Un passé bien encombrant. ( 24 )

Nous avons une grande nouvelle à vous annoncer, votre Papa sera bientôt de retour parmi nous.

  • Avec Maman
  • Nous n’en savons rien mais il a pas mal de choses à nous raconter.
  • A nous ou seulement à vous l’interrompt Bastien
  • A nous mais vos parents ne vous ont jamais tenus à l’écart de ce qu’ils faisaient, ceci dans la limite de ce que vous pouvez apprendre.
  • Quand arrive notre Papa
  • Nous attendons son appel téléphonique , il ne devrait pas tarder.
  • Son appel.ou son retour
  • Charlotte ne soit pas si impatiente. Tiens admire nos Pyrénées. Nous allons bientôt arriver à Fort Romeu.
  • Mamie est-ce que je pourrais aller faire du ski sur l’herbe?
  • Quand donc?
  • Demain
  • On verra

La réponse de Mamie n’était pas très enthousiaste. Je verrais lorsque Papa sera de retour, nous resterons certainement assez longtemps chez nos Grands-parents. Depuis notre départ en Afrique, Bastien m’a expliqué que nous vivions déjà chez les parents de Papa. Je ne m’en souviens pas, je suis née en Afrique. Les Pyrénées je les ai découvertes au travers des yeux de Papa qui nous les racontaient. Pour le ski sur l’herbe ce sont les photos des enfants des écoles où Papy est professeur qui m’ont fait rêver.

Moi qui n’avait connu que le sable, les arbres rabougris ou squelettiques, la poussière rouge du sable le long des pistes lorsque nous allions voir les parents de Joseph et Lucie. là bas on m’a toujours appelé l’Africaine blanche, car du moment que j’étais dans le Pays, Maman m’a élevée comme les enfants des femmes qu’elle rencontrait dans ses cours d’alphabétisation. Elle m’a portée comme tous les bébés Africains sur son dos. J’étais attaché avec un pagne.

Maman me plaçait au creux de ses reins, puis elle se penchait en avant et recouvrait mon dos avec le pagne. Elle nouait les extrémités au-dessus de sa poitrine et au niveau de son ventre. D’autres fois elle en mettait deux. Mais je ne me souviens pas de son explication. Comme disait Papa tu es restée huit mois dans son ventre et quinze mois dans son dos.

Maintenant nous traversons Font-Romeu, Mamie fait arrêter la voiture pour récupérer un panier de victuailles chez la femme du maire c’est le frère de Papa qui nous le dit. Mais elle ne revient pas tout de suite. Elle envoie un texto à Papy. Nous le voyons devenir tout bizarre et il annonce :

  • Les enfants restez-là je vais voir pourquoi votre grand-mère ne peut pas porter son panier.

Cela nous paraît assez etrange. Il nous dit n’importe quoi. Bastien veut descendre de la voiture mais notre oncle le lui interdit. Il voulait continuer à pieds. Il a beau lui poser des questions il reste impassible. Au contraire c’est lui qui descend et allume une cigarette. Il tire une bouffée puis deux, puis jette sa cigarette au sol. L’écrase avec son pieds. Se baisse et la ramasse. Il attrape dans la boîte à gant une petite boîte en ferraille peinte en rouge,l’ouvre et dépose sa cigarette à peine entamée. Il la coupe en deux afin qu’elle rentre à l’intérieur. C’est du gaspillage. Il ne devrait pas fumer plutôt que de la jeter. Dans ma tête je me dis qu’il dépense son argent pour rien.

Enfin voici mes grands-parents qui reviennent. Papy semble plus joyeux qu’il y a un quart d’heure. Nous achevons de monter en direction du hameau où nos grands-parents ont leur chalet.

A peine arrivée Loustic leur berger des Pyrénées aboie puis il vient vers nous et nous fait la fête. Comme il est beau. On dirait le chien Belle dans l’histoire de Belle et Sébastien. J’entends crier Bastien de joie.

Vite à mon tour je me précipite dans la maison et je vois Bastien qui est dans les bras de notre Papa.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 23 )

Les deux jours qui nous séparaient pour revoir nos grands-parents paternels sont passé à la vitesse de l’éclair. J’ai mis deux jours pour savoir ce que je laissais ici et ce que j’emportais. Aussi le samedi soir lorsqu’enfin je fermais ma valise ne restait sur le lit que mes tongs africaines. Tout le reste était dans la valise. Chez Bastien c’était pareil. Enfin presque car lui avait une tonne de shorts et de bermudas. Mais surtout il avait fait de la place pour glisser la malette rouge de Maman. Nous ne voulions pas la laisser là.

Samedi nous nous sommes couché tôt. J’avais envie de lire les lettres de Maman, mais comme elle ne les avaient jamais ouvertes, j’ignorais si elle les avaient reçu ou si une main indiscrète les avait récupéré avant de les cacher dans le tiroir secret de la coiffeuse. Il n’y a que Maman qui puisse me l’expliquer. Pourtant Bastien à qui je m’étais confié me disait ouvre-les et si c’est trop personnel tu les refermes. Mais je n’osais pas. Maman serait là, je ne sais même pas si je les aurais trouvé. Donc je les avais mise dans mon sac à dos car je ne voulais pas que Grand-mère les trouvent.

Bien m’en avait pris car le lendemain juste avant que mes grands-parents n’arrivent elle exigeait que j’ouvre ma valise. Je ne voulais pas, mais elle insistait et le menaçait de rester là. Aussi contre mauvaise fortune bon coeur j’avais accepté qu’elle l’ouvre. Sa main s’était enfoncée dans mon linge de corps, soulevant mes jupes. Pour qu’elle ne puisse pas aller plus loin j’avais fait un caprice. Je suis douée pour pleurer à la demande. Elle s’était entêtée jusqu’à ce que mes cris de terreur ramène mon Papy.

  • Pourquoi Charlotte hurle -t-elle ?
  • C’est une gamine mal élevée
  • Arrête tu viens d’ouvrir sa valise et la moitié de ses vêtements sont éparpillés sur le sol. D’une tu aurais pu mettre la valise sur la table à la cuisine. Et surtout éviter de défaire la valise de la petite et me demander mon avis. Il est grand temps que nos petits enfants partent vu ce dont tu es capables.
  • Que dis-tu ? Ils partent une semaine
  • Oense ce que tu veux, viens ma petite Charlotte ne pleure plus ta grand-mère souffre de l’absence de notre fille, mais
  • Mais quoi? Tu vas lui dire quoi à cette gamine effrontée. Elle est bien comme sa mère au même âge on voit où tout cela l’a mené. On a plus de fille et notre petite fille est son portrait craché, toi tu es tellement bête car tu fais comme avec ta fille, tu te laisses mener par le bout du nez.

Pendant que mon grand-père et ma grand-mère se lançaient des mots durs je remet les vêtements tout plissé par les mains de celle que je ne considère plus comme ma grand-mère mais plutôt comme une sorcière.

Bastien arrive en courant et crie mon parrain est là avec Papy Mamie, dépêche-toi Charlotte. On a du trajet à faire. Papy prend mes deux valises, Bastien a déja emporté sa valise. Je sautille sur un pieds je suis heureuse de quitter cette femme aigrie. Je vois que mon papy est tout triste. Il m’appelle son petit rayon de soleil. Je lui fais un gros bisous. Auparavant il a serré la main de mon grand-père paternel et aussi de mon oncle, le grand frère de Papa. Quant à ma grand-mère il l’a serré dans ses bras en lui disant :

  • Heureux de te revoir Mélanie, je t’ai expliqué la raison pour laquelle je veux que les petits soit avec vous. Si tu sais quoi que ce soit appelle-moi sur le téléphone que j’ai donné à notre petite fille. Le numéro du mien est dedans.
  • Ne t’inquiètes pas Paul nous te…

Mais ma Mamie Mélanie s’était arrêté de parler car mon autre grand-mère était arrivée. Elle lui avait dit une drôle de chose qu’au moment je n’avais pas compris. Maintenant deux mois après je suis au courant.

  • Alors Mélanie tu n’as pas changé ma pauvre vieille tu cours toujours après ton prétendant.

Mamie sans se démonter l’avait remise à sa place, puis Papy nous avait dit il est temps de dire au revoir. Si le Papa de Maman m’avait serré dans ses bras, sa femme ne m’avait pas regardé. Pour Bastien il n’avait embrassé personne juste dit au revoir grand-père et grand-mère à bientôt.

Dès que nous sommes dans la voiture Papy Antoine nous demande si nous avons laissé des vêtements chez nos grands-parents. Bastien se met à rire et dit devinez ce que Charlotte a laissé … On dirait que les parents de Papa me connaissent par cœur. Mamie dit : rien peut-être une paire de sandales et Papy Maurice dit un foulard. Le pire c’est mon oncle lui il dit une vieille jupe qu’elle déteste ou une bague qu’elle a trouvé par terre. Je lui tire la langue et lui me prend dans ses bras en me disant tu ressembles à ta Maman. Pas étonnant que la  » vieille » mais il se reprend car Papy Maurice lui dit de ne pas parler ainsi. Et ajoute pas étonnant que ta grand-mère ne t’aime pas.

  • Tu connais ma Maman
  • Bien sûr que je la connais, elle venait souvent dans les Pyrénées lorsqu’elle fréquentait mon frère. Puis lorsque Bastien est né ils sont venu tous les deux me demander d’être son parrain. Puis les années passant ils ont quittés Pau car mon frère en tant que gendarme avait pris du grade, il a été nommé à Lyon . Ensuite… Vous êtes partis en Afrique. Tu étais née entre temps mais nous ne te connaissions au début que par photos jusqu’au jour où je suis allé vous voir. Tu ne t’en souviens pas.
  • Oh si tu me faisais sauter sur tes genoux
  • Jusqu’à ce que tu me dises d’arrêter car tu n’étais plus un bébé.
  • Je t’ai dis ça moi?
  • Oui Mademoiselle
  • Pfff
  • Bon Mikaël on peut en placer une
  • Oui je te laisse Papa leur expliquer je ne sais quoi

Mon grand-père nous a dit que nous ne partions pas pour une semaine mais jusqu’à ce que notre papa revienne. Ils allaient inscrire Bastien dans le lycée où notre Papa était allé. Ils avaient rendez-vous demain. Quant à moi j’irai au collège à Tarbes. J’étais inscrite mais avant la rentrée je rencontrerais les nouveaux élèves pour une visite de l’établissement. Même si je n’allais pas en sixième, il fallait que je me familiarise avec le college. Et comme j’avais à peine douze ans et que je rentrais en cinquième ils avaient demander mes résultats à mon école de Dakar. Et au vu de mes excellentes notes j’étais admises en cinquième…

Je suis à la fois heureuse d’aller chez mes grands-parents paternels mais triste de ne pas revoir mon Papy Paul. Mais j’ai le droit de lui téléphoner.

A midi nous mangeons sur l’autoroute sur une aire de pique-nique. Mamie a tout fait maison. Nous nous régalons. C’est notre oncle qui reprend le volant pour la suite du voyage. Papy Antoine somnole. Mamie aussi. Puis Mik comme nous l’appelons nous demande si nous n’avons pas des cassettes. Devant notre sur ahuri il nous dit comment écoutez-vous de la musique, c’est Bastien qui répond avec mon smartphone. Apparemment on serait plus moderne sur lui. Il faut dire que la voiture de Papy n’est pas de première jeunesse. Mais elle est passée au contrôle technique nous répond notre Papy. Il ne devait pas bien dormir.

C’est à deux kilomètres avant d’arriver qu’il nous apprend une nouvelle stupéfiante …

À suivre…

Un passé bien encombrant. ( 22 )

Les mots dansent devant mes yeux. La lettre est écrite par Monsieur Maurice. Ce n’est pas beau, c’est vulgaire comme diraient mes parents. Je ne le ferait pas voir à Bastien. Mais je ne dois pas le dire à mon grand-père. Pourtant il est associé avec mon Grand-père, s’il le savait possible qu’il le renverrait. Pour l’instant j’admire la belle bague. C’est une bague de fiançailles que Maman avait rendu à son fiancé Maurice. Mais lui n’en a pas voulu et lui l’a renvoyé, avec le bracelet et le collier assorti.

Sur le courrier il est écrit je me vengerais sale garce… Il a mis va en enfer… C’est signé Maurice qui te déteste autant qu’il t’a adoré. Il faut que j’en parle à Papa, le sait-il? Aurélien doit venir demain j’essayerais de lui en parler. Je ne suis pas assez grande pour affronter seule ma grand-mère, quant à mon Papy j’ai peur de lui faire beaucoup de peine. Puis ce sont des histoires de grandes personnes.

J’en suis là de mes réflexions lorsque je vois surgir Bastien, rouge, avec des larmes qui lui coulent sur les joues. Je ne sais pas quoi lui dire.

  • Pourquoi pleures-tu ?
  • Mamie est complètement folle, elle m’a filé une gifle parce que je ne ramassais pas les haricots assez vite.
  • Oh ! Rien que pour ça.
  • Oui, c’est la première et dernière fois que je l’aide.
  • Bastien, regarde ce que j’ai trouvé dans la valise de Maman.
  • Quelle valise?

Je commence par expliquer à Bastien que le jour où je suis rentrée dans la chambre pendant que Rosette l’avait laissée ouverte. J’ai fureté un peu partout et dans la coiffeuse de notre maman j’ai trouvé une petite clef. Cette clef ouvrait la valise de poupée. Mais dedans maman avait enlevé tous les habits de ses poupées, et, à la place j’avais trouvé cet écrin où à l’intérieur il y avait une lettre pliée et je lui montre ce qu’il y avait dans cette boîte rouge. Il me regarde et me dit :

  • C’est une bague de fiançailles, et
  • Un collier et un bracelet oui ça je sais. Je connais même la pierre qui est serti dedans, c’est un rubis.
  • Celui de la bague est énorme. Et la lettre que contient-elle.
  • Tiens lis !
  • Sale type, il essaye d’être mon ami.
  • Moi, je ne trouve pas qu’il essaye d’être ami avec moi. Il m’a pincé et fait un croque en jambe. C’est à cause de lui que j’ai cette résine qui me gêne.
  • Pourquoi n’as-tu rien dit à Papy.
  • Je ne veux pas faire d’histoire.
  • Tu aurais dû le dire. Grand-mère fait que dire en parlant de toi. Cette gamine est véritablement maladroite. Intelligente mais vraiment pas futé.
  • Je m’en fiche, je préfère Papy.
  • Pourquoi ? Méfie:toi de lui il n’aime pas Papa, ni Grand-mère.
  • Il n’aime pas notre grand-mère .
  • Non notre papa.
  • Les grandes personnes sont compliquées

Nous cachons une nouvelle fois l’écrin et la lettre, mais Bastien veut que je mette dimanche prochain le collier offert par Maurice à notre mère. Il les observera tous pour voir leur réaction. Je ne suis pas convaincue. Si notre Maman l’a gardé sans le mettre sur elle c’est bien qu’elle n’en voulait plus. Mais Bastien sait se montrer persuasif. Je n’y pense plus en quittant ma chambre.

Lorsque nous arrivons au rez-de-chaussée, notre grand-mère est en grande conversation téléphonique. Pour l’instant j’ignore avec qui elle parle. Soudain elle me voit et semble mal à l’aise puis je l’entend dire. Finalement Charlotte est là je vous la passe.

  • Tiens petite c’est tes grands-parents paternels. Je te laisse.
  • Appelez Bastien, il sera déçu de ne pas pouvoir leur parler.
  • mmmmmmmm
  • Pardon, vous dites
  • Je vais le chercher
  • Allo, Mamie
  • Ecoute moi bien Charlotte, nous allons Papy, ton oncle et moi venir vous chercher dimanche, nous avons des choses importantes à vous dire. Ne fais aucune réflexion pouvant faire comprendre quoi que ce soit à ta grand-mère. Je lui ai dit que vous resterez chez nous une bonne semaine. Préparez votre valise. Laissez des vêtements dont vous pensez que chez nous, vous n’en aurez pas besoin. Maintenant passe- moi ton frère.
  • D’accord Mamy gros bisous et à bientôt.

Je cherche des yeux Bastien, mais je ne le voit pas. Je ne vois que ma grand-mère qui me fixe. Il va falloir que j’appelle Bastien. Mais je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle se précipite vers moi. M’arrache le combiné téléphonique et dit à la maman de mon papa: Bastien n’est pas là, dans deux jours il sera avec vous. Charlotte est bien capable de lui dire ce qu’il faut mettre dans sa valise. Au revoir.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 21 )

À peine Bastien m’a dit ces horreurs que je vois Grand-père qui rentre dans la chambre, l’attrape par une oreille et lui dit d’une voix tonitruante :

  •  » File dans ta chambre, et je viendrais te voir, mais réfléchit bien à ce que tu viens de dire à ta sœur car je veux une réponse qui est du sens. Comment veux-tu qu’une petite fille de bientôt onze ans soit capable de diligenter des meurtres. Et surtout en être la cause. Ni toi, ni ta sœurs vous n’êtes en aucun cas responsables de quoi que ce soit. »

Bastien , quand Grand-père lui lâche l’oreille est rouge comme un coquelicot. Il a des larmes la pleine figure, la tête baissée, il ne me regarde pas et s’en va suivi de mon Papy. Je reste seule, cache à nouveau le téléphone rose dans ma pochette et regarde ma grand-mère qui marche dans son jardin. Elle frappe sur toutes ses fleurs. Je vois les pétales des roses qui éclaboussent le sol. Là des jaunes, des saumons, des rouges. Ici des marguerites et des glaïeuls. Pourquoi elle frappe les fleurs? J’en suis là de mes réflexions lorsque mon grand-père revient. Je le vois glisser dans sa poche la clef de Bastien. Il a dû l’enfermer dans sa chambre. Grand-père a sa tête en colère, un pli barre son front et il est triste. Je ne veux pas que Bastien soit puni, il n’a pas dû réaliser ce qu’il me disait. Jamais mon frère a été méchant avec moi. Pourquoi depuis que l’on est dans la maison de nos grands-parents il a une attitude étrange?

  • Charlotte tu vas bien, ton frère te demande pardon, il ne voulait pas te dire ça
  • Alors pourquoi le l’a -t-il dit. Mon frère n’a jamais été méchant, c’est parce qu’il y a le mauvais oeil.
  • Que veux-tu dire Charlotte?
  • En Afrique avoir le mauvais oeil, juste quand on te regarde ça t’apporte du malheur.
  • Voyons tu es assez intelligente pour ne pas croire à pareilles bêtises.
  • Papy en Afrique
  • Ça suffit hurle ma Grand-mère depuis le couloir. Tu as finis de raconter n’importe quoi. Comment votre père vous a-t-il élevé pour que tout soit vrai. Ce sont des croyances d’autrefois. Chez moi l’Afrique je ne veux plus en entendre parler. Je cherche Bastien ou est-il ?
  • Que lui veux-tu ?
  • Il.m’a dit il y a une heure qu’il était prêt à m’aider à ramasser les haricots. S’il est absent, Charlotte n’a qu’à le remplacer.
  • Tu te moques de moi, Charlotte est tombée et Aurélien m’a conseillé d’éviter qu’elle marche. Je viens juste de te le dire. Tiens voici la clef de Bastien, il t’aidera au jardin. J’espère que dorénavant il ne tiendra pas les horreurs qu’il a dit à sa soeur.
  • De quelles horreurs parle-tu?
  • Tu lui le demanderas et par la même occasion tâche de savoir pourquoi il agresse sa soeur de cette manière.

Grand-mère prends la clef et sort la tête haute de ma chambre. J’en profite pour demander à son mari si je peux descendre dans le jardin. Il me regarde d’un air bizarre et me dit qu’il va plutôt m’emmener dans sa cave. Il attend des visiteurs mais comme je suis sage je pourrais rester.

Je n’en n’ai pas envie, je lui dit :

  • Papy je préfère rester dans ma chambre, mais tu dois m’attraper la petite valise marron qui est à côté de la coiffeuse.
  • Elle est à toi?
  • Oui c’est celle que Maman m’a donné
  • Alors si c’est ma fille chérie qui te l’a donné, je vais me faire un plaisir de te l’apporter. Où veux-tu que je te la pose?
  • Sur le lit, je te remercie Papy.
  • Fais bien attention lorsque tu te déplaces, ne va pas tomber une seconde fois.
  • Pas de problèmes.

J’attends que mon grand-père s’éloigne pour attraper mes béquilles posées sur la chaise tout prêt de moi. Et je vais voir ce qu’il y a dans la valise de ma Maman. Heureusement que Papy n’avait jamais vu cette valise car il aurait pu m’empêcher de l’ouvrir. J’entends des voix, mais elles ne sont pas à l’étage. Je m’asseois sur le lit et ouvre la valise. Ô surprise!

A l’intérieur posé sur un coussin blanc il y a une bague magnifique, elle a un rubis énorme et d’un beau rouge. Une chaîne avec un coeur de la même couleur que la bague. Et dessous le petit coussin blanc il y a une lettre. Je me demande si j’ai le droit de lire le mot. Mais si avec Joseph nous enquêtons sur la disparition de Maman , il faut que je sache qui lui a écrit cette missive et si elle est signée.

J’ouvre délicatement l’enveloppe il n’y a que deux mots à l’intérieur et une signature. Je lis et je me mets à trembler, je pleure… Pourquoi?

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 20 )

Je ne comprends pas ce qu’attend la femme de chambre de ma grand-mère, elle me tourne autour, ouvre la bouche et la referme. Soupire, s’en va puis revient.

  • Qu’attendez-vous Madame?
  • Votre verre Mademoiselle Charlotte.
  • Ah ! Vous voulez mon verre, mais si je finis de boire dans une heure, vous allez attendre pendant tout ce temps.
  • Vous ne buvez pas d’un seul coup.

Elle m’énerve cette « Rosette », je vais le boire son verre de cette façon elle s’en ira et je serai tranquille. Je veux téléphoner en Afrique. Joseph saura ce qu’il est arrivé à mon Papa, enfin je l’espère.

  • Tenez Rosette j’ai tout bu.
  • Merci Mademoiselle Charlotte, si vous avez encore soif, vous pourrez m’appeler je viendrais vous apporter un verre d’eau.
  • D’accord

Ouf, la voilà partie, me voici tranquille. Bon le téléphone de Papa est dans mon petit sac, je vais appeler mon ami Joseph. Je ne dois pas lui poser des questions, il faut que je le mène là où je veux.

  • Allo, c’est Charlotte qui est à l’appareil ?
  • C’est moi Joseph, tu ne reconnais pas ma voix.
  • Si mais je voulais m’en assurer. Tu vas bien
  • Oui, mais…
  • Mais quoi?
  • Je ne sais pas si je dois te le dire.
  • Ne commence pas à faire des cachotteries.
  • De toute façon tu ne sembles pas au courant.
  • Au courant de quoi
  • Pour ton père
  • Oui et alors, que sais-tu?

Il tourne autour du pot, il va falloir que je me découvre si je veux en apprendre davantage.

  • Je sais qu’il y avait un problème. On était venu à l’aéroport récupérer une valise qui était restée au débarquement. Soudain on a vu pleins de gendarmes se jeter sur Papa.
  • Qu’as-tu vu de plus?
  • Rien, car Papy nous a emmené
  • Veux-tu que je te raconte ce que je sais
  • Vas y
  • Ton Papa est arrivé en Afrique dans un avion d’Air France, papa qui était venu le chercher l’a vu passé entre deux gendarmes. Ton père a fait comme s’il ne le connaissait pas.
  • C’est sûrement pour ne pas l’impliquer
  • Maus mon père ne comprends pas la raison.
  • Tu crois que moi je comprends .
  • Excuse-moi Charlotte , je ne voulais pas te faire de la peine
  • N’en parlons plus. Et après que c’est-il.passé?
  • Il est à la prison
  • Ton père est allé le voir
  • Il.n’a pas pu.

J’ai raccroché brutalement car j’ai entendu un bruit dans le couloir mais personne n’est entrée. Au moment où je vais rappeler Joseph, mon téléphone vibre, je regarde c’est écrit Papa.

  • Papa où es-tu ?
  • Je viens de sortir de prison , ne te fais pas de soucis, tout est prévu.
  • Mais le père de Joseph ne pouvait pas venir te visiter en prison.
  • Ah tu as parlé à ton ami. Écoute-moi , tu vas demander à ton frère la deuxième carte sim. Tu entends ce que je te dis.
  • Oui, je ne dois plus téléphoner à Joseph
  • Je sais que c’est ton ami, mais pour ma sécurité personne ne doit savoir que je suis hors de prison. Dès que j’ai raccroché, tu ôtes la carte sim et tu ne l’a remets jamais dans ton portable. Je vous appelle tous les deux ce soir sur le nouveau numéro vers 22 h. Dépêche-toi Charlotte.
  • Oui papa.

Je raccroche, ouvre mon téléphone , ôte la carte sim, referme le dos de mon téléphone cellulaire et appelle Bastien avec le téléphone de Grand-père. Celui-ci arrive et me demande ce qu’il.se passe. Dès que je parle de carte sim, il devient tout rouge et semble très en colère. Il me dit que c’est à cause de moi, tous ces meurtres.

A suivre….