Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Annabelle et Cécile descendent de l’estafette et c’est à ce moment que je choisis pour reprendre l’avantage sur l’inspecteur Bargeot. Un vrai dingue ce type, il doit vouloir monter en grade, pour lui tout est bon. Écraser les autres doit faire partie de sa stratégie. Je ne vais pas le laisser s’en prendre à ma future famille bien que j’ai de plus en plus de soupçons.

Comment faire pour concilier min métier dans lequel je dois rester intègre et ma famille à venir que j’apprécie ? Jamais je n’aurais dû m’occuper de cette enquête. Je vais faire mal aux uns et aux autres. Mais vu l’être méprisant qu’était Jules de Bougainvilliers je pense qu’elle aura des circonstances atténuantes, avec un bon avocat elle devrait s’en sortir. Mais je devais être certain que je ne faisais pas erreur. La raison je la connaissais mais comment s’y était elle prise ? Car il fallait rentrer dans le bureau de Monsieur de la Roche Vineuse connaître le code du coffre fort, récupérer les balles et la clef de la vitrine. Ouvrir celle-ci, attendre le bon moment pour tuer ce sale criminel et refaire le chemin inverse pour tout remettre en place, au risque de se faire découvrir par Monsieur de la Roche Vineuse. Oui comment avait-elle pu faire ? Pour Claude et lui c’était une énigme il leur fallait des preuves car sans rien, aucune arrestation pouvait être possible.

A moins de la faire parler, mais jusqu’où etait-elle capable d’aller ou de nier ses accusations. C’était sa première enquête, il ne voulait pas la foirer et être certain pour lui passer les menottes qu’il ne se trompait pas.

En plus on ne lui faciliterait pas la tâche , Madame de la Roche s’était dénoncée, pour Nicolas c’était impossible que ce fut-elle. Son mari lui aussi s’était mis sur le devant de la scène il devait penser que c’était Annabelle, cette dernière autrefois avait gagné des concours de tirs. Elle maniait les armes aussi bien qu’un inspecteur chevronné. Ses parents pensaient que c’était leur fille. Nicolas s’était posé la même question au fur et à mesure où il déplaçait ses coupables. La question ne s’était pas posé pour Claire c’est elle qui avait reçu les balle destinée à sa jumelle, de cela il en était certain, pour la suite c’était fort nébulleux. Cécile quant à elle détestait son frère, car au vu des lettres lues dans les courriers qu’avaient échangé Cécile et Jules , ils en étaient tous les deux convaincus son homonyme était bien le fils cadet du vieux. Et non comme le prétendait quand elle était vivante sa mère que cet enfant était le fils de l’homme qu’elle avait aimé l’aîné des de Bougainvilliers, André. Le père supposé de Marie Cécile.

Car, hélas il fallait s’en convaincre Cécile était la meutriere de son propre frère, mais irait-elle jusqu’à s’expliquer ou partirait-elle pieds et poings liés sans explication. Et qu’adviendrait-il de son mariage avec Claire ? Resisterait-il à l’arrestation de sa future belle-sœur. Il était dans un trou noir, comment allait-il pouvoir s’en sortir ? Tellement il se sentait mal qu’au lieu d’aller interroger toutes ces dames, il confia le premier interrogatoire à son collègue et ami Claude. Quant à lui il pris l’estafette et s’enfonça dans les vignes. Il se mit à chialer comme un pauvre type. Il lui fallait se rendre au village et appeler son père, certes il ne ferait pas le travail à sa place mais il le conseillerait.

Voila c’était la meilleure des solutions. Aussitôt dit aussitôt fait. Le voici à Belleville sur Saône. Il appelle chez lui, c’est son père qui lui répond. De suite à la voix de son fils il sent que la situation est grave. Après avoir été rassuré sur l’était de santé de sa future bru, il demande à Nicolas pour quelles raisons il le dérangeait en pleine journée. La préposée au PTT a eu beau tendre l’oreille elle n’a pas su ce que le père et le fils s’étaient dit. Mais Nicolas était moins angoissé en repartant au Domaine de la Roche Vineuse.

A suivre…

PS : je vous fait languir mais c’est exprès…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

A peine suis-je arrivé au Commissariat que mon binôme me dit que le Commissaire est déjà arrivé et que nous sommes convoqués tous les deux dans son bureau. Je le regarde et tous les deux nous savons qu’il va falloir la jouer serrer. Nous n’avons pas tous les éléments mais une trame se dessine. Vais-je pouvoir garder l’enquête ? Là c’est moins sûr. Suis-je capable de faire la part des choses ? Il va bien le falloir sinon je suis bon pour faire la circulation.

Claude qui travaille avec moi est originaire de Charolles en Saône et Loire. Ses parents sont des agriculteurs, ils ont cinquante charolaises. L’autre jour il a apporté à la cantine deux côtes de boeuf. Quel régal ! Bon nous ne sommes pas là pour se lécher les doigts nous devons affronter le boss.

Nous voici dans l’antre du Big boss, il s’appelle Commissaire Théodule Soufflet. Et pour être un soufflet il l’est. Ce matin il.nous attend avec cafés et croissants. Est-ce que cela est de bonne augure, Claude fronce les sourcils, il semble sceptique. Moi je suis déjà désabusé. Il va nous la jouer bon prince et si nous n’allons pas dans son sens, il nous achèvera comme les vaches à l’abattoir c’est ce que me dit en rentrant Claude avec un sourire goguenard.

Je saisis son rire mais j’espère qu’il.n’ira pas tout dire à Théo le Soufflet. Autant faire durer l’enquête tant que l’on ne connait pas les motivations de l’agresseur. Car hélas, mais je ne puis formuler dans ma tête la manière dont je vais aborder ma vision de cet assassinat que le Commissaire m’agresse dans un langage pas piqué des hannetons. Dommage que je lui doive le respect sinon je lui aurais bien mis mon poing dans la gueule.

  • Alors le bleu vous avez trouvé qui sont les commanditaires à défaut de m’apporter sur un plateau l’assassin.

Comme je ne lui réponds pas assez vite voici ce que j’entends et qui me fait bouillir intérieurement.

  • Qu’as-tu à me dire trou du Q ?

J’entends Claude dire un Oh stupéfait ce qui a le mérite d’exciter le Commissaire.

Trou du Q n’est peut-être pas assez fort pour ce jeune blanc bec tout juste sorti de l’école d’inspecteur, alors toi le cul terreux que penses-tu de notre affaire ?

Claude est blanc comme un linge je le sens désarçonné par les propos agressifs de notre boss. Il répond vraiment aux surnoms que lui ont donnés ses hommes. C’est bien parce que je suis près de mon amour que je n’ai pas demandé ma mutation dès le premier jour. Parfois je me demande si le jeu en vaut la chandelle. Lyon ce n’est pas si loin. Les autres qui sont sortis comme moi parmi les cinq premiers sont dans des commissariats autrement plus en adéquation avec notre formation. Mais ici à Mâcon j’ai affaire au pire des chefs. Il était au 36 et à la suite d’une bavure il a été rétrogradé. Et bien il nous le fait payer.

  • Monsieur le Commissaire je tiens une piste, sur les six heures du matin, le jardinier Monsieur Maillard a entraperçu une femme qui se sauvait. Il a trouvé bizarre que vu l’heure elle soit déjà sur la propriété, aussi il l’a suivi et il l’a vu s’engouffrer dans une estafette blanche ou sur le côté il était écrit Coop en lettre orange. Renseignements pris il y a bien une coop au village de la Roche Vineuse.
  • Arretez Monsieur le trou du Q, n’allez pas m’embrouiller l’esprit le type chez qui il y a eu cet assassinat il s’appelle bien de la Roche Vineuse. Que me racontez-vous ? Il y a aussi un village qui porte son nom.
  • Oui Monsieur
  • Cintinuez
  • Donc avec Claude nous nous y sommes rendu pas plus tard qu’hier au soir
  • Et qu’avez-vous trouvé
  • Une femme répondant au nom de Françoise Dubon qui nous a dit qu’elle était allée déposer plainte des hier au soir à la gendarmerie. Ce qui nous a été confirmé par le Capitaine de la Gendarmerie de Belleville sur Saône.
  • Donc vous êtes bredouille
  • Pas tout-à-fait 
  • Ah qu’avez-vous ?
  • La femme !
  • Ah car les propos du jardinier sont toujours conformes, il a bien vu une femme
  • Oui mon Commandant
  • Donc vous avez enquêté
  • Oui mon Commandant, mais..
  • Quoi.il y a un mais
  • Oui car sans voiture personne n’a pu se rendre au village de la Roche
  • Donc ce qui veut dire que vous n’avez pas la moindre miette à vous mettre sous la dent.
  • Barjot venez par ici, voilà ces deux blancs becs sont sous vos ordres, vous repartez au domaine et vous me ramenez tout ce qui porte un jupon. Nous allons interroger ces femmes et je vais superviser ce beau monde.

En l’espace de cinq minutes nous voici revenus stagiaire du Commissaire. Il nous prend vraiment pour des nuls. Mais nous ne lèverons pas le petit doigt. Il se débrouillera tout seul et nous le laisserons reprendre tout à zéro sans lui donner nos indices. Quant à nos indics ils ne partageront rien avec le toutou du Commissaire.

Car c’est un secret pour personne l’inspecteur Barjot a des méthodes de rustres et malgré plusieurs bavures le Commissaire a toujours fermé les yeux. D’où le toutou Barjot…

Bon les gars on prend l’estafette et toi le gamin tu m’indiques la route la plus courte pour se rendre aux Domaines des buveurs de vin.

Je ne réponds pas car je ne veux pas aller à l’affrontement. Il l’a fait exprès pour voir ma réaction. Même Claude a compris, je me suis ramassé dans le tibia un bon coup de pieds. M’intimant l’ordre de la fermer.

A peine arrivé Barjot sort comme un ressort de la voiture et se précipite vers la première femme, ce n’est que Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers,mais que fait-elle ici, ne devrait-elle pas être à Lyon auprès de sa jumelle. Je lui fais signe de ne pas me reconnaître et tout se passe bien. Ce grand con de Bzrjot veut lui mettre les menottes mais Claude et moi nous l’en dissuadons. Elle n’est pas coupable nous ne voulons que les interroger.

Ensuite tour a tour nous embarquons la mère d’Annabelle, Annabelle elle-même, les lingères et femmes de chambre. Mais Claude doit se rendre à l’évidence le « panier à salade est pas adapté à ce nombre impressionnant de femmes. Il va falloir que l’un d’entre nous attende qu’un autre véhicule vienne nous libérer. Finalement c’est l’inspecteur Barjot qui décide de rester sur le Domaine, mais je sens qu’il va passer un sale quart d’heure lorsque je vois débouler Monsieur de la Roche Vineuse.

Ce dernier se jette sur lui et lui assène ces quelques mots.

  • Qui êtes-vous et pourquoi emmenez-vous ma fille enceinte de six mois et la jumelle de mon autre fille, elle aussi enceinte. Vous allez les interroger toutes les deux sur la propriété, elles ne peuvent faire ni l’une ni l’autre de la voiture et surtout pas de votre carriole pourrie.

Claude et moi.nous rions sous cape. Barjot se confond en excuse et demande que les deux jeunes dames descendent de l’estafette. Et je pense que lorsque j’interviens en disant à mon futur beau-père que l’inspecteur voulait passer les menottes à Cécile. Ce dernier perd son sang-froid et se jette sur l’inspecteur en lui disant je vais appeler le préfet, vous serez révoqué dans la journée.

Mais Barjot se défend en lui disant :

  • C’était les ordres du Commissaire, et se tournant vers nous ajoute :
  • – hein les gars vous l’avez bien entendu.
  • – Non pas du tout il a dit ramenez-les moi mais jamais il a dit attachez-les comme des vulgaires criminelles.

Étre gentil avec les ordres du Commissaire me faisait passer pour un sale type mais il nous fallait se débarrasser de Barjot avant qu’il ne commette une bavure. Cela faisait plusieurs fois qu’il frisait la correctionnelle.

A suivre..

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Depuis dix jours Cécile reçoit une lettre par jour, mais elle ne daigne même pas ouvrir son courrier. Ce matin Papa est venu me voir à la clinique et il m’a raconté que Jules écrivait tous les jours à ma jumelle et elle ne lui répondait pas mais pire encore elle n’ouvrait pas les lettres.

A entendre papa je devrais la faire changer d’avis. Il fallait que je profite de notre intervention pour lui en toucher deux mots. Demain je devais partir en ambulance et dans la soirée Cécile me rejoignait à L’hôpital Edouard Herriot à Lyon. Nous serions dans une chambre et non dans une grande salle. C’était seulement la seconde fois que le père de Jules allait pratiquer cette intervention. Mais il serait assisté d’un de ses anciens internes excellent dans ce domaine. Un éminent chirurgien. C’est le frère de Jules , car ce jeune homme était souvent venu à mon chevet au cours de ces dix derniers jours. Il me faisait la cour, mais rapidement je lui avais laissé entendre que j’étais fiancée. Puis un jour il avait croisé Nicolas et compris à qui j’étais promise. Depuis il avait regagné son hôpital sur Lyon. Papa était au courant car je lui en avais parlé. Ce beau jeune homme me troublait et ça coïncidait avec l’absence de Nicolas. Comme Cécile me ressemble comme deux gouttes d’eau Maman ne veut pas vivre un drame. Ou une bagarre de jeunes coqs entre les deux frères. Cécile serait bien capable de sortir avec l’un pour agacer l’autre.

Papa a dit , vous vous ressemblez physiquement mais cela s’arrête là. Cécile est ton.opposé dans bien des domaines. Nous l’avions aussi remarqué avec Charles. Elle n’avait pas beaucoup de compassion ni d’empathie. Elle était futile, certe j’aurais tant aime que nous soyons semblable à cent pour cent. Elle était plus comme les Bougainvilliers et moi comme Maman. Charles était un cocktail entre Maman et Papa, bien que je n’ai point connu Maman mais au vu de ses parents c’était des gens gentils doux qui jamais aurait pu faire du mal à qui que ce soit.

Charles était intransigeant dans le travail, il.ne cédait jamais par contre si c’était lui qui en avait l’initiative il.pouvait apporter aux mineurs de meilleures conditions de travail. Ce qui faisait dire au mari de sa cousine on dirait le vieux avec un soupçon de douceur. Mais jamais il ne montrait ce côté. Son oncle enfin le nôtre disait tu es un mélange d’Artémis et de moi. Gentils sous une carapace de méchanceté. Heureusement que ton côté gentil ressort bien vite. Les Vineuse t’ont bien élevé je leur en suis reconnaissant.

Me voilà chargé d’une délicate mission. Pourvu que Cécile m’écoute. Avant de partir Maman a vu que ma jumelle avait mis le courrier de Jules dans sa valise. Etait-ce pour les jeter une fois arrivée à l’hôpital ou avait-elle peur que Papa les ouvre. C’était comique jamais Papa n’aurait pu faire ça.

Lorsque Cécile arrive elle est accompagnée de Papa et de Nicolas, elle vient vers moi, se penche au-dessus de mon lit et me dit :

  • J’ai peur et toi
  • Non c’est le père de Jules et son frère qui vont s’occuper de nous.
  • Son frère le bel interne.
  • Oui mais il est chirurgien il a réussi sa thèse.

Je vois un sourire narquois se dessiner sur la jolie bouche rouge de ma Cécile, qu’est-ce qu’elle peut bien mijoter ?

  • Pourquoi fais-tu cette tête on dirait que tu as une idée .
  • Non soeurette je pensais à…

Je vois ma jumelle piquée un fard magnifique, c’est ce soir ou jamais que je dois l’attaquer. Je n’ai pas le droit de me lever. Il faut que je sois en forme. Ce soir nous mangeons notre dernier repas avant l’opération le surlendemain. Au menu un potage une tranche de beefsteak et de la purée, une crème de gruyère et des raisins. Nicolas m’aide à manger, moi qui suis gauchère je n’arrive pas à manger de la main droite. Et c’est ce soir que Nicolas de ouvre que Cécile, elle, est droitière. Comme je le connais il va s’en souvenir et ne tombera plus dans un de ces pièges. Car de ce côté elle est machiavélique.

Tous les trois rions, je suppose qu’elle n’en veut plus à Nicolas, c’est déjà ça et c’est lui qui va orienter la discussion vers son meilleur ami.

Alors Cécile as-tu des nouvelles de Jules ?

Je la sens un peu déstabilisé puis sans la moindre gêne lui répond :

  • Oui il m’a écrit mais je n’ai pas eu le temps de lui répondre.
  • Ah tu fais la femme de chambre chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse.
  • Oh mais tu es bête, je viens voir Claire maintenant que tu la boudes
  • Je ne l’a boude pas, je mène une enquête
  • Alors tu as trouvé l’assassin ?
  • Oui je suis sur une piste
  • Ah ! Tu ne peux pas me le dire
  • Non, mais revenons-en à Jules, quand penses-tu lui répondre. Il aimerait bien savoir.

Je fais la naïve et demande :

  • Savoir quoi ?
  • Ce n’est pas à moi de te le dire mais ta soeur di elle veut te faire des confidences le fera. J’ai lu que les jumelles se disaient tout. Mais pour l’instant je dois rentrer sur Mâcon. Je suis de service cette nuit.

Nicolas se penche sur moi et me fais le plus doux des baisers, puis il prend dans ses bras Cécile et lui fait deux grosses bises sur les joues. Puis il part. Nous voilà seules, c’est le moment de lui parler de ses lettres.

Cecile dis-moi tout ce que te dis Jules vous n’êtes pas encore intime je peux bien savoir ce qu’il te raconte.

Cécile se met à sangloter , je n’arrive pas à la calmer, je suis même bien ennuyée lorsque je vois le frère de Jules surgir dans la chambre.

  • Voyons, Mademoiselle c’est l’opération qui vous fait peur ?

Que va répondre ma soeurette ? Elle lève les yeux, je sens qu’il est troublé en découvrant ma copie.

  • Vous êtes des cachottiers dans votre famille, personne ne m’a avertis que vous étiez à ce point ressemblante, ni Jules, ni Nicolas me l’ont dit.
  • C’était pour voir votre réaction Docteur. Claire est ma jumelle, mais qu’a-t-il entendu car au même moment je disais Cécile est ma jumelle.
  • Ah vous êtes issue du même oeuf, à ce point c’est incroyable. Avez-vous une différence pour que je n’enlève pas votre rein Claire et le greffe à Cécile.

Nous éclatons de rire et ajoutons mais là où c’est placé nous ne pouvons vous le montrer. 

Il.part en riant. Et j’attends que ses pas s’éloignent pour parler des lettres avec Cécile. Après bien une demi-heure où elle me raconte n’importe quoi, elle m’avoue ne pas avoir ouvert une seule lettre et surtout ne lui avoir jamais répondu. Je lui demande la raison. Elle n’ose pas lire qu’il la méprise. Je la regarde stupéfaite et lui en demande la raison.

Je me suis donnée à lui, il ne s’est pas retiré et maintenant je pense être enceinte et si je lui le dis que va-t-il penser de moi ?

Cela fait un mois et, déjà elle pense être enceinte, comment peut-elle déjà le savoir. Enfin je ne connais pas ces choses-là. Mais Annabelle peut peut-être l’aider dans ce domaine.

  • Justement lis ses lettres, il s’excuse peut-être
  • Ah je n’y avais pas pensé
  • Les as-tu emporté ?
  • Oui
  • Et bien qu’attends-tu ?

C’est juste à ce moment qu’arrive le professeur et il demande à Cécile de venir avec lui car il veut l’entretenir d’une chose. Mais Cécile refuse de le suivre et lui dit qu’il peut tout dire devant moi. Je vois le professeur hésiter puis finalement il se lance :

Mademoiselle Cécile vous ne pouvez pas donner votre poumon à votre soeur car vous attendez un enfant. Comme Charles est aussi compatible c’est lui qui sera le donneur.

Cécile éclate en sanglots, le chirurgien s’en va la laissant en plein désarroi.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Dans un bar de la rue de Mâcon discutent deux hommes, l’un est petit portant une belle moustache qu’il doit friser tous les jours, l’autre est grand mince imberbe et n’a pas un cheveu sur le crâne. Ils sont policiers de leur état et discutent de la Une du journal.

  • Et Paul tu as vu le mort de la vigne fait les gros titres.
  • Le jeune inspecteur y était
  • Lequel ?
  • Le Parisien qui parle pointu, lui, ne roule pas les R comme la plupart d’entre-nous .
  • Parle pour toi Pierrot moi je ne viens pas de la cambrousse. Certes je ne suis pas Parigot mais à la ville on ne parle pas comme vous les campagnards Morvandiaux.
  • Bon tu m’égares, tu en penses quoi de ce Monsieur à particule, assassiné chez un gros viticulteur de chez nous.
  • Tu vas vite en besogne, personne ne comprends, il tire sur la jeune fille avec un fusil et se tue avec une vieille pétoire qui ne se retrouve pas à côté de lui et qui a été volé dans la vitrine de Monsieur de la Roche Vineuse qui jure ses grands dieux ne pas avoir quitté sa femme.
  • Oui je sais tout ça, et le pire dans cette affaire c’est que tout le personnel dit exactement la même chose. Monsieur a été vu à huit heure du matin dans les communs donnant des ordres au jardinier, ensuite à la cuisinière, puis à son secrétaire. Tous sont unanimes Monsieur ne pouvait pas se trouver dans le potager.

La serveuse leur sert un verre de vin blanc et se mêle à la conversation

  • Voyons Messieurs et si c’était une femme
  • Une femme qu’allez-vous chercher là ?
  • Pas plus tard qu’hier j’ai entendu à la boulangerie une conversation entre deux femmes.
  • Mais que connaissent les femmes dans les armes , vous rêvez, ma petite dame.
  • Laissez-moi terminé je vous prie Messieurs les policiers.
  • On vous écoute Madame
  • Comme je vous disais ces deux femmes connaissent la femme du viticulteur
  • Ah vous nous intéressez, si on pouvait damner le pion à l’inspecteur, continuez ma brave dame et servez nous en un deuxième, nous avons terminé notre service.

La brave dame est toute émoustillée , tout le café est suspendu à ses lèvres, c’est son jour de gloire. Elle leur raconte ceci. La femme De La Roche Vineuse est née Gauthier, elle jouait avec ses frères qui magnaient facilement la gâchette. Le vieux le père du propriétaire actuel du Domaine est venu chercher à l’école ménagère une demoiselle pour être au service de son fils aîné. Il a fait en sorte que la jolie demoiselle devienne la chambrière de son fils et le jeune Monsieur est devenu fou amoureux de la petite Amélie Gauthier. La belle s’est retrouvée enceinte, le mariage a été célébré rapidement et comble de l’ironie trois jours après son mariage elle a perdu l’enfant . Mais la même année elle a accueilli chez elle un garçon de cinq ans et un bébé d’à peine un mois ou deux elle n’en savait rien.

  • Cela ne nous dit pas que c’est elle, c’est une brave femme si après la guerre elle a recueilli des enfants. Qu’allez-vous chercher là ? Oubliez tout cela. Au revoir Madame.
  • A demain Messieurs

Une fois les pandores parti le petit café résonnait d’un brouhaha un peu plus animé que les autres matins. A Mâcon les Gauthier étaient bien connu. La dame du Domaine s’était éloignée des siens mais pour sauver sa fille adoptive elle avait dû retrouver ses gestes d’autrefois. Affaires à suivre en conclu le détective qui planchais sur cette énigme à la demande d’un certain Monsieur de Bougainvilliers de Béthune. Ce dernier il.ne l’avait pas vu mais il y avait reçu une longue missive pas plus tard qu’hier lui demandant de faire la vérité sur la mort de son fils.

Du reste il avait relu deux fois ce passage, si le journal stipulait qu’il était le petit fils du non moins célèbre Monsieur de Bougainvilliers, ou le vieux déraillait ou l’affaire était énorme. Lui parlait bien de son second fils qui avait quelques années de moins que Charles. Dans quel imbroglio s’était-il fourré ?

Non loin de là au Commissariat, Nicolas racontait à ses collègues que sa futur femme s’était enfin réveillé. Sa brigade était fort contente pour lui. Il aurait moins ce pli triste à la bouche. Car Nicolas depuis dix sept jours avaient perdu son sourire. Il était taciturne et jurait de faire toute la lumière sur ce vaurien de Jules de Bougainvilliers. Prénom qu’excecrait désormais Cécile. Mais de cela il s’était bien gardé d’en parler autour de lui. De là à porter les soupçons vers sa future belle-sœur il n’y avait qu’un pas.

Au Domaine c’est l’euphorie , Monsieur de la Roche Vineuse est tranquillisé sur l’état de santé de son rayon de soleil. Pour l’instant elle doit se remettre afin que soit programmé la greffe du poumon de sa jumelle compatible à cent pour cent, si certains doutaient de leurs origines là ils ne pouvaient que s’incliner et en le disant Monsieur de la Roche Vineuse pense à leur géniteur qui a nié qu’elle soit née de la même mère prouvant avec un tas de papier tous plus faux les uns que les autres la naissance chez lui de l’enfant Marie Cécile. Or des faux papiers pendant la guerre il y en avait beaucoup qui circulaient. De plus à l’écouter elle serait née deux ans avant sa sœur. Mais Monsieur ignorait que sa mère adoptive avait fait une fausse couche. Et la pauvre femme n’était plus là pour en parler. Assassiné par son fils. Il irait rejoindre sa mère et son père dans le caveau des De Bougainvilliers.

Les nouvelles de Claire étaient fort bonnes. Chaque jour elle avait la visite de Nicolas, puis il estompait ses visites car il était sur une affaire de la plus haute importance. C’était sur lui qu’était tombé l’affaire Vineuse comme l’appelait son chef. Mais il ne fallait rien laisser paraître à sa fiancée. Son commissaire était persuadé que le jeune ne s’était pas suicidé, on n’avait dû le contraindre. De plus où était passé ce pistolet qui tirait de drôles de balles. Une enquête qui s’avérait des plus complexes. Et il avait fallu que ce soit lui tout jeune inspecteur de s’y coller.

quelle malchance ! Nicolas avait peur que ce soit le père d’Annabelle qui en soit le commanditaire à défaut d’en être l’instigateur. Mais s’il avait su il ne se serait pas jeté sur cette affaire. Il l’aurait refusé compte tenu de sa proximité avec sa future famille.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque Claire a ouvert les yeux c’est le moment où je devais regagner mon poste au Commissariat de Mâcon. J’ai attendu le dernier moment. Ce week-end que nous espérions tous les deux ne s’est pas passé comme nous l’avions prévu. Claire dans un état critique. Charles et Annabelle de retour chez eux, la mine laissée sans surveillance. Il a bien fallu appeler le jumeau de leur père biologique pour que rien ne s’arrête. Charles ne voulant pas trop vite retourner dans le Nord. Annabelle pas très chaude pour regagner les brumes Nordiques. De plus après septembre ce serait la pluie et les jours plus courts. Ici ce serait les vendanges, les chants et la fête pratiquement tous les soirs. Alors je comprends qu’elle puisse hésiter. Mais Charles fou amoureux de sa femme était prêt à tout laisser, la maison son nom, la mine. Une discussion était imminente entre Monsieur de la Roche Vineuse et son beau-fils quand il était en colère.

J’allais mettre mon sac sur le dos lorsque j’ai senti comme un regard qui me fixait. J’étais seul dans la chambre. Que se passait -il ? J’allais franchir le seuil de la porte et je me retournais pour envoyer un baiser à mon doux amour lorsque j’ai vu son regard et ses beaux yeux m’implorer. Claire venait d’ouvrir les yeux et semblait assez paniqué.

  • Mon cœur, enfin te voilà éveillé
  • Où suis-je ?
  • Tu es à la clinique du Val de Saône car tu as été opéré, ne t’en souviens-tu pas ?

Claire me regarde interloquée , je lui parlerais en Chinois cela ferait le même effet. Comment lui dire sans trop lui faire peur qu’elle a reçu une balle samedi en quinze. Seize jours dans le coma, car le chirurgien de la clinique n’avait pas réussi à la sortir du coma artificiel où l’éminent professeur l’avait plongé. Lui ne s’était pas affolé. Ou il s’était abstenu de nous en faire part. Il faut que j’explique à Claire que je dois aller travailler mais dès ce soir je serais de retour. Il est six heures dans trente minutes je dois y être. Et à 15 h je sors. Mais je ne viens qu’à 20 h. Entre les deux il me faut dormir.

  • Nico
  • Oui petit cœur, je suis là. Veux-tu que je te donne à boire ou que j’appelle une infirmière.
  • Non
  • Que veux-tu ?
  • Pourquoi me demandais-tu de te pardonner ?

Claire ne se souvenait que de mes excuses. En effet au moment des tirs je me trouvais minable de l’avoir laissé dans la chambre. C’était à cause de moi si elle était sortie si vite de la maison, sans se soucier des tirs. Comment lui expliquer, seize jours après ? J’avais déjà reçu les remontrances de son père adoptif, de Charles et le pire de Cécile, elle ne m’adressais plus la parole. Jules n’était pas arrivé à la faire changer d’avis. Il était reparti sur Marseille sans lui adresser la parole alors que sans cette tentative d’assassinat il filerait le parfait amour avec la jumelle de Claire. Mais tout cela n’était qu’enfantillage, qu’avait-elle besoin de s’en prendre à mon meilleur ami. ? Il n’y était pour rien. Maintenant que Claire a repris conscience j’espère qu’elle pourra gronder sa soeur.

  • Pourquoi as-tu ton front barré d’une ride. Dis-moi la vérité. Pourquoi ai-je mal dans le dos ? Et suis-je tombée pour avoir ce drôle de truc au bras ?
  • Tu ne te souviens que de mes mots, lorsque je t’ai demandé de me pardonner
  • Oui pourquoi je dois te pardonner
  • Je me suis un tantinet disputé avec toi et je t’ai quitté sans te donner un baiser. Tu l’as mal pris et je peux le comprendre vu les circonstances. Tu t’es rapidement habillée et descendue sur le perron pour me rattraper. A ce moment-là tu as reçu une balle.
  • Une baballe de tennis
  • Non d’une arme à feu
  • On m’a tiré dessus ! Mais qui et pourquoi ?
  • C’est ton neveu enfin le fils de ta belle sœur, je ne sais pas vraiment comment le nommer.
  • Jules de Bougainvilliers
  • Oui lui-même
  • Il est fou, je ne lui ai rien fait
  • Si tu lui prenais une partie de son héritage vu que le vieux t’as reconnu.
  • Oh si c’est ça je lui le donne son héritage, mais qu’il arrête de nous tirer dessus.
  • Il est mort
  • Mort tu lui as tiré dessus, il.ne fallait pas te venger.
  • Non il s’est suicidé
  • Il devait bien être malheureux pour en arriver là.
  • c’est plus compliqué ma chérie, mais je dois te laisser je vais travailler.
  • Tu étais venu me voir tu es fâché.
  • Mais non que vas tu imaginer. ? On est en semaine et je suis venu depuis la tentative d’assassinat toutes les nuits. J’étais à ton chevet et j’ai demandé de travailler du matin afin qu’à quinze heures je sois libre.
  • Merci mon amour, mais je ne m’en suis même pas rendue compte, comme ce doit être triste pour ceux qui attendaient mon réveil. Et mon géniteur vous l’avez mis au courant.
  • Oui son frère jumeau lui l’a dit
  • Qu’en a-t-il dit !
  • Je ne sais pas, il faudra le demander à ton oncle. Allez je te quitte ma princesse, repose-toi.
  • Oh oui j’ai sommeil.

Je quitte Claire, heureux de la tournure des évènements. Je signale à l’infirmière de nuit que ma fiancée est sortie du coma. Elle me remercie et pars rapidement auprès de mon amour. Dès que j’arriverais au Commissariat j’appellerais au Domaine de la Roche Vineuse afin de tous les tranquilliser.

La journée s’est rapidement passée. Hormis deux verbalisations, une pour tapage nocturne, le gars était en cellule de dégrisement car il a levé la main sur un des brigadiers, l’a injurié et finalement lui a tapé dessus. Bref du menu fretin. L’autre une plainte d’une femme contre son mari. Là c’est différent je dois lui donner du réconfort et lui dire d’accepter de porter plainte contre lui. Le reste du temps je m’occupe de la paperasse qui s’empile tous les jours un peu plus.

Lorsque Monsieur et Madame de La Roche Vineuse sont arrivé, Claire essayait de manger tant bien que mal de sa main droite, mais c’était peine perdue. Aussi sa maman adoptive a commencé à lui donner à manger en lui disant tendrement, te voilà retourner en enfance. Elle a été réconfortée par le beau sourire de son bébé. Claire ne se souvient pas de ses premiers jours de vie. Née au mois de juin, abandonnée cinq jours après. Un mois plus tard elle était placée chez eux. Elle devenait leur fille bien qu’aucun papier n’ait été fait officiellement. Mais pour eux rien ne changeait. Sauf que ce fou de Bougainvilliers avait cherché à leur nuire.

  • Alors princesse comment te sens-tu ?
  • J’ai mal
  • Je vais appeler l’infirmière, elle te donnera ce qu’il faut
  • Merci Père

Claire tout en lui disant Père pensait vu comme ils sont affecté je pourrais bien les appeler Papa et Maman même si mes papiers ne sont pas officialisés ils m’aiment autant qu’Annabelle, même plus .

  • Papa
  • Oui mon bébé
  • Je t’aime

Claire n’a pas vu Monsieur de Bougainvilliers pleuré , car après ce papa plein d’amour elle s’est endormie, les médicaments commençaient à faire effet. Elle en avait besoin. Plus tard c’est au tour de Cécile et de Charles de veiller sur leur soeur. Les parents sont repartis et Charles va attendre le retour de Nicolas pour à son tour rentrer au Domaine. Il espère que Cécile sera capable de pardonner à Nicolas en voyant que Claire va mieux.

A suivre…