OÙ EST MADELEINE ? (1)

Margot, Léo Thomas Inès, Pedro, Camélia et José s’ennuyaient. Comme souvent. Alors, pour tuer le temps, la petite bande avait décidé d’aller se balader en forêt. Rien de prévu, juste marcher, rigoler, chercher un peu d’aventure. Au bout d’un sentier, derrière un rideau d’arbres, ils tombèrent sur une cabane. Elle avait l’air vieille, un peu bancale, mais pas complètement abandonnée. Intrigués, ils poussèrent la porte grinçante et entrèrent.L’intérieur était sombre, poussiéreux. Une table, deux chaises, quelques toiles d’araignée. Rien de très excitant…

Ils avaient emporté leur repas de midi, sur la table Margot étala une jolie nappe à carreaux rouges et blanc, sorti une grosse salade du jardin que sa mère Carole leur avait fait. Une bonne vinaigrette, puis Thomas mis lui un bon morceau de rosbif qui restait avec de la mayo, ou du ketchup ou de la moutarde. Léo quant à lui leur distribua des petits fromages de chèvres que sa mère leur avait préparé et pour finir des cerises que Pedro le dernier de la bande avait rapporté, car son père avait un grand verger et il vendait ses cerises le long de la Nationale.

Avant de manger José qui faisait claquer son chewing-gum cherchait ou le déposer. En riant Margaux lui dit :

—Tu veux le retrouver après le repas.

— Tu es bête Margaux, j’en ai d’autres, non je veux le jeter.

— Met -le dans ce papier et jette-le en arrivant chez toi. Ne va pas polluer la nature.

Après le repas Margot remarqua quelque chose de coincé sous la table.

— Regardez, fit-elle en se baissant. Y a un papier là-dessous. Au début, personne n’y prêta attention. Juste un vieux bout de papier plié en quatre, pas plus grand qu’une demi-boîte d’allumettes. Ils rigolèrent, prêts à le laisser là. Mais Margot, elle, insista. Elle le déplia soigneusement. Les autres se penchèrent aussitôt autour d’elle. Les mots, tracés à l’encre pâlie, tremblaient comme une main qui avait écrit trop vite, ou sous la peur :

« Au secours ! Aidez-moi. — Madeleine »

Un silence tomba dans la cabane. Pas de date, pas de lieu. Juste ce prénom, un peu ancien, presque oublié : Madeleine.

— Vous connaissez, vous, une Madeleine ? demanda Léo en fronçant les sourcils.

— Pas au collège, en tout cas, répondit Inès.

— Peut-être une vieille du village ? proposa Thomas.

Ils se mirent à réfléchir, cherchant dans leur mémoire. Des histoires, ils en avaient entendu. Des rumeurs aussi. Mais une disparition ?

— Attendez… murmura Margot. Il y a bien eu quelque chose, non ? Une histoire bizarre que les anciens racontaient ?

— Tu parles de la fille qui n’est jamais revenue de la rivière ? lança Léo.

— Non, ça c’était une légende, corrigea Thomas. Mais… je crois qu’il y a eu une vraie disparition. Y a longtemps.

A suivre…

Septembre 2025

Une histoire pour ados , mais vous serez mes premiers lecteurs s’il voit je jour… Un jour… Mon petit fils a 17 ans bientôt un adulte, je dois me dépêchez à lui faire lire cette histoire….

Une ombre sur le Causse.

Le commanditaire ( fin)

Je suis immediatement averti par les hommes qu’il y a eu du grabuge. Un homme est en train de mourir, carotide lacérée, un assassinat silencieux s’est joué dans le buron au moment de l’assaut.

Je m’en veux, j’aurais dû prévenir mes hommes, celui qui git au sol aurait pu être sauvé. Les pompiers essaient de le maintenir en vie. Je ne sais s’ils vont y arriver, nous en saurons plus dans les heures à venir. La sirène des pompiers me semblent plus lugubre que d’habitude.

A part cet homme il y a un joli magot, Martin s’est propose de le mettre à l’abri dans sa gendarmerie, mes hommes et moi-même lui avons dit d’en faire bon usage.

A cet instant j’ai vu le clin d’oeil de Bart tout est en place nous allons ferrer du lourd. L’homme qui terrorisait un village entier est sur le point de tomber dans nos filets.

_ C’est le moment va libérer Oural, fais lui sentir le chiffon imbibé du produit. Ensuite nous attendrons le dénouement qui ne saurait tarder. Il a dû foncer tête baissée dans le piège. Julie nous dit que c’est bien son père eh oense que c’est son frère qui lui a fait ça pour qu’il se taise à tout jamais. Elle a peut pour elle, certaine qu’il ne va pas se sauver mais revenir terminer le travail. Elle en profite pour nous demander comment va Yves.

C’est Hervé qui lui répond :

_ Vous l’aimez bien ce gamin Mademoiselle Julie.

La demoiselle devient rouge comme une pivoine et elle secoue la tête sans prononcer un seul mot. Mais cela veut dire oui.

_ Un jour vous lui conterez fleurette, il’va s’en sortir. Sinon vous avez bien compris la justice ne vous en tiendra pas rigueur vous étiez sous l’emprise de ce sale bonhomme.

_ Oui j’ai compris, et mon père avez-vous de ses nouvelles ?

_ Non mais je vous promet que dès que j’en ai vous serez la première à le savoir.

_ Merci !

Bien entendu que nous ne lui avons pas donné l’étendue de ces blessures, nous préférons attendre le résultat des investigations des médecins.

Julie semble comprendre et ne nous pose plus de questions, soudain un coup de feu retenti, pourvu qu’il n’est pas tiré sur Oural. Mais mon chien émet une longue plainte on dirait le cri d’un loup. Ces instincts primaires lui reviennent lorsqu’il bloque un individu recherche. Avons-nous misé sur le vrai commanditaire ? De suite nous partons en courant vers le buron des bois, c’est de là que les aboiements se font de plus en plus fort. Bingo notre gros bonnet est allongé sur le sol, maintenu au sol par Oural. A ses côtés la valise de billet de banque c’est renversée.

_ Martin tu es fait comme un rat

Capitaine dites à Oural de me lâcher, il a mis ses crocs dans ma jambe.

_ Vous n’en connaissez pas la raison

_ Je transportait les quatre valises d’argent dans ma voiture lorsqu’Oural m’a jeté au sol.

_ Si j’ouvre les valises je ne trouve que de l’argent

_ Capitaine vous m’accusez de quoi au juste.

_ Vous êtes le commanditaire de cette affaire et pour vous le prouvez je vais procéder à l’ouverture des quatre valises, que pensez-vous que je vais y trouver dedans ?

_ Des billets de banque !

_ Assez tergiversé, Barthelemy ouvrez- moi ces valises, moi je parie pour trois valises de drogue de synthèse et une d’argent. Vous pariez combien Martin.

Mais Martin commence à comprendre qu’il est dans de beaux draps, surtout lorsque je lui met sous le nez l’odeur des billets de banque.

_ L’argent n’a pas d’odeur ais dans cette affaire nous vous avons piègé et vous êtes tombé tête première dans notre guet-apens. Pourquoi avez-vous frappé votre sœur ? Pourquoi avoir donné une dose de trop au jeune Yves Morin, et tentez de tuer votre père ? Avez-vous une explication car je ne comprends pas qu’un homme comme vous aux Etats de service irréprochable vous soyez tombé si bas. J’attends une explication.

_ Je n’ai pas le même père que Julie, mon père c’était le fils de la conteuse Rose. Un soir de décembre j’ai vu s’enfuir ma demi soeur et Yves. Il.couraitbcomme s’ils avaient le diable à leur trousse. Sous le coup je n’ai rien vu d’extraordinaire. Puis en s’avançant j’ai découvert ma grand-mère, ils venaient de la tuer. Aussi j’ai décidé de la venger.

Fin

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse.

Le commanditaire ( Partie 2)

J’appelle mes hommes et nous discutons ensemble. Quelques points me chagrinent et je préfère parler tout haut en présence de ceux qui le connaissent et me comprennent rapidement. Le jeune Martin n’est pas encore arrivé à ce stade. Il est encore un bleu au sein de sa brigade, bien que son chef ne tarisse pas d’éloges à son sujet. Si Oural ne le mange pas nous en ferons un bon gendarme mais sûrement pas un de mon unité. Pourtant il en rêve . Bon voilà mes hommes. Je leur explique brièvement ce que j’attends d’eux. Ils comprennent au quart de tour.

Comme d’habitude c’est immuable chez moi je commence à marcher de long en large en citant chacun des évènements que nous venons de traverser. Puis je m’arrête et attends leurs réactions et là je suis servi. Ça part de partout il va falloir que je canalise tout ça.

_ Stop, vous ne m’avez pas habitué à un bazar pareil. Première règle on s’écoute. Barthélémy à toi dis ce qui te chiffonne.

Capitaine êtes-vous certain que ces deux filles ne sont pas plus ou moins mêlés à cette navette entre l’Espagne et la France. C’est tout de même étrange qu’elles étaient toutes les deux enchaînées mais seules.

_ Enchainées Barth elles ne risquaient pas de se sauver.

_ Certe non Capitaine mais n’importe qui aurait pu les trouver en poussant la porte.

J’entends un gros éclat de rire, Barth dormait , j’ai dit dans la cave pas dans la pièce principale. Je lui le martèle. Nous voici revenus à la case départ, bien que un léger incident me revient en mémoire , pour l’instant je l’éloigne de ma pensée cela me semble à cet instant là insignifiant.

Hervé quant à lui a trouvé Julie assez évasive, je lui propose d’aller la chercher et de me la ramener. Je vais l’interroger à nouveau. En attendant nous continuons le tour des éléments en notre possession. La sortie inopinée de Léo et son jeune frère nous paraît tout aussi suspecte, pourquoi ce gamin a été shooté. Serait-ce une nouvelle drogue de synthèse mis au point par des apprentis sorciers. Il est cinq heure trente dans trente minutes on donne l’assaut. Apparemment il ne reste qu’un seul homme selon les indications de Léo. Son frère est parti comme tous les jours rejoindre sa famille. Il n’a aucun rapport avec la contrebande de cigarettes et le mélange avec le canabis. Il utilisait son buron pour planquer leur matériel. En tout ils avaient récupéré trois burons plus ou moins abandonnés pour en faire un point d’appuis pour leur trafic. C’est aussi Léo qui nous a certifié que le Commanditaire avait habite au coeur du village depuis la mort de notre Bonne vieille Rose notre conteuse. Par contre il s’en souvenait car le vêtement qui le recouvrait était ample. Il avait reçu un ordre la veille de mettre à disposition son garage pour la voiture d’un bonnet de la drogue de Lyon. Je l’avais secoué comme un arbre sur lequel il y a des fruits et que l’on veut les ramasser mais il avait juré sur la tête de sa mère qu’il n’avait rien vu. Juste un grand manteau, un chapeau et c’était tout. Il avait aussi reçu l’ordre de ne pas trainer ce soir-là dans son garage.

Finalement cette mise au point ne nous a rien apporté de nouveau. Tiens Barthelemy n’est pas revenu qu’est-ce qu’il peut bien faire. Il est déjà 5 h 40 je veux en avoir le coeur net. Si elle le connait il n’y a pas de raisons pour ne pas me le dire. Enfin voici Barth en compagnie de Martin et de Julie.

De suite Martin me fait une scène que je le prends pour un bleu, qu’il a interrogé la fille et qu’elle ne lui a rien dit d’intéressant. Je le calme et dit à Barth de l’éloigner je m’occuperai de l’interrogatoire avec mon second qui est enfin arrivé sur zone. Martin tire la gueule, je lui conseille d’aller se reposer, il acquiesce et s’en va. Julie est en piteux état. Elle a dû recevoir une gifle, j’aimerais bien savoir qui lui l’a donné. Mais elle est murée dans le silence. Il va falloir l’apprivoiser. C’est Hervé qui s’y colle, il est beau gosse, les filles craquent souvent pour lui. Il branche la caméra qui est reliée à la mienne et je vais suivre de loin l’interrogatoire, car Hervé pense qu’elle a peur de moi.

_ Tiens tu peux me dire si sur cette photo tu reconnais des personnes.

_ Oui vous y êtes et le Capitaine aussi, les autres je ne les connais pas.

_ C’est parfait Julie, maintenant et surtout n’ai pas peur dis-moi qui est cet homme pour toi ?

Je vois ces yeux qui vont de la porte à Hervé elle a peur, puis finalement après avoir écouté Hervé elle nous dit c’est mon frère. Je bondis et entre dans la salle d’interrogatoire, doucement pour ne pas l’affoler je lui demande ce qu’il fait au sein de leur groupe . Elle me répond qu’il’ne vient pas souvent sauf depuis l’incident il était là tous les jours.

_ De quels incidents s’agit-il ?

_ On nous a volé des cigarettes une vingtaine de cartouches. Léo l’a appelé et le lendemain il était là, il a bien attrapé deux des voleurs.

_ Que sont-ils devenus ces deux voleurs ?

_ Je ne sais pas, demandez le lui

_ Où est-il ?

Elle hausse les épaules et se murent dans un silence impressionnant. Puis elle demande à retourner se reposer, elle n’a pas dormie depuis trois jours. Hervé l’emmène s’allonger sur le lit de camp que nous lui avons mis. Elle attend surtout des nouvelles de son père, et si maintenant son frère est au cœur de la fraude, elle doit se sentir partagé.

Nous nous apprêtons à donner l’assaut lorsqu’apparait Hervé, blanc comme un linge. J’envoie mes hommes pour l’assaut et interrogé Hervé. Il est d’abord muet puis se penche et me murmure un nom.

Les bras m’en tombent, Julie l’affirme c’est bien lui son frère. Il est trop tard pour rappeler mes hommes. Nous irons jusqu’au bout et advienne que pourra.

Une fois l’assaut terminé, il’nous faut nous rendre à l’évidence. Il.y a personne sauf un homme allongé sur le sol qui se vide encore de son sang. Qui l’a tué ? Est-ce le commanditaire ?

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

le Commanditaire / première partie

Plus aucun coup de feu depuis dix huit heures. Le buron est encerclé par un cordon de gendarmes, l’armée et la police sont venu nous prêter mains fortes. Des ambulances sont à proximité du gîte restaurant de l’Aubrac, en espérant repartir bredouille. Les pompiers sont aussi sur place au cas où dans un ultime baroud d’honneur ils mettent le feu au buron. Et profitant de la fumée puisse passer entre les mailles du filet.

Toutefois les ordres sont formels personne ne doit bouger de sa planque même si le feu se dégage de la fermette. Il faut attendre mes ordres , je ne veux que personne ne nous échappe. Il nous les faut tous les trois.

Hier au soir un jeune du village nous a dit avoir croisé un homme avec un grand chapeau et un sac à dos, il lui a demandé s’il était sur la route de la ferme auberge en rénovation. Devant son approbation il l’a remercié. Ce jeune nous a fait une description précise de cet homme, il y a ajouté un dessin.

C’est au moment où je l’ai montré à Julie que j’ai vu dans son regard passé un éclair étrange. Et je les avais laissé , pourtant je me remémore ces instants, Julie semblait déconcertée. On aurait dit que son coeur battait la chamade, elle fixait la photo comme si c’était un être malfaisant qui l’a fixait. Mais c’est bien plus tard que j’en ai eu la confirmation lorsque Martin qui les surveillait me raconte les propos échangés entre Esméralda et Julie. Ou plus simplement ce qu’elle en a dit à sa compagne d’infortune.

_ Esmeralda crois-tu que nous sommes écoutés ?

_ Pourquoi me demandes-tu ça ?

_ Pour le dessin que le capitaine nous a montré.

_ Pourquoi tu le connaissais

_ Ce n’est qu’un dessin mais j’en ai eu l’impression.

_ Explique toi, dis-moi ce que tu as ressenti. Fais comme si je n’étais pas là.

_ Lorsque j’ai posé les yeux sur le dessin mon coeur s’est mis à battre la chamade. Les traits familiers de l’image se dessinaient dans mon esprit, mais je me refusait à les admettre. Un frisson m’a parcourut l’échine, comme une onde de douleur, tandis qu’un souvenir surgissait, éclatant et indéniable. C’était la voix, un écho mélancolique résonnant dans les corridors de ma mémoire.

_ Donc tu sais qui c’était

Et Martin qui se souvenait de chacun de ses mots se souvient et me donne son impression. A la question d’Esméralda, j’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté. Les yeux de Julie se sont dilatés comme si elle absorbait chaque détail, chaque nuance de l’expression figée qu’elle avait vu sur le dessin. Elle m’a donné l’impression que c’était son passé qui venait de surgir sur ce papier.

Cela m’inquiétait car que nous cachait cette fille, mais Martin se contorsionnait comme si sa confession n’était pas terminée. Qu’allait-il m’apprendre d’autres ?

Ensuite elle a dit à Esméralda

_ Sur ce papier, dans ce dessin, dans cette image, c’est mon passé qu’un jour j’ai décidé d’enterrer. Promets-moi Esméralda de ne pas me juger. Je n’ai rien dit au Capitaine , j’espère que tout cela se terminera bien. J’ai peur. A ce moment un bruit extérieur la fit sursauter, la confession s’est arrêtée. J’ai senti dans son regard un instant de flottement mais son esprit était déjà piégé dans cette réalité qu’elle ne pouvait plus ignorer.

Je me pose mille et une questions, ai-je négligé le moment où je lui ai montre cette photo ? Ou bien faut-il que je l’envoie chercher par un de mes hommes ? On ne voyait pas grand chose dans le dessin du villageois me faisant penser à une personne. Était-ce la tenue vestimentaire qui lui rappelait quelque chose de précis ? Demain nous verrons elle ne va pas s’enfuir, elle aimerait savoir où est son père. Elle n’a que nous pour être au courant.

Il est maintenant grand nuit, nous attendrons le matin pour donner l’assaut, entre-temps des gendarmes de Saint-Chely d’Aubrac avaient trouvés dans le bois jouxtant le buron une femme et une adolescente transie de froid. Elles avaient été laissées dans le bois les yeux bandés et les chevilles attachées par un homme qui était grand avec un chapeau, elles ignoraient toutes les deux qui il était. Elles avaient été kidnappés lors d’une randonnée sur les chemins de Compostelle. Aujourd’hui cela faisait dix jours. Madame Détant avait accepté son sort sinon sa fille ainée serait tué car elle gênait. Elle avait demandé une preuve de vie c’est la seule chose que ces fous leur avaient accordé à sa fille et elle. Et depuis elles avaient été changé de planques plusieurs fois.

J’ai accepté qu’Esméralda rejoigne sa mère et sa sœur, j’ai demandé que la surveillance de Julie soit renforcé, compte tenu de ce qu’elle a dit à sa compagne de galère je crains un coup fourré.

Vers minuit la porte du buron s’est entrouverte, avec mes jumelles à infrarouge j’ai reconnu mon ami Morin l’aîné Leonard de son prénom mais comme il le détestait il se faisait appeler Léo. Et plus jamais il n’avait dit à qui que ce soit se prénommer Léonard. Aussi je fus interpellé lorsqu’il me cria dans la nuit :

_ Je m’appelle Léonard Morin je veux parler à votre chef

_ Ici le Capitaine Olivier Turpin , que puis-je pour vous ?

_ Capitaine mon jeune frère et moi nous nous rendons.

_ Approchez-vous jusqu’à la murette, laissez vos mains au-dessus de la tête. Au moindre geste vous serez cloués au sol par une arme non létale. Avez-vous compris ?

_ Oui Capitaine

Quel âge à votre frère ? Et donnez-moi son prénom

_ 17 ans et c’est Yves

_ C’est bon avancez

Martin me trouve soucieux , bien entendu que je le suis, ou est passé son frère André, celui qui rénovait le buron. Est-il à l’intérieur et à ce compte-là ils sont non seulement trois mais quatre voire plus. J’attends de voir les frères Morin, nous les interrogerons séparément. Martin n’étant pas de Lasbinals interrogera Léo et moi qui connait très bien les Morin je poserais quelques questions à Yves. Pour l’instant la seule chose que je peux lui reprocher c’est d’être dans un lieu situé dans le triangle de Lasbinals comme mes hommes l’ont surnommé. Entre le buron de la forêt, celui de l’homme fou et celui-ci sur la carte cela nous a dessiné un triangle si nous les relions ensemble. Et surtout d’être avec son frère qui semble être la cheville de ce trafic sans toutefois être le commanditaire. Nous devons avoir des petites mains. Les gros se sont déjà évanouis dans la nature, j’en ai bien peur. Pourtant depuis deux jours nous avons contrôles plus de deux mille personnes. Je me remémore l’arrestation du fou du buron, lui a essayé par tous les moyens de se disculper. Puis petit à petit il s’est mis à table. Il a au bout de cinq heures de garde à vue lâcher énormément de choses. Pour le commanditaire c’était un homme de Lasbinals , de cela il en était certain. Il avait une dent contre les gens d’ici de ne pas avoir veillé sur sa mère âgée. La seule que je connaissais était Rose… Serait-ce d’elle dont il ferait allusion. Je ne l’ai pas su mais j’avoue que cela me tournait encore dans la tête. Et le pire il avait ajouté, elle a été assassiné. J’avais demandé à la section de Lasbinals d’enquêter. De toutes façons pour ce qui nous préoccupaient cette nuit c’était les dealers. Si cet hiver il.n’avzit pas distingué une mort naturelle d’une mort suspecte, ici il ne nous serait d’aucune utilité.

Ceux de St Chély s’occupait de trouver le nom de Rose, elle avait été enterrée sur St Chély. Cela ne devrait pas tarder, je m’étonnais du reste de ne pas avoir encore de réponse.

C’est à ce moment qu’à choisi le jeune Yves par me faire des convulsions. Je ne lui avait posé aucune question. En m’approchant de lui je le trouve dans un état second. Il venait de me demander d’aller au toilette, je lui avais montré la porte puis m’étonnait de ne plus le voir revenir j’étais entré dans la salle de bain. Il était étendu sur le sol froid de la salle de bains, ses membres rigides comme ceux d’une marionnette dont les fils avaient été coupés. Sa respiration était devenue un souffle saccadé, presque inaudible, un murmure fragile dans le silence oppressant de la pièce. Des éclats de lumière blafarde se reflétaient sur le carrelage, accentuant les ombres qui dansaient autour de lui.

Ce gamin je le connaissais, il était espiègle et avait les yeux vifs, ils étaient maintenant vitreux, perdus dans un vide insondable, comme s’il était coincé entre deux mondes. Il pouvait entendre le battement de son cœur, lent et irrégulier, un écho de sa lutte désespérée pour rester en vie. Chaque battement semblait être un coup de gong, résonnant dans sa poitrine, lui rappelant qu’il était encore là, mais à quel prix ?

Dans la seconde suivante l’ambulance est arrivée et les pompiers l’ont emmené immédiatement. Qu’avais fait ce gamin pour pouvoir sortir ? Est-ce que Léo pourrait me l’expliquer ?

A suivre…

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Une ombre sur le Causse.

Retournement de situation

Lorsque j’aperçois l’homme fou du buron je sais que bientôt tout sera terminé. Discrètement j’envoie un message à Martin, il a mon feu vert.

Au même moment sortant de nulle part des centaines de gendarmes se coordonnent les uns aux autres. Certains ont de la mousse, d’autres des branches d’arbres accrochées à leurs treillis, cela donne une vision de cinéma, mais pour ceux qui sont au courant ils savent que l’opération Compostelle est déclenchée. Aucun chemin ou pré pour s’échapper. Les premiers essayent mais le filet se resserre sur eux. Ils sont rapidement menottes et emmenés par les gendarmes venus en renfort de toutes la France. Ce ne sont pas quelques petits dealers, c’est du gros. Cela fait des mois que nous y sommes dessus. Avec Oural et Mireille nous aurions dû faire diversion. Hélas elle avait été trahi par son amoureux qui était un grand consommateur de canabis. Une partie de l’opération avait été compromise. Personne ne l’avait averti et j’avais grâce à Oural senti qu’Esméralda jouait sur deux tableaux. Je l’avais contrainte a abandonné.

A partir de ce moment elle était devenue une proie pour les commanditaires. Mais pour l’instant nous ne connaissons pas les gros bonnets qui tirent les ficelles. Il y a bien un ou deux indices qui m’ont mis la puce à l’oreille mais je n’en ai pas encore informé mes chefs. Cela ne saurait tardé. Soudain une ombre se dessine sur le sol, puis le bruit sourd de l’hélicoptère se fait entendre. Ils viennent récupérer les premiers dealers mises en cause. Les autres partent en jeep dans plusieurs lieux différents. Puis nous faisons courir le bruit qu’un grave accident a eu lieu sur les Monts Aubrac, cela évitera que disparaissent nos gros bonnets. La planque a été vidée de ces paquets de cigarettes et celles de canabis, mais nous laissons une patrouille au cas où certains n’auraient pas eu leurs doses.

Au petit matin et ce jusqu’à midi rien ne se produit, puis j’ai un appel de mon jeune frère.

_ Bonjour Olivier , il.parrait qu’il y a eu un accident sur le Mont Aubrac, en sais-tu d’avantage ?

_ Oui c’est un jeune de Nasbinals il a fait une chute de trente mètres.

_ Mais qui l’a accompagné ?

_ Pourquoi me poses-tu toutes ses questions. Je ne suis pas dans le secret des dieux. Tu veux que je te le dise.

_ C’est pour ton pote le garagiste son frère ne répond pas, il est en train de refaire un buron, et ça sonne dans le vide.

_ Je ne peux pas t’aider je ne suis pas dans les parages. Il fait quoi André Morin ?

_ Il rénove un buron pour en faire des chambres d’hôtes.

_ Lui ! Rénover un buron, celui qui t’as dit ça est un voyant ou alors le gars a bien changé.

_ C’est ton ami le garagiste qui me l’a dit.

_ Romain si j’ai des nouvelles je t’informe en premier, ça te va.

_ Non son frère veut que tu l’appelles si tu entends courir le moindre bruit.

Je raccroche après lui avoir dit oui, mais bien entendu qu’il faut que j’en sache un peu mieux. Désormais je suis à bord d’un hélicoptère et nous filons vers le buron incriminé par plusieurs personnes différentes. Soit nous atterrissons à proximité, soit nous allons à Saint Chély d’Aubrac pour en savoir davantage sur les commanditaires, qui eux ne se mouillent pas. D’ici voir même de chez eux ils donnent des ordres. De temps en temps, ils kidnappent, tuent et disparaissent. Tout en restant d’honnêtes citoyens. Si mon ami d’enfance est mêlé à tout ce bazar, il aura bien caché son jeu.

L’opération sentinelle n’a rien donné personne n’est venue récupérer ses doses. Le buron est condamné. Et des campeurs, gendarmes aguerris restent à proximité, ils ressemblent à s’y méprendre aux fumeurs de canabis arrêtés hier après-midi.

La troisième opération va être des plus coriaces. Trois individus dont nous ignorons l’identité se sont enfermé à l’intérieur du buron en partie rénovée.

Trois mais quel est le troisième homme ? D’où vient-il, à part André et Christian Morin je ne vois pas qui est avec eux. Il va nous falloir entamer des négociations ils ont deux otages, la mère et la soeur d’Esméralda. Quand au père de Julie nous ne savons pas du tout où il se trouve.

Nous avons passé en revue tout ce qui depuis cet hiver nous avait paru étrange. Une seule chose me taraudait l’esprit pourquoi Rose avait été trouvé morte en un lieu où l’hiver elle ne s’aventurai jamais. En plus depuis cet été des jeunes rénovaient la maison. Selon les bruits du village c’était ses petits-enfants qui en avaient pris la charge. Pourquoi ce faits divers vient me chatouiller l’esprit ? J’en suis là de mes élucubrations lorsque je vois briller à une fenêtre une lumière. Je crie Martin baisse toi. Ouf ! On nous canarde. Il va falloir faire appel à des renforts, ils ne vont pas lâcher leur business rentable pour une prison.

A l’aide du porte-voix je lance un premier ultimatum, juste se parler , il nous faut préserver la vie des otages. Pour réponse nous recevons une volée de balles qui ne font aucun dégât. Ces trois hommes vont nous tenir têtes. Ils sont cernés et pourtant ils jouent aux Caïds. Je lance un appel pour faire encercler le buron. Si nous sommes de plusieurs côtés. A trois ils ne feront pas grand chose. Et nous attendons la nuit…

A suivre…

Copyright Janvier 2025