Une ombre sur le Causse.

Le commanditaire ( Partie 2)

J’appelle mes hommes et nous discutons ensemble. Quelques points me chagrinent et je préfère parler tout haut en présence de ceux qui le connaissent et me comprennent rapidement. Le jeune Martin n’est pas encore arrivé à ce stade. Il est encore un bleu au sein de sa brigade, bien que son chef ne tarisse pas d’éloges à son sujet. Si Oural ne le mange pas nous en ferons un bon gendarme mais sûrement pas un de mon unité. Pourtant il en rêve . Bon voilà mes hommes. Je leur explique brièvement ce que j’attends d’eux. Ils comprennent au quart de tour.

Comme d’habitude c’est immuable chez moi je commence à marcher de long en large en citant chacun des évènements que nous venons de traverser. Puis je m’arrête et attends leurs réactions et là je suis servi. Ça part de partout il va falloir que je canalise tout ça.

_ Stop, vous ne m’avez pas habitué à un bazar pareil. Première règle on s’écoute. Barthélémy à toi dis ce qui te chiffonne.

Capitaine êtes-vous certain que ces deux filles ne sont pas plus ou moins mêlés à cette navette entre l’Espagne et la France. C’est tout de même étrange qu’elles étaient toutes les deux enchaînées mais seules.

_ Enchainées Barth elles ne risquaient pas de se sauver.

_ Certe non Capitaine mais n’importe qui aurait pu les trouver en poussant la porte.

J’entends un gros éclat de rire, Barth dormait , j’ai dit dans la cave pas dans la pièce principale. Je lui le martèle. Nous voici revenus à la case départ, bien que un léger incident me revient en mémoire , pour l’instant je l’éloigne de ma pensée cela me semble à cet instant là insignifiant.

Hervé quant à lui a trouvé Julie assez évasive, je lui propose d’aller la chercher et de me la ramener. Je vais l’interroger à nouveau. En attendant nous continuons le tour des éléments en notre possession. La sortie inopinée de Léo et son jeune frère nous paraît tout aussi suspecte, pourquoi ce gamin a été shooté. Serait-ce une nouvelle drogue de synthèse mis au point par des apprentis sorciers. Il est cinq heure trente dans trente minutes on donne l’assaut. Apparemment il ne reste qu’un seul homme selon les indications de Léo. Son frère est parti comme tous les jours rejoindre sa famille. Il n’a aucun rapport avec la contrebande de cigarettes et le mélange avec le canabis. Il utilisait son buron pour planquer leur matériel. En tout ils avaient récupéré trois burons plus ou moins abandonnés pour en faire un point d’appuis pour leur trafic. C’est aussi Léo qui nous a certifié que le Commanditaire avait habite au coeur du village depuis la mort de notre Bonne vieille Rose notre conteuse. Par contre il s’en souvenait car le vêtement qui le recouvrait était ample. Il avait reçu un ordre la veille de mettre à disposition son garage pour la voiture d’un bonnet de la drogue de Lyon. Je l’avais secoué comme un arbre sur lequel il y a des fruits et que l’on veut les ramasser mais il avait juré sur la tête de sa mère qu’il n’avait rien vu. Juste un grand manteau, un chapeau et c’était tout. Il avait aussi reçu l’ordre de ne pas trainer ce soir-là dans son garage.

Finalement cette mise au point ne nous a rien apporté de nouveau. Tiens Barthelemy n’est pas revenu qu’est-ce qu’il peut bien faire. Il est déjà 5 h 40 je veux en avoir le coeur net. Si elle le connait il n’y a pas de raisons pour ne pas me le dire. Enfin voici Barth en compagnie de Martin et de Julie.

De suite Martin me fait une scène que je le prends pour un bleu, qu’il a interrogé la fille et qu’elle ne lui a rien dit d’intéressant. Je le calme et dit à Barth de l’éloigner je m’occuperai de l’interrogatoire avec mon second qui est enfin arrivé sur zone. Martin tire la gueule, je lui conseille d’aller se reposer, il acquiesce et s’en va. Julie est en piteux état. Elle a dû recevoir une gifle, j’aimerais bien savoir qui lui l’a donné. Mais elle est murée dans le silence. Il va falloir l’apprivoiser. C’est Hervé qui s’y colle, il est beau gosse, les filles craquent souvent pour lui. Il branche la caméra qui est reliée à la mienne et je vais suivre de loin l’interrogatoire, car Hervé pense qu’elle a peur de moi.

_ Tiens tu peux me dire si sur cette photo tu reconnais des personnes.

_ Oui vous y êtes et le Capitaine aussi, les autres je ne les connais pas.

_ C’est parfait Julie, maintenant et surtout n’ai pas peur dis-moi qui est cet homme pour toi ?

Je vois ces yeux qui vont de la porte à Hervé elle a peur, puis finalement après avoir écouté Hervé elle nous dit c’est mon frère. Je bondis et entre dans la salle d’interrogatoire, doucement pour ne pas l’affoler je lui demande ce qu’il fait au sein de leur groupe . Elle me répond qu’il’ne vient pas souvent sauf depuis l’incident il était là tous les jours.

_ De quels incidents s’agit-il ?

_ On nous a volé des cigarettes une vingtaine de cartouches. Léo l’a appelé et le lendemain il était là, il a bien attrapé deux des voleurs.

_ Que sont-ils devenus ces deux voleurs ?

_ Je ne sais pas, demandez le lui

_ Où est-il ?

Elle hausse les épaules et se murent dans un silence impressionnant. Puis elle demande à retourner se reposer, elle n’a pas dormie depuis trois jours. Hervé l’emmène s’allonger sur le lit de camp que nous lui avons mis. Elle attend surtout des nouvelles de son père, et si maintenant son frère est au cœur de la fraude, elle doit se sentir partagé.

Nous nous apprêtons à donner l’assaut lorsqu’apparait Hervé, blanc comme un linge. J’envoie mes hommes pour l’assaut et interrogé Hervé. Il est d’abord muet puis se penche et me murmure un nom.

Les bras m’en tombent, Julie l’affirme c’est bien lui son frère. Il est trop tard pour rappeler mes hommes. Nous irons jusqu’au bout et advienne que pourra.

Une fois l’assaut terminé, il’nous faut nous rendre à l’évidence. Il.y a personne sauf un homme allongé sur le sol qui se vide encore de son sang. Qui l’a tué ? Est-ce le commanditaire ?

A suivre…

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Une ombre sur le Causse

le Commanditaire / première partie

Plus aucun coup de feu depuis dix huit heures. Le buron est encerclé par un cordon de gendarmes, l’armée et la police sont venu nous prêter mains fortes. Des ambulances sont à proximité du gîte restaurant de l’Aubrac, en espérant repartir bredouille. Les pompiers sont aussi sur place au cas où dans un ultime baroud d’honneur ils mettent le feu au buron. Et profitant de la fumée puisse passer entre les mailles du filet.

Toutefois les ordres sont formels personne ne doit bouger de sa planque même si le feu se dégage de la fermette. Il faut attendre mes ordres , je ne veux que personne ne nous échappe. Il nous les faut tous les trois.

Hier au soir un jeune du village nous a dit avoir croisé un homme avec un grand chapeau et un sac à dos, il lui a demandé s’il était sur la route de la ferme auberge en rénovation. Devant son approbation il l’a remercié. Ce jeune nous a fait une description précise de cet homme, il y a ajouté un dessin.

C’est au moment où je l’ai montré à Julie que j’ai vu dans son regard passé un éclair étrange. Et je les avais laissé , pourtant je me remémore ces instants, Julie semblait déconcertée. On aurait dit que son coeur battait la chamade, elle fixait la photo comme si c’était un être malfaisant qui l’a fixait. Mais c’est bien plus tard que j’en ai eu la confirmation lorsque Martin qui les surveillait me raconte les propos échangés entre Esméralda et Julie. Ou plus simplement ce qu’elle en a dit à sa compagne d’infortune.

_ Esmeralda crois-tu que nous sommes écoutés ?

_ Pourquoi me demandes-tu ça ?

_ Pour le dessin que le capitaine nous a montré.

_ Pourquoi tu le connaissais

_ Ce n’est qu’un dessin mais j’en ai eu l’impression.

_ Explique toi, dis-moi ce que tu as ressenti. Fais comme si je n’étais pas là.

_ Lorsque j’ai posé les yeux sur le dessin mon coeur s’est mis à battre la chamade. Les traits familiers de l’image se dessinaient dans mon esprit, mais je me refusait à les admettre. Un frisson m’a parcourut l’échine, comme une onde de douleur, tandis qu’un souvenir surgissait, éclatant et indéniable. C’était la voix, un écho mélancolique résonnant dans les corridors de ma mémoire.

_ Donc tu sais qui c’était

Et Martin qui se souvenait de chacun de ses mots se souvient et me donne son impression. A la question d’Esméralda, j’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté. Les yeux de Julie se sont dilatés comme si elle absorbait chaque détail, chaque nuance de l’expression figée qu’elle avait vu sur le dessin. Elle m’a donné l’impression que c’était son passé qui venait de surgir sur ce papier.

Cela m’inquiétait car que nous cachait cette fille, mais Martin se contorsionnait comme si sa confession n’était pas terminée. Qu’allait-il m’apprendre d’autres ?

Ensuite elle a dit à Esméralda

_ Sur ce papier, dans ce dessin, dans cette image, c’est mon passé qu’un jour j’ai décidé d’enterrer. Promets-moi Esméralda de ne pas me juger. Je n’ai rien dit au Capitaine , j’espère que tout cela se terminera bien. J’ai peur. A ce moment un bruit extérieur la fit sursauter, la confession s’est arrêtée. J’ai senti dans son regard un instant de flottement mais son esprit était déjà piégé dans cette réalité qu’elle ne pouvait plus ignorer.

Je me pose mille et une questions, ai-je négligé le moment où je lui ai montre cette photo ? Ou bien faut-il que je l’envoie chercher par un de mes hommes ? On ne voyait pas grand chose dans le dessin du villageois me faisant penser à une personne. Était-ce la tenue vestimentaire qui lui rappelait quelque chose de précis ? Demain nous verrons elle ne va pas s’enfuir, elle aimerait savoir où est son père. Elle n’a que nous pour être au courant.

Il est maintenant grand nuit, nous attendrons le matin pour donner l’assaut, entre-temps des gendarmes de Saint-Chely d’Aubrac avaient trouvés dans le bois jouxtant le buron une femme et une adolescente transie de froid. Elles avaient été laissées dans le bois les yeux bandés et les chevilles attachées par un homme qui était grand avec un chapeau, elles ignoraient toutes les deux qui il était. Elles avaient été kidnappés lors d’une randonnée sur les chemins de Compostelle. Aujourd’hui cela faisait dix jours. Madame Détant avait accepté son sort sinon sa fille ainée serait tué car elle gênait. Elle avait demandé une preuve de vie c’est la seule chose que ces fous leur avaient accordé à sa fille et elle. Et depuis elles avaient été changé de planques plusieurs fois.

J’ai accepté qu’Esméralda rejoigne sa mère et sa sœur, j’ai demandé que la surveillance de Julie soit renforcé, compte tenu de ce qu’elle a dit à sa compagne de galère je crains un coup fourré.

Vers minuit la porte du buron s’est entrouverte, avec mes jumelles à infrarouge j’ai reconnu mon ami Morin l’aîné Leonard de son prénom mais comme il le détestait il se faisait appeler Léo. Et plus jamais il n’avait dit à qui que ce soit se prénommer Léonard. Aussi je fus interpellé lorsqu’il me cria dans la nuit :

_ Je m’appelle Léonard Morin je veux parler à votre chef

_ Ici le Capitaine Olivier Turpin , que puis-je pour vous ?

_ Capitaine mon jeune frère et moi nous nous rendons.

_ Approchez-vous jusqu’à la murette, laissez vos mains au-dessus de la tête. Au moindre geste vous serez cloués au sol par une arme non létale. Avez-vous compris ?

_ Oui Capitaine

Quel âge à votre frère ? Et donnez-moi son prénom

_ 17 ans et c’est Yves

_ C’est bon avancez

Martin me trouve soucieux , bien entendu que je le suis, ou est passé son frère André, celui qui rénovait le buron. Est-il à l’intérieur et à ce compte-là ils sont non seulement trois mais quatre voire plus. J’attends de voir les frères Morin, nous les interrogerons séparément. Martin n’étant pas de Lasbinals interrogera Léo et moi qui connait très bien les Morin je poserais quelques questions à Yves. Pour l’instant la seule chose que je peux lui reprocher c’est d’être dans un lieu situé dans le triangle de Lasbinals comme mes hommes l’ont surnommé. Entre le buron de la forêt, celui de l’homme fou et celui-ci sur la carte cela nous a dessiné un triangle si nous les relions ensemble. Et surtout d’être avec son frère qui semble être la cheville de ce trafic sans toutefois être le commanditaire. Nous devons avoir des petites mains. Les gros se sont déjà évanouis dans la nature, j’en ai bien peur. Pourtant depuis deux jours nous avons contrôles plus de deux mille personnes. Je me remémore l’arrestation du fou du buron, lui a essayé par tous les moyens de se disculper. Puis petit à petit il s’est mis à table. Il a au bout de cinq heures de garde à vue lâcher énormément de choses. Pour le commanditaire c’était un homme de Lasbinals , de cela il en était certain. Il avait une dent contre les gens d’ici de ne pas avoir veillé sur sa mère âgée. La seule que je connaissais était Rose… Serait-ce d’elle dont il ferait allusion. Je ne l’ai pas su mais j’avoue que cela me tournait encore dans la tête. Et le pire il avait ajouté, elle a été assassiné. J’avais demandé à la section de Lasbinals d’enquêter. De toutes façons pour ce qui nous préoccupaient cette nuit c’était les dealers. Si cet hiver il.n’avzit pas distingué une mort naturelle d’une mort suspecte, ici il ne nous serait d’aucune utilité.

Ceux de St Chély s’occupait de trouver le nom de Rose, elle avait été enterrée sur St Chély. Cela ne devrait pas tarder, je m’étonnais du reste de ne pas avoir encore de réponse.

C’est à ce moment qu’à choisi le jeune Yves par me faire des convulsions. Je ne lui avait posé aucune question. En m’approchant de lui je le trouve dans un état second. Il venait de me demander d’aller au toilette, je lui avais montré la porte puis m’étonnait de ne plus le voir revenir j’étais entré dans la salle de bain. Il était étendu sur le sol froid de la salle de bains, ses membres rigides comme ceux d’une marionnette dont les fils avaient été coupés. Sa respiration était devenue un souffle saccadé, presque inaudible, un murmure fragile dans le silence oppressant de la pièce. Des éclats de lumière blafarde se reflétaient sur le carrelage, accentuant les ombres qui dansaient autour de lui.

Ce gamin je le connaissais, il était espiègle et avait les yeux vifs, ils étaient maintenant vitreux, perdus dans un vide insondable, comme s’il était coincé entre deux mondes. Il pouvait entendre le battement de son cœur, lent et irrégulier, un écho de sa lutte désespérée pour rester en vie. Chaque battement semblait être un coup de gong, résonnant dans sa poitrine, lui rappelant qu’il était encore là, mais à quel prix ?

Dans la seconde suivante l’ambulance est arrivée et les pompiers l’ont emmené immédiatement. Qu’avais fait ce gamin pour pouvoir sortir ? Est-ce que Léo pourrait me l’expliquer ?

A suivre…

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Une ombre sur le Causse.

Retournement de situation

Lorsque j’aperçois l’homme fou du buron je sais que bientôt tout sera terminé. Discrètement j’envoie un message à Martin, il a mon feu vert.

Au même moment sortant de nulle part des centaines de gendarmes se coordonnent les uns aux autres. Certains ont de la mousse, d’autres des branches d’arbres accrochées à leurs treillis, cela donne une vision de cinéma, mais pour ceux qui sont au courant ils savent que l’opération Compostelle est déclenchée. Aucun chemin ou pré pour s’échapper. Les premiers essayent mais le filet se resserre sur eux. Ils sont rapidement menottes et emmenés par les gendarmes venus en renfort de toutes la France. Ce ne sont pas quelques petits dealers, c’est du gros. Cela fait des mois que nous y sommes dessus. Avec Oural et Mireille nous aurions dû faire diversion. Hélas elle avait été trahi par son amoureux qui était un grand consommateur de canabis. Une partie de l’opération avait été compromise. Personne ne l’avait averti et j’avais grâce à Oural senti qu’Esméralda jouait sur deux tableaux. Je l’avais contrainte a abandonné.

A partir de ce moment elle était devenue une proie pour les commanditaires. Mais pour l’instant nous ne connaissons pas les gros bonnets qui tirent les ficelles. Il y a bien un ou deux indices qui m’ont mis la puce à l’oreille mais je n’en ai pas encore informé mes chefs. Cela ne saurait tardé. Soudain une ombre se dessine sur le sol, puis le bruit sourd de l’hélicoptère se fait entendre. Ils viennent récupérer les premiers dealers mises en cause. Les autres partent en jeep dans plusieurs lieux différents. Puis nous faisons courir le bruit qu’un grave accident a eu lieu sur les Monts Aubrac, cela évitera que disparaissent nos gros bonnets. La planque a été vidée de ces paquets de cigarettes et celles de canabis, mais nous laissons une patrouille au cas où certains n’auraient pas eu leurs doses.

Au petit matin et ce jusqu’à midi rien ne se produit, puis j’ai un appel de mon jeune frère.

_ Bonjour Olivier , il.parrait qu’il y a eu un accident sur le Mont Aubrac, en sais-tu d’avantage ?

_ Oui c’est un jeune de Nasbinals il a fait une chute de trente mètres.

_ Mais qui l’a accompagné ?

_ Pourquoi me poses-tu toutes ses questions. Je ne suis pas dans le secret des dieux. Tu veux que je te le dise.

_ C’est pour ton pote le garagiste son frère ne répond pas, il est en train de refaire un buron, et ça sonne dans le vide.

_ Je ne peux pas t’aider je ne suis pas dans les parages. Il fait quoi André Morin ?

_ Il rénove un buron pour en faire des chambres d’hôtes.

_ Lui ! Rénover un buron, celui qui t’as dit ça est un voyant ou alors le gars a bien changé.

_ C’est ton ami le garagiste qui me l’a dit.

_ Romain si j’ai des nouvelles je t’informe en premier, ça te va.

_ Non son frère veut que tu l’appelles si tu entends courir le moindre bruit.

Je raccroche après lui avoir dit oui, mais bien entendu qu’il faut que j’en sache un peu mieux. Désormais je suis à bord d’un hélicoptère et nous filons vers le buron incriminé par plusieurs personnes différentes. Soit nous atterrissons à proximité, soit nous allons à Saint Chély d’Aubrac pour en savoir davantage sur les commanditaires, qui eux ne se mouillent pas. D’ici voir même de chez eux ils donnent des ordres. De temps en temps, ils kidnappent, tuent et disparaissent. Tout en restant d’honnêtes citoyens. Si mon ami d’enfance est mêlé à tout ce bazar, il aura bien caché son jeu.

L’opération sentinelle n’a rien donné personne n’est venue récupérer ses doses. Le buron est condamné. Et des campeurs, gendarmes aguerris restent à proximité, ils ressemblent à s’y méprendre aux fumeurs de canabis arrêtés hier après-midi.

La troisième opération va être des plus coriaces. Trois individus dont nous ignorons l’identité se sont enfermé à l’intérieur du buron en partie rénovée.

Trois mais quel est le troisième homme ? D’où vient-il, à part André et Christian Morin je ne vois pas qui est avec eux. Il va nous falloir entamer des négociations ils ont deux otages, la mère et la soeur d’Esméralda. Quand au père de Julie nous ne savons pas du tout où il se trouve.

Nous avons passé en revue tout ce qui depuis cet hiver nous avait paru étrange. Une seule chose me taraudait l’esprit pourquoi Rose avait été trouvé morte en un lieu où l’hiver elle ne s’aventurai jamais. En plus depuis cet été des jeunes rénovaient la maison. Selon les bruits du village c’était ses petits-enfants qui en avaient pris la charge. Pourquoi ce faits divers vient me chatouiller l’esprit ? J’en suis là de mes élucubrations lorsque je vois briller à une fenêtre une lumière. Je crie Martin baisse toi. Ouf ! On nous canarde. Il va falloir faire appel à des renforts, ils ne vont pas lâcher leur business rentable pour une prison.

A l’aide du porte-voix je lance un premier ultimatum, juste se parler , il nous faut préserver la vie des otages. Pour réponse nous recevons une volée de balles qui ne font aucun dégât. Ces trois hommes vont nous tenir têtes. Ils sont cernés et pourtant ils jouent aux Caïds. Je lance un appel pour faire encercler le buron. Si nous sommes de plusieurs côtés. A trois ils ne feront pas grand chose. Et nous attendons la nuit…

A suivre…

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Une ombre sur le Causse.

Les dés sont jetés

Olivier se sent groggy, il se retrouve plongé dans l’obscurité de la cave, ses pensées sont confuses et son corps engourdi. Il se souvient qu’avant de recevoir ce coup il n’a rien entendu. En réfléchissant bien , et en regardant autour de lui, la scène n’a pas changé, les deux femmes sont toujours attachés. Elle semble fort effrayé qu’elle en est la raison ? Ce ne sont pas les dealers qui sont revenus chercher leur drogue. Mais alors qui a pu le terrasser ? Serait-ce Oural ? Son instinct animal issu du loup, s’est alors réveillé, provoquant une réaction impulsive. Maintenant il en est sûr son chien lui a sauté dessus. Pour quelles raisons ? Il a dû vouloir le protéger, mais de qui ? Du coup il a aussi provoqué sa chute, l’entraînant dans l’inconscience.

En regardant autour de lui, il aperçoit la silhouette de son chien, il est face aux deux femmes dont pour l’une comme pour l’autre il ignore la raison pour laquelle elles sont attachées ensemble et condamnées à remplir les paquets de cigarettes. Tôt ou tard il y aura le retour des commanditaires. Dans la salle du dessus la rousse et son père écoulent la marchandise. Est-ce eux qui sont à l’origine de ce trafic ? Ou sont-ils les petites mains comme ces filles. En observant la deuxième fille, Olivier s’aperçoit que c’est la rousse, elle n’est plus dominante mais complètement effacée. Elle courbe l’échine et n’ose le regarder. Peut -ils s’en faire des alliés, où elles vont se retourner contre lui une fois libérée de leur lien ?

il lui faut en avoir le coeur net, il a Oural même sans lien elles n’oseront pas se sauver, elles vont être sous haute surveillance. Du reste c’est en ces termes que je leur explique la semi-liberté que je leur offre.

Esmeralda m’explique la raison pour laquelle elle se retrouve toutes les deux enchaînées à la tache.

_ J’ai été choisie pour ma légère ressemblance avec ton binôme. Car cette nana a fait le chemin de Compostelle et a découvert le trafic de cigarettes changés en cigarette de canabis. Ils vont en Espagne chercher des cigarettes moins chers qu’en France. Ils ont fabriqués un emballage qui ressemble étrangement aux cigarettes du désert ( inventé pour la circonstance). Vous les connaissez sûrement l’emballage est couleur sable avec un dromadaire dessus.

_ Je ne les connais pas, mais au vu de ce que vous avez sur la table c’est bon je sais à quoi m’en tenir. Dites-moi à quelle heure ils viennent vous détachez et où allez-vous dormir ?

_ Il est à peine 15 h nous avons le temps de nous en aller si vous nous délivré.

_ Mais vous allez rendre des comptes devant la justice.

_ Nous sommes contraintes à le faire. Celui qui se fait passer pour le père de Julie retient en otage sa soeur et sa mère. Et moi mon fiancé est aussi retenu mais j’ignore où.

_ Vous savez où sont retenus votre mère et votre soeur Mademoiselle Julie

_ Oui elles sont dans le buron où il y a des chambres d’hôtes en construction.

Et bien si je m’attendais à pareilles déclarations. Chez le frère de mon ami le garagiste, c’est une planque pour dealers. Il nous faut quitter ses lieux assez rapidement. Les filles semblent exténuées. Une fois leurs pieds libres , elles titubent. Elles ont faim. Nous devons sortir du buron et je vais appeler les gendarmes qui sont à ma recherche. Enfin je le suppose car c’est ce que j’aurais fait si j’étais Martin.

Lorsqu’Oural s’approche des filles, elles sont tétanisés par la peur de se faire mordre. Je ne les tranquillise pas du tout. Au contraire je fais comprendre à Oural qu’elles sont sous sa responsabilités et qu’à la moindre fuite il n’a qu’à croquer dans leurs jambes.

Si mon chien comprend beaucoup de choses il n’a pas du tout compris de quoi je parle, mais il sait que les deux filles sont à surveiller. Mais ces demoiselles l’ignorent et tant que je ne suis pas sûre d’elles je dois me méfier.

Compte tenu de leur faiblesse, elles sont dans l’incapacité de faire une dizaine de kilomètres à pieds. Avertir la cavalerie serait l’idéale mais c’est le meilleur moyen de voir ces dealers disparaitre. Je dois récupérer la totalité des dealers, commanditaires compris. Le menu fretin ne me servira à rien. C’est à ce moment-là que je reçois un SMS codé m’avertissant que Sarah est bien arrivée à destination. Je réponds par le même code que j’ai deux petites mains dont la fausse Mireille. Et Martin car c’est lui me propose de se retrouver là où j’avais planté « ma guitoune ». C’est à plus d’un kilomètre mais au moins les filles pourront dormir et Martin et moi nous mettrons sur pieds un coup de filet pour serrer l’ensemble des dealers. Mais une fois ces deux femmes à l’abri nous allons devoir nous trouver à proximité du buron du fou.

Les filles avancent plus vite depuis qu’elles sont au courant qu’elles vont pouvoir se reposer et manger. C’est au moment où nous allons croiser un groupe de randonneurs qu’Oural se met à grogner. Il y a un bosquet je pousse Esméralda et Julie, met un doigt sur ma bouche et les laisse se cacher. Le groupe est fort silencieux, arrivé à ma hauteur un des gars qui ouvre la marche crie.

_ C’est le loup

Je lui répond, il ressemble à un loup, le mien est un berger allemand ancienne race, jusqu’à aujourd’hui il était chez mon frère, je le balade pour qu’il puisses m’accompagner dans une randonnée en Corse. Ou en avez-vous vu un qui lui ressemblait ?

L’homme semble gêné, mais Oural est campé devant lui, ils s’affrontent mutuellement. L’homme a peur. Oural ressent sa peur. Il va falloir que je calme le jeu, lorsque surgit des rangs le fou du buron…

A suivre…

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Une ombre sur le Causse.

Ciel je vois double !

Un appel avec l’ultrason permet à Oural de venir, et Martin a compris, il l’a accompagné. Maintenant la peur se lit sur le visage de Mireille. Rapidement elle nous explique pourquoi elle a été kidnappée. Puis ses forces s’amenuisant nous nous décidons à partir. J’envoie Oural en éclaireur pour vérifier si la voie est libre. Je l’accompagne.

Je scrute les environs, mon cœur battant à tout rompre. La cabane était isolée, mais cela ne garantissait pas notre sécurité. Mireille, assise contre le mur, son bras blessé sur son ventre, tremblait de peur. Elle avait la marque des violences subies sur son visage, et ses yeux trahissaient une profonde angoisse.

« On doit partir, maintenant », dit Olivier, prenant la main de Mireille avec douceur. « Je sais que ça fait mal, mais je vais te protéger.

Martin et Olivier la soulève doucement, ses pieds fléchissent, elle est dans un sale état. Elle hoche la tête, un mélange de gratitude et de peur dans son regard. Ensemble, ils se levèrent, Olivier aidé de Martin l’aidant à se tenir droite. Ils sortirent de la cabane, l’atmosphère était oppressante, comme si la forêt elle-même retenait son souffle. L’écho de leurs pas résonnait dans le silence, mais Olivier savait qu’ils n’étaient pas seuls. Oural lui le montrait par des signes qui désormais lui était familier

Par ici », murmure-t-il en l’entraînant vers un sentier à peine visible. Chaque bruissement dans les buissons les faisait sursauter. Mireille se força à avancer malgré la douleur, la panique croissant à l’idée que ses agresseurs puissent les retrouver.« Je ne peux pas croire qu’ils m’ont fait ça », souffle-t-elle, sa voix tremblante. « Ils savent que je les ai dénoncés. Ils viendront. »

« Pas tant que je suis là », assura Olivier, bien qu’il savait que la situation était critique. Ils devaient atteindre la route principale où ils pourraient trouver de l’aide. En s’avançant, ils entendirent des voix au loin, menaçantes si c’était les dealers, familières pour des randonneurs. Olivier décide d’en avoir le coeur net, il dit à Martin et Mireille de se cacher dans ce fossé sans eau, il leur met des branches, des feuilles sur eux et s’éloignent dans une direction opposée.

Les voix se rapprochaient, et Olivier observa avec anxiété les silhouettes qui se profilent entre les arbres.Le cœur d’Olivier battait à tout rompre. Il savait qu’il devait agir vite. Il sortit son portable pour tenter d’appeler les secours, mais le réseau était inéxistant. Il avait donné des ordres à Martin, dès qu’Oural sera vers vous, la voie sera libre, je vais les distraire. Je vais faire un détour pour les attirer loin de vous. Une fois que je les aurai éloignés, tu cours vers la route. Compris ?

»Les yeux de Mireille étaient terrifiés « Non, je ne peux pas te laisser faire ça lui avait-elle dit ! »

« J’avais insisté en lui promettant que je reviendrais. Qu’il fallait me faire confiance »

Une fois aux antipodes de Martin et ma binôme, j’appelle Oural qui jappe croyant à un jeu. J’en espérais pas tant pour détourner l’attention des types. De suite les dealers me remarquèrent presque instantanément, et il sentit l’adrénaline pulser dans ses veines. Il commença à courir, poussant des cris pour les attirer.« Hé ! Vous là ! Venez ici ! » cria-t-il, sa voix résonnant dans le calme sinistre de la forêt.

Les silhouettes se mirent à le suivre, et au moment où il sentit qu’il avait capté leur attention, il envoie Oural , en espérant que Mireille suive Martin les yeux fermés.

Il continua à courir, sa peur se mêlant à une détermination féroce de protéger celle qui lui tenait tant à cœur.À cet instant, il savait qu’il ne pouvait pas échouer.

Apres maint et maint détours j’arrive à hauteur du buron. Alors que je m’en approchais, un léger frisson parcourut mon échine. Les rumeurs qui entouraient cet endroit n’étaient pas qu’histoires de village, mais s’ajoutait à une aura de mystère qui m’intriguait autant qu’elle m’inquiétait. Le chemin, bordé de rochers moussus, serpentait à travers la forêt dense, et le chant des oiseaux se mêlait au bruissement des feuilles, créant une mélodie apaisante.

Lorsque derrière moi je sens une truffe froide se poser sur ma main je sais que Mireille et Martin ont rejoint la route. Ouf il ne me reste plus qu’à m’occuper des deux lascars. Je connais le terrain par cœur, je sais que plus haut il y a un fossé assez large que l’on ne peut franchir qu’avec des cordes. Certes cela est risqué mais j’ai mon matériel. Je les promène comme je veux. Les entend souffler tant la pente est raide. Soudain je vois Oural partir comme un fou, il se lance à la poursuite d’un des deux hommes. Celui-ci détale comme s’il avait un loup a ses trousses. Quant à l’autre il met les deux mains sur sa tête et se rend. Mais que faire de ce gamin d’à peine dix-sept ans ? Je le laisse dans la nature en lui disant qu’il est dans une forêt peuplée de loups. Le gamin ne demande pas son reste il disparaît en courant comme un fou. Il est temps de rejoindre le buron.

Mon fidèle compagnon, toujours en alerte, semblait sentir l’atmosphère pesante qui régnait dans les environs. À mesure que je m’approchais du buron, une odeur de fumée et d’herbes séchées flottait dans l’air, me rappelant les histoires de guérisseurs et de sorciers que l’on racontait au coin du feu. Mais cette odeur je la reconnaîtrais entre mille, c’était de la « beuh ». J’étais sur la bonne voie, Mireille avait raison. Les cigarettes étaient mélangées à de la drogue. Ce n’était pas étonnant que depuis cet hiver il y avait un nombre impressionnant de marcheurs. Ils ne se dirigeaient pas tous vers Compostelle.

Oural à nouveau monte la garde, je connais le buron mais je ne me suis pas encore aventuré dans les entrailles de celui-ci. Je prends des précautions compte tenu qu’il doit y avoir des individus vu que la cheminée déverse son odeur entêtante. Aucun être humain sauf ce raclement suivi de ce bruit de chaînes. Je descend doucement, maintenant Oural.ne peut plus me rejoindre je suis seul livré à moi-même.

Un buron a toujours une partie enfoncer dans la terre, celui-ci est comme les autres. Cependant l’odeur de la mousse est remplacée par cette odeur de drogue qui pique et fait pleurer les yeux. Je prends des lunettes fumées et pousse le battant de la porte. Et là je découvre une usine faites de petites mains, deux femmes attachées l’une à l’autre par des chaînes travaillent à remplir des boîtes de cigarettes avec des pétards. Un mélange dosé, dix cigarettes dont enlevés plus fix pétards et on augmente le prix.

Mais cela je le saurais plus tard pour l’instant je suis stupéfait. Cette femme que je viens de quitter, Mireille , que fait-elle là ? Rapidement je comprends celle-ci là est la fausse, c’est Esméralda. Pourquoi est-elle attachée ?

Hélas très surpris je n’ai pas assuré mes arrières, je reçois un coup et je sombre dans le néant.

A suivre….

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