Une ombre sur le Causse.

Une étrange missive et ses conséquences

Les derniers mots du gendarme Martin sont assez énigmatiques :

_ Faites attention ! Vous devez l’ouvrir hors yeux indiscrets. Soyez seul !

Il va falloir la jouer fine, Esméralda s’est arrêtée à quelques encablures de lui. Pour quelles raisons pourrait-il s’en débarrasser ? Mais il faut lire ce courrier. Il lui semble du reste que cette dernière a déjà été lue. Est-ce Martin qui s’est permis de le faire ? Il est déjà parti à vive allure. Il n’en saura rien.

Le clown Bozo est triste quand il a fini de déchiffrer le début du courrier. Hélas il doit se rendre à l’évidence qui est Esméralda ?

Pourquoi s’est-elle fait passer pour son binôme et où est passé la vraie Esméralda ? Où veut-on l’emmener ? Mais il lui faut revenir aux premiers mots de la missive. Tout était codé, il connaissait la clef pour comprendre, il était écrit :

Su vous lisez cette missive c’est que je suis prisonnière du gang, mais votre binôme est une usurpatrice. Deux lignes plus bas mais non codé était inscrit des coordonnées gps dont la teneur ne lui disait pas grands choses. Il lui fallait aller au buron récupérer son gps pour comprendre à la fois ce que cela signifiait et surtout pour connaître le lieu exact.

Pendant ce temps dans sa voiture de patrouille, bien cachée au coeur du bois, Martin rentre dans son GPS les coordonnées volées au Capitaine Turpin. A la fois il a honte, mais d’un autre côté il trouve que c’est assez louche, et surtout mais pour cette raison il évite de réfléchir il aimerait bien réaliser un exploit. Mais pour l’instant il programme son gps et part vers le buron du vieux fou. Toutefois il dépasse son buron et arrive à une plus vieille bâtisse à moitié abandonnée. Il évite de se garer trop prêt. Puis il faut se rendre à l’évidence, la route de terre s’est transformée en chemin sinueux et tortueux, pavé de pierres.

Il monte lentement et sûrement sans bruit, en faisant attention où il met chacun de ses pieds. Enfin voici la grange, bien que décrépite, elle semble avoir gardé des secrets. Les portes grinçaient alors qu’il les poussait, révélant un intérieur obscur, envahi par des toiles d’araignées et des débris. Martin avance prudemment, chaque crépitement du bois le rendant plus vigilant et même nerveux.

Dans un coin sombre, quelque chose attire son attention. Une trappe, à moitié dissimulée sous des planches. Il l’ouvre lentement, son cœur battant la chamade. En descendant les marches, il fut accueilli par une odeur âcre qui le fait frémir. La lumière de sa torche révèle des sacs en plastique, empilés les uns sur les autres. Mais au moment où il va ouvrir le sac il sent une présence dans son dos, une odeur caractéristique de cigarettes, un coup l’assomme, puis, plus rien. Le trou noir.

Si à ce moment il avait observé la scène il aurait vu deux hommes le prendre l’un par la tête, l’autre par les jambes après l’avoir ligoté. Pris son pistolet et jeté tel un vulgaire sac auprès d’une forme, elle aussi inconsciente.

plus bas dans la forêt, Bozo s’est décidé, quoi qu’il lui en coûte il doit éloigner son binôme. Il a bien appelé son chef il est seul, livré à lui-même. Il fait ce qu’il veut. Comme Mireille a vu le gendarme, il lui fait part d’une mauvaise nouvelle le concernant.

_ Je suis obligé de rejoindre rapidement mon unité, il y a eu un grave problème, la lettre n’est pas très expressive mais on m’ordonne de rentrer à St Chély d’Apcher. Des évènements graves me concernant doivent l’être communiques dans les plus brefs délais. Je vous conseillé Mireille de prendre vos affaires et de quitter Lasbinals notre mission est gravement compromise.

Mireille me jette un regard de colère cet me dit :

_ Vous me prenez pour une idiote, vous voulez avoir les médailles pour votre bravoure et moi vous me jetez en pâture . Mes chefs apprécieront.

Ni une ni deux, Mireille se retourne et prends le GR en direction de Nasbinals sans un mot mais dans une rage folle.

A suivre …

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Une ombre sur le Causse

Quelques heures plus tard sur le Causse

Finalement je me suis exposé dans le village, et je suis arrivé au restaurant de mon ami Paulo tenant par la main Esméralda, nous avons fait sensation. Les gendarmes du coin qui me connaissent bien ont sifflé à notre passage. Puis j’ai serré la main de plusieurs personnes. J’ai présenté Mireille comme ma petite amie, de cette manière la couverture était au-dessus de notre tête , nous allions passés inaperçus. Nous mènerons à bien notre mission. L’aligot est un délice chez Paulo et le coucher de soleil permet aux amis de Paulo de faire la fête en ce week-end mêlant des gens d’horizon différent. Cela donne un brassage des habitués du restaurant et des gens de passage. Tout le monde se lève d’un seul élan devant le coucher de soleil grandiose, je me retrouve rapidement coincé entre une belle rousse et un homme brun à la mine patibulaire. Il a des yeux chafouins, un menton en galoche et deux yeux qui me fixent d’un air méfiant. La rousse profite de la bousculade pour me glisser dans la main un papier plié en quatre. Je ne dis rien et me dirige rapidement vers les toilettes. Mais je suis furibond, il est juste noté : « rendez-vous demain à huit heures au point de rendez-vous. Elle n’avait qu’à me le dire de vives voix. Bref demain nous empêchait d’aller à la fête du village. Direction le lit et dès deux heures du matin ce serait direction le buron. Lorsque je sors, Mireille est en train de discuter avec l’homme à la mine patibulaire mais plus tard elle va me jurer sur la tête de ses parents qu’elle ne lui a pas tailler la bavette, c’est lui qui l’a abordé pour lui demander une cigarette. Je suis perplexe mais ne fait cas de rien. Surtout que je vois le type s’éloigner avec la rousse.

Vers six heures du matin , non loin du buron où on entend de mystérieux bruits chaque nuit, une voiture de la gendarmerie avec à son bord Martin fraîchement arrivé pour donner un coup de main à la compagnie d’Aubrac, scrute chacun des buissons.

La lumière du matin filtrait à travers les feuilles des arbres, créant un jeu d’ombres sur le bitume de la petite route qui serpentait à travers la forêt. Le gendarme Martin, en patrouille, avait l’habitude de ce coin reculé. Il connaissait chaque virage, chaque bosquet, mais ce qu’il ne pouvait pas prédire, c’était l’apparition soudaine d’une silhouette sur la route.

Elle s’avançait lentement, irréelle, comme au-dessus du chemin. Ses cheveux flamboyants brillants au soleil. C’était une belle rousse, avec une élégance naturelle, semblait à la fois captivante et mystérieuse. Martin, intrigué, l’observa s’approcher, une expression d’urgence sur son visage. Dans un geste délicat, elle tendit la main vers lui, puis brusquement telle une biche apeurée s’enfonçait dans le bois.

Soudain arrivant de nulle part , on frappe sur la vitre du véhicule, Martin se retourne et distingue une chevelure flamboyante c’est la biche apeurée, les yeux rivés sur lui. Elle lui fait signe d’ouvrir sa fenêtre et lui dit doucement :

_ Est-ce que vous connaissez le gendarme Turpin, vous pouvez lui remettre ce courrier. Je devais le retrouver ici, mais je préfère ne pas le voir.

_ Serait-ce une lettre de rupture, en ce cas ayez le courage de vos actes, je ne veux pas être mêlé à cette rupture.

Helas il faut que Martin se rende à l’évidence, la demoiselle, après lui avoir remis sa missive s’est évanouie dans le bois. Le voilà seul avec ce pli. Que vais-je dire à Olivier ? Par contre je l’ai vu se promener avec une tigresse, du reste c’est ainsi qu’il nous l’a présenté hier au soir. Il l’a vite remplacé, sauf si cette rousse est une belle « garce ». Martin en est là de ses réflexions lorsqu’il voit surgir du bois, deux randonneurs. L’un avance plus vite que l’autre. De suite Martin répère Turpin. Les deux ex amoureux se sont ratés.

Le gendarme Martin se tenait là, la lettre en main, le regard fuyant. Ses mains, habituellement fermes et sûres, tremblaient légèrement alors qu’il tendait l’enveloppe à Turpin.

Un silence pesant s’installait entre eux, comme un nuage lourd qui annonçait l’orage. Il déglutit, mal à l’aise, conscient qu’il ne devait pas se mêler des affaires de cœur des civils. Dans son uniforme, il se sentait étriqué, comme si chaque bouton claquait un peu plus sur son autorité.

_ « Je… je crois que c’est pour vous », balbutia-t-il.

L’esprit tourbillonnant de pensées contradictoires. Il se demandait si ce moment n’était pas une intrusion dans un domaine qui ne le concernait pas. Quel droit avait-il de remettre une lettre, fût-elle lue ou non, à quelqu’un ?

Sa fonction, celle de protéger et de servir, lui semblait compromise par ce geste, comme s’il violait un code d’éthique invisible en se mêlant d’une histoire d’amour. La gêne l’envahissait, il était angoissé à l’idée que Turpin pourrait l’interroger, lui demander des détails sur cette lettre. Que savait-il vraiment des sentiments et des désirs des autres ? Ce n’était pas la mission qu’on lui avait assignée. Il se crispa, attendant la réaction de Turpin, se promettant de ne jamais laisser une telle situation se reproduire.

_ Qui t’as donné ce courrier

_ C’était encore nuit, puis le bois est sombre je n’ai rien vu que je puisse vous décrire Capitaine.

Martin voit bien qu’il n’est pas convaincant devant Turpin. Il se sent de plus en plus angoissé, il a les mains moites, il se demande dans quelles galères il s’est enfermé. Pourvu qu’il ne lui pose pas de questions supplémentaires sinon il va boire son verre jusqu’à la lie. Il aurait voulu plonger sous terre, se dérober à ce moment de vérité où son incapacité à s’excuser le rongeait. Les mots restaient bloqués dans sa gorge, et il sentait le poids de son erreur l’écraser, un mélange d’embarras et de regret l’envahissant. Comment avait-il pu laisser ses obligations prendre le pas sur son devoir ?

Ecoute Martin, je ne veux pas te mettre plus dans l’embarras, mais si j’ai besoin de toi et compte tenu que tu fais du zèle puisque mon ex t’as convaincu, si je t’appelle tu accours sans poser de questions.

_ Bien Capitaine, à vos ordres .

_ Rompez jeune homme

A suivre…

Copyright janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Adrenaline et énervement

A quelques encablures je trouve un petit coin charmant, c’est entouré de rochers et il y a les vestiges d’une cabane à proximité d’un bois. Nous serons abrités et à la fois loin des regards indiscrets. J’hésite à monter notre tente de randonnée, puis après un repas frugal et devant le regard inquiet de mon binôme je sors notre tente trekking fourni par l’armée, sa couleur va se confondre avec le vert des arbres. Je n’ai nullement besoin d’etre aidé, je l’ai souvent utilisé, d’habitude seul, cette fois je vais l’inaugurer avec une tigresse. Dès le soleil couché le froid commence à se faire sentir, je lui conseille d’empiler les vêtements sur son dos plutôt que de prendre un anorak. Elle m’obéit aux doigts et à l’œil. On dirait le bibendum de Michelin ce qui nous fait rire. Nous entrons chacun par une porte après avoir avalé un café chaud pour moi et un thé pour Madame. Nous laissons dans l’abside nos sacs et je sors deux oreillers et deux matelas, je lui en tends un, à elle de gonfler son lit. Elle récupère son duvet vert camouflage offert par l’armée. Il ressemble en tout point au mien. Cependant je vais m’apercevoir rapidement que c’est un vulgaire sac de couchage .Nous nous y glissons dedans il est vingt heures. Je met ma montre sur trois heures du matin pour être sur pied vers les quatre heures. Sept heures de sommeil c’est pas mal. J’éteins ma lampe frontale que je glisse tout près de moi, au cas où nous soyons obligés de l’utiliser pendant la nuit.

Je n’ai jamais dormi dans une tente avec une femme, je sens son regard qui me fixe, qu’attend-elle de moi ? Elle rêve si elle pense alors que nous nous connaissons à peine je vais lui faire l’amour. Mais elle s’approche de moi et me demande de la prendre dans mes bras. J’hésite puis après tout si elle s’’offre ainsi à moi c’est qu’elle en a réellement envie. Je la trouve assez dévergondée et pourtant elle semble si sage, si apeurée que je ne comprends pas son attitude. Deux ou trois baisers ne nous ferons pas de mal. Et je saurai bien stopper ces élans si tant est si bien elle est envie d’aller plus loin. On n’est pas là pour la bagatelle nous avons une mission de la plus haute importance.

En me levant ce matin je suis fort contrarié, si moi je ne suis pas en mission à l’extérieur de la France, c’est juste parce que j’habite à Nasbinals, nouvelle plaque tournante de l’écoulement de faux billets. N’importe quel agent de la DGSI aurait pu faire l’affaire, c’est à croire qu’ils n’avaient que Mireille sous la main. Cette dernière m’a avoué que jusqu’à il y a un mois, elle était gendarme dans un obscur bureau parisien où elle se morfondait. Elle avait postulé pour être agent de terrain. Bien entendu elle avait eu un des postes recherchés. Et moi dans tout cela que venais-je faire dans cette galère ? A l’entendre c’est juste parce que je connais mon village et les chemins de randonnées qui l’entourent. Esméralda de son nom de code n’avait aucune expérience du terrain, la dernière fois qu’elle avait fait une randonnée c’était sur un chemin plat, sans grand intérêt. Il suffisait de voir son matériel pour dormir pour comprendre qu’elle et le froid en altitude elle ne devait même pas imaginer qu’au Lac des Moines, la température de cette nuit avoisinait les huit degrés. C’est la raison pour laquelle, la demoiselle s’était glissée dans mon duvet. Le sien était tout juste bon à servir de couvre-lit.

Lorsqu’à trois heures du matin au moment où mon réveil a sonné j’avais pris une décision, nous allions descendre sur Rodez afin d’équiper mon binôme. Il n’était pas question de dormir à deux. Je ne l’avais pas réveillé pour lui expliquer le changement de programme, et bien mal m’en a pris car vers les six heures du matin elle se permettait de me caresser. Je ne suis pas de bois, mais maître de moi, je la repoussais sans rien laisser paraître à part une envie folle de me jeter sur elle, pour avoir osé en pleine mission me la jouer amoureuse transie. Avant de rejoindre sa voiture à Nasbinals je mets les choses au point. Elle rit et se paye ma tête et m’assène quelques vérités que je ne peux pas contester. Mais je lui fait comprendre que nous avons une mission à accomplir et que là nous sommes obligés à cause de son inexpérience d’aller l’habiller de la tête aux pieds. Ce matin elle ose mettre un haut qui lui cache à peine les seins et un short extra court qui lui modèle les fesses à faire se lever un gisant.

C’est presque en courant que nous avons rejoint Aubrac, puis Nasbinals d’où nous avons rejoint Rodez, où l’argent fournit par mon boss nous a permis d’équiper Mireille afin de lui éviter d’attraper la mort comme aurait dit ma Grand-mère. Elle m’a remercié, mais cela n’a pas arrêté ma colère contre elle. . Je vais finir par l’assommer si elle continue à babiller de la sorte. Elle va jusqu’à me demander de passer une nuit à l’hôtel afin d’être efficace dès notre retour à Nasbinals. Je sais bien ce qu’elle veut, mais, qui de mes chefs a eu la mauvaise idée de me coller dans les pattes cette nymphomane ? Tant et si bien qu’elle soit malade, je pense plutôt à un manque. Toutes les jolies femmes du service m’ont toujours laissé de marbre, ce qui m’a valu ce surnom. D’incorruptible pour les uns, de marbrier pour les autres. Nos emplettes effectuées, il est déjà 17 heures, retour chez moi. Je lui prépare un repas rapide et en riant lui conseille de prendre une douche glacée pour calmer ses ardeurs. Elle a un regard mauvais, mais va prendre sa douche. J’en profite pour appeler mon frère et lui demander de me ramener Oural.

Ce chien est spécial, il n’aime pas tout le monde, je verrais son comportement lorsque mon invitée se pointera dans mon salon. Oural me fait la fête, mon frère est rapidement reparti, très pressé, cela m’arrange, mon chien est heureux de me retrouver mais il ne saute pas de partout. Puis il s’allonge sur son tapis que mon frère a rapporté, il se lève et va vers le sac déposé à l’entrée par la Miss. Il me regarde le sent et grogne. Attendons la suite des évènements, j’entends Mireille qui ouvre le verrou, elle n’a pas fait deux pas dans mon hall qu’Oural est devant elle. Il l’empêche d’aller plus loin. Elle ne dit aucun mot, sauf vous avez élevé un loup, vous êtes fou. Je rappelle Oural, et lui dit :

– Non c’est un chien, un berger allemand, ancien type au dos droit et au poil long, sauf que moi il est à poil court, il vient de Russie.

– Vous avez vu sa couleur on dirait un loup. Il a les yeux jaunes comme ceux que l’on voit dans les parcs animaliers.

– Vous n’en n’aviez jamais vu des chiens loups

– C’est un loup, vous l’avez trouvé sur le Causse.

– Restez dans votre naïveté et croyez ce que vous voulez

– Bien Chef

C’est le moment où Oural commence à grogner, à lui tourner autour. Je vois passer dans les yeux de Mireille la peur, l’angoisse. Bizarre mon chien à l’attitude d’un chien qui défend son maître. Qui est Mireille ? Est-ce celle qui m’était prévu ou a-t-elle remplace au pied levé un autre binôme. Ai-je fait preuve de naïveté en ne lui demandant pas un sésame prouvant qu’elle était bien celle que j’attendais ? Pourquoi Oural ne l’accepte pas ? Je me dois de rappeler mon chien et de lui expliquer que pour l’instant il peut jouer je ne suis pas en danger. Mais je vais lui le dire en patois d’ici. Je doute fort qu’elle connaisse.

Après avoir recadré Oural et en attendant que je découvre qui est Mireille je la laisse sous la surveillance de mon chien et lui dit que j’ai une course à faire et qu’elle ne craint rien. Mais elle en mène pas large. Oural lui met ses deux pattes sur les épaules et mon chien la pousse gentiment sur le canapé et lui lèche le visage. Mireille se tortille et arrive à se relever. Mais Oural ne s’avoue pas vaincu, il l’a repousse et à nouveau Mireille tombe en arrière et Oural continue de lui ravaler la façade. Le rire m’a pris devant l’air courroucé de Mademoiselle. Aussi je siffle et Oural dédaigne Mireille et se couche sur son coussin sans un mot.

– Ai-je réussi mon passage ?

– Votre passage, je ne comprends pas que voulez-vous dire ?

– Ne me prenez pas pour une idiote vous avez testé votre chien pour voir s’il m’acceptait ou non.

– Heu..

– Alors ?

Non pas vraiment, mais cela y ressemble.

– C’est bien ce que je disais, donc l’examen est réussi je peux dormir avec toi cette nuit.

– Dormir oui, pour le reste cela ne se commande pas.

– Bien entendu je ne vais pas vous violer

– Pfff

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Une petite grimpette.

D’un commun accord nous filons à l’intérieur et demandons au patron que je connais bien de pouvoir emprunter la porte donnant dans l’arrière-cour. Il me fait un clin d’œil et me susurre au passage, tu fuis l’amant de ta chérie, je lui crie en courant non son frère, je l’entends rire alors que nous sommes déjà à l’extérieur, mais à l’opposé de la route qui doit nous amener au chemin que nous avons décidé d’emprunter. Tout cela a le don de m’agacer au plus haut point, je prends mon téléphone et appelle un taxi. Dix minutes plus tard il s’arrête devant nous, et nous voilà partis en direction de la ville d’Aubrac, de temps en temps je jette un coup d’œil dans le rétroviseur, mais aucune voiture ne nous a suivis. Nous voici arrivés et j’explique rapidement ce changement d’itinéraires. Mireille comprend rapidement que l’arrivée inopinée de son frère a contrarié nos projets.

Cela n’a pas beaucoup d’importance car nous irons quand même au lac des Moines, quant à bivouaquer il nous faudra nous éloigner du Parc Régional, car c’est une réserve naturelle et camper y est interdit. Par rapport à l’heure prévue pour trouver notre indic, nous l’avons largement dépassé. A partir de maintenant nous sommes livrés à nous-mêmes. Sans en informer Mireille je décide que la mission est commencée. J’espère qu’elle a tout pris. Nous prenons rapidement la direction du lac, nous marchons d’un bon pas, nous croisons quelques marcheurs qui arrivent de Nasbinals. Juste un bonjour et nous avançons, je me retourne discrètement de temps en temps pour être certain qu’ils ne rebroussent pas chemin. Tout est bien, le ciel est d’un bleu limpide, un avion survole le Causse, un papillon violet nous suit puis disparaît. Je vois bien que Mireille alias Esméralda n’est pas habituée à la marche. Ses baskets ne sont pas idéales, le chemin est herbeux mais à plusieurs endroits ce sont des cailloux signe de l’intensité volcanique à une époque fort lointaine. Elle ne se plaint pas, , elle avance sans un mot.

Elle a dû boire les trois quarts de sa gourde, il va nous falloir rapidement trouver de l’eau sinon je serais obligé de la porter sur mes épaules. Le lac est interdit à la baignade mais sans véritablement la boire, elle pourra se rafraîchir. Nous montons à pas plus modérés je veux que demain nous puissions explorer les environs, nous n’allons tout de même pas redescendre sur Nasbinals à cause de petits bobos. Je m’étonne toutefois qu’elle est été si mal conseillé par son chef. Quelques randos avant de partir, et elle aurait été moins mal en point. C’est trop tard pour songer à son manque de préparation. Il nous faut aller de l’avant et essayer de trouver soit un indic, soit des indices laissés sur place par ce dernier. En espérant qu’ils ne soient pas détruits par des randonneurs. Puis il nous faudra trouver un endroit pour dormir sans être dénoncé par un promeneur solitaire. Si nous nous glissons dans l’infructuosité d’un rocher nous ne devrions pas être surpris. Par contre interdiction de faire du feu et de monter une toile de tente. Juste nos duvets. Lorsque Mireille voit sur le panneau la direction du Lac des Moines et l’altitude, elle comprend que les derniers mètres vont être les plus durs. Elle ne prononce pas un mot mais me prends la main. J’accepte de bon cœur de serrer ses doigts dans les miens. Elle me fait le plus merveilleux des sourires, s’approche de moi et m’embrasse à pleine bouche. Je suis dans un premier temps désarçonné mais ne dit mot. Je réponds même à son baiser, puis je la repousse doucement en lui disant d’un ton goguenard que nous aurons toute la nuit pour s’initier aux plaisirs charnels. Elle pique un fard à faire rougir une tomate et prend ses distances avec moi. Son pas devient plus régulier, je la laisse digérer ma flèche inutile. Ne nous sommes-nous pas dit que nous allions jouer les amoureux. Elle était dans son rôle. Ce n’est pas grave je me rattraperai plus tard et si elle veut je la câlinerais.

Soudain apparaît le Lac des Moines, il scintille sous le soleil. Il y a un peintre, quelques touristes qui sont arrivés par la route. Et surtout de nombreux pêcheurs. Nous nous arrêtons, on prend quelques photos pour parfaire notre rôle. Puis nous nous appuyons sur un rocher et nous nous asseyons tous les deux. Je l’enlace et lui murmure à l’oreille : « je suis un goujat, pardonne-moi «. Puis délicatement je lui mordille l’oreille, ni elle me file une gifle ni elle m’apostrophe de mots infâmes, au contraire elle se love dans mes bras. Ce n’est pas Esméralda que je serre contre moi, mais une véritable tigresse.

Je la calme, surtout que devant nous il y a un jeune enfant d’une dizaine d’années qui nous regarde. Je me demande si les passeurs ont désormais des enfants qui leur servent de couverture lorsque je vois surgir une femme échevelée qui s’en prend à son gamin qui s’est sauvé pour retrouver une fleur qu’il voulait cueillir. Mais son père lui explique qu’il peut la photographier mais surtout pas l’arracher. Je ne sais si le gamin a compris mais il repart avec ses parents en râlant. Petit à petit le gros de la troupe s’en va il est déjà dix-huit heures si nous voulons nous cacher pour la nuit il est grand temps de s’en aller.

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Flirt ou romance

Depuis cinq minutes je ronge mon frein, des femmes et des hommes virevoltent de ci de là, soudain une jeune femme entre, environ la trentaine, elle est magnifique avec ses cheveux dorés qui brillent sous la lumière du soleil et ses yeux qui semblent capturer chaque éclat du monde autour d’elle.

Mireille car c’est bien d’elle qu’il s’agit dégage un charisme que beaucoup de femmes doivent lui envier. A cette heure du matin il y a encore des places mais cette femme s’assoit à la table qui fait face à celle d’Olivier. Bien entendu ils se sont mis d’accord pour forcer le destin, maintenant c’est à Olivier de jouer son rôle. Il va d’abord l’observer avant de passer à l’attaque. La beauté de Mireille le fascine, mais ce n’est pas seulement les apparences sur lequel il s’arrête, c’est aussi sa façon de rire, la chaleur de sa voix et surement d’autres choses qu’il lui faudrait découvrir, Olivier quant à lui est l’antithèse de la beauté traditionnelle. Son visage porte différentes cicatrices récoltées au cours de différentes missions, une au-dessus de l’arcade sourcilière ainsi qu’une autre qui lui balafre la joue jusqu’à son oreille gauche. Sa mâchoire est carrée elle semble toujours en proie à une tension extérieure. Mais il a plein de choses à offrir à une femme, sauf qu’avec le métier qu’il a jusqu’à présent il n’y avait pas de place pour la bagatelle. Son patron lui en donne l’occasion, bien que l’amour téléguidé ce ne soit pas sa tasse de thé.

S’il n’a pas la beauté extérieure il a des atouts qui peuvent la séduire le temps d’une mission. Passionné par l’art, fervent amoureux des poètes, sa profonde sensibilité sont autant de trésors cachés qu’il espère montrer à sa nouvelle petite amie. Depuis six heures du matin où elle était partie récupérer ses affaires il avait rêvé d’avoir une conversation avec elle pour pouvoir assembler les morceaux afin de faire naitre cette nouvelle idylle. C’est au moment où il se lève pour la rejoindre à sa place qu’elle s’approche de sa table, un livre à la main et lui demande de sa voix si mélodieuse :

— Est-ce que ce siège est pris à côté de vous ? Demanda-t-elle dans un sourire lumineux.

— Non, non pas du tout, il regarde attentivement le livre qu’elle feuillette. C’est un recueil de poésie. Un frisson d’excitation parcourt son dos, voilà le point d’appui pour se rapprocher de Mireille.

— J’adore ce poète, il a cette façon de capturer les émotions…

Joue-t-elle le jeu ou est-elle charmée par sa délicatesse à lui parler de son poète de prédilection. Elle en reste sans voix, puis son rire cristallin résonne dans le bar où le ventilateur fait un bruit infernal comme s’il s’arrêtait pour reprendre son souffle. Elle se tourne vers lui, le regard pétillant d’intérêt et lui dit :

— Je trouve que sa manière de décrire l’amour est…Si poignante, si sensuel.

Olivier n’est plus le chasseur, il a ôté sa casquette de gendarme, il est un touriste ou peut-être un randonneur du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Il se sent pousser des ailes, ce n’est plus Esméralda c’est Mireille rencontrée à Nasbinals un matin de juin en train de boire un café et prête à reprendre le chemin de randonnée qui monte au Lac des Moines. C’est ce que nous avons décidé lorsque je l’ai emmené dans mon appartement. Nous n’allons pas tarder à partir, bien que je trouve aberrant de faire cette randonnée en pleine chaleur. Mais nous n’avons pas trop le choix, vu que la première partie a été compromise par l’arrivée impromptue du frère et de l’amoureux transi de Mademoiselle. Mais nous n’en sommes pas encore là, je dois jouer mon rôle à la perfection, nous ignorons si nous sommes observés par un « faux touriste ». Grâce à notre poète commun nous quittons notre travail et nous plongeons tout droit dans une idylle, je sais qu’il est interdit pour deux agents en service de tomber amoureux, mais il a fallu se rendre à l’évidence nous n’avons pas trop le choix. Nous ignorons qui nous pourchassons et surtout quel est le trafic mis en place dans ce coin paisible de France. Bien qu’il y ait un très grand nombre de marcheurs, ceux-ci ne sont plus sur les terrasses de café, ils sont partis à l’aube afin de rallier l’étape suivante. Seuls restent ici les vacanciers possédant une voiture et d’autres pansant leurs pieds ensanglantés et s’accordant une halte bénéfique avant de repartir dès le lever du jour le lendemain.

Nous avons échangé des rires, des sourires, des pensées communes, je lui ai dévoilé mes passions, mes rêves j’en ai oublié où nous nous trouvons . Florence est sous mon charme, elle est captivée par mes mots et je vois dans ses yeux une pointe d’admiration. Elle, par contre ne se livrait pas ou si peu. Je connaissais la raison pour laquelle elle était devenue gendarme, son rêve de faire le tour du Monde et sa folie pour les chaussures, riant devant mon haussement de sourcils.

Au moment où nous nous levons, nous voyons la voiture des gendarmes s’arrêter devant le bar où nous sommes. En descende le frère et l’amoureux transi, nous voici pris au piège d’être resté à discuter.

A suivre…

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