Un passé bien encombrant (26).

Je dois partir avec mes grands-parents et mon papa, aussi assez folle pour mon âge je me glisse dans le coffre de la voiture de Papy… Et je met sur mon corps une couverture. Mais j’espère qu’ils ne vont pas l’écraser avec leurs bagages. J’ai à peine refermer le coffre que j’entends un bruit de pas. C’est mon père il pose son sac je l’ai sur un pieds , j’attends qu’il s’éloigne et me contorsionne du mieux que je peux sans faire bouger le sac. J’arrive à déplacer mon pieds. Et j’attends patiemment que d’autres viennent déposer leurs sacs. J’espère que personne n’aura l’idée d’emporter une grosse malle. Mamie met une glacière contre ma tête. Je me cale entre le sac et la glacière. Je verrais plus tard ce qu’il sera judicieux de faire. Bastien arrive avec le Vanity-case de Mamie, un truc hyper vieux mais auquel elle tient. Il va pour me le mettre sur la tête. J’émets un petit cri. Il soulève la couverture et me regarde comme un ahuri et me secoue en me traitant de folle, et me demande si je pense pouvoir faire plus de 1000 kilomètres couchée et sans air. Il m’ordonne de descendre mais c’était sans compter sur notre oncle Romain qui arrive sur ces entrefaites.

  • A quoi jouez-vous les enfants?

C’est Bastien qui répond, c’est Charlotte qui a dû vous entendre parler et elle veut mener sa petite enquête. Romain me regarde et me dit :

  • Viens dans ma voiture tu seras seule et tu arriveras à Lyon vivante. Ici je ne donne pas cher de ta peau.

Cela fait deux bonnes heures que nous roulons. Romain m’avertis qu’ils vont changer de chauffeurs. Mais n’a pas envie de prêter sa voiture à qui que ce soit. Il m’ordonne de me coucher entre les deux sièges. Il me jette une couverture sur moi, et s’en va.

Lorsque la portière s’ouvre à nouveau je n’ose prononcer un seul mot. Mais Romain à nouveau me met a l’aise et m’avertis que l’on est repartis pour quatre heures. Nous allons faire que de l’autoroute me dit-il. Je retrouverais les autres sur place. A la première aire tu monteras à côté de moi. Comme je dois aller récupérer Aurélien sur son lieux de vacances je vais me détourner du chemin initialement prévu. Moi ça me va bien. Je verrais le paysage. Pendant que nous roulons le téléphone de mon oncle sonne. Je lis que c’est Mamie. Il me regarde et me dit tu vas passer un sale quart d’heure. A partir de maintenant tu ne dis pas un mot.

  • Allo Maman tu veux savoir où nous sommes.
  • Je veux juste être au courant lorsque tu pars avec ta nièce et que tu me laisses sans m’avertir. Heureusement que Bastien m’a tout expliqué. Veille sur Charlotte et ne le lui laisse pas faire n’importe quoi.
  • Promis Maman, Charlotte et moi nous t’embrassons.

Il raccroche et me demande si je suis au courant de ce que Bastien a pu lui dire. Qu’en sais-je ? Je lui suggère de l’appeler. Ni une, ni deux c’est ce qu’il fait.

  • Bastien c’est ton oncle, qu’as-tu dis à Mamie, concernant ta sœur
  • La vérité
  • Quelle est elle?
  • Que tu préfères la surveiller que de la laisser ici ou elle fera tourner en bourrique tout le monde.

Mon oncle éclate de rire et me dit:

  • Ton frère a l’air de bien te connaître.

Je ne réponds pas, il m’agace Bastien avec son air supérieur… Comme si j’étais ainsi. Je suis sage. Bon, c’est vrai je me lance souvent dans des petites enquêtes mais je découvre toujours la vérité. On va voir pour Maman.

Il est plus de seize heures lorsque nous arrivons en Ardèche sur le lieu de villégiature d’Aurélien et Maryline. Ils nous attendent et savent déjà que je suis avec Romain. Je saute au cou de Maryline, elle m’embrasse sur les deux jours. Quant à Aurélien il trouve que je suis très belle car bronzée comme du pain d’épices.

Et Romain ajoute, je vais te dévorer ma nièce adorée… Et il éclate de rire devant mon regard courroucé. Nous mangeons ensemble un copieux goûter. Puis Aurélien prends la place de Damien et nous partons tous les trois, direction une adresse inconnue. En chemin alors que je leur joue la comédie, je somnole, enfin je leur laisse croire. Et j’écoute ce qu’ils se disent.

  • Donc vous avez localiser Julie, qui l’a enlevé et pourquoi? Et le bébé comment l’avez-vous retrouvé ?

J’entends Damien expliquez à Aurélien ce que mon Papa a découvert en Afrique. Chez les parents de Joseph il y avait un bébé c’était notre petit frère. Un type, un blanc l’avait apporté un matin en leur disant de l’élever comme leur enfant. Mais stupeur dans ses vêtements un papier ou il était noté le nom et l’adresse de son père en France, chez Papy et Mamie.

Lorsque Papa avait simulé son arrestation c’était pour qu’on le croit en Afrique et non de retour en France. Mais avant de partir il était allé récupérer notre petit frère. Ce dernier était né en février de cette année le 28 plus exactement. Il avait donc cinq mois. Mais il était tellement petit. Du reste c’est ce qu’avais dit la mère de Joseph, il devait être prématuré ce gamin. Il avait ramené l’enfant et déclaré en la mairie de Font Romeu.

Romain a dit une hérésie que c’était notre Mamie Anne qui avait kidnappé sa propre fille. Mais Aurélien avait ajouté ce n’est pas à proprement parlé sa fille. Comme ils sont compliqué les grands. C’est bien sa maman, Mamie Anne, pourquoi que ce ne serait pas elle. Je n’avais pas réussi à écouter la fin de la phrase je m’étais réellement endormie.

Lorsque je me reveille, la voiture est immobilisée au milieu de nulle part. Les portières sont fermées. Ils n’ont pas envie que je vienne voir ce qu’il se passe. Comment vais-je faire ? J’espère qu’ils vont revenir avec Maman. J’arrive à passer devant et fouille le vide poche. Il y a une clef mais à quoi va-t-elle me servir. J’ouvre la voiture, c’est automatique. Enfin je suis à l’extérieur. C’est la nuit, pas de lune. Je marche doucement en direction de la maison.

A suivre…

Un passe bien encombrant.

Papa, je me jette dans ses bras, quelle joie de le revoir. Il semble fatigué, il est triste, un léger sourire mais c’est un papa qui souffre. Et surtout il a une barbe, des cheveux mi-longs. Un chapeau comme il portait dans la brousse . Il est déguisé en soldat avec un vêtement de camouflage.

Bastien le bombarde de questions il ne dit rien. Il nous serre contre lui. Il.oleure j’en suis certaine. Je sens sur ma main comme une goutte de pluie. Mamie arrive et doucement nous demande de nous éloigner de notre Papa car elle veut prendre notre Papa dans ses bras.

Nous nous écartons de notre Papa et Mamie lui prend son visage dans ses mains et lui dit :

  • Je me faisais un souci d’encre, tu as maigri mon chéri. Comment vas-tu ? Et comment se fait-il que tu sois là? Tu repars quand?
  • Annie
  • Oui
  • Calme-toi notre fils ne peut pas répondre à toutes tes questions. Venez tous les deux. Les enfants déposez vos bagages dans vos chambres respectives. Mettez le tout dans l’armoire. Quand vous êtes prêt redescendez au salon nous vous rejoindrons.
  • Ca marche Papy, nous ferons ce que tu nous as dit. Papa
  • Bastien je vais d’abord parler à tes grands -parents, ensuite je vous expliquerais tout ce que vous êtes en âge de savoir.
  • Ca marche Papa, allez viens Charlotte je vais te montrer ta chambre.

Je suis Bastien mais le frère de Papa nous précède, il pousse ma valise , la plus grosse et moi je pousse la plus petite. Me voici dans la chambre, elle est très belle, c’est celle de mon oncle lorsqu’il était enfant. Bastien à celle de Papa. Comme chez mon autre Papy, c’est moi qui ai la chambre de Maman.

Je me demande bien ce que Papa peut dire à ses parents. Parle-t-il de notre Maman? J’espère qu’elle est encore en vie. Pourvu que nous la revoyons très vite. Je suis perdue dans mes songes lorsque la porte de ma chambre s’ouvre et je vois Bastien entré comme un fou. Il essaie de me parler, mais il bégaye tant il est sous le coup de l’émotion. Il est bouleversé. Qu’a-t-il de si important à me dire? Puis il arrive à me dire :

  • J’ai eu Maman au téléphone mais ça a raccroché brutalement, depuis j’essaye de l’appeler mais je tombe sur la messagerie.
  • A-t-elle eu le temps de te dire quelque chose?
  • Oui, elle m’a dit, je suis en France.
  • En France ça y est elle revient, c’est de ça que Papa veut nous parler.
  • Je ne sais pas… Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas lui parler à nouveau.
  • Attendons Papa, as-tu mis tes affaires dans l’armoire
  • Nin je le ferai plus tard, allons voir Papa, il rappellera Maman.
  • C’est une bonne idée , allons-y

Nous descendons les escaliers à une vitesse de folie. Nous voici en bas, nous entendons une conversation animée, puis la porte s’ouvre à la volée et devant nous il y a notre Grand-père maternelle. Mais sur fait-il ici? Il est pâle.

  • Papy tu es déjà venu nous chercher
  • Non mes petits je suis là car des évènements graves viennent d’avoir lieu, mais votre papa va vous les expliquer.
  • Rentrez les enfants, tout d’abord votre Maman est en France.
  • Elle vient de me téléphoner dit Bastien

Un gros brouhaha suit les paroles de mon frère, tout le monde parle en même temps chacun s’exclame, moi je ne dis rien, j’attends que tous se calme. Enfin on entendrait une mouche volée. Puis Papa nous raconte une étrange histoire. Mais il a, à peine dit deux mots que nous entendons pleurer un bébé. Mamie se précipite, elle porte au creux de son coude un minuscule bébé. Elle nous le présente en disant voici votre petit frère. Mais d’où vient ce bébé et où notre mère se trouve? Pourquoi ils ne sont pas ensemble. Que de questions affluent dans ma tête. Une jeune dame africaine apparaît, dans ses mains un biberon de lait. Elle le donne à Papa et notre petit frère boit avidement son lait.

Pendant ce temps le silence s’installe on n’entends juste la succion de notre frère. Quel âge peut-il avoir? Deux mois pas plus. Et comment est-il ici? Pourquoi ne pas nous expliquer où est notre Maman. J’espère qu’elle n’est pas morte en mettant ce bébé au monde. Pourrais-je l’aimer?

  • Charlotte tu dors, je te parle
  • Oh pardon Papa, que dirais-tu?
  • J’expliquais que demain vous allez rester avec votre Mamie et ton grand-père, ton oncle et moi nous allons chercher votre mère.
  • Je ne comprends pas pourquoi Maman qui a disparue en Afrique se retrouve ici en France?
  • Elle te l’expliquera à son retour. Pour l’instant nous allons passer à table. Ensuite nous irons à Toulouse prendre un avion.

Nous mangeons tranquillement , puis Mamie nous propose d’aller dans son jardin admire ses fleurs. Bastien la suite, il veut devenir paysagiste aussi il va dire à Mamie si son jardin est bien agencé. Moi je vais chercher mon chapeau de paille j’ai tendance à saigner du nez.

C’est en redescendant et au moment où je passe devant le salon que j’entends une chose horrible et stupéfiante. C’est mon Papa qui l’a prononce :

  • Je ne sais pas comment nous allons faire pour la délivrer. Aurélien va nous prêter main forte. Il a deux amis dans la police, nous pourrons faire appel à eux. L’uniforme lui fera peur.

Kidnappé… Notre Maman a été kidnappe alors qu’elle était enceinte de trois mois. Mais le bébé n’a pas deux mois. Il est plus grand. Comme il est tout petit je pensais qu’il n’avait que deux mois.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 24 )

Nous avons une grande nouvelle à vous annoncer, votre Papa sera bientôt de retour parmi nous.

  • Avec Maman
  • Nous n’en savons rien mais il a pas mal de choses à nous raconter.
  • A nous ou seulement à vous l’interrompt Bastien
  • A nous mais vos parents ne vous ont jamais tenus à l’écart de ce qu’ils faisaient, ceci dans la limite de ce que vous pouvez apprendre.
  • Quand arrive notre Papa
  • Nous attendons son appel téléphonique , il ne devrait pas tarder.
  • Son appel.ou son retour
  • Charlotte ne soit pas si impatiente. Tiens admire nos Pyrénées. Nous allons bientôt arriver à Fort Romeu.
  • Mamie est-ce que je pourrais aller faire du ski sur l’herbe?
  • Quand donc?
  • Demain
  • On verra

La réponse de Mamie n’était pas très enthousiaste. Je verrais lorsque Papa sera de retour, nous resterons certainement assez longtemps chez nos Grands-parents. Depuis notre départ en Afrique, Bastien m’a expliqué que nous vivions déjà chez les parents de Papa. Je ne m’en souviens pas, je suis née en Afrique. Les Pyrénées je les ai découvertes au travers des yeux de Papa qui nous les racontaient. Pour le ski sur l’herbe ce sont les photos des enfants des écoles où Papy est professeur qui m’ont fait rêver.

Moi qui n’avait connu que le sable, les arbres rabougris ou squelettiques, la poussière rouge du sable le long des pistes lorsque nous allions voir les parents de Joseph et Lucie. là bas on m’a toujours appelé l’Africaine blanche, car du moment que j’étais dans le Pays, Maman m’a élevée comme les enfants des femmes qu’elle rencontrait dans ses cours d’alphabétisation. Elle m’a portée comme tous les bébés Africains sur son dos. J’étais attaché avec un pagne.

Maman me plaçait au creux de ses reins, puis elle se penchait en avant et recouvrait mon dos avec le pagne. Elle nouait les extrémités au-dessus de sa poitrine et au niveau de son ventre. D’autres fois elle en mettait deux. Mais je ne me souviens pas de son explication. Comme disait Papa tu es restée huit mois dans son ventre et quinze mois dans son dos.

Maintenant nous traversons Font-Romeu, Mamie fait arrêter la voiture pour récupérer un panier de victuailles chez la femme du maire c’est le frère de Papa qui nous le dit. Mais elle ne revient pas tout de suite. Elle envoie un texto à Papy. Nous le voyons devenir tout bizarre et il annonce :

  • Les enfants restez-là je vais voir pourquoi votre grand-mère ne peut pas porter son panier.

Cela nous paraît assez etrange. Il nous dit n’importe quoi. Bastien veut descendre de la voiture mais notre oncle le lui interdit. Il voulait continuer à pieds. Il a beau lui poser des questions il reste impassible. Au contraire c’est lui qui descend et allume une cigarette. Il tire une bouffée puis deux, puis jette sa cigarette au sol. L’écrase avec son pieds. Se baisse et la ramasse. Il attrape dans la boîte à gant une petite boîte en ferraille peinte en rouge,l’ouvre et dépose sa cigarette à peine entamée. Il la coupe en deux afin qu’elle rentre à l’intérieur. C’est du gaspillage. Il ne devrait pas fumer plutôt que de la jeter. Dans ma tête je me dis qu’il dépense son argent pour rien.

Enfin voici mes grands-parents qui reviennent. Papy semble plus joyeux qu’il y a un quart d’heure. Nous achevons de monter en direction du hameau où nos grands-parents ont leur chalet.

A peine arrivée Loustic leur berger des Pyrénées aboie puis il vient vers nous et nous fait la fête. Comme il est beau. On dirait le chien Belle dans l’histoire de Belle et Sébastien. J’entends crier Bastien de joie.

Vite à mon tour je me précipite dans la maison et je vois Bastien qui est dans les bras de notre Papa.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 23 )

Les deux jours qui nous séparaient pour revoir nos grands-parents paternels sont passé à la vitesse de l’éclair. J’ai mis deux jours pour savoir ce que je laissais ici et ce que j’emportais. Aussi le samedi soir lorsqu’enfin je fermais ma valise ne restait sur le lit que mes tongs africaines. Tout le reste était dans la valise. Chez Bastien c’était pareil. Enfin presque car lui avait une tonne de shorts et de bermudas. Mais surtout il avait fait de la place pour glisser la malette rouge de Maman. Nous ne voulions pas la laisser là.

Samedi nous nous sommes couché tôt. J’avais envie de lire les lettres de Maman, mais comme elle ne les avaient jamais ouvertes, j’ignorais si elle les avaient reçu ou si une main indiscrète les avait récupéré avant de les cacher dans le tiroir secret de la coiffeuse. Il n’y a que Maman qui puisse me l’expliquer. Pourtant Bastien à qui je m’étais confié me disait ouvre-les et si c’est trop personnel tu les refermes. Mais je n’osais pas. Maman serait là, je ne sais même pas si je les aurais trouvé. Donc je les avais mise dans mon sac à dos car je ne voulais pas que Grand-mère les trouvent.

Bien m’en avait pris car le lendemain juste avant que mes grands-parents n’arrivent elle exigeait que j’ouvre ma valise. Je ne voulais pas, mais elle insistait et le menaçait de rester là. Aussi contre mauvaise fortune bon coeur j’avais accepté qu’elle l’ouvre. Sa main s’était enfoncée dans mon linge de corps, soulevant mes jupes. Pour qu’elle ne puisse pas aller plus loin j’avais fait un caprice. Je suis douée pour pleurer à la demande. Elle s’était entêtée jusqu’à ce que mes cris de terreur ramène mon Papy.

  • Pourquoi Charlotte hurle -t-elle ?
  • C’est une gamine mal élevée
  • Arrête tu viens d’ouvrir sa valise et la moitié de ses vêtements sont éparpillés sur le sol. D’une tu aurais pu mettre la valise sur la table à la cuisine. Et surtout éviter de défaire la valise de la petite et me demander mon avis. Il est grand temps que nos petits enfants partent vu ce dont tu es capables.
  • Que dis-tu ? Ils partent une semaine
  • Oense ce que tu veux, viens ma petite Charlotte ne pleure plus ta grand-mère souffre de l’absence de notre fille, mais
  • Mais quoi? Tu vas lui dire quoi à cette gamine effrontée. Elle est bien comme sa mère au même âge on voit où tout cela l’a mené. On a plus de fille et notre petite fille est son portrait craché, toi tu es tellement bête car tu fais comme avec ta fille, tu te laisses mener par le bout du nez.

Pendant que mon grand-père et ma grand-mère se lançaient des mots durs je remet les vêtements tout plissé par les mains de celle que je ne considère plus comme ma grand-mère mais plutôt comme une sorcière.

Bastien arrive en courant et crie mon parrain est là avec Papy Mamie, dépêche-toi Charlotte. On a du trajet à faire. Papy prend mes deux valises, Bastien a déja emporté sa valise. Je sautille sur un pieds je suis heureuse de quitter cette femme aigrie. Je vois que mon papy est tout triste. Il m’appelle son petit rayon de soleil. Je lui fais un gros bisous. Auparavant il a serré la main de mon grand-père paternel et aussi de mon oncle, le grand frère de Papa. Quant à ma grand-mère il l’a serré dans ses bras en lui disant :

  • Heureux de te revoir Mélanie, je t’ai expliqué la raison pour laquelle je veux que les petits soit avec vous. Si tu sais quoi que ce soit appelle-moi sur le téléphone que j’ai donné à notre petite fille. Le numéro du mien est dedans.
  • Ne t’inquiètes pas Paul nous te…

Mais ma Mamie Mélanie s’était arrêté de parler car mon autre grand-mère était arrivée. Elle lui avait dit une drôle de chose qu’au moment je n’avais pas compris. Maintenant deux mois après je suis au courant.

  • Alors Mélanie tu n’as pas changé ma pauvre vieille tu cours toujours après ton prétendant.

Mamie sans se démonter l’avait remise à sa place, puis Papy nous avait dit il est temps de dire au revoir. Si le Papa de Maman m’avait serré dans ses bras, sa femme ne m’avait pas regardé. Pour Bastien il n’avait embrassé personne juste dit au revoir grand-père et grand-mère à bientôt.

Dès que nous sommes dans la voiture Papy Antoine nous demande si nous avons laissé des vêtements chez nos grands-parents. Bastien se met à rire et dit devinez ce que Charlotte a laissé … On dirait que les parents de Papa me connaissent par cœur. Mamie dit : rien peut-être une paire de sandales et Papy Maurice dit un foulard. Le pire c’est mon oncle lui il dit une vieille jupe qu’elle déteste ou une bague qu’elle a trouvé par terre. Je lui tire la langue et lui me prend dans ses bras en me disant tu ressembles à ta Maman. Pas étonnant que la  » vieille » mais il se reprend car Papy Maurice lui dit de ne pas parler ainsi. Et ajoute pas étonnant que ta grand-mère ne t’aime pas.

  • Tu connais ma Maman
  • Bien sûr que je la connais, elle venait souvent dans les Pyrénées lorsqu’elle fréquentait mon frère. Puis lorsque Bastien est né ils sont venu tous les deux me demander d’être son parrain. Puis les années passant ils ont quittés Pau car mon frère en tant que gendarme avait pris du grade, il a été nommé à Lyon . Ensuite… Vous êtes partis en Afrique. Tu étais née entre temps mais nous ne te connaissions au début que par photos jusqu’au jour où je suis allé vous voir. Tu ne t’en souviens pas.
  • Oh si tu me faisais sauter sur tes genoux
  • Jusqu’à ce que tu me dises d’arrêter car tu n’étais plus un bébé.
  • Je t’ai dis ça moi?
  • Oui Mademoiselle
  • Pfff
  • Bon Mikaël on peut en placer une
  • Oui je te laisse Papa leur expliquer je ne sais quoi

Mon grand-père nous a dit que nous ne partions pas pour une semaine mais jusqu’à ce que notre papa revienne. Ils allaient inscrire Bastien dans le lycée où notre Papa était allé. Ils avaient rendez-vous demain. Quant à moi j’irai au collège à Tarbes. J’étais inscrite mais avant la rentrée je rencontrerais les nouveaux élèves pour une visite de l’établissement. Même si je n’allais pas en sixième, il fallait que je me familiarise avec le college. Et comme j’avais à peine douze ans et que je rentrais en cinquième ils avaient demander mes résultats à mon école de Dakar. Et au vu de mes excellentes notes j’étais admises en cinquième…

Je suis à la fois heureuse d’aller chez mes grands-parents paternels mais triste de ne pas revoir mon Papy Paul. Mais j’ai le droit de lui téléphoner.

A midi nous mangeons sur l’autoroute sur une aire de pique-nique. Mamie a tout fait maison. Nous nous régalons. C’est notre oncle qui reprend le volant pour la suite du voyage. Papy Antoine somnole. Mamie aussi. Puis Mik comme nous l’appelons nous demande si nous n’avons pas des cassettes. Devant notre sur ahuri il nous dit comment écoutez-vous de la musique, c’est Bastien qui répond avec mon smartphone. Apparemment on serait plus moderne sur lui. Il faut dire que la voiture de Papy n’est pas de première jeunesse. Mais elle est passée au contrôle technique nous répond notre Papy. Il ne devait pas bien dormir.

C’est à deux kilomètres avant d’arriver qu’il nous apprend une nouvelle stupéfiante …

À suivre…

Un passé bien encombrant. ( 22 )

Les mots dansent devant mes yeux. La lettre est écrite par Monsieur Maurice. Ce n’est pas beau, c’est vulgaire comme diraient mes parents. Je ne le ferait pas voir à Bastien. Mais je ne dois pas le dire à mon grand-père. Pourtant il est associé avec mon Grand-père, s’il le savait possible qu’il le renverrait. Pour l’instant j’admire la belle bague. C’est une bague de fiançailles que Maman avait rendu à son fiancé Maurice. Mais lui n’en a pas voulu et lui l’a renvoyé, avec le bracelet et le collier assorti.

Sur le courrier il est écrit je me vengerais sale garce… Il a mis va en enfer… C’est signé Maurice qui te déteste autant qu’il t’a adoré. Il faut que j’en parle à Papa, le sait-il? Aurélien doit venir demain j’essayerais de lui en parler. Je ne suis pas assez grande pour affronter seule ma grand-mère, quant à mon Papy j’ai peur de lui faire beaucoup de peine. Puis ce sont des histoires de grandes personnes.

J’en suis là de mes réflexions lorsque je vois surgir Bastien, rouge, avec des larmes qui lui coulent sur les joues. Je ne sais pas quoi lui dire.

  • Pourquoi pleures-tu ?
  • Mamie est complètement folle, elle m’a filé une gifle parce que je ne ramassais pas les haricots assez vite.
  • Oh ! Rien que pour ça.
  • Oui, c’est la première et dernière fois que je l’aide.
  • Bastien, regarde ce que j’ai trouvé dans la valise de Maman.
  • Quelle valise?

Je commence par expliquer à Bastien que le jour où je suis rentrée dans la chambre pendant que Rosette l’avait laissée ouverte. J’ai fureté un peu partout et dans la coiffeuse de notre maman j’ai trouvé une petite clef. Cette clef ouvrait la valise de poupée. Mais dedans maman avait enlevé tous les habits de ses poupées, et, à la place j’avais trouvé cet écrin où à l’intérieur il y avait une lettre pliée et je lui montre ce qu’il y avait dans cette boîte rouge. Il me regarde et me dit :

  • C’est une bague de fiançailles, et
  • Un collier et un bracelet oui ça je sais. Je connais même la pierre qui est serti dedans, c’est un rubis.
  • Celui de la bague est énorme. Et la lettre que contient-elle.
  • Tiens lis !
  • Sale type, il essaye d’être mon ami.
  • Moi, je ne trouve pas qu’il essaye d’être ami avec moi. Il m’a pincé et fait un croque en jambe. C’est à cause de lui que j’ai cette résine qui me gêne.
  • Pourquoi n’as-tu rien dit à Papy.
  • Je ne veux pas faire d’histoire.
  • Tu aurais dû le dire. Grand-mère fait que dire en parlant de toi. Cette gamine est véritablement maladroite. Intelligente mais vraiment pas futé.
  • Je m’en fiche, je préfère Papy.
  • Pourquoi ? Méfie:toi de lui il n’aime pas Papa, ni Grand-mère.
  • Il n’aime pas notre grand-mère .
  • Non notre papa.
  • Les grandes personnes sont compliquées

Nous cachons une nouvelle fois l’écrin et la lettre, mais Bastien veut que je mette dimanche prochain le collier offert par Maurice à notre mère. Il les observera tous pour voir leur réaction. Je ne suis pas convaincue. Si notre Maman l’a gardé sans le mettre sur elle c’est bien qu’elle n’en voulait plus. Mais Bastien sait se montrer persuasif. Je n’y pense plus en quittant ma chambre.

Lorsque nous arrivons au rez-de-chaussée, notre grand-mère est en grande conversation téléphonique. Pour l’instant j’ignore avec qui elle parle. Soudain elle me voit et semble mal à l’aise puis je l’entend dire. Finalement Charlotte est là je vous la passe.

  • Tiens petite c’est tes grands-parents paternels. Je te laisse.
  • Appelez Bastien, il sera déçu de ne pas pouvoir leur parler.
  • mmmmmmmm
  • Pardon, vous dites
  • Je vais le chercher
  • Allo, Mamie
  • Ecoute moi bien Charlotte, nous allons Papy, ton oncle et moi venir vous chercher dimanche, nous avons des choses importantes à vous dire. Ne fais aucune réflexion pouvant faire comprendre quoi que ce soit à ta grand-mère. Je lui ai dit que vous resterez chez nous une bonne semaine. Préparez votre valise. Laissez des vêtements dont vous pensez que chez nous, vous n’en aurez pas besoin. Maintenant passe- moi ton frère.
  • D’accord Mamy gros bisous et à bientôt.

Je cherche des yeux Bastien, mais je ne le voit pas. Je ne vois que ma grand-mère qui me fixe. Il va falloir que j’appelle Bastien. Mais je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle se précipite vers moi. M’arrache le combiné téléphonique et dit à la maman de mon papa: Bastien n’est pas là, dans deux jours il sera avec vous. Charlotte est bien capable de lui dire ce qu’il faut mettre dans sa valise. Au revoir.

A suivre…