Face au vent (suite 3)

Marour est en ébullition depuis que la gendarmerie a fouillé systématiquement l’ensemble des maisons, Sophie la fille du médecin a disparue, tout le monde connait cette charmante jeune fille comme la fille de Mr Frédéric le brillant ingénieur qui a conçu l’ULM qui est le fleuron de leur village. 

Tout le village attend que le maire rentre de son voyage, mais hélas son téléphone reste lettre morte. Son conseiller Mr Guillaume Langlois, l’oncle de Fanne n’a aucune nouvelle. Chacun a regagné sa demeure espérant que le lendemain les nouvelles seraient bien meilleures, bien que cet incendie criminelle car il n’y avait aucun doute à ce sujet, l’homme retrouvé mort était en possession d’un jerrican ou tout au moins ce qui l’en restait. Ses empreintes étaient en cours d’analyse, tôt ou tard on saurait qui il était si toutefois il était connu dans le village.

La nuit semble paisible en apparence, seule la  fumée  pique les yeux et alourdisse l’air. Cette odeur de kérosène est insupportable, mais chacun se calfeutre et essaye d’oublier tout en se demandant si la malédiction ne vient pas de les rattraper. 

Le lendemain matin l’atmosphère est lourde, concernant Sophie il y a aucune nouvelle, la mère de cette dernière c’est rendue à Sainte Luce, elle est dans les locaux de la gendarmerie, elle a apporté une photo récente de sa fille fait une description détaillée des vêtements qu’elle portait hier matin. Depuis plus de deux heures elle attend, quand elle entend plus qu’elle ne voit un brouhaha dans l’entrée. C’est Guillaume Langlois, il est pâle comme un mort, elle se précipite vers lui, de suite elle pense à sa fille mais il la tranquillise si on peut dire car pour sa fille il n’a aucune nouvelle,  mais par contre il sait qui est le mort.

  • Ah ! Mon Dieu! Je le connais;
  • Oui, mais je ne peux rien vous dire, je me dois d’en informer l’enquêteur. Votre mari ne vous a rien dit, c’est bien lui qui était en charge de l’autopsie.
  • Non il a  décliné la demande, il n’était pas en état de la faire, la disparition de Sophie devient inquiétante. Je me demande si elle n’a pas été kidnappé.
  • Ne vous inquiétez pas Julie, elle est peut-être dans un coin, certes perdue, mais bien vivante. Les gendarmes sont sur le terrain aidés par la population, tout Marour participe, dans ceux qui le peuvent.
  • Mais Guillaume si ce n’est pas mon époux qui vous a informé comment avez-vous eu connaissance de cette information?
  • En fait le laboratoire Meyriex a pensé avertir le maire et m’a donné les résultats.  Et je me dois de les donner aux enquêteurs, mais j’en ai déjà informé mon frère. C’est invraisemblable je ne comprends pas ce qu’il faisait sur les lieux avec un jerrican pourquoi a-t-il mis le feu à ce qui faisait vivre notre village, oui pourquoi? Surtout Lui! Pourquoi Lui?

Après avoir discuté avec la maman de Sophie il réussit à faire le forcing et à s’introduire dans le bureau des enquêteurs. Julie l’entends vociférer, crier, il refuse de se calmer, elle entend un des gendarmes lui dire:

  • Cela suffit, nous sommes au courant, avant d’en informer qui que ce soit vous devez d’une vous calmer, ensuite vous asseoir et nous écouter sinon tout conseiller et figure importante de notre Région que vous êtes je vous colle au trou.

Julie n’entends pas la réponse car son mari fait à son tour irruption dans la gendarmerie, lui aussi est d’une pâleur extrême, il tremble comme une feuille, à nouveau le cœur de Julie s’accélère.

  • Tu viens aux nouvelles ou tu as appris une mauvaise nouvelle concernant notre fille?
  • Non il la cherche toujours, ce n’est pas pour cette raison que je suis là.
  • Alors pourquoi es-tu là?
  • Je viens d’être appelé par la gendarmerie Guillaume Langlois est dans un état inquiétant, d’une part je peux le calmer d’autres parts je suis au courant de ce qui le met dans cet état.
  • Toi aussi tu sais qui est le mort?
  • Il t’en a parlé?
  • Oui!
  • Il ne t’a rien dit?
  • Non
  • Tant mieux tu n’aurais pas supporté la nouvelle.
  • Mon ami tu me fais peur, qui a été retrouvé mort? Qui? Et Norbert mon frère qui n’est pas là, tout incombe à Guillaume, cela m’angoisse. 
  • Allez je reviens vite attends- moi, je vais m’occuper de Guillaume.

Julie n’a pas remarqué la crispation de la bouche de son mari à l’évocation du prénom de son beau-frère, ni les gouttes de sueur qui l’ont envahis.

Lorsqu’il rentre dans la pièce, Guillaume est allongé sur le sol, sa respiration est sifflante, mais Pierre apprends des inspecteurs que l’un d’entre eux vient de lui faire du bouche à bouche. Rapidement Pierre prends les choses en main et Guillaume rouvre les yeux. Les gendarmes ont déjà appelé les pompiers et il est transporté sur le CHU de Sainte Luce où il sera rapidement sur pieds, la tension  de la veille, la longue nuit a veillé les restes fumants du hangar et la nouvelle qu’il vient d’apprendre sont les facteurs qui l’ont amené à s’écrouler sous les yeux de l’inspecteur principal.

Comme aucune autre nouvelle n’a filtré du bureau de l’inspecteur les parents de Sophie repartent, et c’est dans la voiture que le Docteur de Marour apprend à sa femme qui a été retrouvé mort dans le hangar. Comme il ne sait pas comment le lui dire, il la prend dans ses bras et lui dit le plus calmement possible:

  • Norbert est mort!
  • Comment ça mon frère est mort? Comment? Où? Son voyage c’est mal passé, c’est un accident de voitures, d’avions et sa jeune femme n’a rien au moins?

En relevant la tête elle voit que son mari est au bord des larmes, elle le regarde et la vérité lui saute aux yeux, Norbert son frère, le maire de Marour est l’incendiaire. Voilà c’est fait la malédiction est de retour.

 

A suivre…

Face au vent (suite 2)

Lorsque Stéphanie ouvre enfin les yeux, elle a devant elle le visage de son père, elle est allongée à même le sol de la piste d’atterrissage, ses yeux commencent à s’habituer à la luminosité du mois de juillet. Une odeur de kérosène a envahie l’atmosphère.  Un va et viens de pompiers lui laisse présager rien de bon mais pour l’instant elle reprend ses esprits et cherche des yeux son amie Sophie. C’est un visage angoissé qui se tourne vers son père:

  • Papa où est Sophie?
  • Sophie était avec toi?
  • Oui, tout près de moi, elle m’a même crié dépêche toi de sortir il y a deux types qui arrosent les avions, je ne voulais pas sortir, je voulais sauver mon avion.
  • Ton avion a été sauvé, mais hélas je ne dirais pas pareille des autres avions. Pour l’instant les dégâts ne sont pas encore estimés, mais la chose la plus importante c’est de retrouver Sophie, elle a dû sortir quand elle a vu que tu ne le faisais pas.
  • C’est impossible papa, au moment de l’explosion elle me tirait par le bras, on  se donnait la main;  où m’as-tu retrouvé?
  • Ce n’est pas moi c’est ton oncle qui est allé à l’intérieur qui t’as ramené, il t’avait vu passer devant sa fenêtre et se souvenait que c’était aujourd’hui que tu passais ton brevet. Quand il a entendu l’explosion, il s’est précipité et il est rentré dans le hangar en feu au mépris des recommandations des pompiers qui étaient déjà arrivés sur les lieux. D’ailleurs qui les a appelés?
  • C’est moi papa, car j’ai trouvé Gérard affalé dans les escaliers, mais je pense qu’il est mort.
  • Gérard est mort!
  • Papa qu’as-tu?

Son père cet homme qui a ses yeux est immense, vient de vaciller en entendant que son ami Gérard est peut-être mort si ce n’est d’une manière encore inexpliqués, il est certain que s’il était vivant, il est mort dans l’incendie qui fait encore rage. Son regard bleu se voile de larmes, il est secoué de sanglot, il doit se ressaisir, sa fille est à demi  consciente, un pompier passe à proximité, il lui fait signe:

  • s’il vous plaît pouvez-vous me dire si vous avez trouvé d’autres personnes à l’intérieur. Et pouvez-vous m’envoyer un médecin, ma fille est plutôt mal en point.
  • C’était justement votre fille que je venais voir, votre frère m’a averti qu’il venait de la récupérer. En ce qui concerne votre hangar, nous avons retrouvé un corps dans l’escalier qui menait au bureau, mais il n’est pas mort à cause de l’ incendie il a reçu un coup sur la tête qui a dû le tuer sur le coup. Nous avons aussi trouvés un homme qui n’a pas eu le temps de s’échapper il avait encore la main collée sur un jerrikan mais je pense que pour lui tout est finis car il était brûler aux trois quart du corps. 
  • Avez-vous trouvé l’amie de ma fille?
  • Non, il n’y avait personne d’autres.
  • Vous en êtes certain?
  • Oui, mais laissez-moi m’occuper de votre fille. Elle a quel âge? 
  • Dix sept ans
  • 17? Ah je ne lui en donnait que 13, elle n’a pas eu une croissance normale.
  • En Afrique il y a 17 ans elle a contracté une maladie infectieuse, à l’époque les médecins n’ont pas su nous dire ce qu’il s’était passé exactement.
  • C’est la raison qui vous a fait revenir en France?
  • Oui, et surtout que mon frère avait besoin de moi pour mettre en marche notre entreprise d’ULM.

Il a pris le temps d’examiner Stéphanie, elle n’est pas brûlée juste choquée par la déflagration et le fait que la malédiction est à nouveau refait surface. Toutefois il la trouve un tantinet agité et lui prescrit un léger sédatif pour qu’elle puisse reposer son cerveau en ébullition.Puis il demande à son père de l’emmener, mais ce dernier refuse de quitter l’aérodrome, aussi il confie sa fille à un pompier qui va la ramener à leur domicile. Son frère le rejoint et ils attendent les premières constatations d’usage après cet incendie qui se révèle criminelle. Puis Sophie est une jeune fille qu’il connait bien,  il aimerait bien savoir ce qu’il lui est arrivé. Il espère que la jeune fille a juste été choquée comme Stéphanie et qu’elle sera rapidement retrouvée.

Quelques heures plus tard  aucun autre corps n’ a été trouvé. Gérard est mort et l’autre corps n’a pu encore donné un nom, son visage est en piteux état, seules ses empreintes digitales pourront être examinées, mais que de la main gauche, car la droite a littéralement disparue; c’est ce que lui a dit le pompier qui a aidé sa fille il y a quelques heures.

En fin de soirée, Fred le père de Stéphanie a rejoint son frère et sa belle-soeur ainsi que sa fille, il a joint sa femme qui est hôtesse de l’air du drame qui vient de les atteindre.Elle rentrera comme prévu le lendemain, il lui a demandé de ne pas modifier son voyage. Entre frères ils vont se serrer les coudes. Quand à Sophie ses parents sont effondrés, personne ne l’a vu et la seule chose qui  les console c’est qu’il n’y a aucun autre corps dans les décombres du hangar. Elle a donc réussis à fuir, mais où est-elle passée?

A suivre…

Face au vent ( suite 1)

Quant à cette fameuse malédiction, comme disait son père elle avait dû sauter une génération, car lui et son frère  était pour l’un PDG  de leur petite entreprise de constructions d’ULM, et lui même était le président de l’ aéro-club de Marour où en sa qualité d’instructeur il volait régulièrement sur l’ensemble des avions et donnait des cours à une multitude de futurs pilotes. 

Sa cadette était un garçon manqué et elle ravissait son père qui avait tant rêvé d’avoir un fils. Fanne comme lui aussi  la nommait avait contracté en Afrique une maladie pendant les premiers jours de sa vie. Cette maladie lui avait cassé sa croissance, elle mesurait moins d’1 m 50, comme sa fille aimait le répéter:

  • Je mesure 1 m 49 et demi et ne me parlez pas de médecins qui n’ont qu’une envie m’allonger les jambes, puis ensuite les bras, je suis comme je suis et je m’en porte très bien, ce n’est pas une maladie tout au juste un léger contre temps. Je suis en pleine forme et si demain l’homme que j’aime mesure deux mètres et bien ce n’est pas grave il me portera dans ses bras.

Sur ces paroles dîtes avec beaucoup d’humour, Fanne partait d’un grand éclat de rire et passait à autres choses, mais aujourd’hui c’est le grand jour, il lui faut prouver à son père qu’elle est capable de poursuivre des études et de mener de concert l’aviation. Si aujourd’hui elle a son Brevet de pilote, la semaine prochaine elle va recevoir ses résultats du bac, elle espère bien le décrocher et surtout avoir une mention aussi belle que sa soeur. Mais elle ne comprends pas la raison pour laquelle Gérard le gardien de l’aérodrome n’est pas venu à sa rencontre, la grille est fermée, les hangars ne sont pas ouverts, aucun avion n’a été sortis, il est déjà 9 h passés, elle s’impatiente, l’examinateur arrive à 10 h, elle aurait aimé s’échauffer un peu. Elle joue de malchance car d’habitude son père lui donne les clefs mais comme ce matin elle passe cet examen, il a préféré la libérer et la laisser se préparer. Excédée, Fanne appelle son père, mais son appel téléphonique reste sans réponse, il ne réponds pas, décidément elle joue de malchance, les minutes s’égrainent sans que personne ne vienne lui ouvrir la porte. A 9 h 30 arrive son amie Sophie qui vient la voir, mais personne du staff n’est là. Comme elle n’est pas patiente, elle décide de faire le mur où tout au moins de passer le portail. Sophie l’aide en lui faisant la courte échelle, elle se trouve au sommet du portail et descend sans se faire de mal de l’autre côté. Sophie fait de même de son côté, les voilà toutes les deux dans la place. Elles courent plus qu’elles ne marchent, et arrivent devant les hangars, si ceux-ci sont fermés la porte de côté est grande ouverte.

  • Tu sais Sophie je n’aime pas ça, déjà Gérard n’est pas là, il n’a pas répondu à mes appels téléphoniques, il n’y a aucun avion de sorti. Et je ne comprend pas pourquoi la porte est ouverte.
  • Tu penses à quoi Fanne?
  • Je ne sais pas, mais cela n’est jamais arrivé, et ce matin où je dois passer mon examen je suis devant une porte fermée avoue que c’est troublant.

A ce moment Sophie a comme une lueur de lucidité, dans ses yeux passent l’espace d’un instant comme une grande frayeur.

  • Fanne j’espère que tu ne fais pas allusion à la malédiction;
  • Voilà tu l’as dit, je me demande si ce n’est pas un signe du destin m’invitant à renoncer;
  • Quoi? Tu ne veux plus le passer ce diplôme que tu attends depuis que tu as à peine 13 ans; tu n’es pas arrivé là pour tout arrêter.
  • Bien sûr que non, allez vient allons voir ce que fait Gérard.

Les deux amies arrivent à hauteur de la porte et elles entendent comme un avion dont on ferait tourner les hélices, cet avion est fort particulier c’est celui du Père de Stéphanie avec lequel il faisait des voltiges, personne n’a le droit de le toucher et encore moins de s’en servir à l’intérieur, son père n’est pas arrivé sur le parking il n’y a pas sa voiture. Qui est là? Il leur faut en avoir le cœur net, si c’est un voleur qu’est devenu le gardien? Si c’est son père pour quelles raisons le ferait il tourner à l’intérieur, car rapidement au moment où toutes deux franchissent la porte, elle voit  le hangar  envahi d’une épaisse fumée. Stéphanie a la présence d’esprit de téléphoner aux pompiers de Sainte Luce la ville voisine grâce à son portable. Ils ont un camion dans les parages qui fait une manœuvre le pompier de garde lui assure qu’ils seront dans cinq minutes sur les lieux. Stéphanie bondi en direction des bureaux et se heurtent à un corps allongé dans les escaliers, c’est Gérard, elle va pour hurler quand Sophie lui met la main sur la bouche en lui disant :

  • Chut il y a deux hommes là-bas qui arrosent d’essence l’ensemble des avions, dépêchons nous de sortir avant que tout s’enflamme.

Elle essaye d’entraîner son amie mais cette dernière lui oppose une force et ne veut surtout pas quitter les lieux sans avoir réussis à ouvrir le  portail extérieur afin que les pompiers aient accès au hangar.

  • C’est la vie entière de mon père qui risque de partir en fumée, s’il te plait laisse moi sauver au moins mon avion.

C’est à ce moment-là qu’à la fois les deux jeunes filles entendent les pompiers et une déflagration comme si le premier hangar où elles se trouvaient venait de disparaître en un embrasement spectaculaire.

 

A suivre…

Face au vent contre la malédiction!

 

Voici pour le prochain suspens une mise en bouche…

 

Marour est un charmant village blotti au pied d’une colline, enfin ce qui aujourd’hui ressemble à une colline, autrefois c’était un terril où l’on déposait les scories de charbon. Des prairies où autrefois les vaches broutaient tranquillement ont disparues pour faire place à un aérodrome où la Famille Langlois depuis l’arrière grand-père disparu tragiquement au-dessus des Alpes en a l’unique propriété. L’actuel propriétaire est Frédéric Langlois plus communément appelé Fred. 

Dans son aéro-club  des cours sont donnés régulièrement, il a des pilotes chevronnés, lui est un ancien de l’escadron des fous volants. D’autres viennent de l’armée, d’autres ont été formés par Fred lui même.

 

Frédéric Langlois a deux filles Zoé l’aînée âgée de 28 ans , les avions elle préfère les regarder du sol, elle a autant le vertige que le mal de mer , sans parler des autres transports. Elle préfère le vélo ou ses jambes. Elle est mariée et a deux beaux garçons, le plus grand a 7 ans le plus jeune 5 ans, eux par contre sont passionnés d’aviation.

L’autre fille se nomme Stéphanie , elle vient d’avoir 17 ans.

 

Prologue

Stéphanie est fébrile ce lundi matin, elle, que ses camarades de club appelle « Fanne » car ils en sont tous fan, et de Stéphanie à Fanne le surnom lui est resté,  attend l’ouverture des portes du petit aérodrome où comme tous les jours de cet été elle prend son petit avion  un jodel D112 qui prends son envol à 80 km/heure, elle fait quelques arabesques et autres voltiges ce qu’elle aime en particulier, puis posément elle suit les cours de son instructeur. Enfin il est arrivé le grand jour, elle va passer son brevet de pilote privé.

Quatre ans plus tôt elle  a passée le BIA ( Brevet d’initiation à l’Aéronautique) puis il y a deux ans elle a passé le BB (brevet de base ). Elle se sent fin prête malgré la malédiction qui pèse sur son petit village, celle qui pétrifie de peur les habitants de Marour.  Contre vent et marée, surtout contre l’avis de sa mère de sa soeur et de sa grand-mère, Stéphanie est passée outre, si un malheur devait lui arriver aux commandes de cet avion et bien elle s’éclaterait en l’air comme elle a toujours eu tendance à le dire, voire même à le crier à ceux qui ont peur pour elle.

A suivre 

 

L’histoire va se dérouler dans un village crée de toutes pièces mais beaucoup de choses existent réellement, le nom des brevets de pilote, des avions. C’est juste le décor qui est faux.

 

 

 

Accident ( La traversée dangereuse)

Je paye mon annonce et sort du journal, lorsque je vois venir vers moi le Commandant Pierre, celui qui a voulu me tuer, je me dissimule derrière mon journal et le laisse passer, puis je le suis en évitant soigneusement de m’exposer au grand jour, il y a suffisamment de personnes ce mercredi de vacances scolaires, je n’ai pas retrouvé mon pas de marcheur et ma cheville me fait souffrir mais il ignore que je le suis et il a tendance à la farniente ce qui m’arrange bien. Tout en le suivant à distance respectable je me demande ce qu’il fait  dans mon village, si ce n’est pas une coïncidence, cela voudrait dire qu’il a suivis mon périple pas à pas. Brusquement il entre dans un hôtel, j’attends un peu et entre à mon tour, ce dernier n’est pas engageant, à l’accueil il y a un homme qui mange  plus qu’il ne travaille. Lorsque j’entre il sirote un jus de raisin à moins que ce soit du vin rouge, il pue une odeur fétide de vin de qualité moyenne, pour le raisin s’en est mais alcoolisé. Il éructe un cri guttural en m’annonçant

  • C’est pourquoi ?
  • J’ai vu Pierre Arduy entré, je veux lui faire une surprise, il est à quelle chambre ?
  • La 5, premier étage,

L’individu part d’un rire gras et me lance une œillade, en me disant :

  • Quand vous redescendrez vous me raconterez qui a été le plus surpris de vous deux !

Tout en montant à pieds l’étage je me demande ce que cela veut dire, méfions-nous, il se peut que le Commandant m’ait vu derrière lui et que ce soit moi qui soit surpris. J’arrive dans un couloir allumé par des loupiotes d’un autre âge ; c’est fort sombre, les numéros sont inscrits sur les portes, j’avance et soudain j’entends une voix qui ne m’est pas inconnue. Je m’approche et tends l’oreille. On dirait Zoé, ma foi oui c’est bien elle, j’entends son rire, je m’approche davantage et tends l’oreille. Si ces deux se connaissent ce n’est pas une coïncidence, qui sont-ils l’un pour l’autre ?

  • Alors Pierre qu’as-tu-appris ?
  • Rien, juste qu’il serait reparti sur le GR5 selon mes informateurs, il doit vouloir terminer sa randonnée.
  • Il n’a pas été inculpé pour la mort de son ex.
  • Tu as fait erreur tu as tué une inconnue, Maud a disparue de la circulation, la femme que tu as poussé était une femme dépressive, ils ont conclu à un suicide.
  • Merde, mais dans son sac il était noté qu’elle se nommait Maud.
  • Et bien elle l’avait volé ce sac, toi tu es tombé dedans comme une pauvre imbécile que tu es.
  • Non mais j’aurais bien aimé te voir en haut des échelles, tu me l’as décrite, j’étais persuadée que c’était elle, qui te dis que la justice ne veut pas nous embrouiller.
  • Ah oui tu as laissé des traces derrière toi Madame Arduy.

Je me mords les lèvres pour ne pas hurler de rage, ces deux-là sont complices puisque mari et femme, j’ai un moment d’hésitation, me demandant si je ne vais pas entrer, puis, je me ravise et repart. En bas l’homme de l’accueil a été remplacé par une toute jeune fille, je n’ai rien besoin de lui dire, en attendant, je vais me planquer, mais auparavant, j’avise le journal et modifie mon annonce. Je ne veux pas lier Zoé à Maud. L’annonce ne devait être publié que demain, voilà c’est choses faîtes. Ce doit être un hôtel de passe car il y a un va et viens incessant, soudain la porte s’ouvre, c’est le commandant qui sort, il est seul, il part en direction du parking ou il a garé sa voiture, je note le numéro et le laisse s’en aller, je fais le chemin en sens inverse et monte quatre à quatre les marches, lorsque j’arrive sur le premier palier je vois une jeune fille devant la porte de la chambre de Zoé et de son cher mari, je fais mine d’aller plus haut, et je me planque au palier intermédiaire et j’entends la jeune fille taper à la porte et crier :

  • Madame Arduy votre frère m’a chargé de vous dire qu’il vous rejoindrait à la brasserie dans deux heures.
  • Merci !

La petite hôtesse s’en va, j’attends sans faire de bruit, ensuite à mon tour je me dirige vers la chambre, dans un premier temps je frappe à la porte, personne ne vient,  j’entrouvre la porte, il n’y a personne dans la chambre, mais il m’arrive aux oreilles un bruit de douche ainsi qu’ une musique de fond, rien ne va m’empêcher d’accomplir ce que je suis venu faire. J’entre dans la salle de bain, lorsque Zoé me voit, elle va pour crier, fait un mouvement, glisse et tombe lourdement sur le sol carrelé. De suite je vois du sang qui coule de son oreille, je n’ai pas besoin de vérifier, la belle Zoé est morte et encore une fois je n’y suis pour rien. Je lui ai fait peur car j’avais dans les mains mon pistolet muni d’un silencieux, mais je n’ai pas eu le temps de discuter avec elle. Son ennemi a été son savon liquide, moi je suis juste l’élément perturbateur. Je quitte l’hôtel sans me faire remarquer, et me rends chez un ami pour être vu,  je prends mes aises boit une bonne bière et le quitte sous le coup des 19 h. Je me rends chez mes parents où je suis attendu avec ma sœur pour manger une bonne choucroute, comme dit ma mère tu as besoin de grossir tu flottes dans tes vêtements. Nous passons une agréable soirée. Je rejoins ma chambre sous le coup des minuits,  Le lendemain je ne vois pas l’ombre d’un gendarme ni d’un policier, personne n’a signalé la mort d’une femme. J’en viens à me demander si elle était réellement morte, mais j’en suis certain. A moins que son frère ne soit pas venu voir pour quelles raisons elle n’était pas venue le rejoindre. Tôt ou tard l’hôtelier allait s’en rendre compte. Effectivement un peu plus tard dans la soirée, mes parents reçoivent un appel téléphonique de la gendarmerie leur demandant si je me trouvais chez eux et il leur annonce que Zoé Carpato est décédée hier en fin d’après-midi, il leur demande que je me présente dans leurs locaux dès que possible. Mon père me prévient et je me rends en sa compagnie à la gendarmerie. Dès que j’arrive on demande à mon père de m’attendre, et moi j’ai droit à un interrogatoire, j’en ai l’habitude.

  • Monsieur qu’avez-vous fait hier après-midi.
  • Je me suis rendu dans les locaux du journal de Montbéliard pour passer une annonce concernant mon ex-femme
  • Nous vérifierons, ensuite
  • Je me suis baladé dans les rues attenantes, j’ai vu sur la place vers la fontaine l’automate qui se produisait. Il y avait foule, mais pourquoi toutes ces questions ?
  • Poursuivez ensuite qu’avez-vous fait ?
  • Je me suis rendu chez mon ami qui tient le restaurant du Lion ;
  • Y avez-vous mangé ?
  • Non, j’ai mangé chez mes parents ou je demeure pour l’instant.
  • Vous y êtes arrivés à quelle heure ?
  • Vers 19 h, ma mère avait fait une choucroute et j’avais intérêt d’être à l’heure.

Ils me font signer ma déposition et je m’en vais comme je suis venu sans autres explications, elles me seront données par mon père qui m’apprend que le mari, tiens donc le commandant est bien son mari et non son frère, vient d’être arrêté car il est accusé d’avoir tué sa femme, comme ce dernier et moi avons eu des mots et qu’il m’avait poussé sur le GR 5 selon mes dires, il m’a accusé, disant que  j’étais venu le voir à son hôtel, mais rien n’a été confirmé par le propriétaire qui hier était absent, il avait confié son hôtel à sa fille et à son frère, mais ni l’un, ni l’autre ne m’ont reconnu sur les photos. C’est normal cet hôtel est plus sombre qu’une grotte en pleine nuit. J’ai bien croisé la gamine mais elle ressemblait plus à un zombi avec son casque de MP4 sur les oreilles, elle n’a pas dû prêter attention à moi, par contre le vieux à l’accueil devait être trop imbibé de vin pour ne pas se souvenir de moi.

J’apprends ce que mon père a entendu, le commandant Pierre est accusé du meurtre de sa femme car le gérant de l’hôtel a signalé qu’il se disputait tous les jours avec la jeune femme et qu’il l’avait vu lui porter une ou deux fois des coups. Cela m’arrange bien, car je n’aurais pas pu me justifier auprès des autorités. Ma mère se lamente de la disparition de cette garce de Zoé, moi je préfère ne rien dire, mais son accident, car s’en est bien un, même si tout accuse qui que ce soit, m’arrange. Si le Commandant est relâché faute de preuve je  m’occuperais de lui personnellement. Avant de mourir il apprendra comment sa dulcinée est morte. Lui je ne lui ferais aucun cadeau. La chance m‘a souri une fois j’espère bien qu’elle passera une autre fois. Pour l’instant j’espère avoir des nouvelles de Maud, car elle n’a pas disparue, elle n’a pas pu s’évaporer dans la nature. Cette femme je l’aime, elle me manque, j’espère qu’elle lira le journal et me donnera signe de vie.

A suivre