La mer, gardienne des mémoires ! (5)

Les semaines suivantes, Peter tout en continuant sa randonnée pensait à celle qui avait mis ce message. Ses pensées se tournent vers la France. Chaque matin, il examinait la boucle en or, le ruban blanc, le papier. Il se demandait comment une bouteille pouvait traverser l’océan, emporter un message si personnel, et finir dans ses mains. Le hasard, pensait-il parfois, avait un sens plus profond que ce qu’on imaginait.

Muni d’une carte il fit quelques recherches. La région correspondait au Finistère, un bout de terre battu par le vent et la mer. Il étudia les cartes, les courants, les ports, essayant de retracer le chemin que la mer avait pu suivre. Mais la plage exacte, le village où la jeune fille vivait, restaient invisibles, comme si la mer elle-même protégeait son secret.

Un soir, il se rendit dans une petite librairie française à Galway, où le propriétaire, originaire de Bretagne, l’aida à déchiffrer certains mots et expressions qu’il ne comprenait pas. Ensemble, ils essayèrent de recomposer le contexte du message, d’imaginer la vie de cette jeune fille.

Chaque détail du texte prenait alors une couleur, une texture. La mer, le ruban, la boucle… tout se mêlait à la réalité de 1980, et à quelque chose de presque intemporel. Puis sur les rayons de la librairie il denicha un livre qui expliquait les courants. La bouteille venait de Bretagne, l’indicatif donnait le département du Finistère. Il explora toutes les hypothèses pour découvrir le chemin qu’avait emprunté cette bouteille. Les Açores étaient le lieu le plus probable où cette bouteille aurait dû dériver. Et pourtant c’est lui Peter qui l’a découverte sur la Côte Atlantique. Par quels mystérieux hasard est-elle venue s’échouer chez lui ?

Son amie Solveig lui disait que c’était le destin. Pendant ses études il avait côtoyer un jeune fille originaire de Quimper, c’est vers elle qu’il dirige ses premiers pas. Il lui donne le numéro et lui demande de téléphoner. Selon la personne qui répondra elle jouera celui qui a fait un faux numero.

Cela fait deux jours et Solveig ne l’a toujours pas rappelé, il s’étonne. Pourquoi ce silence ? Puis un matin de septembre qui voit-il débarquer ? Son amie.

Peter ne lui montre pas son anxiété, il attend les révélations de son amie. Cette dernière joue avec ses nerfs. Enfin elle se décide.

Ton numéro c’est celui de la gendarmerie de Pont-Aven.

Suis-je déçu je ne sais pas, en y réfléchissant je me demande si c’est un appel au secours ou une jeune fille s’appelant Lou qui a un de ses parents gendarmes. Oui je pense que c’est la meilleure solution. Je vais aller visiter la Bretagne. J’ai un mois devant moi. J’en aurais le coeur net.

J’ai bouclé mon sac, et je suis parti, le port le plus proche de Pont-Aven est Roscoff. C’est là où le ferry me dépose. Je commence mes recherches en descendant le long de la côte , au plus proche de la mer.Les jours passaient, les recherches le conduisaient d’un port à un autre, d’un village à l’autre, je marche sur le GR, je dors là où je peux, tous les bretons rencontrés connaissent mon histoire. Je rencontrais parfois des jeunes filles, mais aucune n’était celle du message, aucune ne se nommait Lou.

La quête devenait obsession douce, voyage intérieur autant qu’errance physique. Et chaque soir, lorsqu’il regardait les vagues s’écraser sur les rochers, il pensait que la mer, seule, savait la vérité, et qu’un jour, peut-être, elle déciderait de lui révéler la suite

Le mystère restait entier. Mais le randonneur n’avait plus peur. La mer avait ouvert une porte, et il était prêt à la suivre, où qu’elle mène.

A suivre…

La mer, gardienne des mémoires ! (4)

Brest été 1985

Erwan était aux anges il avait réussi à avoir des nouvelles de Lou, son père gendarme était reparti fin août avec sa fille à Saint-Denis de la Réunion en 1981.

Quatre ans était passé, Erwan avait eu pendant un an des nouvelles de Lou, puis en juin 1982 plus aucune nouvelle. Et même la dernière lui avait été retourné n’habite plus à l’adresse indiquée.

Gaëlle une de ses amies qui lui écrivait souvent venait de lui donner de ses nouvelles. Lou n’avait plus de nouvelles du beau brun qui venait d’Irlande et qui s’appelait Tristan. Gaëlle lui a laissé le numéro de téléphone de ses parents et des plages horaires pour appeler. Il le ferait ce soir.

Il était à peine 20 heure lorsque son téléphone vibra sur le bureau, interrompant la rêverie d’Erwan. Le nom de Gaëlle s’afficha sur l’écran. Il décrocha aussitôt.

— Salut, Gaëlle ! Alors, tu as eu Lou ? demanda-t-il, la voix un peu trop pressée.

De l’autre côté, un léger rire.

— Toujours aussi impatient, toi. Oui, j’ai eu des nouvelles. Elle va bien, mais… elle semble triste. Elle ne parle plus de Tristan. Tu sais, ce fameux Irlandais ?

Erwan sentit son cœur battre plus vite. Il se leva, fit quelques pas vers la fenêtre.

— Triste, hein ? fit-il, essayant de masquer l’émotion dans sa voix.

— Oui. Je crois qu’elle a été déçue. Elle ne veut pas trop en parler, mais j’ai compris qu’il est parti du jour au lendemain. Il s’était donné rendez-vous à Pont-Aven, tu te souviens c’est le jour de cet accident dramatique de cet homme fauché par une moto. Lou avait pensé que c’était Tristan, mais l’homme se nommait Arthur.

Le lendemain elle avait reçu un courrier il prenait le ferry à Roscoff, il lui envoyait mille baisers et un je t’aime. Puis plus un mot.

Un silence pesa un instant entre eux. Seul le souffle du vent se faisait entendre à travers la vitre entrouverte.

— Et toi, Erwan, tu ne lui écris plus ? demanda doucement Gaëlle.

Il soupira.

— J’ai essayé… Mais je ne veux pas paraître insistant. Elle a besoin de temps, je crois. Et j’attends toujours sa nouvelle adresse.

— Peut-être, répondit Gaëlle. Mais parfois, le temps, c’est juste une excuse. Peut-être qu’elle attend qu’on vienne la chercher. L’adresse je te la donne, tu as de quoi noter ?

Elle rit à nouveau, légère, avant de raccrocher.

Erwan resta un moment immobile, le téléphone encore à la main. Une chaleur familière lui monta au cœur. Peut-être que Gaëlle avait raison. Lou n’attendait qu’un signe de lui.

Le silence retomba dans la pièce une fois le téléphone posé.Erwan resta là, immobile, les yeux perdus dans la lumière pâle qui filtrait à travers les rideaux. Le vent soulevait à peine une feuille sur son bureau : un vieux mot de Lou, griffonné à la hâte avant son départ. Il le relut du bout des yeux sans vraiment le voir.

Triste ! C’était le mot de Gaëlle qui résonnait encore en lui. Triste, Lou ?Il l’avait toujours connue pleine de rires, de ce feu doux qui faisait qu’on se sentait un peu plus vivant quand elle était là.Et maintenant… elle était à l’autre bout du monde, sur une île qu’il imaginait baignée de soleil, mais où elle semblait s’éteindre lentement.

Il s’assit, la tête entre les mains.Pourquoi n’avait-il rien dit, cet été-là ?Il aurait pu — non, il aurait dû — lui dire ce qu’il ressentait avant qu’elle parte.Mais il y avait eu Tristan. Ce type venu de nulle part avec ses histoires d’Irlande, son regard sombre et ses mots faciles. Un « Tristan » d’Irlande… Quelle ironie.Lou avait cru à son charme, bien sûr. Elle aimait les âmes perdues, celles qu’on pense pouvoir sauver.

Erwan ferma les yeux. Ce n’était pas de la jalousie, pas vraiment. C’était autre chose : une envie sourde de la revoir sourire, de sentir encore une fois ce lien fragile qui les unissait.

Et si Gaëlle avait raison ?Peut-être que Lou attendait.Pas une lettre, pas des mots sur un écran — mais un vrai signe.Quelque chose qui dirait : je suis encore là, même de loin.

Il se leva, attrapa un stylo.Le papier blanc lui parut soudain plein de promesses.

Brest un soir de septembre 1985

Chère Lou,

Je ne sais pas trop par où commencer. Cela fait des semaines que je tourne autour de cette feuille, que je me dis qu’écrire ne servirait à rien — et pourtant, me voilà. Peut-être parce que j’ai besoin de t’écrire autant que toi d’être lue, même de loin.

Gaëlle m’a parlé un peu de toi. Elle dit que tu vas bien, mais je ne sais pas… il y avait quelque chose dans sa voix, comme un petit nuage au-dessus de tes mots. Peut-être que je me fais des idées. Peut-être aussi que j’ai trop envie de croire que je te connais encore un peu.

Ici, tout est pareil. Le vent du port, les lumières du soir sur la baie… parfois, j’ai l’impression que rien n’a bougé depuis ton départ, sauf le vide que tu as laissé. On rit, on sort, on fait semblant que tout continue. Mais il manque toujours cette voix, la tienne, qui trouvait toujours quelque chose à dire, même pour rien.

Je me souviens de ce dernier jour, avant ton avion. J’aurais voulu te dire quelque chose — tu sais quoi. Mais j’ai préféré me taire. J’ai cru que c’était mieux, que tu devais partir légère, sans promesse, sans attente.Aujourd’hui, je ne sais plus.

Alors je t’écris, sans but précis. Pour te dire que je pense à toi. Que je n’en veux à personne, pas même à ce Tristan dont je ne sais rien, sinon qu’il t’a fait rêver un temps. Les rêves, ça compte, même s’ils finissent mal.

J’espère que tu trouves un peu de paix là-bas, entre les vagues de l’océan Indien et les rires de ta nouvelle vie. Et si, parfois, le soir, tu penses à ici — à la Bretagne, au vent salé, à la lumière grise du matin — alors sache qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui pense à toi aussi.

Toujours un peu trop, peut-être.

Erwan

A suivre…

La mer, gardienne des mémoires ! (3)

La brume s’était épaissie sur la côte irlandaise, enveloppant les falaises et la plage d’un voile gris-bleu. Le randonneur, encore émerveillé par sa découverte, s’assit sur un rocher pour examiner plus attentivement la bouteille. Il en sortit le ruban blanc, le déroula doucement et fit glisser la boucle d’or dans sa paume. La lumière froide du matin faisait briller le métal comme un petit soleil fragile.

Puis il déplia le papier. Les mots étaient écrits en français. Il avait appris quelques rudiments à l’école, mais il savait qu’il aurait besoin d’aide pour comprendre le message. Il nota chaque phrase, essayant de traduire mentalement, mais certaines tournures échappaient à son vocabulaire.

Il descendit vers le petit village le plus proche, où il connaissait un vieil ami français, expatrié depuis des années. Le café était vide à cette heure, mais son ami accepta volontiers de l’aider à lire le texte. Ensemble, ils déchiffrèrent les phrases, le ton, l’urgence discrète, la solitude derrière chaque mot.

« À celui qui m’a promis de revenir…J’attends encore, là où la mer finit…Si tu lis ceci, appelle-moi…Peut-être que le temps nous aura rendus étrangers,mais la mer, elle, se souvient toujours. »

Le randonneur sentit son cœur se serrer. Chaque mot résonnait étrangement, comme s’il avait été écrit pour lui seul. La boucle d’or, le ruban, le papier… tout semblait chargé d’une émotion ancienne, d’une attente que l’océan avait portée jusqu’à lui.

Pourtant, il ne téléphona pas. Il observa le numéro, nota la région française : Finistère. C’était loin, au-delà de la mer et du vent. Il se surprit à imaginer la jeune fille, ses dix-sept ans, sur la plage où tout avait commencé. Qui était-elle vraiment ? Pourquoi cette bouteille ? Était-ce un simple hasard ou un destin que la mer elle-même avait tracé ?

Pendant des heures, il resta là, à regarder l’horizon, les vagues frappant les rochers, répétant un murmure que lui seul semblait entendre. Chaque détail de la boucle d’or, du ruban, chaque mot du message lui semblait chargé d’une promesse muette. Il savait qu’il devait découvrir la suite, mais le mystère le retenait encore.

Il rentra au camping avec la bouteille, le ruban et la boucle précieusement enveloppés. La mer, pensait-il, avait confié à ces objets un secret trop fragile pour être révélé immédiatement. Il allait devoir patienter, réfléchir, chercher. Et dans ce silence, une certitude naissait : cette quête ne serait pas simple. Elle l’emmènerait loin, peut-être jusqu’aux confins de la Bretagne, peut-être jusqu’au cœur de cette mémoire que la mer gardait jalousement.Et il se surprit à sourire, malgré tout : le voyage avait commencé.

A suivre…

La mer, gardienne des mémoires ! (2)

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Lou, juillet 1981

En repartant elle se souvenait de cet été, celui de ses dix-sept ans. La bande à Erwan se retrouvait sur la plage des Sables Blancs. Elle, cheveux noirs au vent, pieds nus était arrivée sur Névez au mois de juin pour passer des vacances chez sa Grand-mère. Erwan l’avait remarqué de suite. Elle était toujours entourée d’une pléiade de garçons et de filles. Mais Lou ne pensait qu’à ce jeune homme rencontré un soir de Fest-noz l’an passé. Ce n’était que pour lui que son coeur battait. Il lui avait écrit, cette année à nouveau il serait de retour.

Le mois de juillet venait de s’installer sur le Finistère. Les plages encore vides laissaient passer le vent salé, et le ciel se parait de nuances douces entre nuages et soleil. Lou venait de décrocher son bac scientifique, et cet été s’annonçait comme le premier sans les contraintes de l’école. L’an prochain elle irait en Angleterre poursuivre ses études.

Erwan, fils de militaire, observait souvent Lou avec une attention silencieuse. Il la remarquait depuis longtemps : ses cheveux noirs, mi-longs, qui bougeaient au rythme du vent, ses pieds nus, qu’elle laissait parfois glisser sur le sable ou l’herbe humide, son regard vif et curieux. Elle répondait simplement au prénom de Lou, sans jamais expliquer d’où venait cette originalité dans son allure.

Lou était métisse, arrivée de l’île de la Réunion, et vivait uniquement avec son père, gendarme. Ce dernier à la suite du décès de sa belle-mère était venu dès juin régler la succession, Françoise sa femme était décédée lorsque Lou avait dix ans. Elle était fille unique.

Sa vie était simple, discrète, rythmée par les routines de son père et les sorties avec ses amis. Mais il y avait en elle quelque chose de singulier, une liberté qu’on devinait dans chacun de ses gestes, une façon de se fondre dans le monde tout en restant à part.

Erwan la regardait marcher sur le sable, ses pieds effleurant l’eau turquoise ou l’herbe des dunes, et il sentait qu’elle portait déjà quelque chose d’intime et de secret, un mélange d’espoir et de mélancolie qu’il ne comprenait pas encore.

C’est le soir du 14 juillet qu’Erwan en voyant le bel homme auprès de Lou eu son rêve brisé. Ces deux-là étaient sur un petit nuage. Ils s’aimaient.

Année 1985

Quatre ans avaient passé depuis ce matin ensoleillé en Bretagne. Sur la côte ouest de l’Irlande, là où les falaises plongent dans l’Atlantique et où les plages sont rares et sauvages, un randonneur marchait seul, sac au dos, le visage rougi par le vent. Il avait quitté Galway avant l’aube et suivait un sentier escarpé qui serpentait le long de la mer.

La brume du matin donnait au paysage un aspect irréel : les vagues frappaient les rochers avec un bruit sourd et régulier, et le sable noir semblait absorber toute couleur.

Soudain, quelque chose attira son regard. Entre deux rochers, à moitié recouverte par le sable humide, une bouteille de verre vert brillait sous les rayons de l’aube. Intrigué, il s’agenouilla et la ramassa. Le bouchon de liège tenait encore, scellé d’une cire rouge.

Il secoua légèrement la bouteille et entendit le cliquetis d’un objet métallique à l’intérieur. Curieux, il sortit un couteau et fit sauter le bouchon. Un ruban blanc glissa sur le sable, suivi d’une boucle d’oreille en or, fine et délicate. Puis il déplia le morceau de papier soigneusement plié.Les mots étaient simples, mais étrangement puissants :

« À celui qui m’a promis de revenir.J’attends encore, là où la mer finit.Si tu lis ceci, appelle-moi.Peut-être que le temps nous aura rendus étrangers,mais la mer, elle, se souvient toujours. » Lou

En dessous, un numéro de téléphone français :

02 98 82 20 80

Le randonneur resta figé. Le papier tremblait dans sa main. Il ne connaissait pas cette fille, ne savait rien d’elle, et pourtant, quelque chose dans ce message le frappa au cœur. Le ton, la solitude, l’urgence silencieuse… tout lui semblait réel, trop réel pour être un simple jeu.

Sans réfléchir, il sortit son carnet et nota le numéro. Une idée s’imposa, irrésistible : il devait appeler. Mais avant cela, il leva les yeux vers l’océan. La mer avait ramené cette bouteille jusqu’à lui, au bout de son monde. Qui l’avait lancée ? Qui l’attendait ? Et pourquoi ce numéro semblait-il contenir plus qu’un simple appel ?

Il remit la bouteille dans son sac, le cœur battant. Ce qu’il allait entreprendre, il le sentait, ne serait pas un simple appel. C’était le début d’une quête, obscure et troublante, qui le conduirait peut-être… là où la mer avait voulu qu’il aille.

A suivre…

La mer , gardienne des mémoires !

Le vent soufflait depuis trois jours sans relâche. La mer avait grossi, grise et nerveuse, charriant des fragments de bois et d’algues, comme si elle refusait tout ce qu’on lui confiait.

Sur la plage des Sables Blancs, une jeune fille marchait lentement, tête baissée, les cheveux collés au visage. Dans sa main, une bouteille de verre vert pâle, polie par le temps, trouvée dans le grenier de son père. Elle l’avait nettoyée avec soin, essuyée longuement, comme si elle voulait qu’elle reflète fidèlement ce qu’elle y mettrait.

Elle sortit de la poche de son manteau trois choses :une boucle d’oreille en or, fine, presque effacée par l’usure ;un ruban blanc, noué mais légèrement déchiré ;et un morceau de papier plié en quatre, couvert d’une écriture serrée.Elle resta longtemps immobile, les yeux fixés sur le papier. Elle lut une dernière fois ces mots qu’elle avait griffonnés d’une main tremblante :

« À celui qui m’a promis de revenir.J’attends encore, là où la mer finit.Si tu lis ceci, appelle-moi.Peut-être que le temps nous aura rendu étrangers,mais la mer, elle, se souvient toujours.

Puis, tout en bas, un numéro de téléphone, écrit avec soin, comme pour conjurer l’effacement.Elle glissa le papier dans la bouteille, suivie de la boucle et du ruban. Elle la ferma avec un bouchon de liège, scellé à la cire.Le vent redoubla. La fille s’avança jusqu’à ce que l’eau lui lèche les genoux, leva la bouteille à hauteur du ciel, murmura quelque chose — un prénom peut-être — puis la lança de toutes ses forces.La bouteille disparut entre deux vagues.Elle resta là un moment, les bras pendants, avant de tourner le dos à l’océan.

A suivre…