ordre de ne tirer que dans les pneus. Les deux hommes Thomas les veut vivant.

A suivre…

Copyright juin 2025

Shana face à son passé 11

Le dimanche fut une succession de petits bonheurs. D’abord, vers neuf heures, Mila frappa à la porte et me dit :

— Maman, papa t’a laissé une lettre. Il faut que tu nous la lises, c’est ce qu’il veut.

Lorsque je prends connaissance du courrier, Mila et Maël sont là, attentifs, écoutant avec sérieux les conseils de leur père. Un sourire discret se dessine en moi à la lecture de ses mots. Je m’interroge : comment vont réagir mes ados ? Et pourtant, sans discuter, ils accueillent tout d’un bloc, comme une évidence.

Bien sûr, tous les jours ne furent pas simples, mais dans l’ensemble, ils m’aident du mieux qu’ils peuvent.

À midi, je déjeunais chez mes beaux-parents, en compagnie du frère et de la sœur de Thomas. J’étais pleinement intégrée à leur cercle, comme l’une des leurs.

Après le repas, Olga, ma belle-mère, m’a tendu un écrin contenant une rangée de perles. Elles avaient appartenu à sa sœur, qui était aussi la marraine de Thomas. J’ai d’abord décliné, touchée mais un peu gênée.

C’est alors que Manon est arrivée, le sourire aux lèvres, et a lancé en riant :

— Ne fâche pas maman, m’a glissé Manon. Elle se réjouit tellement que Thomas ait accepté de se marier. Avant, c’était un vrai ours : aucune femme ne trouvait grâce à ses yeux. Et puis tu es arrivée… Juste après qu’il nous ait annoncé je ne sais quelles absurdités qui ont rendu notre père fou de rage.Je n’ai jamais su ce qu’il avait dit exactement.

Olga, sa mère, s’est contentée de souffler : C’est du passé

Mila et Maël, de leur côté, s’étaient parfaitement fondus dans la bande de cousins et cousines. L’ambiance était légère, joyeuse — chacun savourait pleinement ces instants partagés.

Le soir venu, nous sommes rentrés à la caserne. Là, j’ai croisé pour la première fois Madame Buisson, l’épouse du second de Thomas. Elle m’a abordée avec chaleur et m’a proposée de venir prendre un café pour rencontrer les autres épouses. Je lui ai répondu que ce serait avec plaisir, dès que je connaîtrais mes horaires.

Le lundi, à dix heures, je me suis présentée devant le Colonel. Dans le bureau se trouvaient également le capitaine Morel et… Baptiste, mon beau-frère, qui n’est autre que l’aide de camp du Colonel. Morel prit la parole pour nous exposer la situation.

Un soir, avait-il raconté, il avait été convoqué en toute discrétion par une ancienne connaissance de l’IGPN — une femme d’une quarantaine d’années, le regard perçant.

— Écoute, Julien, lui avait-elle soufflé. Tu es sur quelque chose de bien plus gros que ce que tu crois. De Brévailles, Larzay… ce ne sont que des courroies de transmission. La véritable machine est ailleurs. Le ministre lui-même a été aperçu en réunion privée avec ces types. Ce que tu fais, là, peut faire sauter une moitié de la République…

En entendant ces mots, j’ai compris que je n’étais pas mise à l’écart — bien au contraire. J’allais intégrer l’équipe de terrain. Morel, lui, reprenait la route pour Lyon.

Mais auparavant Morel nous exposa calmement ses conclusions. Ce dont il parlait n’était plus une simple enquête : c’était une guerre souterraine. Et lui, simple flic de terrain, venait de poser le doigt sur une structure parallèle à l’État. Un système alimenté par la finance, couvert par les réseaux politiques et protégé par un silence savamment orchestré.

J’apprends par le Capitaine Morel qu’entre-temps, Thomas avait réussi à infiltrer un de ses hommes au sein du dispositif, Une taupe s’était infiltrée , discrète,parfaitement intégrée, chargée de remonter des informations sans se faire repérer. Les ramifications étaient tentaculaires, invisibles à l’œil nu. Certaines personnes que nous pensions inaccessibles étaient en réalité profondément compromises. C’était vertigineux. Tout ce que nous pensions savoir était à revoir. Je sentais la tension monter dans la pièce. Pourtant, chacun restait concentré, pragmatique. Ce n’était plus le moment des doutes. C’était celui de l’action. Je comprenais, à travers les regards échangés et les silences lourds de sens, que mon rôle allait bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Je n’étais pas là pour observer. J’étais là pour agir. Certes pas en m’exposant aux tirs mais là dans le bureau pour regarder à la loupe ce que nous avions raté il y a dix ans.

Le Colonel est lui aussi abasourdi, contrarié, et surtout fort en colère. Il ne peut pas admettre que des dignitaires de la République puissent se compromettre. Morel se retire et je soumet au Colonel une idée que j’ai eu. Il m’écoute fort attentivement et rapidement demande à Bastien de me trouver un bureau. Puis, il se ravise et me demande de le suivre. Il m’emmène dans l’appartement de fonction qu’il a mais n’utilise pas. Il choisit le séjour et me dit :

— Je vous donne tout ce que vous voulez Lieutenant, ordinateur, téléphone tous les dossiers concernant cette époque, je sais que pour vous c’est sûrement fort dure pour vous de remonter à ces moments.

— Je me permets de vous couper mon Colonel, il faut que l’on mette la main sur ce commanditaire, je pense qu’il y a dix ans nous avons râté quelque chose. Pouvez-vous me donner les écoutes téléphoniques ? Il est possible qu’une voix, un son, une voiture pourra nous permettre d’avancer. Est-ce que le sergent Buisson qui était radio il y a quelques années ne pourraient pas venir me donner un coup de main

— D’oreilles vous voulez dire

Le Colonel avait le don de détendre l’atmosphère, mais il approuva ma demande et me quitta pour donner un ordre.

Le Sergent Buisson me rejoint le lendemain et avant de me montrer un fichier récupéré par un contact à Bercy. Il me dit Lieutenant j’ai le Bonjour de Thomas et je suis la taupe.

Rapidement nous nous mettons au travail il me donne son dossier qui contient une simple feuille Excel, sobre, presque anodine. Elle contenait une liste de transferts, avec des noms codés, mais certains étaient reconnaissables malgré les précautions.

EBRVA » : Étienne de Brévailles »

MLRZ » : Maxime Larzay »

MNST-FIN 02 » : probable référence au ministre lui-même

Et toujours celui-ci JLC que l’on n’avait toujours pas identifié.

Et à côté : des montants, des destinations. Dubaï. Singapour. Panama.

— C’est un budget parallèle. Ils siphonnent des fonds publics sous couvert de montages financiers. Et ils financent quoi, derrière ? Des campagnes ? Des opérations noires ?

Je lui repond, le regard sombre :

— Peut-être pire. Du renseignement privé, du chantage, de l’influence et j’ai peur que tout est recommencé.

Il nous fallait désormais une preuve irréfutable. Un témoignage. Un enregistrement. Quelque chose qui rendrait toute tentative d’étouffement impossible.

Et cela n’allait pas tarder à arriver. Car un homme, était prêt à parler. Et il avait tout enregistré. C’est Le Sergent Buisson qui l’a appris par un recoupement au sein d’un ministère. Un secrétaire avait disparu.

Une semaine plus tard, le capitaine Morel reçut un appel sur une ligne sécurisée. Une voix hachée, déformée, presque murmurée.

— J’ai des preuves. J’ai tout. Mais ils savent que je parle. Je ne peux pas passer par les canaux normaux. Il faut me rencontrer. Ce soir. Seul.

Morel lui proposa un point de rendez-vous dans un bar, mais l’autre que nous avons nomme Monsieur X refuta ce lieu. Argumentant qu’il y avait trop de monde.

Mais de quoi pouvait-il avoir peur ? Il proposa à Morel le point de rendez-vous : un ancien parking souterrain près du funiculaire de la Croix Rousse.

L’homme qui l’attendait dans l’ombre, tremblant, visiblement en fuite, s’appelait Jérôme Calmet. Ancien cadre d’un cabinet d’audit en charge des comptes d’une fondation opaque liée à de Brévailles. Il sortit une clé USB.

— Ici, tout est chiffré. Mais les noms, les virements, les dates… Vous verrez par vous-même. Ils déplacent de l’argent pour des choses qu’aucun État ne devrait couvrir.

Morel lui demanda :

— Des campagnes électorales ? Du lobbying ? Calmet baissa les yeux. Pas seulement, ils payent le silence. Des gens… des enfants… dans certaines soirées organisées dans des maisons privées. Le lien est là, caché dans les virements. On parle de vidéos, de complicités judiciaires. De Brévailles est au centre. Mais il n’est pas seul. Il y a des magistrats, des chefs d’entreprise, un député européen même…

Le lendemain, Calmet était retrouvé mort, noyé, à La Mulatière là où la Saône et le Rhône se rejoignent.

« Suicide », disait la note interne. Mais Morel savait. L’étouffement venait de commencer.

A suivre…

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