De ses mains nues…

Ce texte est pour un ami Amar qui dans son pays l’Algérie a décidé de redonner une belle image en commençant par dépolluer les plages où des immondices côtoient les baigneurs….C’est un écologiste convaincu, mais un pur un vrai….

 

 

Dans la brume du matin, il avance seul pendant que la ville s’éveille

De ses mains nues il ôte les immondices sur la plage

Aidé par des enfants, des femmes, des hommes parfois qui enfin se réveillent

Il ne demande rien mais il agit pour son pays, ce n’est pas un mirage.

 

Aucune de ces bouteilles contiennent un message

Elles gisent sur le sable blanc comme un mauvais présage

Mais  personne n’y prête attention

Alors que se profile une pollution.

 

Ici, il n’est pas le bienvenu, aussi des hommes de main le passent à tabac

Mais inexorablement il continue sa tâche, celle qu’il s’est fixé, le nettoyage

Ici pas de pétitions, ni de foule enthousiaste, juste quelques mains pour ce combat.

Lorsque le soleil décline à l’horizon tous font un nouveau voyage.

 

A chaque jour il continue sa route revoir de belles images

 Ils ont réussis à ramasser 40 tonnes de déchets à Annaba

Grâce à l’aide d’une Association sous la houlette d’Amar

C’est un ami et je lui rends hommage.

 

Né   en France, mais il donne tout son temps à l’Algérie

C’est sa terre, même si beaucoup la détruise

Ici j’ai voulu honorer un homme parmi tant d’autres

C’est un travail titanesque mais il le fait avec son cœur.

 

 

 

Le cri d’une femme

Faîtes de contours et de délices

Elle offre de belles rondeurs

Vu comme une fille pleine de vices

Elle doit se couvrir car c’est une erreur!

 

Serai-je un pêché pour que l’on me cache

Se plaint la jeune femme aux milles éclats

Comment leur le dire pour qu’ils le sachent

Qu’en maillot de bain je n’offense pas Allah

 

J’aime sentir le vent caresser mon corps

Nager à contre courant sans être à contre-jour

Rien que de voir ce tissus j’en ai un haut le cœur

Je ne suis pas de mauvaise vie dans mes atours.

 

Ni pouliche, ni insoumise, je suis une femme

J’ai dix huit ans je sais respecter nos pères

Ne me jetez pas de pierres je ne suis pas infâme.

J’aime mon Pays car c’est ma terre.

 

EvaJoe  août 2016 copyright

 

 

 

 

Autour des machines à café!

 

machine-à-café

 

Que de discussions autour de la machine à café

Entre le court et le long

Point n’est besoin d’être félon

Car à part le nuage de lait il n’y a pas de pousse-café.

 

La machine en a vu des pleurs et des rires

Entre caféine gratuite et illusions perdues

Il y a ceux qui passent leur temps et les mordus,

 accro au dopage de leur vie, ayant peur de dépérir.

 

Ils y sont dès l’aube et encore au coucher du soleil

Ici point d’ivresse seulement l’oubli du labeur sur la planche

Il a parfois un  goût infâme alors ils ajoutent un sachet de poudre blanche.

 

Ici, à coup de thé et café on arrose le départ de l’ancien

Il soulage les peines et donne l’illusion du bonheur

Mais ils créent des amitiés sincères parmi les travailleurs. 

 

Le persiflage d'un poète!

 

C’est bien dans l’encrier 

Ou ma plume ne peut s’ennuyer

Que je vais persifler des mots moqueurs

Sans commettre aucune erreur.

 

Ne soyez pas perplexe

je vais vous entraîner dans un paradoxe

ou entre les pages de mon dictionnaire

se télescopent mes vers.

 

Je vous imagine déjà crier

Voir même vous contrarier

Pensez-vous que je ri

En écoutant votre plaidoirie.

 

En lisant de ci de là vos écrits

Songez à ma moquerie.

Mais je vais vous en faire une synthèse

Et vous le murmurer entre parenthèse.

 

Je suis sérieuse qu’est-ce que vous croyez

Mais je vous fais un pied-de nez

Mais quelle est cette gaudriole

Que vous nous faites avalez dans une fiole.

 

A tout vouloir critiquez

je vous sens trop impliqué

Je ne vais pas longtemps simuler

Que désormais vous me saoulez.

 

C’est en voyant passer les cloches

Que j’ai eu l’idée de vous en faire reproche

Mais c’est juste le temps d’un poème

Car vous savez que je vous aime.

 

EvaJoe avril 2013

 

 

 

 

Là-bas

Les beaux discours n’ont jamais permis au  peuple de se libérer, la guerre n’est pas une solution . pourtant des hommes, des femmes se lèvent au nom de leur conviction, de leur engagement et acceptent de combattre l’oppression, la dictature, les crimes contre l’humanité. Je sais que ce texte fera naître des écrits qui peut-être n’iront pas dans le même sens. Mais chacun en son âme et conscience assumera ses mots. 

 

Je dédie ce texte à Nicolas et Antoine et à tous les autres qui ont donné leur vie pour la France, hier et aujourd’hui…..

 

Il est assis

La tête entre ses mains

Il songe

Au loin le bruit des armes

Autour le désert à perte de vue

Loin de tout

Loin de sa vie

Mais il  l’a choisis

Il l’aime ce qu’il fait

C’est le seul métier

Qu’il voulait

Qu’allez-vous penser

Qu’il aime tuer !

Non, il est là pour sauver

Des hommes, des femmes et des enfants

Loin de son pays

De sa vie tranquille

Là-bas sur cette terre hostile

Il fait chaud le jour

Si froid la nuit.

 

Il a mis sa main sous sa tête

il songe aux siens

Restés là-bas dans son pays.

Eux sont ensemble

Lui est seul avec sa conscience

Et ses hommes qui attendent

Il se doit de se secouer

Ici, tout se côtoie, la vie, la mort

Et son lot de malheur.

Il faut faire face

Se lever

Ne pas trembler

Les rassembler

Il va parler

 

 

Un silence dans le camp

Improvisé à la hâte hier soir

Après l’embuscade

Où trois des leurs

Sont morts

Morts pourquoi

Pour qui

Pour rien…

 

Il ne doit pas leur avouer

Ses  états d’âme

Son pessimiste

Face à une guerre qui n’en finit pas

Un conflit qui ne dit pas son nom.

Il faut se comporter en chef.

Ils sont assis à même le sol

Certains ont pleuré

D’autres têtes baissées, pleurent  encore

Leurs frères ! Leurs camarades

Tués par une poignée d’hommes surgit de nulle part

Chaque rocher, chaque trou

De là peut surgir l’ennemi

Ils le savaient, mais …C’est ainsi.

Ils sont morts leurs compagnons, amis, frères.

Leur sang a coulé pour une mission de la dernière chance

 

Lorsque les premières lueurs de l’aube

Ont éclairé la scène

Ils étaient debout prêt à repartir

Les mots de leur chef les ont galvanisés

Ils seront encore plus prudents.

Ils repartent pour la mission qui leur a été confié

Valeureux, ils savent l’être

Mais heureux ils mettront du temps à oublier.

 

Ce ne sont que des hommes

Pas des machines de guerre

Ils sont là pour sauver d’autres êtres humains

En évitant d’y laisser leur vie

Là où d’autres l’ont perdu.

 

Leur chef les yeux perdus au loin

Songe que la vie doit continuer malgré la mort

Ne jamais oublier

Mais aller de l’avant

Et, enfin un jour rentré au Pays,

Revoir les siens

Et serrer le petit dernier dans ses bras.

 

EvaJoe décembre 2013 Copyright