Un passé bien encombrant. ( 9 )

Le tiroir secret

Vite je décroche sans regarder qui me téléphone, c’est un appel de l’Afrique. C’est mon ami Joseph. Il est très excité. Je ne comprends rien de ce qu’il me raconte. Mais je n’ose pas élever la voix, je ne sais pas si la sonnerie à alerté ma grand-mère ou sa femme de chambre.
Finalement je saisis au passage qu’un homme bizarre est venu les voir, pendant deux jours de suite. Il a posé des questions à son père, puis à sa mère ainsi qu’à toute sa famille, y compris lui. Je lui demande qui c’était. Et en quoi était-il bizarre? Étrange, Joseph me répond que c’est mon grand-père qui a demandé à un drôle d’homme habillé avec une veste et un pantalon rose et noir à carreaux d’enquêter pour connaître les raisons de la disparition de sa fille. Pourtant Bastien m’a dit que notre Maman était morte. Je ne comprends pas pourquoi mon grand-père met son nez partout. Un bruit de verre cassé ou de je ne sais quoi met brutalement fin à notre conversation.

Il est drôlement habillé cet homme, Joseph m’a dit que tout le monde riait quand ils ont vu cet homme. Il avait de la sueur qui coulait sur ses lunettes, à la main un grand mouchoir blanc, il faisait que quitter ses lunettes, s’essuyer et dès qu’il les avaient remis il recommencait. Il venait de France. C’était un détective privé. J’en parlerai à Papa. Il faut que je continue mes recherches. Je met mon téléphone sur vibreur, on ne sait jamais si Joseph me rappelle.

Je sors de la poche de mon short la petite clef et je vais essayer d’ouvrir le tiroir de la petite commode qui se trouve sur le bureau de maman. Je l’introduit dans le tiroir et surprise cela ouvre un compartiment. Mais il n’y a rien, mais lorsque je met ma main à l’intérieur le fond bascule et je trouve une lettre. Dessus il est écrit à remettre à maman. Je regarde partout je ne trouve plus rien du tout. Pourquoi ma grand-mère ne l’a pas ouverte. Je la glisse dans la poche de mon short.J’entends a nouveau des pas dans le couloir. Vite je referme le tiroir mais il ne veut plus se refermer. Tant pis. Je me précipite sous le lit car la chef tourne à nouveau dans la serrure. Qui peut bien entrer à nouveau?

A suivre…

Un passé bien encombrant. (8 )

Charlotte

Mon grand-père vient de sortir, je vais pouvoir en profiter pour me promener dans la maison où a vécu notre maman. Dans le couloir qui mène aux chambres j’ai vu la femme de ménage sortir d’une des chambres et je pense que c’est celle où Maman devait dormir. J’ai juste eu le temps de me cacher dans la bibliothèque ou Mamie nous a dit que nous pouvions aller pour prendre des livres. La femme était très en colère, elle avait oublié la clef. Il faut que je me dépêche d’aller voir cette chambre où Papy nous a interdit d

La porte n’est pas fermée à clefs, j’entre et la chambre est plongée dans le noir. J’allume la lampe de mon téléphone et au début je ne vois pas grand chose. Puis mes yeux s’habituent à la lumière.

C’est comme si il y avait une jeune fille qui avait cette chambre. Sur une chaise il y a un joli pull rose, il doit être en mohair il est tout doux. Je le met contre ma joue, les larmes m’arrivent aux yeux, il sent le parfum de Maman. Soudain j’entends des pas dans le couloir. Il faut que je me cache. J’ouvre la porte d’une armoire et je me glisse dedans. J’attends. C’est bien la femme de chambre elle est accompagnée de Mamie, pourvu qu’elle n’ouvre pas la porte.

je l’entend gronder sa femme de ménage,

  • Non seulement vous laissez la porte grande ouverte mais par-dessus le marché vous n’ouvrez pas le fenêtre. Si Agnès revenait demain elle détesterai avoir une chambre qui sent le renfermé. Ouvrez-moi les volets et d’ici trente minutes revenez fermer les fenêtres. Mais par pitié fermez à clefs.

J’entends la porte se refermer, la clef tourne dans la serrure. Me voilà enfermée, il faut que je me débrouille pour sortir de la chambre dès qu’elle aura le dos tourné. Je suis perdue, je pleure. Il faut que je téléphone à Papa.

Son numéro est enregistré , c’est Bastien qui me l’a mis. Elle revient que dans trente minutes, j’ai le temps de faire le tour de la pièce. La chambre est très belle. On dirait une bonbonnière rose. Le lit a un grand voile blanc, on dirait un lit de château. Le bois du lit est d’un beau marron. Il y a un bureau avec une glace, un miroir, des brosses, du rouge à lèvres et même du mascara. Deux tiroirs font un est fermé à clef. L’autre est entrouvert. Il y a un foulard vert et un blanc. Eux aussi sentent le parfum de Maman.

Sur l’étagère un gros paquet de photos en noir et blanc, au sol un drôle d’objet, je ne sais pas ce que c’est. On dirait un panier comme un entonnoir en paille. Je vais le prendre en photo. Bastien me dira ce que c’est. En le soulevant j’ai fait tomber deux clefs. Une petite qui doit ouvrir le tiroir fermé à clefs. L’autre on dirait que c’est celle de la porte car elle ressemble à celle de ma chambre.

Personne n’est rentrée et pourtant je sens comme une présence , soudain un bruit de pas dans le couloir. Je n’ai que le temps de me glisser sous le lit derrière le jupon qui cache le sommier. Quelqu’un traverse la chambre, s’étonne que le panier ne soit pas à sa place. Puis dit je m’en fiche. Sort et ferme la porte à double tour.

Me voilà prisonnière. J’allume le plafonnier, et sort de ma poche la petite clef. A ce moment mon téléphone sonne.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 7 )

Nous voici arrivés, Marie me demande une chose impossible aidé Paul notre gendre à sortir ses bagages de son véhicule. Je le fais tout en maugréant dans ma moustache. Paul a dû m’entendre car au moment où je m’approche de lui il.me demande si je ne vais pas salir mes mains au contact de ses valises styles  » Brousse ». Que me veut cette ironie après huit ans où ses nouvelles étaient plus que rare. Enfin six ans depuis la disparition de notre fille.

Disparue, j’ai toujours eu des doutes, c’est lui qui l’a tué et il a fait disparaitre le corps, notre fille n’était pas idiote, et encore moins suicidaire, non c’est lui le chasseur de tête qui l’a tué, personne ne m’enlèvera ça de la tête. Ce n’est pas ce qui a manqué dans les années passées les assassins. Bon voilà qui est fait, Monsieur a la chambre de sa femme. C’est Marie qui l’a voulu, je n’ai rien dit, ne voulant ni polémiquer ni rentrer en conflit avec ma femme.

J’ai mis les bagages de chacun des enfants dans les pièces que leur grand-mère leur a choisi. Bastien est dans la chambre que j’occupais étant enfant. Quant à Charlotte elle est dans la chambre de sa tante, la soeur aînée de sa mère. Je vais emmener Bastien faire le tour de ma propriété mais lorsque je frappe à sa chambre, il dort, son père est à son chevet. Je rebrousse chemin et je ne demande rien. Une main m’attrape par l’épaule et j’entends Paul me dire :

  • Que voulez-vous ?
  • Emmener Bastien se promener
  • A quel endroit ?
  • Dans mes vignes
  • Je ne pense pas qu’il sera intéressé.
  • Permettez-moi d’en juger personnellement
  • Ne vous inquiétez pas ce sera lui qui décidera

Il m’agace mon gendre avec ses allures de gentleman farmer. Tiens que fait Charlotte à tourner en rond entre sa chambre et celle de son frère. Bien, voilà Marie qui me cherche il est temps de crever l’abcès. Je fais un sourire à Charlotte et je rejoins Marie. Elle a sa mine des jours sombres.

  • Que veux-tu ma chère Marie?
  • Arrête, ne joue pas au grand papa gâteau, laisse Bastien découvrir le domaine, quant à Charlotte c’est autant ta petite fille que tes autres petits enfants. Je sais très bien que pour toi seuls les garçons sont les successeurs.
  • Marie ne me catalogue pas, chez nous la propriété se donne de père en fils. Je n’ai pas eu de fils c’est donc mon petit-fils qui reprendra le flambeau.
  • Si tu n’avais pas été si autoritaire la mère de Bastien aurait pu être ta digne représentante, mais Monsieur a des principes.
  • Je suis le seul Maître ici et on doit faire ce que je dis.
  • En attendant que Bastien te remplace tu ferais bien d’être aimable avec Paul.
  • Lui c’est une autre affaire, pour ma petite-fille j’essaye mais lui c’est un assassin.
  • Arrête c’est impossible qu’il ai fait disparaitre notre fille. Déjà enfant elle n’en faisait qu’à sa tête, Paul.lui avait déconseillé de se rendre au souk. Que s’est-il passé ? Hélas nous le saurons jamais.
  • Maintenant que mes petits-enfants ont quittés l’Afrique j’ai lancé une enquête avec un détective privé.
  • Espérons que nous aurons des nouvelles.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 6 )

De nos jours…

Marie est douée elle circule entre le flot de véhicules et nous arrivons sans encombres à Saint-Exupéry. Au terminal deux leur avion en provenance d’Orly est annoncé pour dix heures quinze, il est dix heures douze, bel exploit de ma femme. Nous avons trouvé une place pour se garer, nous avons récupérer un chariot pour les bagages et nous attendons nos petits enfants.

Marie m’a fait la leçon, Paul sera présent, il va même passer une nuit chez nous. Je dois bien me tenir sinon Marie dans l’intimité sera en colère. Elle me connait si bien, cela fait cinquante ans que nous sommes marié. Mais lui qui a emmené ma fille en Afrique et l’a laissé mourir je lui en veut à mort. Il aurait dû être plus vigilant, même si Marie me dit que ce n’est pas sa faute. Je lui en veut terriblement.

Enfin les voilà c’est Charlotte qui marche devant son père et Bastien est dans un fauteuil roulant, mon dieu, ils ne m’ont rien dit. J’espère qu’il va pouvoir marcher à nouveau cet enfant. Marie le tapote le bras, d’y a-t-il encore? Ah c’est la gamine qui me tend les bras, je la serre mais le coeur n’y est pas, tout est gâché, ce type me rappelle tant de mauvais souvenirs. Et cette gamine m’agace à réclamer un bisou. Je lui le fait comprendre en la repoussant. Elle semble interloqué et finalement elle se met à pleurer. Paul se précipite vers elle et la console. Le regard qu’il me jette laisse présager rien de bon.

Bastien se lève embrasse sa grand-mère et me tend la main, c’est horrible pour moi, ce gamin est aussi dédaigneux que son père, mais il me dit :

  • Comme tu viens de repousser Charlotte je suppose que tu préfères une bonne poignée de main à des embrassades. Bonjour Grand-père, tu n’as pas changé.
  • Bonjour

Que veut dire Bastien , je suis toujours ce vieux con ou je n’ai pas vieilli. Enfin nous verrons ça plus tard. Paul me salue du bout des lèvres, il semble furibond. Il cajole la petite et discute avec Marie. Voici leurs valises ils sont chargé comme des bourricots. Paul récupère un autre chariot à bagages et met tout son bazar dessus.

Marie pousse Bastien qui est encore faible, moi le chariot à bagages des enfants et Paul le sien. Nous apprenons qu’il a loué une voiture car il compte bien emmené les petits chez ses parents une semaine. Nous apprenons que même si nous en avons la garde il y a une clause qui veut que les enfants séjournent aussi chez ses parents. Il nous met devant le fait accompli. Mais ce sera une semaine pour les vacances de quinze jours et un mois pour les grandes vacances. Je vois les yeux de Marie aussi je ne dis mots.

Bastien et Charlotte sont monté dans la voiture de leur père, Marie va pouvoir me gronder. Je l’écouterais sans rien dire mais je n’en penserais rien comme elle. Le retour est glacial. Marie roule prudemment suivi de Paul. Aucun reproche, rien le silence est encore pire que sa colère. Quand elle va exploser il.y aura des étincelles.

A suivre….

Un passé bien encombrant. ( 5 )

La roche de Solutré pour vous mettre dans l’ambiance… Et ses vignes…

Il est à peine cinq heures, Marie est déjà levé, l’appel téléphonique d’hier au soir m’a fait passer une mauvaise nuit. La malédiction était encore sur nous. Le seul héritier en France de nos vignes avait fait une syncope. Mon petit Bastien était selon son père dans un sale état. Il est vrai que le chasseur d’images ne me portait pas dans son coeur, c’était réciproque. Il était bien capable de me culpabiliser. Mais avant de venir il était bien normal que leur père les avertisse de la disparition de leur mère. Il.les avait laissé dans l’ignorance, c’était déjà discutable mais sinon plus il.n’avait pas su choisir ses mots là c’était inconcevable. Marie m’avait dit de me taire tant ma colère était grande. Depuis que le médecin lui avait dit que je faisais de l’artithmie elle se faisait un sang d’encre et évitait que je me dispute ou que je prenne des coups de sang.

Enfin voilà que le jour succède à la nuit. Le soleil se lève doucement, peignant le ciel d’une palette de couleurs pastels. Assis sur mon lit je fixe l’horizon. Les premiers rayons du matin filtrent au travers des rideaux, éclairant la pièce d’une lueur chaleureuse. Pourtant malgré la lueur tranquille de l’aube mon esprit est tourmenté par un tourbillon de pensées sombres.

La syncope de son petit-fils avait secoué son monde d’une façon inattendue Les doutes s’insinuent dans mon esprit comme les ombres dans la lumière, me laissant perplexe et incertain pour l’avenir. Je me demandais comment tout cela s’était enrayé, j’entendais dans le calme du matin le tic-tac de la Comtoise, nul autre bruit, un silence de mort m’entourait.

Où avais-je pu commettre une erreur, et pourquoi tout avait changé si soudainement. Depuis la disparition brutale et horrible de mon père, tout était redevenu à la normale. Rien n’était venu endeuillé notre quiétude. Mais à ce moment-là je me demande si j’ai tout fait pour protéger mon petit-fils.

Marie me presse nous devons aller à Lyon récupérer nos petits enfants. J’ignore si elle a organisé une rencontre avec ce type, sûrement l’instigateur de la disparition de notre fille. Quelle idée d’aller en Afrique, il aurait pu faire des photos dans les Alpes surtout qu’il est originaire de Savoie. A cinq ans notre fille nous vantait les exploits de Bastien lorsqu’ils rejoignaient les parents de notre gendre. Le gamin n’avait pas froid aux yeux il suivait son Papy sur les pistes bleus au départ puis rouges. Son grand-père était un grand skieur, il avait eu son temps de gloire. Puis une sale blessure et adieu la compétition juste six mois avant Albertville. Pourquoi est-ce que je pense au fier comme Artaban ? C’est ainsi que je nommais Maurice, dieu qu’il était pédant ce type, tandis que sa femme, elle aussi une grande championne, était l’inverse, discrète,mignonne mais insignifiante, Charlotte devait tenir d’elle. Car sur les photos que nous recevions régulièrement je ne la trouvais pas très belle. Elle devait essayer de ressembler aux Africains car elle était plus noire que blanche. J’allais y remédier, elle n’allait pas nous faire honte cette sale gamine. Je ris de mon trait de génie. Noire et Sale tout est dit … Heureusement que Marie conduit car j’aurais lâché le volant pour me tenir les côtes.

A suivre…