Une découverte renversante pour Shana 8

Maël n’avait jamais pris le TGV. Encore moins pour aller passer un week-end chez un frère qu’il connaissait à peine. Sur le quai, Louis les attend. Grand, discret, il fait un léger signe de la main.

À ses côtés, une femme blonde pousse une poussette.Ingrid, son épouse suédoise, sourit chaleureusement.Dans la poussette, Nils, tout juste un an, mâchouille un jouet en silicone sans trop comprendre ce qui se passe.Louis s’approche de Maël, pas trop vite, pas trop fort.

— Bienvenue, p’tit frère.

Maël hoche la tête, mal à l’aise, mais touché.Louis serre Léo dans ses bras.

— Merci de l’avoir accompagné.

— C’est lui qui m’a convaincu, glisse Léo.

Louis ressemble à Léo, même carrure fine, mêmes yeux un peu tristes, mais vifs.

— Tu es content de nous rendre visite.

Il ne répond pas mais ses yeux parlent pour lui.

Dans la voiture, Ingrid, la femme de Louis, l’accueille d’un “Hej hej !” joyeux. Elle parle français avec un accent adorable et des mots parfois de travers qui font rire Maël.

Léo reste en ville, laissant Maël passer la journée avec Louis, Ingrid et Nils, pour eux quatre c’est direction Eurodisney. Louis avait tout prévu. Il voulait offrir à son petit frère un vrai moment de légèreté. Maël monte dans chaque attraction avec l’enthousiasme d’un enfant de huit ans.Même dans “It’s a small world”, il tape du pied en rythme.Ils mangent des frites et des churros, Ingrid prend des photos de Maël et Louis devant le château.

Nils dort dans la poussette, le nez au vent.Le soir, Ingrid lui glisse en souriant :

— On dirait que vous avez dix ans d’écart… et pourtant vous riez pareil.

De retour à l’appartement, Ingrid cuisine un repas franco-suédois :gratin dauphinois, hareng mariné, pain croustillant et un dessert au citron venu du nord.

Maël goûte tout. Il aime, même les trucs bizarres.

— C’est… spécial. Mais c’est bon, dit-il en se resservant.Louis rit.

— T’es franc, j’aime ça.Pendant ce temps, Nils s’agite dans sa chaise haute, en lançant des bouts de pain par terre.Maël le regarde, intrigué.

— Il comprend quelque chose à tout ça, tu crois ?

— Non, mais il enregistre tout, répond Louis. Comme nous, à son âge.

Dans la chambre d’amis, Maël s’endort rapidement.Pas de cauchemars, pas de bruits inconnus. Juste la fatigue du parc, et l’étrange chaleur d’un endroit qui ne l’a pas rejeté.

Louis prépare du café. Ingrid donne un biberon à Nils. Maël arrive en chaussettes.

— J’peux revenir… un autre week-end ?Louis le regarde avec sérieux.

— Ma porte est ouverte. Même sans Léo.

— Alors j’viendrai.Ils échangent un vrai sourire. Pas de discours. Juste ça.

Il est est neuf heures, dans la cuisine baignée de lumière, Maël s’installe en silence.
Ingrid pose devant lui une tasse de chocolat chaud, du pain grillé, et des petits biscuits suédois au gingembre.

— Tu dors comme une bûche, dit-elle en riant doucement.

Louis arrive avec Nils dans les bras, les cheveux en bataille, les yeux encore mi-clos.
Le petit se met à babiller dès qu’il aperçoit Maël.

— Il te reconnaît, murmure Louis. Tu lui plais, apparemment.

Maël tend timidement les bras, et contre toute attente, Nils se laisse faire. Il le garde sur ses genoux pendant tout le petit-déj. Quelque chose dans ce geste l’étonne lui-même : il se sent utile. Il se sent là.

Ils sortent en famille au parc André-Citroën. Nils gazouille dans sa poussette, Ingrid parle des différences entre la France et la Suède, Maël écoute, curieux. Louis et lui marchent côte à côte.

— C’est bizarre, dit Maël. On dirait qu’on est une vraie famille.

Louis lui jette un regard.

— On l’est. Pas “comme une”, Maël. On l’est vraiment.Un silence. Puis Maël :

— J’ai jamais eu un grand frère comme toi. Enfin… j’savais même pas que t’existais.

— Moi non plus. Mais c’est pas trop tard.

Ingrid prépare un repas rapide : pâtes à la crème et saumon fumé, salade croquante, et glace à la vanille.

Pendant le repas, Nils tente d’attraper la cuillère de Maël.Il éclabousse tout. Ingrid s’exclame en suédois, Louis rigole.Maël, lui, se marre à pleins poumons. C’est la première fois qu’il rit comme ça depuis longtemps — un rire pur, sans sarcasme.

L’après-midi, pendant qu’Ingrid met Nils à la sieste, Louis et Maël restent au salon.Ils jouent un peu à la console, parlent de tout et de rien.Puis Louis s’absente pour prendre un appel, laissant Maël seul.

Dans le silence, Maël regarde les photos sur les murs :le mariage de Louis et Ingrid, la naissance de Nils, un selfie en montagne. Il se murmure à lui-même, un jour ce sera moi qui vivrait comme mon frère.

Vers dix-huit heures, Léo arrive pour le ramener.Maël embrasse Ingrid, serre Nils contre lui, puis s’arrête devant Louis. Ils se regardent, sans trop savoir quoi dire.

— Merci pour tout, lâche Maël.

Louis l’attire contre lui.

— Ce n’est que le début. Reviens quand tu veux. Tu fais partie de nous maintenant. Maël hoche la tête. Cette fois, il y croit.

A suivre…

Copyright Août 2025

Une découverte renversante pour Shana 7

Le silence avant le retour. L’Afrique avant la France. Le cœur en vrac. Dakar – 3 heure 32 du matin. Réflexions de Tino qui attend son départ…

Tino est allongé sur un lit en métal, sans drap, torse nu, les yeux rivés au plafond. Le ventilateur claque mollement au-dessus de lui. Dans la rue, un chien aboie. Le sommeil ne viendra pas. Son sac est prêt. Il n’a rien gardé, sauf un vieux carnet froissé avec des dessins glanés au fil du temps et une photo d’un coucher de soleil sur le lac Rose. Il allume son téléphone. Aucun message de Mila, ni de Léo. Pas besoin. Ils ont fait leur part.

Un texto, en revanche, brille à l’écran :

Rendez-vous demain 14 heure au Centre culturel français. Passeport temporaire en main. Ton contact c’est le Capitaine Benga. Ne parle à personne.

Tino (à voix basse) :

— C’est réel, cette fois.

Il regarde par la fenêtre : les lumières jaunes, la ville étouffée de chaleur et de poussière. Il ne sait pas s’il est triste de partir… ou juste soulagé.

Il repense à ses errances : les marchés de Kaolack, les nuits volées à Saint-Louis, les petits boulots à la frontière gambienne.

Un vieux voisin sénégalais, Mamadou, passe la tête dans l’encadrement.

Mamadou (souriant, en wolof français approximatif) :— C’est demain, hein, le retour ?

Tino (légère voix rauque) :

— Ouais… Demain je redeviens quelqu’un.

Mamadou hoche la tête. Pas de mots de trop.Avant de partir, Tino inscrit dans son carnet :

“On fuit toujours pour rester vivant. Mais revenir, c’est pour rester debout.”

Il ferme les yeux. Et pour la première fois depuis longtemps… il dort.

Le lendemain, tout s’est déroulé comme l’avait prévu Thomas, le père adoptif de Mila, celui qui les protège tous. Son oncle, comme il vient de l’apprendre, avait tout organisé.

Selon le Capitaine, c’est un homme droit et humble, un commandant du GIGN dont la réputation n’est plus à faire.Il devrait porter plus de dix mille médailles, tant ses états de service sont innombrables.Mais Thomas est modeste, il n’en parle jamais.

Base aérienne de Villacoublay, France – 6 heure 07, la passerelle est encore vide quand Tino descend de l’avion, yeux cernés, sweat noir à capuche. Il marche lentement. Il garde son sac près du corps. Chaque pas est un coup de marteau dans la poitrine.Il franchit les portes vitrées. On ne lui demande rien, ici pas de douaniers, juste deux hommes l’attendent.

Léo, mains dans les poches, yeux rouges, et Thomas, debout, droit, en civil. Mais on sent le GIGN dans sa posture : solide, protecteur, prêt à intervenir.

Thomas (sans solennité) :

— Bienvenue chez toi, Tino.

Tino reste figé une seconde. Il ne sait pas quoi faire. Puis Léo s’avance, hésite, puis le serre dans ses bras, c’est fort, brut.

Léo (voix étouffée) :— T’as pris ton temps.

Tino (lâchant un demi-sourire) :

— Fallait que je revienne avec une barbe plus stylée que la tienne.

Ils rient tous les deux, ça détend l’atmosphère un peu crispé dans ce matin de fin d’été.

Thomas les regarde, puis pose une main sur l’épaule de Tino.

Thomas (sincère) :

— On a de la place à la maison. Et pas besoin de masque ici. Tu peux respirer. Tino ne répond pas. Mais il hoche la tête. Et ça suffit.Ils sortent ensemble. Le jour se lève à peine.

La porte s’ouvre lentement. Thomas entre, suivi de Léo, puis Tino. Sac à l’épaule, il s’arrête. Il entend des rires d’enfants, une radio qui grésille doucement, l’odeur du linge propre.

Un monde totalement opposé à celui qu’il a fui.Sur le tapis de jeu, Malian, 18 mois, le regarde fixement en suçotant un anneau de dentition. Les jumeaux, Matis et Matéo, rampent dans tous les sens. Mila, penchée sur eux, se relève en voyant Tino.

Mila (doucement) :

— T’es là.Tino esquisse un sourire.Un sourire fatigué mais sincère. Je te reconnais malgré qu’en Afrique tu apparais sais flou. C’est toi Mila ma cousine par ta mère et ma sœur par notre père . Double casquette par la folie d’un mec dangereux et fou. Puis Tino (regardant autour) :

— Vous avez ouvert une garderie ou quoi ?

Léo (avec un demi-rire) :

— Pas loin. Ça s’appelle “la famille”.

Dans un coin du salon, Maël est déjà là. Bras croisés. Regard sombre. 14 ans et déjà dur comme un mur.

Maël :

— Donc t’es Tino. Le “grand” frère. Celui qui a fui pendant que nous, on encaissait tout.

Tino (calme mais sec) :

— J’ai pas fui. J’ai survécu. Il me semble avoir compris que toi tu as vécu grâce à ma tante Shana qui t’as sauvé d’une mort certaine.

Maël accusé le coup, Tino est direct, la vie ne l’a pas épargné , si Maël est en colère il peut le comprendre mais il.ne connait rien de l’enfer qu’a vécu.

Un silence tendu mais palpable suit les paroles de Tino. Shana apparaît, posant un biberon. Elle fixe Tino.

Shana , directe :

— Toi, je te reconnais. Les yeux d’Edith. La bouche de Capet.

Tino (amer) :

— Et l’âme de personne, apparemment.

Shana s’approche. Elle ne tremble pas. Elle ne l’enlace pas. Mais elle le regarde en face.

Shana :

— Edith… Elle t’a élevé. Toi, Yanis, Inès et Mila. Et d’autres Pas pour vous aimer. Elle vous gardait comme elle l’aurait fait pour des animaux , Vous enfermait et vous dressait comme des chevaux à coup de fouets. Comme si vous lui apparteniez.

Tino (les yeux brillants, à voix basse) :— Elle m’appelait “mon petit roi”. Puis me frappait quand je la contredisais.

Elle voulait me modeler comme Capet. J’ai préféré dormir dehors.Un silence lourd. Même Maël baisse les yeux.

Thomas (intervenant doucement) :— Ce gosse a traversé l’enfer. Mais il est debout. Alors ici, il a sa place. Alors Shana le prends dans ses bras et lui dit :

— Sois le bienvenu Tino.

Shana l’embrasse et lui dit je me souviens de toi, j’avais dix ans , j’habitais avec ma sœur et… C’est là où ton grand-père , ensuite ton père et … J’avais beau les fuir, me cacher sous le lit, ou dans le placard, ta mère me trahissait toujours. Tu comprends pourquoi je ne t’ai pas accueilli les bras grands ouverts. Mais maintenant grâce à mes enfants et mon époux adoré je vais bien.

Mila s’avance, tenant Malian dans les bras.

Mila (à voix douce) :

— Lui, c’est Malian. Ton demi-frère. Par Edith. Mais il aura une autre vie que nous. Papa et Maman recherche son père.

Tino (regardant l’enfant, bouleversé) :

— J’vais pas lui transmettre le poison.

Il s’agenouille, passe doucement un doigt sur la joue du bébé. Malian attrape sa main sans peur. Tino le regarde, et un sanglot discret lui échappe.

Tino (murmure) :

— Ce regard… il est encore pur. On va le garder comme ça.

A suivre …

Copyright Août 2025

Une découverte renversante pour Shana 6

Dès que Thomas est parti, Mila s’est sentie dépossédée de cette tante qu’elle n’appréciait pas réellement, mais envers qui elle restait toujours polie, soucieuse de préserver l’harmonie familiale.

Combien de fois s’était-elle étonnée de son manque d’empathie, que ce soit envers sa mère ou même envers eux ? Cette femme vivait aux crochets de la famille, profitant de tout ce qui transitait par Malian. Et ce mari, prétendument président d’un pays africain… existait-il vraiment ?

Elle en était là de ses réflexions quand Léo, penché sur son ordinateur, examinait un mail qu’il venait de recevoir.

Léo fronça les sourcils, les yeux rivés à l’écran. Un silence tendu s’installa, seulement troublé par le cliquetis discret du clavier. Mila l’observait du coin de l’œil, tentant de deviner ce que ce message pouvait contenir pour lui faire perdre ainsi sa concentration.

— Un problème ? demanda-t-elle enfin, d’une voix prudente.

Il ne répondit pas tout de suite. Puis, sans la regarder, il souffla :

C’est Tino le frère de Yanis et Inès notre cousin, il a vu ma recherche sur Instagram, il me répond.

Le cœur de Mila se serra, sans qu’elle sache pourquoi. Elle s’attendait à ce que son cousin revienne tôt ou tard dans la conversation, mais elle n’imaginait pas qu’il reprendrait contact aussi vite.

— Et… il dit quoi ?

Juste qu’il est perdu mais ne peut plus faire marche arrière. On arrête , Shana nous a appelé, allons manger on regardera après le repas.

C’est la nuit, son téléphone à la main. Léo fait défiler des vidéos en silence. Il tombe sur une page :

@the_damned_globetrotter.

Une vidéo attire l’œil de Mila qui est assise à côté de lui : une voix de Titi Parisien, une gueule mal rasée, et un titre :

Le jour où j’ai quitté la France pour ne plus jamais revenir.

Ils regardent ensemble. Tino, dans un hamac entre deux palmiers, explique :

“Je suis né dans la crasse. Petit fils d’un vicieux, fils d’un fantôme et d’une salope et frère d’ombres. Y a que la route qui m’a sauvé. Le monde est vaste. Oublier, c’est ma seule religion.”

Mila murmure, presque tremblante :

— C’est Tino.Il est vivant. Il s’est renommé Matenfer, un nom froid sombre qui donne le ton :

Léo assez calme, un tantinet irrité :

— Il veut rien savoir. Il crache sur nos origines.

Mila très excitée :

— On doit essayer quand même.

Mila envoie un message simple via Instagram :

“Salut Matenfer. Tu t’appelais Tino, je suis Mila. On a le même père. Je suis ta sœur. Je voulais juste te dire que tu n’es pas seul.

C’est Mila qui surveille la boîte mail qu’ils se sont fait pour ne pas mélanger leur vie et cette quête.

Silence radio de l’intéressé, chaque jour qui passe est un jour de trop pour Léo, mais lui est en train de monter un avenir à Yanis, ce dernier travaille chez un ébéniste qui fait des meubles. Léo est à son compte, c’est Thomas qui.lui a avancé l’argent pour acheter un atelier. Charge à lui de lui rendre. Puis Yanis né pouvant pas rester chez son patron doit en trouver un autre. Il en a parlé avec Thomas qui, lui en a parlé à Léo. Et voilà c’est parti Yanis sera son ouvrier dans un premier temps puis dans quelques mois voir année il deviendra son associé.

”Il ne répond pas. Mais deux jours plus tard, une story publique apparaît :Un selfie, avec un filtre ridicule, et le texte :

“Quand t’as fui l’enfer et qu’on t’envoie un faire-part familial depuis les flammes.”

Rires en commentaires. Une façon de repousser, d’esquiver.

Léo, furieux :

— C’est un connard. Il se fout de nous.

Mila (très calme) :

— Il a mal. Il se protège. Laisse-moi essayer encore une fois.

Elle envoie un deuxième message.

“Tino. Je sais ce que Capet t’a laissé comme poison. Mais il m’a laissée moi aussi. J’ai 15 ans. Je suis sa fille. Et il a détruit la vie de ta sœur Inès qui à mon âge, un peu comme ma jumelle. Elle est en danger. Elle est seule. Et moi aussi, j’ai peur. Si tu veux vraiment être loin de nous, dis-le. Sinon, prouve que t’es pas comme lui.

Un message est intercepté sur Facebook et sur Instagram, pour semer le trouble ou pour se justifier d’une manière maladroite. Il ne doit pas s’adresser à eux, c’est impersonnel.

Il faut attendre encore deux jours. Puis un message arrive, envoyé de nuit.

Tino :“T’as 15 ans. Putain. Moi j’ai fêté mes 22 ans dans un squat à Dakar à me dire que j’étais le dernier des déchets.J’ai fui la France pour ne pas exploser. Pour ne pas finir comme lui. Mais toi… toi t’es encore dedans. Alors j’vais pas rire cette fois. J’vais pas fuir.”

Il envoie une vidéo privée. Son regard a changé. Mila, Léo… je suis désolé d’avoir ri. J’essaie juste de respirer. Si y a vraiment une gamine en galère, une sœur à vous, à moi… je veux aider.Je veux pas qu’elle crève comme les autres.J’veux pas qu’elle devienne moi.

Mila et Léo sont assis côte à côte. Le téléphone posé entre eux. L’écran affiche :

Tino (en ligne)

Un dernier message fixe sur l’écran :

“Je veux rentrer. J’en peux plus. Mais j’ai rien. Ni papier, ni argent. Juste un sac et des regrets.

Leo envoie immédiatement un sms à Thomas pour lui demander son aide.

”Thomas entre dans le salon, tasse de café à la main. Il s’arrête en voyant leurs visages. Ils sont pâles. Figés.

Thomas (posément) :

— C’est Tino ?

Léo acquiesce. Mila, sans détour :

— Il veut revenir. Mais il est bloqué. Coincé au Sénégal. Il a plus rien.Thomas s’approche. Il pose sa tasse. Lit les messages. Son visage se ferme. Pas de colère. De la concentration.

Thomas (calme, mais ferme) :

— Vous avez bien fait de venir me voir.

Il s’assoit face à eux. Léo tente de cacher son émotion.

Léo :

— Tino, c’est pas juste un frère. C’est un survivant. Il a fui Capet. Il a tenu debout. Il a le droit à un retour propre.

Thomas hoche lentement la tête. Un temps de silence.

Thomas :— Il s’est fait appeler Math là-bas ?

Mila :— Oui. Pour éviter les gens. Il s’est reconstruit. Mais il n’a pas d’identité légale. Pas de passeport. Il vit de petits boulots, d’hôtels miteux.

Thomas (décidé) :— D’accord. Voilà ce qu’on va faire.

Il se lève. Attrape un classeur, un vieux téléphone satellite, son badge du GIGN.

Thomas :— Je vais contacter un ancien collègue à Dakar. Renseignement intérieur, cellule rapatriement. Ensuite, je parlerai à un officier consulaire. Il aura une extraction propre. Et un billet d’avion payé par mes soins s’il le faut.

Léo souffle, mais ne sait pas quoi dire, juste merci.

Mila baisse les yeux, émue.

Mila (chuchote) :— Tu vas vraiment faire ça… pour lui ? Papa

Thomas (regarde Mila avec gravité) :— Pour vous deux. Parce que je vous ai promis de vous protéger. Certains d’entre vous sont plus âgés mais si Mikael et Kévin se sont construits, toi Léo et Louis aussi. Regardez les dégâts sur la fratrie de Tino.

Thomas pense tout bas que c’est la famille de sa belle-sœur qui a le plus souffert.

Quant à Djamilla aimait ses enfants, elle les chérissait jusqu’à ce qu’elle meurt en mettant au monde Maël. Les petits ont été adoptés par deux familles différentes, mais Louis est fort il s’en sortira. Puis maintenant il a retrouver son petit frère Léo et accueillis à bras grands ouverts le petit dernier.

Il envoie Mila se coucher et demande à Léo d’en faire pareil. Demain il doit emmener son petit frère Maël passer le weekend chez leur frère et belle-sœur avec leur enfant. Le bébé s’appelle Nils, Maël a dit à Louis qu’il savait donner le biberon. Il était fier en lui le montrant hier dans l’après-midi. Maël est un ado bien dans ses bottes, Louis sera en capacité de gérer son frère s’il y avait un souci.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 5

Thomas invite les jeunes chez lui, tous visiblement ébranlés par les événements qui viennent de se dérouler chez le notaire.

Avant cela, il demande à Louis de raccompagner Mila et Maël, tandis que lui-même prend en charge Inès — qu’il ramène dans son foyer — et Yanis, qu’il reconduit à la prison.

En chemin, Thomas remarque le malaise profond qui habite les deux jeunes.Yanis est refermé sur lui-même. Cela fait plus de cinq ans qu’il n’a eu aucun contact avec sa mère.

Inès, elle, pleure en silence. Elle ouvre la bouche, puis la referme, avant de trouver le courage de parler :

— Monsieur Thomas… protégez-moi. Ne lui dites pas où je suis…

Thomas tourne brièvement la tête, inquiet.

Mais c’est Yanis qui répond, d’un ton grave :

— Inès, t’en fais pas. Dès que je sors, je te protégerai. Le Commandant sera avec nous.

Dans sa tête, Thomas est en alerte.Cette petite le surprend. Elle est cabossée, paumée, mais elle sait demander de l’aide. Elle a compris que sa mère… enfin, sa mère… n’est pas une protection, mais un danger.Il sent un nœud se former dans sa gorge.Et dire que cette femme, Édith, est la sœur de Shana…Quelle ignominie…

Pendant que Shana subissait les assauts de Capet, sa propre sœur portait ses enfants. Inès et Mila ont probablement été conçues à la même époque. C’est un coup de poignard dans le cœur de la femme que j’aime.Thomas serre le volant, les mâchoires crispées. Comment lui dire ça ?

Comment lui faire encaisser ce choc sans la briser ? Et surtout… que les enfants n’interviennent pas avant mon retour. Je dois lui parler moi-même. La préserver autant que possible. Ce secret… va la détruire.

Lorsque Thomas pousse la porte de la maison, l’ambiance est lourde.Les jeunes sont tous là, regroupés dans le salon, les visages fermés. Léo, Louis, Mikaël, Kévin, Mila et Maël l’attendent. Tous semblent attendre des réponses à des questions qu’ils ne savent même pas encore formuler.

Thomas pose ses clefs, retire sa veste, puis les regarde un à un.

— Je sais que vous êtes perdus… Ce revirement, chez le notaire, a surpris tout le monde.Personne ne pensait qu’Édith viendrait, ni qu’elle brandirait des preuves de filiation, encore moins qu’elle oserait revendiquer quoi que ce soit.

Léo serre les poings.

— C’est incompréhensible… Pourquoi maintenant ? Pourquoi réclamer cet héritage alors qu’elle a abandonné Yanis et Inès ? Pourquoi se montrer aujourd’hui ?

— Parce qu’elle sait qu’elle va perdre la main, souffle Thomas.Et elle sent que ses enfants, surtout Inès, glissent entre ses doigts. Et parce que Capet… avait prévu quelque chose.

Louis relève la tête.

— Tu penses qu’il a voulu se racheter ? En laissant un héritage à tous ses enfants, même ceux qu’il a ignorés, détruits ou abandonnés ?

Thomas soupire.

— Je ne sais pas s’il s’agit d’un rachat ou d’un dernier coup tordu. Mais il a laissé quelque chose. Et malheureusement, Édith en fait partie.

Le silence retombe. Maël, le plus jeune, se tourne vers Thomas :

— Et Maman… elle sait ?

Thomas se fige un instant.

— Pas encore. Je vais lui parler maintenant. Les jeunes si vous voulez rester, je comprendrais.

Mais Mikael et Kévin sont sur le départ suivi par Louis qui doit les ramener. Ils remercient Thomas de son aide précieuse et embrasse Léo.

Thomas entre dans la chambre. Shana est assise dans un fauteuil, le petit Malian endormi dans ses bras. Elle lui sourit, fatiguée.

— Tout s’est bien passé ? demande-t-elle doucement.Thomas s’approche, s’agenouille devant elle. Il prend une profonde inspiration.

— Shana… il faut que je te dise quelque chose. C’est au sujet de ta sœur, d’Édith.

Shana fronce les sourcils, soudain sur le qui-vive.

— Elle est venue ?

— Oui. Elle est arrivé, complètement hysterique juste avant l’ouverture du testament. Et elle n’était pas là seulement pour faire du scandale… Elle est venue avec des documents. Des actes de naissance. Des preuves. Capet a reconnu Yanis et Inès. Ils sont bien ses enfants.

Shana blêmit.

— Non… C’est… impossible. Elle me disait que les pères de ses enfants étaient des salauds, des inconnus, qu’elle ne les revoyait jamais…

— Elle t’a menti. Et ce n’est pas tout.Il hésite. Elle comprend qu’il va dire quelque chose d’encore plus lourd.

— Shana… Mila et Inès ont été conçues à quelques semaines d’écart. À l’époque où Capet… te forçait. Tu comprends ce que cela signifie ?

Shana tremble. Elle serre Malian plus fort contre elle. Son regard se brouille.

— Elle le savait. Elle savait ce qu’il m’avait fait… Et elle… elle couchait avec lui en secret ? Elle portait son enfant… alors que moi je… je survivais à peine…

Le bébé s’agite dans ses bras. Shana se lève précipitamment, le confie à Thomas, puis vacille.

— Shana !

Il la rattrape de justesse. Elle s’effondre contre lui, sans perdre connaissance, mais tremblante, haletante, brisée.

— Elle m’a volé ma dignité. Et maintenant, que veut-elle ? Spolier ses enfants, Yanis va sortir de prison, on va l’accueillir chez nous comme nous nous sommes engagés. Mais Edith n’y aura pas sa place. Déjà elle avait élevé Mila, et si on n’avait pas eu l’aide de Myriam qu’aurait-elle fait à ma fille unique ?Thomas l’enlace doucement.

— Tu n’as rien perdu, Shana. Ni ton honneur, ni ton amour, ni ta famille. On va les protéger, tous. Et on va se battre pour que cette histoire ne vous détruise pas.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Une découverte renversante pour Shana 4

Le notaire reçoit les enfants connus et reconnus de Louis Capet, actuellement incarcéré à perpétuité. Ce dernier, sans doute mû par un mélange trouble de remords ou de manipulation, a établi depuis sa cellule un acte notarié pour léguer ses biens — notamment un domaine rural, une maison, des chevaux, des dépendances et une somme d’argent — à l’ensemble de ses enfants biologiques.

Sont présents ce jour-là :Thomas, représentant légal des mineurs Mila (16 ans) et Maël (14 ans)Louis (21 ans)Léo (19 ans)Mikaël ( 22 ans)Kévin (25 ans) Yanis (21 ans) Inès (16 ans).Le notaire, après les avoir fait asseoir, commence :

— Qui représente l’enfant mineur Inès Capet ici présente, car vous Monsieur Yanis Capet vous n’êtes pas en mesure de l’être.

Thomas intervient en disant et personne ne le contredis :

— C’est moi, car Inès est isolée en ce moment, mais j’ai pris la peine de la faire parvenir entrer en foyer fermé pour lui éviter d’être à la merci d’un de ses souteneurs. Je l’ai fait en ma qualité de gendarme assermenté.

— Merci Commandant, cela me va, ceci étant réglé continuons.

— Messieurs, Mademoiselle, ce que nous examinons ici n’est pas un testament posthume. Monsieur Louis Capet est vivant. Depuis sa cellule, il a expressément demandé par acte notarié que ses biens soient transmis à ses enfants, de manière anticipée, par donation. Cela inclut un domaine de 13 hectare avec un logis bourgeois attenant, des terres, une maison sur la côte d’Azur, des chevaux, ainsi qu’un compte bancaire dont le montant exact vous sera communiqué ultérieurement. Il y a aussi un deuxième acte notarié qui n’est pas de la plume de Mr Capet mais de son père Monsieur Louis,Pierre, Henri Capet votre grand-père.

Il marque une pause. Un silence pesant s’installe. Aucun des frères ne semble vouloir réagir.

— Je suis ici uniquement pour représenter mes enfants Mila et Maël, dit Thomas. Ils sont mineurs. Ils n’ont ni affection ni loyauté envers cet homme. S’ils acceptent quoi que ce soit, ce sera une décision réfléchie, non affective. Quant au Grand-père, je suppose que c’est l’homme à la canne qui terrorisait ma femme et son amie Jamila. Louis et Léo restent impassibles lorsqu’ils entendent les propos de Thomas car tous les deux se souviennent de cet homme sévère mais surtout méchant et vicieux.

Alors que tous sont réunis, le notaire, en feuilletant une dernière fois son dossier, fronce légèrement les sourcils. Il lève les yeux vers le groupe et annonce d’un ton neutre mais ferme :

— Je suis au regret de vous informer que nous ne pouvons procéder à l’ouverture officielle du testament. L’un des héritiers désignés est absent, et la loi impose la présence — ou à défaut la représentation légale — de tous les enfants concernés.

Un léger silence s’installe. Le notaire poursuit, plus doucement :

— Il manque un jeune homme. Sans sa présence ou une preuve officielle attestant qu’il est introuvable ou décédé, le testament ne peut être lu en l’état.

Léo se redresse légèrement sur sa chaise et s’adresse au notaire avec calme, mais une pointe de frustration dans la voix :

— « Maître, nous avons tout tenté pour retrouver Tino. Dès que nous avons reçu votre courrier, on a lancé des recherches avec l’aide de Yanis, son frère.

Il croise le regard des autres, puis poursuit :

— On a fouillé les réseaux sociaux, les bases publiques, mais rien. Soit il n’y est pas, soit il a changé de nom. On ne sait même pas s’il est encore en France.

Un silence s’installe. Léo soupire, puis ajoute, plus doucement :

— « Ce n’est pas qu’on n’a pas voulu… C’est qu’on n’a rien trouvé. »

Soudain, la porte du cabinet claque.

Édith, la sœur de Shana, entre sans être annoncée, furieuse et essoufflée.

— Alors comme ça, vous ouvrez le dossier sans moi ? Mes enfants aussi sont de Capet ! Tino, Yanis et Inès 15 ans ! Ils ont les mêmes droits que les autres ! Heureusement que mon amant m’a prévenu.

Un murmure de stupeur parcourt la pièce. Louis blêmit, il a déjà vu Edith chez Thomas, prendre son bébé et s’en aller sans aucune explication. Léo fixe Édith avec mépris. Mikaël ferme les yeux, comme pour ne pas exploser. Le notaire, sans perdre son calme :

— « Madame, je n’ai reçu aucune déclaration officielle de votre part. Certes, vos enfants figurent bien dans les pièces transmises par Monsieur Capet.

Il marque une pause, puis poursuit d’un ton mesuré :

— « J’étais justement sur le point d’interrompre la séance en raison de l’absence de votre fils, Tino.

Calmement, il referme le dossier devant lui, puis conclut :

— Sans la présence de tous les enfants désignés ou une justification légale, je ne suis pas autorisé à ouvrir ce testament.

— Je vous demande à tous de sortir. Je dois désormais vérifier les éléments apportés par Madame Édith. Vous serez tous recontactés très prochainement.

Louis se lève sans un mot. Léo tape du doigt sur la table, frustré mais contenu. Mikaël quitte la pièce sans un regard en arrière. Kévin hausse les épaules. Thomas est le dernier à sortir.

A suivre…

Copyright Juillet 2025