Shana face à son passé 18)

Avant de sortir du Sas il retrouve Xavier Javril Capet se tourne vers lui et dit :

— Adieu petit truand

Le Capet comme il est appelé dans la prison loge une balle près de la tête de Xavier, choisi pour sa tête de linotte et ses gros bras sans lui Stan et Eron ses deux fils arrivés il y a deux jours dans la prison de Clairvaux n’auraient pas réussis à ouvrir la barrière en ferraille.

Ils passèrent par le tunnel de maintenance, puis l’escalier technique. Le chemin avait été repéré depuis des mois. Une caméra sur deux désactivée, des capteurs neutralisés par Xavier avant sa disparition. À présent, seul comptait le rythme : pas de course, pas d’hésitation.

Dans leurs têtes, le bruit des pales devenait plus fort. Le vacarme de la liberté.

Arrivés au dernier sas, Jaril colla son dos contre le mur et leva une main. Il écouta. Aucun cri. Aucun coup de feu. Juste ce battement sourd dans l’air, régulier, mécanique. Le signal attendu.

— C’est bon dit-il.

Eron poussa la porte. Devant eux : la cour d’exercice, vide. L’hélicoptère stationnait à dix mètres. Les projecteurs avaient été éteints, comme convenu. À bord, trois silhouettes. Armées, casquées, leurs visages dissimulés.

Stan accéléra le pas, le cœur en feu.

Jaril resta en arrière une demi-seconde. Pour lui quelque chose clochait C’était trop propre, trop calme.

Les portières latérales s’ouvrirent lentement.

Le canon d’un fusil jaillit.

— À genoux ! GIGN ! AU SOL !

Des grenades assourdissantes éclatèrent à une cadence infernale. Une lumière blanche avec l’onde de choc. Plus de son. Juste une pression étouffante dans le crâne. Tout explosa.

Jaril voulut crier. Trop tard.

Eron fut projeté au sol, désarmé, neutralisé par deux opérateurs.

Stan tenta de courir — il n’alla pas plus loin que trois mètres. Un chien le faucha, un poids de cinquante kilos de muscles et de dents.

Jaril tomba à genoux. Il leva les mains. Autour de lui, les hommes du GIGN convergent. Froids, silencieux. méthodiques, comme lui.

Il est là, plaqué au sol, les mains menottées dans le dos, le souffle court. Le béton glacé lui mord le visage, et les pales de l’hélicoptère au-dessus de lui battent encore l’air comme un cœur furieux. Des bottes noires s’approchent. L’un des hommes du GIGN murmure à son oreillette.

C’est terminé.

Il était enfermé depuis dix ans il avait pris perpète. Viols sur mineures, Meurtre aggravé, deux victimes, préméditation. Coupable. Pas d’appel. Pas de débat. Il l’avait fait. Et il ne regrettait rien — sauf de s’être fait prendre.

Il avait enterré toute idée d’évasion, jusqu’à ce miracle inattendu, tombé du ciel comme une faille dans le système. Ses deux fils. Transférés par erreur administrative dans sa prison. L’ironie était brutale.

L’aîné 37 ans , lui aussi condamné pour viol et tentative d’évasion par deux fois ce qui lui avait augmenté son temps de cinq ans, le plus jeune condamné pour des affaires de vols à main armée, et de moeurs agé de dix huit ans. Il était encore un enfant lorsque son père avait été emprisonné. Jarvil ne le connaissait pas. Et dire qu’une erreur de papiers leur avait permis d’etre déplacés dans une centrale de haute sécurité. La sienne. Ils avaient de l’humour dans l’administration pénitentiaire.Dès qu’il les a vus entrer dans la cour, il a su. Ce n’était pas une coïncidence. C’était une porte ouverte. Une faille. Un cadeau du destin. Et il n’allait pas le gâcher.

Il a repris son ancien plan. Celui qu’il avait abandonné faute de complices. Et cette fois, il avait deux alliés de confiance, du même sang, prêts à tout pour lui. Et Xavier. Toujours là, toujours massif, toujours aussi bête qu’utile. Il ne comprenait rien à la stratégie, mais savait souder une antenne avec un morceau de grille-pain. Grâce à lui, le téléphone bricolé tenait la route. Les communications avec l’extérieur étaient lancées.

Le plan était simple, brut, efficace. Les fils déclencheraient une alerte fictive dans l’aile C. Le chaos détournera les regards. Pendant ce temps, le toit serait accessible. L’hélicoptère se poserait. Une corde. Une minute, pas plus.

C’etait l’ancien plan, puis Xavier est venu voir un après-midi dans la cour le Capet et lui a proposé un plan de bataille.

Il courait déjà sur le toit, Ses fils étaient là, juste devant lui. Xavier avait piraté les caméras dix minutes plus tôt. Tout était calé. Parfait.

Mais ils les attendaient.Le GIGN. Informé. Patient. Silencieux.Ils ont laissé monter la tension, pour frapper au sommet. Ils ont surgit des ombres, visages couverts, fusils braqués, ordres criés avec une précision militaire. En quelques secondes, tout était fini.

L’hélicoptère s’est élevé, vide. Les fils, plaqués au sol. Jarvil la tête écrasée par une poigne forte trop forte, allongé sur le sol, comme une mouche.

Et lui. Le père est allongé, immobile. Les yeux vers le ciel qu’il ne verra plus jamais sans barreaux. Le toit est redevenu silencieux. L’hélicoptère n’est plus qu’un bourdonnement lointain, emporté par les vents. Les hommes du GIGN sécurisent les lieux avec la froide rigueur des professionnels qui n’ont rien à prouver. Menotté, à genoux, le père Capet garde la tête haute. Il refuse de baisser les yeux, même maintenant.

Une paire de bottes s’approche. Calmes. Sûres. Pas comme les autres. Le commandant Thomas s’arrête juste devant lui. Il retire son casque, révèle un visage dur, marqué, mais étrangement calme.

— Tu ne me reconnais pas, Capet ?

Le silence. Juste le souffle rauque du prisonnier. Mais Thomas lit la lueur de doute dans son regard. Ce petit vacillement. Il s’agenouille, à hauteur d’homme, sans quitter Capet des yeux

.— Commandant Thomas. Groupe d’intervention numéro 3. C’est moi qui ai monté toute cette opération. Moi qui ai laissé faire. Moi qui ai attendu le bon moment. Parce que je voulais te parler en face. Pas te tirer dessus dans l’ombre. T’as compris ?

Capet serre la mâchoire.

— Tu crois que c’est un hasard, ce transfert de tes fils ici ? Tu crois vraiment qu’un service de l’administration pénitentiaire se trompe comme ça, sur deux profils à risque ? Non. On les a fait venir. On a provoqué ton mouvement. On a tendu la corde. T’as sauté tout seul dedans.

Le père Capet crache à ses pieds.

— Tu joues au malin, flic, mais t’aurais rien sans un traître.

Thomas esquisse un sourire. Il ne cherche pas à le nier.

— C’est vrai. J’ai eu un coup de pouce. Brittany.

Là, Capet tressaille. Un peu. Une seconde. Pas plus.

— Ta belle-fille. Elle m’a tout donné. Les messages, les plans, le nom du pilote, les horaires codés. Elle en avait assez de mentir pour toi. De cacher les liasses d’argent sous les planches. De voir ses deux gamins glisser vers la tombe pour tes foutues obsessions. Elle voulait qu’ils vivent. Qu’ils sortent de ta spirale. Alors elle m’a donné toi.

Thomas se relève, lentement.

— Tu sais ce qu’elle m’a dit, la dernière fois qu’on s’est parlé ? « Il faut que ça s’arrête. Sinon, ils finiront comme lui. Ou avec lui. »

Il désigne d’un geste les deux fils, eux aussi menottés à l’écart, le regard bas.

— Alors voilà, Capet. Tu voulais une sortie spectaculaire. T’as eu ton moment. Ton toit. Ton hélico. Tes chaînes.Il s’approche encore, plus bas, une dernière phrase :

— Et moi, j’ai eu toi.

Le silence retombe. Pas de cri. Pas de violence. Juste le bruit des hélicoptères qui reviennent, cette fois pour les emmener tous en cellule dans des prisons différentes en attendant leur procès. Le père Capet garde le silence. Le visage fermé. L’orgueil encore accroché au fond du regard. Il ne parle pas, mais il pense. Il cogite. Thomas le sait : c’est là que le poison est le plus efficace. Dans le silence. Dans l’attente.

A suivre

Copyright Juin 2025

Et dans le parloir, Loïc fixait l’horloge, sans savoir que tout était fin

Cette fois-ci s’est

Shana face à son passé 17

Thomas avant d’écouter ses messages, fait signe à Gaby pour lui dire de coller Brittany au trou , il se ravise et dit en cellule. Surveillez-là.

Ensuite il appelle Baptiste pour savoir si dans la voiture il a trouvé le sac de Brittany. Sa réponse ne le satisfait pas du tout. Où a-t-elle planqué la vidéo que Gaby lui a vu faire ?

Puis il écoute le premier message dans l’ordre qu’il les a reçu. Le premier est de Morel : Shana veut se rendre à la prison pour y voir Capet lui en donnes-tu l’autorisation ?

Le second est toujours de Morel. Je n’arrive plus à retenir Shana elle veut se rendre à la prison, elle a prétexté lui demander son groupe sanguin.

Puis un appel de Buisson : Nous avons nettoyé la planque avec Morel jusqu’à ce que nous interceptions un message d’un homme qui disait trouvez- moi cette vidéo, Brittany l’a mis normalement dans la planque .

Deuxième message de Buisson, Shana vient d’arriver à la nouvelle planque pensant y trouver Brittany, je lui ai dit, elle est avec Thomas.

De suite elle m’a dit, le type qui a brûlé c’est un des fils Capet. Je vais aller voir son père pour lui annoncer la mort de son fils Théo et lui demander des renseignements sur mon accouchement. Il me doit la vérité. Mais Capet n’a pas été transféré récemment. L’autorise tu à y aller ?

Morel me dit à peu près la même chose et Buisson me dit que Shana est partie vers 15 h 45 à la prison pour attendre mon coup de fil.

Je regarde ma montre il est tout juste 16 heures . Je peux encore la joindre.Je fais le numéro de ma femme laisse sonner une fois, deux fois et raccroche. Je recommence deux fois mais elle ne me répond pas.

J’appelle le directeur de la prison et lui demande si les parloirs ont commencé, et là il m’apprend qu’il y a une prise d’otages. Mais aucune famille n’ait rentré.

Qui est le preneur d’otages ?

Un homme insignifiant qui est en préventive.

Je raccroche, cela me paraît étrange. J’appelle le Colonel qui cherchait à me joindre, pour une intervention à la prison . Je bipe mes hommes, on passe chercher une tenue adéquate pour intervenir. Nous prenons le matériel nécessaire. C’est à ce moment-là que je reçois un appel téléphonique de Shana.

Mon amour, me dit Shana. Je lui répond le plus calmement , as-tu eu mes messages ?

Oui, mais je n’ai pas pu accéder à la prison, les policiers sur la route m’ont dit que les visites étaient annulées je n’en connais pas la raison.

Écoute Shana tu vas rentrer immédiatement chez Baptiste et tu ne bouges pas jusqu’à nouvelle ordre. Baptiste ira chercher Mila et Maël au collège. Tu ne leur dit rien pour les deux bébés nous ferons ça ensemble. Tu me le promets.

Thomas Oui bien sûr mais Thomas… Écoute je file à la prison, dépêche toi de rentrer. Il y a une prise d’otages.

Hélas Thomas est parti il a raccroché. Shana ne sait pas quoi penser de cette prise d’otages. Un homme inoffensif s’en est pris à l’infirmière et à la psychologue. Il y a anguille sous roche. Que manigance le jeune homme ?

Elle téléphone à Brittany pour se renseigner, mais aucune réponse. Où est-elle ?

Un policier s’approche de son véhicule et lui fait signe de faire demi tour, car le GIGN a demandé une évacuation complete afin de sécuriser toutes les routes qui vont ou repartent de la prison. Shana comprend les ordres et rentrent chez son beau-frère, elle en apprendra davantage lorsqu’elle sera chez lui.

Maus qu’est-ce qu’il y avait eu pour que les premières familles n’aient même pas pu entrer, voici les faits tel que les a décrites un surveillant :

 » Le parloir était encore vide de visiteurs. Les surveillants prenaient leur poste, les familles attendaient à l’extérieur, derrière les grilles du sas de sécurité. L’air vibrait de cette tension sourde propre aux fins de matinée : la routine, mais toujours au bord du déraillement.

J’avais bien remarquer Loïc, un jeune qui était en préventive, il attendait son jugement. Il traînait comme tous les matins de visite. Ce n’était pas un jeune des cités mais un gamin d’une famille de bourges qui avait suivi des loubards et s’était fait prendre à leur place avec deux mille Euros et un sac de cachets bleus. Il était tellement naïf qu’il croyait que c’était du viagra. Sa famille l’avait purement et simplement abandonné. Honte, mépris, alors avec la surveillante chef nous lui donnions rendez-vous chaque fois qu’il y avait un parloir.

Loïc se tenait debout, les bras croisés, son sweat gris clair dissimulant mal la nervosité de ses gestes. Il n’attendait personne. Et pour cause : ce jour-là, il n’était pas venu pour discuter.

Il était en avance, aucune famille n’était rentré, je le regardais plus attentivement il me regarda de travers, c’est à ce moment-là que je me tenais sur mes gardes. Il était plus qu’ étrange. Trop tard !

Loïc fit un pas en arrière. Ses doigts glissèrent dans la doublure intérieure de son bas de jogging. Une crosse apparut. Métal froid, il la leva.

— À terre, maintenant ! cria-t-il.

Le premier coup partit dans le plafond, provoquant un hurlement dans la salle d’attente derrière la cloison. Une surveillante tenta de reculer, la main sur sa radio, mais Loïc avait déjà enjambé le comptoir. Il la saisit par le bras, la plaqua contre la vitre pare-balle.

— C’est pas vous que je veux. Mais si quelqu’un touche à un bouton, je tire dans la gorge.

Il braqua l’arme sur l’entrée. Un deuxième surveillant venait de passer la porte. Mauvais timing. Il recula lentement, les mains levées.

— Ferme. Et verrouille.

Dehors, les familles voyaient les mouvements à travers la vitre fumée. Quelqu’un hurla. Les agents de l’accueil comprirent avant même d’entendre la sirène : le parloir était pris.

Mais rien ne sonnait. Parce que le vrai spectacle se jouait ailleurs.

Jarvil progressait dans le noir.Sous ses pieds, des gravats, des câbles, des tuyaux d’extinction rouillés. Les sous-sols de Clairvaux n’étaient pas prévus pour le passage. Sauf pour ceux qui savaient lire les plans d’origine.

Xavier lui, était resté à l’étage. Son job : désactiver les capteurs thermiques, brouiller les radios, et faire croire que tout était un simple acte isolé. Un déséquilibré. Un détenu seul. Une rage qui se serait emparé de lui car son parloir était supprimé. Il ne s’ échapperait pas mais Jarvil, lui avait payer un bon avocat, il allait pouvoir s’en sortir.

Jarvil, lui, avait d’autres ambitions.L’évasion avait été minutée : Loïc devait gagner quinze minutes. Pas une de plus. C’était le temps qu’il lui fallait pour rejoindre la cour technique, puis les toits. L’hélico viendrait là. Pas de cordes, le pilote était fou, il lui avait transmis un plan des toits, et, un petit réduit sur lequel il se poserait, mais il lui fallait être à l’heure pile. Une extraction propre. Tout était organisé au millimètre près. Un homme lui tendrait la main, il serait cinq secondes dans le vide, mais avec un effort il rentrerait dans l’hélicoptère.

Loïc en sortant de la bouche d’aération en posant les pieds au sol, il se trouve nez à nez avec l’infirmière. Que fait-elle dans cette coursive sencer être vide.

— Tu bouges, t’es morte.

L’infirmière leva lentement les mains. Elle portait encore ses gants en latex, tachés d’alcool désinfectant. Son regard était rivé sur le canon noir qui flottait devant elle. Elle s’appelait Myriam. Quarante ans. Vingt d’expérience. Mais jamais face à ça.

À côté d’elle, la psychologue ne bronchait pas. Un visage fermé, les traits tirés, mais les yeux vifs. Claire. Petite, menue, mais tendue comme un arc. Elle remplaçait le vieux qui avait été agressé il y avait un jour.

Tu vas t’asseoir. Là. Contre le mur. Loïc les pointait tour à tour, comme pour maintenir un équilibre fragile entre autorité et panique. Il transpirait. Son t-shirt gris était foncé sous les bras. Il parlait trop fort, trop vite.

Claire s’exécuta. Lentement. Sans un mot.—

Pourquoi tu fais ça ? demanda Myriam d’une voix mesurée.

— Tu crois que je vais te raconter ma vie ? répondit-il, nerveux.

Elle se tut. Elle avait vu. Elle avait compris : il n’était pas là pour tuer. Pas maintenant. Il regardait l’horloge, sans cesse. Il comptait. Il attendait quelque chose. Quelqu’un.

Claire, elle, lisait déjà plus loin. Elle avait remarqué les détails que Loïc n’avait pas masqués : les lacets trop serrés, la montre passée à l’envers, comme s’il voulait l’avoir sous les yeux en permanence. Il n’avait pas dormi. Il se battait contre le temps, pas contre elles.Elle parla.

— Tu crois que ça va marcher ?

Loïc tourna la tête, surpris.

— Tu crois qu’on te laissera sortir ? Que ce sera simple ? T’as pas de plan. Tu fais diversion. Tu sers à quelqu’un d’autre.

Ses mains se crispèrent.— Ferme-la.

T’as une arme. Mais t’as pas le pouvoir.

Silence. Un silence électrique, suspendu, juste avant qu’il n’explose.

Mais il n’explosa pas. Parce qu’un cliquetis discret retentit dans l’oreillette que Loïc portait à peine dissimulée sous ses cheveux courts. Il se figea. Écouta. Puis hocha la tête, imperceptiblement.

— C’est prêt, murmura-t-il.

Et à ce moment précis, sur le toit, les pales de l’hélicoptère commencèrent à résonner.

Deux hommes se battaient contre une grille. La grille cédait sous l’effort combiné des trois hommes. Jaril jeta un dernier regard derrière lui, puis fit signe à ses fils d’avancer. La lumière de sécurité peignait leur silhouette d’un halo blafard.

L’hélicoptère se posait

A suivre…

Copyright Juin 2025

Shana face à son passé 16

Brittany recule doucement dans le couloir, hors de vue. Le téléphone toujours à la main, elle coupe la vidéo qu’elle vient d’enregistrer.

Elle a entendu une conversation entre un des hommes de Thomas et son ami de promo, il parlait d’une clinique. Les ordres étaient claires suivre Thomas et sa femme partout où ils iraient et les filmer. C’est ce qu’elle venait de faire.

Au même moment elle a un sms sur son portable. Un débriefing est programmé on vous envoie une voiture.

Elle range le téléphone dans la poche intérieure de sa veste. Lisse ses cheveux. Puis prend un instant pour respirer profondément.

Elle a toujours été prudente. Discrète. Trop, peut-être. Depuis le début, elle savait jongler entre les lignes. Ce n’était pas de la trahison, pas vraiment. Juste… des informations déplacées. Des détails transmis, en échange d’une protection, d’un dossier effacé, d’un frère sorti de prison. Ça avait commencé comme ça.

Et maintenant ? Tout a dérapé. Elle n’a jamais imaginé que les hommes attaqueraient si vite. Ni que Shana serait là, elle bien vu dans quel état tout cela l’avait mis.

Elle s’avance vers l’ascenseur, s’efforçant de garder une démarche normale. Son badge pend à sa veste, comme une couverture de routine. En croisant deux agents du GIGN, elle leur sourit. L’un d’eux détourne les yeux. L’autre, non.

Un frisson traverse son dos.

Plus bas, dans le parking sécurisé, un véhicule l’attend. Ordre de mission, dit le message. Elle doit se rendre à un debrief sur la mission manquée. Un détail administratif lui ont-ils dit.

Mais quelque chose cloche. Elle ne sait pas quoi.

Et au dernier étage de l’hôpital, Thomas la regarde depuis la baie vitrée. Il ne dit rien. Il sait. Il a laissé l’ordre passer. Il a laissé le véhicule se préparer. Mais cette fois, c’est elle qu’on suit.

Et il ne compte pas la laisser disparaître.Le moteur tourne déjà quand Brittany atteint le parking souterrain. L’air y est plus frais, figé. Une lumière blafarde tombe des néons au plafond. Elle vérifie l’heure sur sa montre. Tout semble normal.

Le chauffeur ne dit rien lorsqu’elle ouvre la portière arrière. Elle s’installe, ajuste son sac sur ses genoux. La voiture démarre, descend la rampe, puis s’engage dans le couloir de sortie.

Mais au lieu de prendre la direction du boulevard, elle tourne à gauche, vers une autre section du sous-sol.

— Ce n’est pas l’itinéraire, dit-elle, le ton plus tranchant qu’elle ne l’aurait voulu.Silence. Le véhicule s’arrête brusquement.

La portière s’ouvre violemment.

Deux hommes en civil l’attrapent sans un mot, la tirent hors de la voiture. Elle résiste un instant — réflexe de panique — mais elle comprend vite. Ce n’est pas une arrestation de façade. C’est une opération préparée.

Un troisième homme s’approche. Veste foncée, oreillette.

— Brittany Capet née Lemans, vous êtes en garde à vue. Soupçons de compromission, de passage à l’ennemi. d’opération sombre et j’en passe. Vous avez le droit de garder le silence.

Elle tourne la tête, les lèvres entrouvertes. Et dans l’ombre du pilier, Thomas apparaît.

Il ne la regarde même pas vraiment. Son regard passe à travers elle.

— Tu as mis Shana en danger. Mon enfant. Mon équipe. Tu ne parleras plus à personne sans que je sois dans la pièce.

Brittany tente un dernier mot.

— Thomas, je…

.Les agents l’entraînent sans ménagement vers un couloir isolé. Elle sait ce que cela signifie. Il ne s’agit plus de protéger des informations. Il s’agit de vérité.

Lumière blanche, implacable. Un mur miroir sans tain. Deux chaises. Une table. Pas de dossier papier, pas d’ordinateur. Juste une voix, juste lui.

Brittany est assise, les poignets libres, mais elle sait qu’elle ne sortira pas d’ici sans cicatrices. Elle garde la tête haute pour l’instant.

Thomas entre, seul. Il ferme la porte derrière lui. Ne s’assoit pas.Silence.Il la fixe longuement. Brittany soutient le regard, mais elle sait que chaque seconde de silence joue contre elle. Il n’a pas besoin de crier. Il n’a pas besoin d’intimider. Il sait.

— Pourquoi eux ? finit-il par demander. Pourquoi cette information-là ?

Elle ne répond pas tout de suite. Elle tente un sourire, mais il tombe à plat.

— Tiens regarde cette photo. Est-ce que tu le connais ?

Brittany est pâle, puis devient cramoisie et finalement pleure.

Thomas lui hurle

— Qui est cet homme pour toi ? Qui est-il parle ou je …

Puis il se calme et les bras croisés attend.

— Tu sais très bien comment ça marche… Ces gens-là ….

— Stop tes gémissements je connais. Qui est cet homme ?

— C’est… C’est…. Mon mari… Il s’appelle appelait Théo Capet. Nous nous sommes mariés. Enfin je n’étais pas consentantes, mais il voulait un enfant.

— Un fils je suppose

— En as-tu eu un ?

— Oui un garçon.

— Ou est-il ?

— Je l’ai mis en nourrice, mais ce que je n’avais pas dit à Théo c’est que la nourrice c’était ma mère.

— Et tu as été punie

— Comment le sais-tu ?

— Je connais leurs méthode aux Capet le père a violé ma femme pour qu’elle lui donne un fils et la deuxième génération a recommencer.

Ils m’ont menacé d’enlever mon fils, ils ont des moyens importants… Je ne pensais pas que ça irait aussi loin.

— Tu les as introduits dans un périmètre classé. Tu as transmis des horaires de convoi. Tu as fourni des identifiants de terrain.

Brittany fronce les sourcils.

— Je n’ai jamais donné des noms. Jamais. Je voulais juste… brouiller les pistes.

Thomas pose ses deux mains sur la table, doucement, puis s’assoit enfin.

— Tu savais que Shana était dans cette voiture ?

Un silence. Léger vacillement dans le regard.

— Non, murmure-t-elle. Je te jure que non.

— Mais tu savais qu’une femme y serait. Tu savais que ça devenait dangereux.

Elle baisse les yeux, sa voix devient plus fragile.

— Ils m’ont fait croire que ça n’irait jamais jusque-là. Qu’ils avaient juste besoin d’un accès. Pour vérifier un transfert. Pas une attaque. Pas ça.

— Tu travailles pour qui, exactement ? Donne-moi un nom.

Brittany relève les yeux. Il y a encore une hésitation — l’ultime instinct de survie.

— C’est un homme que tu connais m’a dit Théo,

Un frisson lui remonte le dos, mais il ne montre rien.

— Son nom

—JLC le fantôme

Thomas sort et laisse Brittany en plan et demande à son équipe de réfléchir pour savoir à qui appartient ses trois lettres. C’est à ce moment qu’il voit qu’il a plusieurs appels . Trois de Morel, autant de Buisson et un sms laconique de Shana.

Tu ne m’as pas rappelé suite aux appels de Morel et Buisson je vais à la prison voir le géniteur de ma fille. Je sais qui est JLC.

A suivre…

Copyright Juin 2025

Shana face à son passé 15

Thomas est chez le Colonel les yeux dans les yeux. C’est le Colonel qui prend le premier la parole. Il laisse Thomas debout pour lui signifier que les ordres restent les ordres.

— Qu’est-ce qu’il vous a pris d’enfreindre mes ordres ?

— Mon Colonel avec tout le respect que je vous doit rien n’est normal dans cette arrivée de voiture avec trois hommes armés prêt à tout pour nous tuer.

— Avez-vous des échos de l’interrogatoire des deux que vous avez arrêté.

— Non pour l’instant ils sont muets mais lorsqu’ils verront leur copain calciné je pense et j’espère qu’ils nous dévoilerons une partie de la vérité.

— Des aveux… Et bien j’ai beaucoup de doutes. Quels sont vos conclusions,asseyez-vous Commandant Lambert.

—. Merci mon Colonel, cette expédition avait été très bien montée en prevision que Baptiste soit repéré en transportant surtout Morel. On avait brouillé les signaux. Changé d’itinéraire au dernier moment. Pas une fuite dans l’équipe. Je me porte garant de mes hommes. Précautions maximales, il y avait ma femme.

Un silence assourdissant conclu sa dernière phrase puis il murmure plus qu’il ne dit au Colonel. Il serré les mâchoires signe d’une colère qui monte et va exploser.— La seule qui connaissait l’heure exacte de départ. Le point de chute. Même le détail du convoi… C’est Brittany.

Le Colonel le regarde, il est choqué par les propos de Thomas, c’est lui qui a donné son accreditation à la jeune femme. Il n’a pas envie d’y croire, mais les faits sont là. Il a passé plusieurs coups de fil chez ceux qu’ils considéraient infaillible jusqu’à ce jour. Il se souvient de son CV ainsi que de sa lettre de motivation. Il regarde sur son bureau ou il a mis ses papiers, puis se souvient qu’il les a mis dans une pochette verte. Il l’a tend à Thomas.

Brittany Taylor épouse C. Pourquoi il n’y a pas le nom de famille

Nom : Brittany TAYLOR épouse C

Profession : Journaliste Grand Reporter – Spécialiste des interviews et portraits

Nationalité : Francaise

Langues : Anglais (langue paternelle),

Français (langue maternelle),

Espagnol (professionnel) Adresse : Paris / New York (mobilité internationale)

Téléphone : +33 6 00 00 00 00

E-mail : brittany.taylor@journalpress.org

LinkedIn : linkedin.com/in/brittanytaylor Site pro : brittanytaylorjournalism.com

— C’est un faux

— Vous en êtes certain C’est elle qui a insisté pour interviewer les hommes du GIGN. C’est elle qu’on a laissée circuler librement. Et c’est elle qui a disparu dix minutes avant que la voiture ne surgisse dans la zone sécurisée soit disant pour besoins personnels.

Brittany était avec moi en Afrique lors d’une Mission spécifique avant mon intégration dans le GIGN. Lorsque vous me l’avez recommandé je me suis fier à votre jugement et à ce que je connaissais d’elle.

Thomas conclut, d’une voix basse, froide :

— On a introduit un traître. Et c’est peut-être pas fini.

— Je dois aller interroger Madame C… J’espère que ce n’est pas Capet son nom de famille. Je vais tenter le tout pour le tout. Lui montrer l’homme se prétendant s’appeler d’un nom maudit, son corps est désarticulé, il a les jambes brûlés ainsi qu’une partie de son corps. Seul son visage est intact mais il a une expression de peur.

Auparavant il va se rendre à la clinique Sainte Bernadette où l’attend Shana. Il donne des ordres au téléphone.

Gab tu laisses partir Brittany, mais tu mets une équipe sur son dos, tu prends ton téléphone une fois que je raccroche et tu fais comme si tu me répondais au téléphone, tu dis que je remercie Brittany, qu’il y aura un débriefing sûrement dans la journée, mais que pour l’instant je devais aller voir l’échographie du quatrième mois de ma femme. Gab me demande l’adresse de la Clinique, je lui la communique et je raccroche.

Je téléphone à droite et à gauche, donne des ordres tout en roulant pour me dépêcher de rejoindre ma femme. Baptiste et Shana sont dans la salle d’attente. Ouf je suis à l’heure. Je remercie mon frère et lui demande de rester avec Shana pendant que je vais remplir le dossier.

C’est à quinze heures que l’on rentre dans le cabinet médical. Le professeur Pierre de son nom de famille a été appelé par mon père suite à la connaissance de la grossesse de Shana. Il est là au cas où la grossesse de Shana soit gémellaire. Aussi cette visite du quatrième mois va leur apprendre si Shana attend deux bébés.

Thomas n’a encore rien dit à Shana car il y a un autre problème qui se greffe dessus, Shana est A négatif et Thomas est O positif.

La pièce est calme. Une légère tension flotte dans l’air. Shana est allongée sur la table d’examen, du gel posé sur le ventre.

Thomas son mari, debout à côté, lui tient la main. L’échographiste scrute l’écran.

Le Professeur (souriant doucement)Eh bien… Voilà une belle surprise.

Shana (nerveuse)Une surprise ? Ce n’est pas… mauvais, j’espère ?

Professeur : Pas du tout. Je vois deux poches. Deux petits cœurs qui battent… Vous attendez des jumeaux.

(Silence) Shana (de la surprise dans la voix)Des jumeaux ?… Deux bébés ? C’est vrai ?

Le médecin et le Professeur la tranquilité et son médecin prend la parole : Oui, deux. Tout à fait nets. Deux bébés, chacun dans sa poche, chacun avec son rythme. Tout va bien jusqu’ici.

Thomas serre la main de Shana, il est , ému. Tu sais… Mon frère jumeau. Celui que j’ai perdu à la naissance. Je me disais… peut-être… je ne sais pas.

Shana se tourne vers lui. Tu le sentais ?

Thomas (peu à peu, un sourire), un pressentiment, oui.

Le médecin les laisse un moment, discrètement.

Je vous laisse digérer la nouvelle. Félicitations à tous les deux.

A suivre…

Copyright Juin 2025

Shana face à son passé 14

C’est le troisième homme, celui qui devait conduite le véhicule. Il est encerclé par les flammes.

Les arbres craquent, s’effondrent dans des gerbes d’étincelles. Une fumée âcre voile le ciel, rougeoyant comme au crépuscule d’un monde. Au cœur de la forêt embrasée, l’ homme, isolé, encerclé par les flammes, hurle à l’aide.

Une opération de sauvetage hors norme s’est mis en route. L’équipe, lourdement équipée, s’est enfoncée dans la forêt avec des masques à filtration envoyé par les airs et un contact radio permanent avec les pompiers et les drones de surveillance.

Thomas forme deux groupes, deux hommes restent à l’arrière. Chacun des groupes est de quatre hommes. Il donne ses instructions à voix basse mais ferme.

— On a un couloir entre deux fronts. Ça tient encore. Alpha 2 à gauche, Bravo 3 avec moi. On avance.

Ils progressent, rampant parfois sous les branches calcinées. L’air est brûlant. La suie colle à la peau. À plusieurs reprises, ils aperçoivent l’homme : torse nu, couvert de cendres, agrippé à un tronc partiellement calciné, à moins de 100 mètres.

— On va te sortir de là ! Bouge pas !

Mais le vent tourne. En quelques minutes, les flammes redoublent. Des pins explosent comme des grenades. Une pluie de braises tombe sur un des groupes, le forçant à reculer.

— Chef, le feu nous encercle. Si on reste, on y passe.

Thomas ne pense qu’au sauvetage de cet homme bien qu’il ait tout fait pour les descendre. Thomas hésite. Il serre les dents. Il voit le regard du survivant, une détresse brute.

— Encore une tentative. Par le nord-est. On a une ouverture.

Ils tentent un contournement. Ils s’approchent à une trentaine de mètres. Mais une nouvelle langue de feu surgit comme une muraille vivante. Le thermomètre grimpe brutalement.

Le Commandant consulte les relevés thermiques, écoute les pompiers à la radio : Le front devient instable. Faut sortir. Maintenant.

Un instant de silence. Un instant de lutte intérieure

— Équipe Alpha, repli immédiat. On ne perd personne aujourd’hui. C’est fini.

Ses hommes obéissent. Le chef reste le dernier à tourner le dos au feu. Thomas est à 10 m il tente le tout pour le tout, mais il ne peut plus avancer. Il lui tend sa main , l’autre l’a saisit que pour faire tomber Thomas. Sa force est encore vive malgré les flammes qui lui lèchent les pieds. Il lui dit je suis un des fils Capet vous allez mourir avec moi Lambert.

Il l’agrippe brutalement, le serre avec une force désespérée. Thomas tire, mais l’autre le retient, le regarde droit dans les yeux, comme s’il voulait l’aspirer dans son propre enfer. Un combat éclate. Des coups secs. Deux hommes au bord du gouffre, au milieu de l’incendie. Thomas tente de le repousser, de le raisonner, mais l’autre ne pense qu’à une seule chose l’entraîner avec lui dans la mort par pure vengeance. Thomas l’a compris.

Soudain, au-dessus d’eux, un hélicoptère surgit, les pales fouettant la fumée. Une échelle de corde descend, se balance au-dessus des flammes.

Pilote (radio) :— « On a visuel, saisissez l’échelle !

Thomas la voit. Il n’a que quelques secondes.

Il tente de se dégager, mais l’autre ne lâche pas prise, il pourrait lui couper le bras avec sa machette mais il a encore le sens de l’honneur. Thomas n’a plus le choix. Il saisit l’échelle d’une main, l’autre encore accrocher à l’homme. Le feu monte autour d’eux. Et dans un dernier regard —une seconde suspendue dans le chaos — Thomas sent la main du fils Capet lâcher prise. Il est à environ deux mètres du sol. Thomas n’essaye pas de le rattraper il a besoin de ses deux mains pour monter.

Pas de vengeance. Pas de salut. Juste le feu qui referme ses mâchoires.

L’hélicoptère s’élève, l’échelle vacille dans le vent brûlant. Thomas regarde en bas, sans un mot.

A suivre…

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