Un passé bien encombrant. ( 19 )

Je n’aime pas ce regard insistant du copain des mariés. Ce type est étrange, bizarre. Il triture sa moustache, passe sa langue sur ses lèvres comme s’il voulait me croquer. Puis brusquement vient vers moi. Me prends par le bras et me dit pas très fort.

  • Arrête de me fixer sale gamine, je vois bien quel est ton petit jeu.
  • Je ne suis pas ta copine, je n’ai pas ton âge, je ne comprends pas de quoi tu parles et lâche-moi ou j’hurle et crois-moi tu vas t’en souvenir.

Ce dingue me serre davantage le bras aussi je commence à crier :

  • Arrête de me faire mal. J’hurle mon cri doit s’entendre loin car Aurélien se précipite sur Maurice lui file un coup de poing en plein visage. Il me lâche enfin le bras mais sous le coup il m’entraîne par terre et je chute malencontreusement sur le sol. Je continue à crier de plus belle. A la fois car j’ai mal, ensuite à cause de Monsieur Maurice qui me pince le bras et parce que je ne veux pas rester en sa présence.

Soudain je vois entrer en trombe mon grand-père, il vient vers moi et je l’entends dire:

  • Fiche le camp Maurice, disparaît de ma vue mais tu as intérêt de revenir une fois calmé et tu m’expliqueras ce qui vient de se passer.

Puis il me remet debout mais j’ai tellement mal que je me met à crier. Aurélien s’approche de moi, me fais asseoir sur le sol de la cave et descends ma socquette, me quitte délicatement ma ballerine et me demande si je suis douillette. Je lui fais signe que non. Il prend mon pied, m’explique chacun de ses gestes, et brusquement il tourne mon pieds, je pousse un cri, un seul. Aurélien me dit:

  • Bravo tu as été courageuse, pendant quelques jours tu ne peux pas courir ni même marcher.
  • Pourquoi? Je n’ai plus mal
  • Il faut que les ligaments se remettent à leur place, si tu me promets de ne pas poser le pieds par terre je ne te préconise pas de résine, juste un bandage. Par contre qu’en pensez-vous Monsieur?
  • Je ne connais pas bien ma petite-fille mais je pense qu’elle est en capacité de comprendre mais j’ai des doutes à ce qu’elle respecte tes consignes . Non seulement c’est le portrait craché de sa mère mais elle en a aussi la détermination et la capacité à ne pas nous écouter.

Aurelien et Bastien rigolent, je ne trouve pas ça très drôle. Mais je suis bien contente d’être comme Maman et surtout de lui ressembler aussi bien physiquement que mentalement. Peut-être que grand-mère est mal à l’aise en me voyant si elle a l’impression de revoir sa fille…

Aurelien a proposé de m’emmener à l’hôpital pendant que sa fiancée et Bastien restent. Grand-père attends des visiteurs, mais il a dit à Aurélien que contrairement à sa femme il avait toute confiance en lui. Aurélien a une vieille voiture verte je lui ai dit que c’était la même voiture que Columbo. Cela l’a encore fait rire. Son rire est communicatif, je n’ai plus pensé à mon pied j’ai ri tout le temps. Quand il m’a pris dans ses bras devant la clinique où il travaille j’ai crû que c’était mon papa. Je me suis mise à pleurer. Il m’a déposé sur un fauteuil roulant et il m’a demandé la raison pour laquelle je pleurais. J’ai juste dit c’est mon papa qui me manque. Dans tes bras j’ai pensé à lui. Il a souri, mais il était triste.

Aurelien m’a déposé chez son ami, futur témoin de mariage, lui aussi connait bien ma maman. Il est médecin orthopédiste comme lui. Il lui a expliqué que j’étais têtue comme Maman. Mais lui qui s’appelle Mathieu m’a laissé choisir la couleur de ma résine. Lorsque j’ai pris vert, il m’a dit, les filles en général prennent rose, toi tu es à part. Il faut toujours se démarquer dans la vie. Mais n’en fait pas trop. Aurélien va t’emmener récupérer une paire de béquille mais hélas j’en ai pas des vertes. Je m’en fiche je les veux rouges lui ai-je répondu. Comme ça les daltoniens les verront vertes. Et lui en riant m’a dit , certainement mais ta résine ils la verront rouge.

Je n’avais pas pensé que c’était le contraire. J’aurais dû la prendre rouge ma résine. Je ne connais pas de daltoniens. Mais si Maurice revient avec ma canne je me défendrait. Nous voilà de retour, Maryline discute avec ma grand-mère. Lorsqu’Aurelien me dépose sur le sol j’entends ma mamie lui dire :

  • Finalement la vie t’a permis de te racheter, ta fiancée m’a dit que tu étais chirurgien orthopédiste. Et bien c’est parfait.
  • Et il est doué
  • Mademoiselle s’y connait

Je baisse la tête, ma grand-mère est toujours sur mon dos. Vraiment je ne la connais pas, elle est aigrie cette femme, c’est ce qu’a dit Aurélien au téléphone avec une personne qui l’a appelé pendant que nous roulions vers sa clinique. Il m’a juste dit ne le répète à personne. J’ai très bien compris. Mais je lui ai répondu par l’affirmative. Déjà qu’elle ne m’aime pas je ne vais pas lui donner le bâton pour me battre.

Aurelien dit à mon grand-père :

  • Je viendrai dans dix jours lui retirer sa résine. Elle n’aura pas besoin de rééducation. Par contre veiller à ce qu’elle ne pose pas le pied au sol.
  • As-tu écouté Charlotte au lieu de bailler aux corneilles ce qu’Aurelien vient de dire?
  • Oui grand-mère je ne suis pas sourde.
  • Cette gamine est le portrait caché de sa mère, insolente, exaspérante, on a vu ce qu’il est arrivé à notre fille. Le temps que ton père est en Afrique je vais te serrer la bride.

Je prends les béquilles et sans dure au revoir a personne je file vers le perron où se trouve Papy. Il voit que je pleure mais il ne me dit rien. Il l’aide à monter les deux matches et me demande où je veux aller. Je ne veux rien, je veux juste appeler mon ami Joseph, mais je ne le lui dit pas. Juste qu’il faut que je monte dans ma chambre car je veux aller chercher un livre.

Il me prend dans ses bras vigoureux et en quatre enjambées il me dépose sur mon lit. Ouvre le battant de la terrasse, y installe un transat en rotin. Ouvre un parasol et le demande si je vais être capable d’y aller avec mes béquilles. Devant mon petit oui, il m’embrasse sur le front et me dit si tu as besoin de quoi que ce soit tu m’appelles avec ce téléphone. Et je viendrais m’occuper de ma princesse. Avant que je travaille dis-moi si tu as besoin de quelque chose en particulier. Je lui demande une citronnade. Il s’en va et m’envoie la bonne à tout faire comme dit Bastien.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 18 )

Une fois Papy parti, un silence de plomb s’est installé dans le caveau. Maryline est ennuyée. Je vais vers elle et je lui dit.

  • Ne t’inquiètes pas, mon papy va régler son compte à sa femme.

Je ne sais pas pourquoi ils ont tous ri, même Bastien, lui en plus il en pleurait. Quant à Aurélien une fois qu’il s’est arrêté de rire il s’est approché de moi et m’a dit :

  •  » Cela fait bien longtemps que nous la connaissons ta grand-mère. Ne t’inquiètes pas cela lui aura passé, puis ce n’est pas de ta faute. »
  • Mon Papy ne va pas lui tirer les oreilles
  • Non, bien entendu, c’est juste qu’il n’etait pas très content.
  • Pour la charrue

Les voilà qui recommence à rire, Bastien me fait signe de ne rien dire de plus. Mais Maryline me donne l’explication.

  • Je vais t’expliquer Charlotte, ta Grand-mère s’est rendue compte que j’attendais un bébé. Ce qu’elle a dit mettre la charrue avant les boeufs cela veut dire avoir un bébé avant de se marier.
  • C’est défendu
  • Non, bien entendu on a le droit mais pour ta grand-mère selon sa manière de penser c’est une honte.
  • Merci. Tu l’auras quand ton bébé?
  • Dans six mois et demi.
  • Et tu te maries à quels moments?
  • Dans un mois.
  • Et bien ce n’est pas grave ton bébé va naître après ton mariage.

Bon les grandes personnes sont bizarres elles rient même pour des mots censés. Tant pis, cela ne me regarde pas. C’est surtout ma grand-mère qui m’inquiète. Bientôt on aura plus le droit de bouger ni pieds, ni pattes. J’en ai marre d’attendre.

Je fais diversion en demandant à Aurélien pourquoi ma Grand-mère paraissait très en colère contre lui au point que Papy en soit devenu tout blanc. Aurélien me dit je vais te raconter ce qu’il est arrivé à ta Maman. Ta Mamie m’en veut plus de vingt ans après que ce drame ait eu lieu. C’est une grosse bêtise. Promets-moi Charlotte de ne jamais faire une stupidité pareille. Car cette bêtise a eu des conséquences graves pour votre Maman chérie.

Notre Maman avait parié avec ses copines qu’Aurelien, Maurice et deux autres garçons seraient incapables de monter sur le noyer qui longeait la propriété de nos Grands-parents. Tous y étaient arrivés sans encombre. Puis Aurélien avait mis au défit les filles de monter. Deux amies de Maman très casse-cou étaient montés à mi-chemin. Maryline avait refusé prétextant porté des talons, elle s’était faite traitée de poule mouillée. Mais Maman qui était la petite amie de Maurice avait relevé le défi. A mi-parcours, applaudis par les garçons et les filles elle s’était arrêtée, avait levé les deux bras en signe de victoire. À ce moment-là, complètement déséquilibrée, elle avait commencé à glisser. Dans un premier temps elle s’était rattrapé d’une main à une branche, hélas cette dernière avait cassé et notre Maman était tombée de plus de trois mètres de haut. Fracture ouverte de la tête, trois mois dans le coma, les deux jambes cassées. En revenant à belle,celle ne se souvenait plus de ce qui lui était arrivé et n’avait jamais pu dire à nos grands-parents que c’était elle qui avait eu la première idée. Aurélien ne lui en voulait pas.

Une fois le récit d’Aurélien terminé je vois Monsieur Antoine qui me fixe bizarrement, dès que je le regarde il détourne la tête, puis à nouveau me fixe. Cela me fait froid dans le dos.

À suivre…

Un passé bien encombrant. (17)

  • Ne pleure pas Charlotte, regarde sur ton téléphone portable et surtout promets-moi de ne rien dire ni à Papy Paul et encore moins à son drôle de copain.
  • Papy il est gentil, je lui dit tout.
  • Petite dinde regarde ce que Papa t’as écrit. Si tu es incapable de tenir ta langue je prends ton téléphone. Si je te l’ai laissé c’est parce avec Papa nous te trouvons très responsable.
  • Non c’est parce que le téléphone était rose

Bastien rit, ce n’est même pas drôle. Je m’arrête de crier, je lis ce que Papa m’a envoyé.

 » Ma petite fille, n’ai pas peur … Pour me cacher à Dakar , un de mes amis gendarmes comme moi va m’emmener menotter. Tu as le droit de pleurer. Bastien je l’ai averti avant. Toi j’ai hésité, parfois tu n’en fais qu’à ta tête. Mais cette fois, ma princesse tu ne dois le dire à personne. Même pas à ton grand-père. Silence. Promets-moi ma fille adorée. Il en va de la survie de ta Maman.

Je n’accuse pas ton grand-père , loin de là… Mais il faut que le secret soit bien gardé et j’aurais la possibilité de me fondre au milieu de ceux qui l’ont enlevé. Bastien te donnera toutes les explications qu’il faudra.

Ne te sépare jamais de ton téléphone mets -y un mot de passe dont tu te souviendras. Je te permets d’appeler ton ami Joseph mais ne lui dit rien me concernant. Rien. Même pas que je suis en Afrique. Si tu en as déjà parlé dis-lui que tout est annulé. Réponds-moi que tu as tout compris. Je vous aime mes enfants. A bientôt. Je vous serre contre moi et vous couvre de baisers. » Papa qui vous aime.

Je continue à pleurer, mais je vois arriver vers nous le copain de Papy. Vite je dois répondre à Papa sans que l’on voit mon téléphone .

« Cher Papa, moi aussi je t’aime et je ferais tout ce que tu as dit. Comme dans le jeu que tu m’as acheté où on ne peut gagner que si notre adversaire ne sait rien sur notre manière de jouer. Alors même si ce n’est pas un jeu je saurais me taire. Gros bisous mon Papa chéri. Ta fille adorée. Charlotte. Bastien me dit qu’il t’embrasse. »

Maurice me console et me dit, chut pas un mot sur ce qu’il vient de se passer à l’embarquement. Vos grands-parents n’ont pas besoin de se faire du souci. Ils sont déjà fort affecté par la disparition de leur fille. Je compte sur vous.

D’une seule voix nous lui disons que l’on est d’accord. Lorsque Papy me voit encore en larmes. Il me dit de ne pas pleurer que mon papa saura se débrouiller, qu’il connaît bien l’Afrique et qu’il comprend que pour moi c’est dur de laisser partir mon papa. Je lui en suis reconnaissante de me dire ses mots forts gentils.

Nous repartons avec l’ami Maurice et Papy, épuisée je m’endors et lorsque je me réveille je suis sur mon lit. Je regarde l’heure à ma montre, déjà 16 heures je n’ai ni mangé ni accompagné Papy visiter ses caves. Je prends mes chaussures à la main car Grand-mère ne veut pas que ses escaliers bien cirés soient rayés. J’arrive à la cuisine il y a un plateau repas. Il est écrit dessus, pour Charlotte. C’est gentil qui m’a préparé cela? Grand-mère ou sa cuisiniere, lingère ,femme de chambre. Elle m’a dit s’appeler Louise mais ma Grand-mère l’appelle Louloute et cela l’a fait rire.

Ah voilà Louise, elle me met un gros bisous sur la joue et me dit :

  • Votre grand-mère est parti jouer au bridge chez ses amies, Monsieur m’a dit que vous alliez être affamé, aussi je vous ai fait ce plateau repas. Vous aimez tout Mademoiselle Charlotte.
  • Oui, mais je ne veux pas que vous m’appeliez Mademoiselle Charlotte. Et dites moi  » tu « .
  • Lorsque je serais en présence de Madame ne t’étonnes pas que je te dises Mademoiselle.
  • Merci Louise

Louise attends que je termine mon repas, elle me donne une glace et m’annonce que Bastien et Grand-père m’attendent devant la porte du caveau. Je ne comprends pas ce que c’est que ce caveau. Mais elle rit et m’accompagne. Ah la porte est déjà ouverte, Louise appelle mon grand-père par son prénom, ça c’est super bizarre. C’est Bastien qui arrive et qui remercie Louise , il me fait signe de le suivre.

Je suis dans une pièce voûtée, il fait frais, sur des étagères il y a des bouteilles de vin. Antoine celui qui avait des vues selon Bastien sur Maman, est encore là. Avec lui un couple, tous les trois boivent du vin rouge. Papy explique que sa robe est rouge brun foncé, qu’il est à boire les yeux fermés. J’écoute je suis sous le charme de sa voix lorsqu’il parle de son vin. Il m’aperçoit et dit au couple, voici la soeur de Bastien, ma petite fille Charlotte. Viens ma princesse, la dame est la meilleure amie de ta Maman. Elle va bientôt se marier, puisque ta Maman est absente pour le moment c’est toi qui sera sa demoiselle d’honneur.

Je ne sais pas quoi leur répondre. Mais si cette dame accepte que je sois sa demoiselle d’honneur je suis super contente. Mais Maryline l’amie de Maman me dit :

  • Ta Maman aurait dû être ma demoiselle d’honneur toi tu seras chargé de prendre ma traîne et Aurélien mon futur mari va te trouver un cavalier dans sa famille.
  • Quel âge as-tu Louise? Me demande Aurélien.
  • Je vais avoir onze ans
  • Eh bien ce sera mon petit frère Théo qui sera ton promis il a douze ans.
  • Merci Monsieur
  • Tu as le droit de m’appeler Aurélien, moi aussi je la connais bien ta Maman, avec Maurice et ma future femme nous étions une bande de copains copines.
  • Et vous avez fait tourner en bourrique ma femme.

Tous se mettent à rire et c’est à ce moment que notre Grand-mère arrive. Elle n’a pas l’air contente de tous nous trouver dans le caveau.

  • Je vois que c’est la fête pendant que je m’absente. Et vous riez pour quelles raisons? Quels bêtises mon époux vous racontent. Ah c’est toi Maryline tu te souviens encore que nous habitons à Solutré. On ne t’a pas vu briller lorsque nous t’avons avertis que ta meilleure amie était partie en Afrique. et que nous étions sans nouvelle d’elle. Quel bon vent te ramène sur nos terres?
  • Bonjour Madame, je suis venue vous annoncer mon prochain mariage avec Aurélien Duboeuf, vous vous souvenez de lui.
  • Oui je ne peux pas l’oublier, j’espère que vous, vous souvenez de la raison Monsieur
  • Madame je vous réitère mes excuses, nous n’avions que dix sept ans et les paris sont souvent stupides.
  • J’espère que vous ferez plus attention à vos enfants quand vous en aurez et j’ai l’impression que cela ne saurait tarder. Vous avez mis la charrue avant les bœufs.

Une fois que ma Grand-mère a fini de dire cette phrase fort énigmatique pour moi, elle a tourné les talons et nous a laissé. Grand-père était pâle, si pâle. Aurélien s’est précipité vers lui et l’a fait asseoir sur une des chaises qui se trouvait non loin de lui. Bastien et moi nous n’osions dire un mot. Papy a repris des couleurs, il s’est excusé au nom de sa femme. Et il est sorti en demandant à Bastien de s’occuper de nos invités, et il a ajouté je vais tirer les oreilles de ta Grand-mère.

A suivre…

Un passé bien encombrant. (16)

Ce matin Papa aurait dû partir d’abord en tgv jusqu’à Paris -Orly puis en avion d’Orly : avec Air France. Papy lui avait dit qu’il était honteux d’escroquer les gens, c’était cher et il y avait deux escales : Paris Marseille, Marseille Alger, Alger Dakar. Mais Papy lui a offert un billet d’avion au départ de Lyon Saint-Exupéry. Papa l’a remercie avec beaucoup d’effusion juste au moment du petit déjeuner. Seul notre Papy est là et aussi son meilleur ami Monsieur Maurice, c’est lui qui va nous conduire à l’aéroport de Lyon St Ex. comme dit Maurice. Avant de partir Bastien m’a expliqué que par Orly papa aurait dû payer 2045€ et par Lyon Papy avait déboursé 824€. Et il avait ajouté c’est un vieux qui surveille ses sous.

J’ai trouvé que Bastien n’était pas gentil pour notre Papy. Aussi avant de partir avec notre Papa je lui ai demandé très innocemment si c’était cher un billet d’avion et par quelle compagnie il partait.

Il.a souri, m’a regardé et m’a dit :

  • Comment le sais-tu ? Bastien écoute donc aux portes
  • Oui cela en a tout l’air.
  • Je pars par Air Algérie
  • On pourra voir ton avion s’envoler
  • Papy vous le permettra, ne t’inquiètes pas. Je vais prendre un avion pour Alger. Après j’ai une longue attente et je repars pour Dakar. Mais je dois rencontrer deux amis donc cela va bien m’arranger d’avoir de l’attente.

Je n’ai pas osé demander qui il allait rencontrer et comme tout le monde me considère comme un bébé je n’ai rien dit. J’ai juste conforté mon rôle. J’ai pris mon papa par le cou et je me suis blottie dans ses bras.

J’ai entendu Monsieur Maurice dire à Papa :  » tu sais Paul comme j’aimais ta femme, mais elle t’a préféré toi… Je t’ai battu froid pendant des années, aujourd’hui je te prie de me pardonner. Je connais bien le Sénégal si tu as le moindre ennui je serais là pour toi. Je » mon papa lui a répondu c’est ce que m’a confié hier soir mon beau-père. » Du coup moi du haut de mes bientôt onze ans je me demande si Monsieur Maurice est bien le copain de Papy. C’est plutôt l’ancien amoureux de Maman. Il va falloir que je me rapproche de cet homme. En plus il est très beau. Mais Bastien m’a fait les gros yeux lorsque je lui ai dit ça.

  • Tu es malade Charlotte tu as vu ton âge et le sien … Que veux-tu que ce bonhomme t’apportes… Il fait ami avec Papa pour nous voler notre Maman, déjà que nous ne savons même pas la raison pour laquelle elle a disparue. Pourquoi ce Maurice n’est pas parti à sa recherche vu qu’il.connait bien le Sénégal.

Mon frère n’a pas tort, pourquoi il a attendu notre retour en France pour aller sauver notre Maman. Il est bizarre cet homme. Bon tout-à-l’heure lorsque je visiterais les caves je demanderai à Papy pourquoi ce Monsieur est son copain. J’espère qu’il me répondra.

Nous voici arrivé, je suis montée sur le porte bagages, c’est Papa qui me pousse . Papy nous a dit d’y aller ne voulant pas que son gendre rate son avion. Il.nous a confié à son copain. Bastien court à côté de nous. Enfin voilà le hall de l’aéroport et la salle d’embarquement numéro 3 son avion par Air Alger est annoncé pour 14 h 04 , il fallait arriver deux heures avant. Il est midi trente. Comment mon papa va faire. C’est à ce moment que je vous arriver deux gendarmes, ils saluent papa militairement. Le plus vieux qui a une drôle de moustache lui dit. : je vous ai trouvé trois hommes pour vous seconder. Deux sont déjà sur place, incognito, mon bras droit vous accompagne. Et il passe aux mains de mon papa les menottes. Je regarde pour à tour, papa, Bastien et Monsieur Maurice, je ne comprends rien du tout. Que fait Papa menotté ? Bastien me fait descendre du chariot à bagages et m’entraîne vers un distributeur de bonbons. Je crie je veux dire au revoir à mon papa. Je m’en fiche de ces bonbons.

A suivre…

Un passé bien encombrant. (15)

Je quitte Grand-mère et je me demande ce que j’ai fait à la mère de ma Maman. C’est étrange, bon je vais ruminer ma vengeance. Elle verra la sotte ce qu’elle va mijoter. J’arrive au bas des escaliers Bastien m’attend, il a un sourire aux lèvres. Il m’entraîne dans le couloir, ouvre la porte de la chambre de Maman enfant. Et là je suis stupéfaite il y a ma poupée Aglaé qui est allongée sur le lit de Maman. Mais le chapeau qui était dessus a disparu. Papa me regarde il est tout ému. Papy me demande si ma nouvelle chambre me plaît. Je lui saute au cou en le remerciant. Il me dit que c’était le vœu de sa chère fille que moi son bébé d’amour je sois dans sa chambre lorsque je rendrais visite à ses parents.

Je demande à Papy pourquoi il a enlevé le chapeau, il.me regarde et ne comprend pas, j’ajoute avec les rideaux. Je sens que j’ai fait une bêtise, je ne pouvais pas le savoir puisque je n’étais jamais rentré dans la chambre.

  • Tu veux dire Charlotte le lit à baldaquin.
  • Oui si c’est ça le chapeau
  • Tu l’avais vu.
  • Oui, l’autre jour lorsque je suis passée devant, la porte était grande ouverte.
  • Tu n’es pas rentrée.
  • j’ai juste passé la tête puis je suis partie en courant.
  • Tu aurais pu entrer mais ta Grand-mère en a fait un lieu inaccessible, elle l’avait conservé tel que ta Maman l’avait laissé avant que vous ne partiez en Afrique.
  • Elle est à moi.pour tout le temps
  • bien sur tant que tu es chez nous.
  • Merci Papy.

Papy est redescendu nous laissant Bastien, Papa et moi. Papa nous a remis un téléphone pour l’appeler exclusivement en Afrique. Comme il était rose, Bastien me l’a laissé. Ça m’arrange bien car je veux des nouvelles de Joseph. Si je peux appeler Papa je dois bien pouvoir appeler mon ami. Je vais descendre me promener dans les vignes. Personne ne va pouvoir m’écouter.

Je fais le numéro de Joseph, j’entends une voix chevrotante. Puis de la friture et enfin la voix de Joseph.

  • Qui me téléphone?
  • C’est moi, Charlotte
  • A qui appartient ce téléphone ?
  • C’est mon père qui me l’a donné pour que j’appelle en Afrique.
  • Moi
  • Non lui
  • Il n’est pas encore arrivé
  • Il.n’est pas parti
  • Rappelle-moi demain bisous
  • Attend !

Il ne m’a même pas laissé le temps de lui dire deux mots. Il exagère. Bon je verrais demain. Je retourne dans ma chambre rose bonbon. Papa y est encore. Il est assis sur le fauteuil en osier et il regarde par la fenetre. Puis il m’aperçoit,tellement content de me voir admirer le lit, la courtepointe rose, les rideaux roses, tout me plaît et je le montre en applaudissant en découvrant chaque bibelot, le coffre aux poupées, l’autre aux peluches et le troisième est une malle remplie de livres. Je bat des mains ce qui fait sourire Papa et Papy revenu pour voir si j’étais contente.

Soudain la cloche qui appelle pour les vendanges sonnent. Papy et Papa sortent de la chambre suivie par nous les enfants. Que se passe-t-il ?

Nous arrivons dans le hall, il y a Grand-mère qui crie après Papy. Lui nous regardé tour à tour et dit a Grand-mère de se calmer et qu’elle ne va pas en faire un fromage. Je pouffe et je vois dans les yeux de Grand-mère deux points noirs qui me fixe. Si je pouvais je rentrerais six pieds sous terre.

A suivre…