Une ombre sur le Causse.

Mireille … Un drôle de retour…

Olivier et Martin arpentaient le Causse à la recherche du moindre indice leur permettant de découvrir quel buron pouvait servir de planque aux dealers. Olivier avait bien une petite idée, mais il leur fallait enfreindre le droit de la propriété, s’introduire en douce dans un buron inhabité est une chose, mais celui que le fou reparaît, là c’était différent. Par contre un indice serait le bienvenu mais c’était trop compter sur leur bonne étoile.

Son chien Oural, fidèle compagnon, reniflait le sol avec attention, cherchant une piste qui pourrait les mener à leur objectif. Le paysage, aride et sauvage, était parsemé de rochers et de buissons, mais Olivier savait que ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne tombent sur quelque chose d’important.

Soudain alors qu’Olivier armé de ses jumelles scrutait l’horizon, il aperçut une écharpe rose flottant dans le vent. Elle était accroché à un buisson. Intrigué, il s’approche, l’a récupère et cette odeur qu’elle dégage ne lui ai pas inconnu, c’est celui de son binôme. Olivier la passe à Martin et ce dernier fait remarquer à Olivier qu’il y a un nom brodé sur le tissu : Mireille.

C’est l’écharpe de Mireille, une belle écharpe en soie. Et pris d’une idée, il appelle Oural qui était parti à la poursuite d’un papillon noir et jaune avec deux tâches rouges sur le haut de ses ailes,Il lui fait sentir, le chien gémit et part dans le sens contraire ou se trouve le buron du vieux fou.

Intrigué, Olivier rappelle Oural, mais ce dernier est sourd , pour Olivier il lui faut se rendre à l’évidence, sa théorie était fausse.

_ Oural, va me trouver des réponses ! » dit-il à Martin

_ J’en suis certain Capitaine

Oural, n’a pas attendu qu’Olivier se décide à le suivre, il est entraîné pour ce genre de missions, il flaire le sol avec détermination. Olivier et Martin le suivent, son cœur battant plus vite à l’idée que l’écharpe pourrait être un indice crucial. Soudain Oural s’arrête, lève une patte, il est à l’affût, il attend. Puis brutalement lorsque son maître est à ses côtés, il repart. A partir de ce moment le chien et les deux hommes progressent lentement, Oural s’arrêtant parfois pour renifler des traces invisibles à leurs yeux.

Nous voici dans la forêt, la pente est rude, ce n’est pas dans un buron que Mireille est allée, est-ce qu’elle s’y trouve encore, je n’en sais rien. Pour l’instant nous faisons attention où nous mettons les pieds , nous empruntons le lit d’un petit ruisseau, soudain devant nous se dresse une masure entre buron et cabane. Le vent l’a découverte, s’il n’avait pas tant soufflé ces derniers temps nous serions passés à côté.

Cette cabane est adossé à un mur fait de pierres que l’on retrouve sur l’Aubrac,elles ont été apportés là par des hommes soucieux de préserver un secret. Est-il gardé ? Ils vont vite le savoir. Olivier laisse Martin en compagnie d’Oural à l’extérieur, mais il se dissimule derrière le bâtiment bien reconstitué d’un petit buron.

Olivier s’approcha de l’entrée, le cœur battant, conscient que chaque seconde comptait. La porte grinça sinistrement alors qu’il l’ouvrait, révélant un sous-sol sombre et humide. L’odeur de la moisissure se mêlait à celle du sang, et il comprit rapidement qu’il n’était pas seul.

Dans un coin, ligotée et maltraitée, il découvre une femme blonde, elle a entendu du bruit, elle semble craintive , apeurée, elle lutte pour rester consciente. Ses blessures sont visibles, des ecchymoses marquent son visage, et un pansement improvisé, taché de rouge, couvre une plaie béante à son bras. Olivier se précipita vers elle, le cœur lourd d’inquiétude. Elle est attachée à une chaîne du même type que celle de Martin. Ses yeux sont collés, sa bouche tuméfiée, une estafilade lui barre la joue de la bouche au coin de l’oeil. Cette femme a été battue, peut-être même torturée. Pour l’instant elle ne dit rien. C’est Olivier qui lui dit qui il est :

_ N’ayez crainte Madame je suis Capitaine, mon chien m’a amené jusqu’à vous grâce à votre écharpe, il est dehors je vais le faire entrer, n’ayez pas peur il ne vous veut aucun mal

_ C’est Oural et vous êtes son maître

_ Nous nous connaissons

_ Je suis Mireille, votre chien je l’ai vu dans le bureau du boss, nous nous sommes juste croisé à Saint-Chély.

Mireille, cette femme vulgaire idiote et cette Mireille ne se ressemblent pas. Il faut que j’en ai le coeur net.

_ Mireille quel est votre pseudo ?

_ Je m’appelle Sarah, mon nom de code est Mireille. Vous avez été berné. L’autre a pris ma place.

Mais Mireille n’a pas pu m’en dire plus, elle s’est évanouie. Martin a les yeux qui vont tout à tour de Mireille à moi. Oural gémit et se love vers Sarah, elle ouvre les yeux et nous dit en un murmure :

_ Partons vite, ils ne vont pas tarder à revenir et là je pense qu’ils vont me tuer.

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Où sont les commanditaires ? Prise du menu fretin…

Qui sont ces deux énergumènes qui m’ont donnés du mal. J’étais seul et je m’en suis pris à ses deux fous furieux. Enfin seul… Non ! Oural m’a prêté mains fortes. Il a tenu en échec le jeune blanc bec qui m’a tenu tête, mais finalement je sais tout d’eux.

Ce sont deux randonneurs en manque de sensations. Au village on leur a donner rendez-vous hier vers 17 h afin de leur remettre leurs deux cartouches de cigarettes chacun. Mais apaté par le gain, ayant vu des paquets de cigarettes par centaines ils étaient revenus. Ils attendaient le départ des commanditaires, en attendant ils avaient fureté de ci de là et découvert un butin plus alléchant et plus rentables. Mais pour les faire avouer j’avais dû faire appel à Oural.

Il est à peine dix heures du matin lorsque les deux hommes m’ont livré tous les renseignements et découvertes qu’ils ont fait. Indiquez le lieu de rendez-vous pour écouler les cigarettes. Ils ont entendu un seul prénom, étrange c’est celui d’une femme. Ils n’ont pas pu me l’a décrire belle est restée à quelques encablures du bar. Elle portait un vêtement noir et elle avait rabattu sur sa tête une capuche, eux étaient en bermuda et trouvaient sur la chaleur était étouffante. C’est ce qui leur avait paru bizarre. La seule chose qu’ils avaient pu me décrire c’était la couleur de ses yeux. Bleu clair. L’un et l’autre en avait jamais vu de semblables. Par contre moi je connaissais une femme qui avait des yeux de cette couleur. Mais pourquoi serait-elle avec ces dealers ? J’étais là dans ma réflexion lorsque j’ai à nouveau entendu hurler Oural. Les deux hommes enfermés, j’attends pour découvrir les visiteurs. Arme au poing j’attends. Mais rien ne se produit. J’en trouve la porte et voit Martin avec une escouade de gendarmes. Rapidement je me fais connaître. Les deux hommes sont emmené manu militari à la gendarmerie de Saint-Chely-d’Aubrac, là où je peux avertir mon chef de l’évolution de l’enquête.

Ce que j’apprends me laisse anéanti, Mireille ma binôme a disparue, nulle ne sait où elle est. Disparue volontairement, kidnappée, personne n’a plus eu de ses nouvelles depuis mon coup d’éclat. Elle n’a pas rejoint la gendarmerie…

Mon chef a très bien compris que je ne puisse pas travailler avec celle que l’on m’a imposé en haut lieu, mais je me trouve à la tête d’une énigme. Mireille n’a pas les yeux bleus clairs. Ils sont noirs, elle est née à Casablanca. Étrange…

Mireille et Esméralda sont-elles une seule et même personne ? Qui est qui ? Certes la couleur des yeux se changent, il suffit de prendre des lentilles mais j’ai des doutes quand à son identité.

Accompagné de Martin et suivi par Oural nous sommes à la recherche d’un second buron plaque tournante de la drogue. Les cigarettes étant le haut de l’iceberg, la drogue elle est planquée en grande quantité dans un autre buron selon les deux randonneurs. Des burons ce n’est pas ce qui manquent sur le Causse. Est-il abandonné ou sert-il de gîtes pour les marcheurs, les vrais comme les faux. Pour l’instant nous n’en savons rien mais bien vite nous allons découvrir des indices qui vont nous conforter dans notre enquête.

C’est Oural qui va nous conduire là où sans lui nous serions passés à côté. Mais hélas les conséquences sur les êtres humains seront longues à guérir.

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Le cri du loup dans la nuit

Olivier est attentif à l’aboiement d’Oural, il s’arrête un instant, son cœur battant la chamade alors que le jappement de son chien résonne dans le silence pesant du buron. Il sait que ce son pourrait signifier deux choses : soit son fidèle compagnon a repéré quelque chose d’inhabituel, soit les contrebandiers sont de retour et là il est mal.

Avec précaution, il avance dans l’obscurité, la lumière de sa lampe torche balayant les murs en pierre. Les ombres dansent autour de lui, créant une atmosphère de suspense. Le chien, toujours en alerte, grogne faiblement, comme s’il avait pressenti la présence d’intrus, mais il ne vient pas vers lui.

Je ne lui envoie pas d’ultrasons et le laisse vagabonder, il ne jappe plus, il a dû voir un mulot ou des randonneurs qui vont dormir à la belle étoile.

C’est à ce moment précis que vers le fond du buron là où le mur a des marches pour se rendre au grenier qu’un bruit sourd retenti . Olivier se fige, son instinct de survie prenant le dessus. Il se rapproche doucement, le cœur battant, la lampe torche pointée vers l’origine du bruit. À mesure qu’il s’approche, il distingue des voix, basses et furtives, échappées de l’ombre.

Vite il y a des intrus, par où sont-ils arrivés ? Ils devaient être dans le grenier. Il lui faut se replier et disparaître sinon il risque de se faire prendre sans découvrir ce qu’il se trame ici.

Mais il veut savoir, il a dans sa poche un petit appareil à infrarouge, il le met sur ses jumelles et sens être vu il observe.

Il s’agit de deux hommes, visiblement en train de discuter de quelque chose d’illégal. Olivier se dissimule le long de la trappe donnant accès à la cave, il se baisse brutalement et attend, tous ses sens sont en éveils. Il est souple si les deux hommes s’avancent, il aura le temps de se précipiter à l’extérieur. Mais pour l’instant il essaie d’entendre leurs paroles :

« On doit agir vite, sinon on va se faire pincer », dit l’un d’eux, tandis que l’autre acquiesce d’un air nerveux.

Olivier réalise qu’il doit agir, mais comment ? Il peut appeler son chef mais il a laissé son téléphone et ses papiers entre les pierres de la murette pour éviter d’être découvert et pour empêcher de donner l’alarme à l’ensemble de ceux qui opèrent sur les chemins de Compostelle. En restant planquer, il peut encore surprendre les hommes et récupérer des informations sur les kidnappings. Ou alors, il pourrait tenter de se faufiler en dehors du buron pour aller chercher de l’aide. Mais ce serait à ce moment-là que la chasse se focaliserait sur lui.

Pourtant son chien, toujours vigilant, semble plus qu’impatient. Olivier sait qu’il doit prendre une décision rapidement. Maintenant Oural hurle , c’est une plainte qui fend la nuit. Olivier a même l’impression d’entendre une meute qui lui répond. Les deux hommes à leur tour sont inquiets. Olivier le ressent à son tour, mais lui n’a pas peur, il connaît Oural, sur le Causse on a réintroduit des loups, possible que ce soit eux qui lui répondent. Toutefois Olivier est sceptique l’été ils ne traînent pas sur les chemins. L’impression qu’il ressent c’est que ce sont des êtres humains qui essayent d’attirer Oural. Qui sont-ils ? Amis ou ennemis, il lui faut sortir pour en avoir le coeur net.

Mais c’est Oural qui entre et se jette sur un des hommes, il ne va pas le manger comme semble le croire le second qui dit :

Pitié je me rends, je sais qu’il y a un intru. Pitié délivrez-nous de cette bête.

A suivre…

Copyright Janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Téméraire ou fou

Si pour démanteler tout un réseau de trafiquants de cigarettes il faut planquer des heures. Pour leur échapper il est grand temps de trouver une porte de sortie.

C’est à ce moment-là que j’aperçois un groupe de marcheurs qui abordent le chemin menant au lac. Je fais signe à Martin que c’est là que nous allons nous quitter. Moi je vais attendre le départ des individus pour aller faire un tour dans la partie enterrée car mon sixième sens m’a averti qu’il y avait comme une énigme dans ce buron.

Quand à Martin il va suivre la ligne de crêtes en compagnie de ces marcheurs puis il s’arrêtera au niveau du buron qui sert de restaurant et de gîtes. Je le récupérerais demain. Si par hasard je n’étais pas au rendez-vous il devrait avertir mon chef à Saint-Chély d’Aubrac. Je lui ai filé toutes les coordonnées. Pour l’instant évitons d’avertir la cavalerie.

Dès que le groupe passe à notre hauteur Martin se mêle aux pèlerins et petit à petit il disparaît à mes yeux. Mon chien me fixe de ses yeux jaunes, il n’a pas émis un seul jappement lorsque le groupe est passé à notre hauteur.

_ Brave Oural, tu es le meilleur des chiens.

Que me dirait- il s’il avait le don de la parole. Mais pour l’instant j’observe le va et viens des deux receleurs. Ils semblent attendre une personne ou plusieurs pour nous prendre en chasse. À moins qu’ils attendent une livraison.

Je pense que les deux hommes savent que je n’ai pas bouger, ils doivent réfléchir afin d’élaborer un plan astucieux soit pour me prendre à revers soit pour eux de se fondre dans la nature. Le buron est bien placé, un chemin le longe, l’Aubrac, a des paysages vallonnés, des prairies verdoyantes et des sentiers de pierres anciennes qui serpentent à travers la nature. Si j’avais trouvé un muret je serais moins exposé. J’aurais dû m’évader avec Martin et me planquer plus haut. Le prochain groupe qui passe non loin de moi me donnera l’occasion de semer ses deux fous furieux. Il est étonnant que personne ne les ait rejoint afin de me récupérer. Cependant le temps a dû jouer en ma faveur. Tous ces derniers jours il faisait un froid glacial , il pleuvait, les randonneurs ou pèlerins n’étaient pas très nombreux. Le temps est magnifique, c’est le moment où jamais pour les contrebandiers de trouver des proies. En plus de leurs habitués.

Voilà j’ai réussis à intégrer un groupe ils viennent du Puy mais sont originaires des quatre coins de France. C’est un groupe d’amis qui se sont donné rendez-vous afin de profiter de leurs vacances pour descendre le plus bas possible en direction de Compostelle. Il est 15 h ils vont jusqu’à Saint-Chely- d’Aubrac. Il y a dix sept kilomètres au total. Ils ont calculé le faire en quatre heures. Il leur reste environ une heure de marche. Aussi ils en profitent pour faire des photos. Oural se prête volontier à leur demande. Je ne leur donne pas le nom exact de mon chien. Je veux lui laisser sa place au sein de ma brigade. Une des jeunes femmes dit que Rintintin lui va bien. Va pour Rintintin.

je leur explique que je n’irais pas jusqu’au bout avec eux j’attends des amis et j’irai manger à l’auberge. Je leur parle de notre plat traditionnel l’aligot. Ils en ont l’eau à la bouche. Mais ils reviendront le manger dans le coin. Nous nous séparons, ils continuent leur chemin. Je vais pouvoir m’adosser à la petite murette de pierres sèches. Prendre mes jumelles et les observer. J’espère qu’ils sont toujours à l’affût non loin de leur buron.

Avec mes jumelles assez puissantes je peux reconnaître un visage ou observer ce qu’ils font réellement. Ici je suis bien placé car le soleil ne se reflète pas dans mes jumelles, personne ne va pouvoir me repérer. Tiens tiens mes deux voyous vont se fondre dans le flot incessant des marcheurs, ils ont adoptés la tenue des randonneurs – avec des chapeaux de soleil, des sacs à dos et des chaussures de marche – au même moment ils se mêlent à un groupe de véritables marcheurs. Ils adoptent un comportement amical et détendu, échangeant des sourires et sûrement des plaisanteries afin de ne pas attirer l’attention. Bien m’en a pris de les regarder.

J’attends que le soleil se couche, c’est bientôt vingt-deux heures, je me dirige vers le buron, je suis certain que je vais découvrir autres choses. Tout est calme autour, il n’y a même pas de randonneurs qui campent dans les environs. Je laisse Oural en liberté ainsi que la porte entrebâillée il peut m’avertir au cas où les contrebandiers reviennent.

J’allume ma torche bien plus puissante que celle de ce matin. Là où ils étaient assis je m’aperçois que c’est une trappe. Je vais pour la foule et lorsque soudain j’entends Oural japper.

A suivre…

Copyrigth janvier 2025

Une ombre sur le Causse

Enfin libre… Mais rien n’est terminé

Martin sent la pince coupante se rapprocher de sa peau mais il n’ose crier. De toutes façons tant qu’il a les mains attachées dans le dos il ne peut ôter le bâillon que ce dingue lui a mis.

Lorsque Martin aperçoit Olivier, il est soulagé, enfin il l’a retrouvé. Mais il semble inquiet. La pièce est sombre, cependant le temps presse. Les deux hommes en bas, vêtus de vestes en cuir, continuent de discuter, il serait grand temps songe Olivier que Martin reprenne ses esprits. Il espère toutefois que ces dingues ne l’ont pas drogués. Les messes basses des deux individus sont chargés de menace envers leurs prisonniers. Ce qui signifie que Martin n’est pas le seul.

Soudain la porte du buron s’ouvre à la volée, plusieurs hommes entrent. Combien sont-ils ? Je ne suis pas certain du nombre. Il faudrait qu’il y est un échange entre eux pour en savoir davantage.

Une voix guttural crie :

_ Va chercher le flic cet emmerdeur. Il va nous attirer des ennuis. Il faut en finir avec lui. Tu aurais dû envoyer sa voiture au fond d’un lac. Tu l’emmènes le plus loin possible, afin que lorsqu’ils le retrouveront ils ne puissent pas faire un rapprochement avec le buron de Nasbinals.

Je n’écoute pas la suite de ce que raconte celui qui semble être le chef. Je mets Martin sur ses pieds et c’est à ce moment que j’entends le grincement d’une poulie, je n’ai que le temps de me déplacer d’une dizaine de mètres, le plancher s’entrouvre et un escalier escamotable apparaît. Tout est bien organisé, ils ont dû travailler depuis des mois pour avoir cette planque. Toutefois j’y suis arrivé par un ancien escalier. Nous sommes là où dormaient les buronniers et où y était entassé le foin. Pour l’instant ils ignorent que j’ai rejoint Martin. Il faut qu’Oural sorte pour préserver mon anonymat.

Je sais que certains burons sur cette partie du Causse ont été réaménagés afin de séparer la pièce principale du rez-de-chaussée où tout le monde se retrouvait pour manger, de la pièce attenante où l’on préparait la tome, caillé frais pressé qui permet de préparer un met, l’aligot et qui donne la fourme. Je ne sais pas où se situe ce réduit. Je ne l’ai pas vu sur le bas. De quelles manières puis-je en trouver l’accès ? J’essaye de rassembler mes souvenirs d’enfants où l’on se cachaient pour jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Les marches grincent,la lumière d’une lampe éclaire le toit. Il y a une ouverture mais elle n’est pas assez grande et nous n’avons pas le temps de jouer les funambules. Je relève Martin, le pousse devant moi, attrape Oural par son collier et les poussent tous les deux derrière un amoncellement de vieux objets : chaises, armoires, un véritable bric à brac ainsi qu’une quantité importante de foins. Oural comprend et il se couche aux pieds de Martin. Je m’allonge à leur côté, mon pistolet à la main et nous attendons la suite des évènements.

C’est à ce moment-là que Martin me tape sur l’épaule et me laisse entrevoir la possibilité de nous échapper. Derrière l’armoire Oural s’est glissé et il gratte de ses deux pattes sur le mur, il apparaît un espace qui s’entrouvre. Oural a trouvé une cachette plus intéressante que celle qui nous abrite provisoirement. Mais nous devons attendre pour le rejoindre. Lui continue d’avancer et disparaît à nos yeux.

Pendant ce temps, l’homme s’avance, inspectant la pièce. Il avise la chaîne qui traine sur le sol. Martin et moi nous regardons, je tiens dans ma main un espèce de tuyau, d’un regard je fais comprendre à Martin qu’il faut passer à l’action , il se relève et moi je lance de toutes mes forces le tuyau en direction de l’homme qui bras ballant ne comprends pas. Il s’affaisse telle une poupee de chiffon sans un cri. Le bruit à dû retentir en bas. Rien ! Martin s’est glissé par l’ouverture, je le rejoint, ferme l’entrée avec un tableau qui traine dans le tas hétéroclite qui nous a caché, puis en silence nous nous éloignons. Je sais pertinemment qu’il va nous falloir descendre au niveau de la grande salle. Nous devons compter sur Oural, pour ni se jeter dans la gueule du loup, ni être obligé de faire demi-tour. Tout en réfléchissant je me demande qui sont les autres prisonniers ? Et seraient-ils dans la partie du buron enterrée, la cave où l’on affinait les fromages. Pour l’instant ce qui me semble affiner ce sont les paquets de cigarettes de toutes marques et de tout pays. L’espace où nous sommes est étroit et se termine rapidement. Aucune ouverture nous sommes faits comme des rats. À moins que l’absence de Martin soit un coup du sort pour les contrebandiers. Vont-ils partir à sa recherche ? Ou fureter de partout, espérant qu’il ne soit pas aller assez loin. Il va nous falloir attendre et écouter les bruits extérieurs ou proches de nous.

Brusquement le sol se dérobe sous nos mains et nos pieds nous descendons à vive allure dans un conduit étroit qui a des allures de toboggan. L’arrivée au sol est atténuée car nous tombons dans le foin. Face à nous une immensité de près et de rochers. Il y en a à perte de vue. Il n’y a pas d’endroit pour se cacher. Mais nous ne devons pas traîner, ceux qui sont à l’intérieur vont nous prendre en chasse.

A environ deux cent mètres une série de buissons, je ne réfléchis pas longtemps. Il nous faut y aller. Je montre du doigt les buissons à Martin, sans un mot il part en courant au travers de l’herbe haute, le vent fouette notre visage. Oural nous suit, ce chien est phénoménal, personne n’a pu se douter qu’il était avec nous. Aucun bruit. Il était aussi invisible que nous les humains.

Derrière nous, nous entendons des voix qui s’élèvent, les trafiquants réalisent que nous sommes partis. Le temps presse. Nous atteignons enfin les buissons et nous nous y cachons, le cœur battant la chamade.

_ Que faisons-nous maintenant ? demande Martin, visiblement inquiet.

_ Nous devons rester silencieux et attendre, ils vont probablement chercher dans le buron d’abord.

Les minutes passent, chaque bruit semble amplifié par l’adrénaline. Nous entendons le bruit des pas s’éloigner, puis se rapprocher.

A suivre….

Copyright Janvier 2025