AUTOMNE

L’Automne est le soupir doré de l’année. La saison où la terre exhale sa gratitude avant de s’endormir.

C’est la grande transition, l’instant où la lumière, devenue oblique et miel, décide de se faire rare.

C’est la fête des couleurs flamboyantes où le vert ardent de l’été se retire laissant derrière lui un incendie lent sur les cimes, une palette d’ocres, de carmins profonds et de cuivre rouillé.

Automne dans les bois

Les feuilles tombent en danses de feu,

Rouges et or, un tapis sous mes yeux.

L’air frais caresse, léger et doux,

Et la brise murmure un chant à nous

Sous les arbres, les châtaignes se cachent,

Dans leur coque piquante, un petit trésor se fâche.

Je les ramasse, chaudes dans mes mains,

Promesse de soirées au parfum ancien.

Les champignons surgissent, secrets de la mousse,

Colorés ou discrets, sous les fougères qui s’émoussent.

La forêt respire, riche et mystérieuse,

Chaque pas réveille une vie silencieuse

Et moi, je marche, emplie d’émerveillement,

Goûtant la saison, la douceur du moment.

L’automne m’invite à sentir, voir, toucher,

Et à savourer ce monde avant qu’il ne soit figé.

L’Automne est un tableau magnifique, peint avec une sagesse qui nous murmure que pour renaître, il faut d’abord apprendre à lâcher prise.

EvaJoe Copyright Octobre 2025

Le Charmant Som

Juste pour le plaisir et pour faire suite à l’épilogue de ma saga voici un sommet de la Chartreuse en Isère appelé – Le Charmant Som -.

Je l’ai gravi en d’autres temps. Je dédie mon texte à Agnès

Il est des montagnes qu’on ne gravit pas seulement avec les jambes, mais avec le cœur.
Le Charmant Som, modeste et majestueux à la fois, fait partie de ces lieux où le temps se suspend.
Là-haut, au-dessus des forêts de la Chartreuse, le vent parle bas, les nuages frôlent les crêtes, et la lumière change comme une respiration.
Ce n’est plus une marche : c’est une ascension vers le silence.
Une manière d’aller vers soi, à travers la beauté du monde.

Au matin clair s’élève une lente ascension,

Dans l’air pur résonnant d’une douce chanson.

Sous l’éclat des sapins, la lumière s’effile,

Et le pas pèlerin devient presque docile.

Chaque pierre conduit vers un rêve d’azur,

Chaque souffle arraché se fait plus clair, plus pur.

Les cœurs battent ensemble au rythme du silence,

Et la terre, en secret, promet la délivrance.

Quand s’ouvre enfin le ciel, au bord du firmament,

Le monde est suspendu dans un émerveillement.

Les monts bleus s’étendent, nobles, immuables trônes,

Et l’ombre des vallons s’efface en sombres couronnes.

Grenoble au loin scintille, au creux des horizons,

Comme un joyau brûlant sur l’or des frondaisons.

La Chartreuse respire, immense, souveraine,

Et le vent pur s’enroule autour des âmes pleines.

Alors l’homme s’incline, ému, silencieux,

Car son cœur reconnaît la demeure des dieux.

Un rayon d’or descend, glisse sur la croix claire

—Et l’esprit s’ouvre au ciel, humble, vaste, et sincère.

Le monde semble neuf, lavé de tout vacarme,

Et la paix, sur le front, dépose une larme

Le Charmant Som s’endort, gardien du firmament,

Dans la gloire du soir et l’éternel présent.

Redescendre du Charmant Som, c’est toujours un peu revenir de soi-même.Les bruits reprennent, le monde se remet à tourner, mais quelque chose demeure.Une paix discrète, un éclat d’air pur, une lumière qu’on garde en soi.On ne quitte pas vraiment la montagne : on la porte, silencieuse, dans le creux du cœur.Et lorsque, plus tard, la vie se fait trop bruyante, il suffit de fermer les yeux.Alors revient le souffle du vent sur les crêtes, le pas sûr sur la roche tiède,et ce moment suspendu où le ciel et la terre ne faisaient plus qu’un.

EvaJoe Copyright Octobre 2025

Rêves de barques !

photo de Joëlle W

L’eau s’en est allé , laissant à découvert

Deux barques usées par le temps

Elles attendent figées espérant partir dans l’Univers

Pour filer dans le sillage des ans.

La crue les ont surprises dans leur silence éternel

Brutalisées, poussées, sans jamais casser leurs amarres

Les bateaux ont tenu bon sous la violence des flots

Il s’en est fallu de peu pour virer au cauchemar

Elles auraient pu se noyer sous la déferlante d’eau.

Toujours unies malgré les outrages du vent

Elles attendent la main du pêcheur pour les parer de couleurs

Afin de reprendre leur voyage en sa compagnie

Dans le courant voir passer la truite défiant le pêcheur

Puis le soir venu ensemble s’endormir au bord de la prairie.

Novembre 2023 Copyright

Tempêtes !

( Photo de Cristina Chardon)

OH !

La conque marine

Ne peut la mettre en sourdine

C’est une vague époustouflante

Qui gronde et chante

La voilà dans un merveilleux ballet

Senroule, majestueuse, sublime

En une osmose maritime

Et pour parachever son bonheur

S’imagine accrocher au mur ou sur un chevalet

Afin de produire une clameur

Devant de nombreux admirateurs

EvaJoe copyright novembre 2023

Encre d’émeraude

photo de Ronan Follic(Facebook)

Ô sublime instant

Alors que s’enfuit le temps

Raconte moi la mer

Est-elle amère ?

Ou anisé

Couleur Emeraude

En vert irisé

Les vagues roulent en maraude

En un chassé croisé

Dans l’aube naissante

Retombent en gerbe fracassante

Pour s’évanouir

Afin de nous éblouir