En souvenirs de toutes ces femmes qui maniaient si bien l’aiguille, cela leur permettait de survivre et elle faisait du bel ouvrage.
En souvenir de la Grand mère de mes fils.
Dans la pénombre de cette chambre ourlé d’un jour sans fin
je te revois, fatiguée mais encore belle le corps penché
sur ton ouvrage ou ton aiguille inlassablement accroche le lin
de ce mouchoir qui demain donne à la fillette son air endimanché.
De ce labeur incessant tu t’es usée les yeux et désormais
je te vois assise au coin du feu, un léger sourire aux lèvres
songes tu à ton passé ou sur ta broderie tu t’épuisais
pour apporter à tes petits quelques pièces d’orfèvres.
Ton visage a son sourire d’antan mais ton corps s’est courbé
tu marches difficilement mais tu as l’air heureuse
tes petits enfants écoutent tes contes bouches bées
tu leur racontes ton histoire ou tu étais amoureuse.
Dans nos têtes d’enfants, nous te voyons tour à tour
princesse, reine, sorcière voir belle dame chez toi
selon ce que tu nous racontes nous t’imaginons à la cour
et non poussant ton aiguille pour que tes fils soit des rois.
Puis le temps s’est effiloché, tes petits s’en sont allé
ils ne t’ont pas abandonné, juste partis vivre leur vie
mais parfois dans la maison résonne les cris du passé
et, dans ton grand fauteuil ou tu t’abandonnes tu souries.