Le canal

Ou vont ces péniches descendant les canaux

elles fendent les flots à la recherche d’une escale

sans travail certaines d’entre elles resteront à cales

d’autres voyagent et font des ronds dans l’eau.

 

L’eau ondule et se froisse au passage du bateau

 se creusant vers l’écluse en une danse infernale

dans cet étroit passage il impose sa carrure royale

 attendant que l’eau monte ou descende en rodéo.

 

Libérée du carcan de pierre qui les emprisonnait

ployant sous le joug du bois ou des pièces d’autos

 continuant leur périple de l’océan à la
méditerranée.

 

Ils croisent les  bateaux de plaisance aux doux noms

de Liberté, Bonheur, Elisabeth et bien d’autres encore

parés de fleurs, laissant flotter leurs fanons.

 

Ils viennent d’Angleterre, Suède, même de l’Australie

qu’importe la langue ils ont choisis leurs vacances

capitaine au long cours ils traversent notre Pays.

 

 


La fugue

 

Toujours assise sur son postérieur

elle ne bouge pas, elle est immobile

l’oeil vif elle attend son heure

ne la prenons pas pour une imbécile.

 

Ses yeux ont la couleur de l’agate

sa bouche émets un bruit bizarre

tremblant jusqu’au bout de tes pattes

vas tu laisser faire le hasard?

 

De l’autre côté passe une hirondelle

elle arrive tout droit de l’Orient

cherchant à faire son nid, cette belle

elle te nargue, c’est contrariant.

 

Tu profites de la porte entrouverte

pour t’enfuir sur la route ombragée

tu longes le mur et les plantes vertes

et disparais à nos yeux, tu nous as piégé.

 

Le jour n’en finit pas, tu n’es pas revenue

pour ta première sortie tu es devenue féline

Toi qui porte un prénom de Déesse, tu es menue

Isis, mon bel animal je t’aime câline.

 

La belle est revenue ce matin, sacré fugueuse

fourbue et fatiguée, voir un tantinet épuisée

qu’as tu fais de ta nuit belle ensorceleuse

sur le fauteuil tu rêves à ta cavale insensée.

Souffle de rêve

 

 

En un matin le souffle de rêve embaume la nature

sur le muret la belle glycine met l’ambiance

en estompant la folie  de l’hiver rigoureux  en rature.

elle se marie à dame aubépine qui demande audience.


Le jardin a des touches  multicolores de peinture

les tulipes aux cils veloutés sont en quatuor

et poussent les grands lys à  haute stature

à se pencher sur les primevères et virer de bord

 

Les narcisses aux couleurs pâles flirtent au gala

elles embrassent les jonquilles et les roses d’or.

Ces dernières montent à l’assaut de la pergola

et font un rempart de douceur et de  couleurs.

 

Sur l’arbuste bordant le petit chemin trône le lilas

il joue une mélodie ou les rêves font la différence.

Le saule pleureur balance ses bras pour un  pugilat

et se mire dans les eaux en une belle apparence.

 


 


L'absente

 

 

 

 

Le temps est un loup à visage humain

ou mes vers sont partis dans la tourmente

ne pouvant écrire, n’ayant plus de mains.

 

Délaissé par l’amour et jeté en pâture

étouffant mes sanglots , éternelle absente

m’éloignant chaque jour de ma littérature.

 

Accablé de tristesse, songeant à la vengeance

maudissant chaque nuit, perdu loin de toi

songeant à ton retour ,  je ferai allégeance.

 

 

Ou étais tu partis, reine de mes nuits

Dans la soie du jour je te vois rebelle

 reviens -tu de ce  silence,  ou le soleil luit?

 

Me voici de retour,  femme sans bagage

quittant le port ou je n’ai plus d’attache

je t’apparaîs dans des éclairs d’orage.

 

 

A l’ombre de mes doigts, brille ton corps 

souveraine de ma vie, te voici revenante

oubliant le passé et nos désaccords.

 

Entrebâillons nos portes, pour nos rêves

enflammons nos émois en folie d’amour.