Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Je retrouve Monsieur de la Roche Vineuse au second étage de la clinique. Claire ne peut pas être transportée sur Lyon. Le père de Jules va arriver. Son hélicoptère va se poser non loin de la clinique. La salle d’opération est prête. Cécile est là amené par Jules car sa jumelle a perdu beaucoup de sang. Elles sont toutes les deux du même groupe sanguin A négatif. Des poches de sang sont arrivé de Lyon. Mais en quantité négligeable d’où l’idée de faire venir Cécile.

Le père de Jules vient d’arriver, c’est un bel homme, de stature immense enfin c’est tout ce que je me souviendrais bien plus tard. Les cheveux courts. On dirait Jules en plus vieux. Il ne dit pas un mot, il est au chevet de Claire. Quand il sort il fait signe à Monsieur de la Roche Vineuse. Ils s’entretiennent un instant qui me semble une éternité, pourtant Jules m’affirme qu’ils ne sont pas restés longtemps.

Cela fait quatre heures que Claire est en salle d’opération. Puis six heures. Enfin les portes s’ouvrent c’est l’honorable chirurgien comme nous dit Jules, cherche-t-il à détendre l’atmosphère, je ne sais pas, mais sa phrase reste sans écho. Nous voulons savoir. Il dit Monsieur de la Roche Vineuse je peux vous parler en privé. Je n’ose demander d’entendre, de savoir. Mais …

Mon beau-fils va m’accompagner, venez Nicolas, Jules avez-vous joint Charles ?

  • Oui, Monsieur j’irai le chercher vers minuit en gare de Mâcon, il vient avec Annabelle.
  • C’est parfait, allons vous écouter Professeur.

Nous voici dans le bureau du chirurgien l’ami de mon futur beau-père, il y a un interne de La Timone là où est chirurgien le père de mon ami, le chirurgien prend la parole.

  • Mademoiselle votre fille est plongée dans un coma artificiel afin qu’elle puisse récupérer plus facilement. Elle a eu le poumon gauche de perforé la balle était logé dans l’épaule mais elle n’est pas ressorti. Nous lui l’avons ôté.
  • Est-ce qu’elle va s’en sortir ?
  • Bien entendu Nicolas, il n’y a aucune raison, mais bien sûr qu’il faut être patient.
  • Et c’est tout, vous pouvez faire quoi au niveau des poumons.
  • Nous verrons, laissons là se remettre. Mais une intervention sur les poumons c’est uniquement à Lyon. Elle a aussi une quantité de petits os de brisés. La balle a fait d’énormes dégâts dans la clavicule. Mais les os se consolideront avec le temps. Lorsque vous irez à son chevet ne vous affolez pas. Je lui ai immobilisé le bras sur une plaque en fer. C’est une nouvelle méthode pour les fractures multiples de la clavicule.

C’est son père adoptif qui va à son chevet accompagné par l’éminent professeur, je reste avec son interne et j’apprends par la même occasion que c’est le frère ainé de Jules. Il me dit :

  • Votre fiancée est entre de bonnes mains, ce n’est pas parce que c’est mon père, mais parce qu’à Marseille c’est le meilleur.
  • Merci

Les heures s’égrènent à une vitesse d’escargots, Monsieur de la Roche est rentré, je suis resté toute la nuit à son chevet en compagnie de Charles. Annabelle somnole sur le fauteuil. Puis une infirmière lui a apporté un lit pliant en égard pour sa grossesse et sur ordre de Monsieur son parrain. C’est vrai que nous sommes dans la Clinique du Val de Saône. Auparavant c’était des religieuses qui en étaient les infirmières. Il semblerait qu’il en reste encore quelques unes selon Charles qui s’est fait opérer de l’appendicite le jour de ses douze ans. Il a même réussis à nous faire rire en nous racontant son réveil. Il y avait une bonne soeur penchée au-dessus de lui. Il lui a dit je dois être au Paradis car vous êtes sûrement la vierge Marie. Un fou rire m’a secoué, ce doit être nerveux mais Charles nous l’a raconté d’une manière tellement drôle. On a même eu droit aux remontrances d’une des religieuses. Puis nous sommes revenus sur terre car Claire a commencé à gémir.

Nous avons rappelé en chuchotant l’infirmière qui venait à peine de nous quitter. Elle a vérifié l’écran de contrôle et nous a dit :

  • Elle va sûrement se réveiller, Monsieur pensait que cela n’interviendrai.que demain dans l’après-midi, alors êtes-vous en capacité de la gérer ? A la
  • moindre agitation appelez-nous.
  • Bien entendu ma sœur

Et elle a tourné les talons, sans un mot dans un frou frou de sa longue robe grise. Claire semble plus calme il est quatre heures du matin, elle dort paisiblement. Dans la nuit je suis sorti fumer une cigarette, comme Annabelle était réveillée, Charles m’a accompagné, nous avons discuté des derniers événements. La moitié de neveu comme il l’a appelé aurait-il eu des remords ? Je n’en savais rien, mais toutefois je m’étonnais qu’il ait pu retourner l’arme contre lui. L’enquête nous en dirait mieux. Charles a émis l’hypothèse que son père l’ai tué, je lui ai demandé ce qui lui permettait de dire ceci. Puis j’ai ajouté le père d’ Annabelle ?

  • Effectivement l’autre vieux fourbe tout grand magnat qu’il est n’a pas le bras assez long pour envoyer des tueurs à ses trousses. Mais notre père adoptif m’a paru bizarre et Jules pense comme moi.
  • Alors je ne veux rien savoir, laissez les gendarmes enquêtés, si ton père adoptif l’a fait c’est sûrement par un concours de circonstances ou pour éviter un massacre. Il n’y avait qu’une seule balle dans le corps de Claire mais autour d’elle sur le sol il y en avait cinq autres selon les gendarmes. Comme Claire courait il a dû rater sa cible. Où son arme a été dévié. Mais par qui ?

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

J’ai mal, je m’entend parler voir même hurler et pourtant je vois comme dans un brouillard la tête de Nicolas, il pleure, lui l’homme, mon policier pleure. Mais pourquoi ?

  • J’ai mal
  • Chut tais-toi , ne dus rien mon amour
  • Pourquoi ? Papa, pourquoi ?
  • Chut ne parle pas Claire

Puis un cri, un hurlement, j’entends un cri, c’est moi qui l’est poussé ce cri ?

  • Cécile non Cécile pousse toi laisse ta soeur respirée
  • Cécile qui est Cécile ? Où est -t-elle ? Pourquoi tout le monde pleure autour de moi.
  • Chut mon amour chut ne t’épuises pas, ne parle pas.

Parlez comment pourrais-je parler alors que je n’entends même pas le son de ma voix ? On me soulève de terre. J’ai dû recevoir la pluie, mais elle est chaude cette eau. Mais où suis-je ? J’ai froid. On roule.

Pendant ce temps chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse c’est la consternation. Claire a reçu en plein coeur a fait le médecin des pompiers une rafale de mitraillettes. Elle est partie inconsciente mais les yeux grand ouverts, remplis d’effroi. Sa mère sanglote, son père se dispute avec les gendarmes. Il.leur dit :

  •  » bande d’ incapable, vous êtes des incapables, pourquoi avoir renvoyé deux policiers chevronnés se reposer alors que vos hommes l’ étaient tout autant. Ma petite Claire ne serait pas entre la vie et la mort. C’est votre incompétence qui l’a amené sur ce lit de souffrance. Dégagé de ma propriété je vais m’occuper de ce minable, je vais lui régler son compte. Ce sera de la légitime défense. Disparaissez hors de ma vue dégagez.
  • Monsieur je comprends votre désarroi, mais vous ne pouvez pas faire justice vous-même.
  • Je le sais très bien mon Capitaine , mais vu votre intervention catastrophique je le vois dans l’obligation de faire la chasse moi-même sur ma propriété.
  • Taisez-vous, je comprends votre égarement mais je ne puis vous laissez seul.

C’est à ce moment que notre jardinier nous fait signe, et Cécile entend ces mots qui la font pleurer.

  • – Monsieur, le frère de la petite demoiselle est mort.
  • Mort ? Comment ça
  • Il a dû retourner l’arme contre lui, ce n’est pas beau à voir. Il a la tête d’arracher, la cervelle est dispersée sur mes salades.

Plus tard Jules s’était dit que dans d’autres circonstances il aurait pu en rire, mais sur le coup , la belle Cécile n’arrêtait pas de pleurer. Pour qui pleurait -elle ? Sa jumelle ou celui qu’elle considérait comme son frère. Plus tard ils n’auraient jamais d’explications. En etait-elle incapable ou n’avait-elle pas voulu blesser la famille de Claire. Si quelqu’un le sait c’est …

Nicolas et Monsieur de la Roche Vineuse sont partis à toute vitesse, direction Mâcon et la clinique privée où ils ont fait transporter Claire. Tout le long du trajet ni l’un ni l’autre ne se sont adressé la parole. Chacun est dans ses pensées. Nicolas revoit sa fiancée avec sur sa robe verte cette auréole de sang qui s’agrandissait à vue d’oeil. C’était horrible. Et ce gargouillement où son amour essayait de lui parler. Puis son regard vitreux ou l’étincelle de vie s’en allait irrémédiablement. Il l’espérait vivante mais si son père adoptif savait quelque chose il n’avait pas daigné l’informer.

Quant à Monsieur de la Roche Vineuse, il conduisait, et s’efforçait de retenir ses larmes, Claire le rayon de soleil de la maison était gravement blessé, le chirurgien en ce moment était soit en train de l’opérer soit il extrait la balle ou les balles, il ne savait rien. Jules dès qu’il avait vu les dégâts sur le corps de Claire il avait appelé son père. C’était comme il lui avait dit un éminent chirurgien de guerre, il venait immédiatement. Un hélicoptère avait décollé d’un terrain de l’armée et il serait là juste à temps pour l’opérer. Mais il voulait qu’elle soit transporté au CHU de Lyon ou des soins appropriés lui seraient plus facilement donnés. Pour l’instant Claire était à la Clinique du Val de Saône. Là -bas c’était la clinique où son petit frère était le chirurgien orthopédique. Mais un de la Roche Vineuse pouvait bien opérer sa nièce. De toutes façons il se fierait à son diagnostic, mais etait-elle transportable il l’ignorait.

  • Monsieur, Monsieur
  • Oui
  • Nous sommes arrivés, vous venez de dépasser le portail d’entrée
  • Où avais-je la tête, Merci Nicolas
  • Ce n’est rien Monsieur, je comprends. Si vous voulez y aller, donnez-moi les clefs, je vais garer la voiture et je vous rejoint.
  • Je veux bien Nicolas, Merci. Je vais laisser des instructions pour que tu me retrouves.
  • Merci Monsieur

J’ai trouvé une place, maintenant je me calme en fumant une cigarette et me dirige vers l’entrée de la clinique. Une jeune femme est à l’accueil, elle me sourit et me dit que les visites ce n’est que l’après -midi, oui je sais lui dis-je, mais je viens voir ma fiancée, une ambulance l’a amené il ne doit pas y avoir longtemps.

Je monte quatre à quatre les marches, j’ai dédaigné l’ascenseur, je me remémore les mots de l’hôtesse, mais je ne veux pas qu’elle m’ai dit la vérité. Ce n’est pas possible, Claire ne peut pas être morte. Non…

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

L’ambulance est là avec un médecin, le gendarme est emmené à l’hôpital, ces jours ne sont pas en danger mais il doit se faire opérer pour enlever la balle car elle s’est fichée juste en-dessous de l’artère fémorale. Il a eu de la chance. Il aura une belle cicatrice et des jours pour se remettre.

A la demande du capitaine de gendarmerie on a fait appel au collègue de Nicolas, la police est attendue. Ils seront une petite dizaine et le Commissaire a décrété que Nicolas et Jules étaient de service cette nuit pour donner un coup de mains pour l’un à ses collègues, pour l’autre à qui il voulait mais compte tenu de son grade il pouvait aussi se mettre à leur service.

Cecile a pensé qu’il avait un grade au-dessus de Nicolas, j’ai ri en lui disant non. Plutôt en-dessous. Mais qu’importe ils sont tous deux policiers et ils servent leur Pays.

Jules et Nicolas étant en vacances, ils n’ont pas obligation à se mettre en tenue mais par contre ils peuvent se munir d’armes que leur confie le Capitaine de gendarmerie. Ils ont reçu des renforts de petites antennes de gendarmerie, c’est un dispositif important que nous découvrirons à l’aube.

Pour l’instant il est à peine minuit, Père nous a renvoyé dans notre chambre telles des petites filles, je rage intérieurement, j’aurais préféré être auprès des domestiques ou de Mère, mais lorsque Monsieur de La Roche Vineuse a causé tout le monde se tait. C’est ainsi que Cécile l’a compris, et, en y réfléchissant bien c’est bien comme ça que je vois mon Père adoptif.

Maintenant un silence plane sur le Domaine, aucun bruit ni à l’extérieur ni même dans l’intérieur de notre demeure. Que font police et gendarmerie associées pour la circonstance. Comme j’aimerais traquer ce dingue qui porte le même nom que nous. Où peut-il être planqué, il.nous faut rester sur nos gardes, de plus une phrase a échappé au Capitaine de gendarmerie, et depuis Cécile n’est pas tranquille. Par instant elle tourne en rond comme un lion dans sa cage. A d’autres elle s’asseoit et sanglote. Puis par moments elle gémit par petits cris, renifle et se lève, va vers la porte l’ouvre et revient en me disant :

  • Claire aide-moi, je crains pour ma vie, ce fou est revenu pour se débarrasser de moi.
  • – Ou de moi, car comment nous reconnaître.
  • – Ah je n’y avais pas songé
  • – Pour lui il a peut-être découvert une différence et me tuera moi sans toucher à un de tes cheveux. Mais pourquoi penses-tu qu’il veut te tuer. Il est venu là pour
  • Ah oui pourquoi est-il descendu du Nord chez toi ?
  • Peut-être pensait-il que Charles était là .
  • Ah
  • Mais en y songeant il veut tous nous éliminer, maintenant que les bâtards ont surgis dans sa vie, sa fortune va être divisé par un plus grand nombre.
  • Je vois ses grands yeux qui ressemblent étrangement aux miens se remplirent de larmes, à ce moment je suis forte pour deux, bien que je n’en mène pas large. Ce type est bien capable de nous abattre toutes les deux. Je la prends dans mes bras, et je la console du mieux que je peux. Puis nous nous allongeons l’une à côté de l’autre sans mettre un drap. Et c’est sur un bruit de mitraillettes que nous sombrons dans le sommeil. Morphée nous prend dans ses bras.

Au petit matin je suis dans les bras de Nicolas, pourtant je ne me souviens pas être allé dans mon lit. Mon jupon que j’ai gardé hier au soir est soulevé, j’espère que Nicolas ne m’a pas … Oh non il aurait pas fait ça, puis je me serais réveillée. C’est juste que j’ai dû avoir un sommeil agité et tout a dû remonter. A force de bouger je réveille Nicolas. Il a un sourire et l’oeil amusé. Comment lui le dire sans le froisser, car s’il s’imagine que j’ai peur de lui et aucune confiance nous ne pourrons pas continuer notre liaison.

  • – Dis-moi ce qui trotte dans ta petite tête ?
  • – Rien, tu te méprends
  • - Allez lance toi ?
  • – A qu’elle heure es-tu venu ?
  • – Il y a deux heures, Jules m’a demandé de te mettre dans ton lit et de me coucher avec toi. Quant à lui il s’est allongé auprès de Cécile et s’est endormi comme une masse.
  • -Et toi ? Qu’as-tu fait ?
  • Ah je vois où tu veux en venir mais pourquoi oses-tu pas me dire que tu me prends pour un dégénéré à la hauteur du fugitif que nous traquons.
  • – Pourquoi dis-tu cela Nicolas ?
  • – Ce n’est pas à ce que tu penses en ce moment.
  • Non pas tout à fait.
  • Je ne m’appelle pas de Bougainvilliers , je ne t’ai pas violé ou tout au moins pas forcé contre ton consentement. J’avoue avoir osé te regarder en culotte et soutien gorge. Oui pour cela j’ai soulevé ton jupon mais je ne t’ai même pas touché juste admirer ta beauté. Sur ce je vais prendre une douche et repartir à la chasse à l’homme. Continue ta nuit.

Et, il se lève sans me faire un bisou, il sort, raide et ne se retourne pas. J’en ai mal au ventre et je me met à pleurer. Jamais je n’aurais dû faire peser sur lui mon regard plein de reproche. J’aurais dû l’aborder d’une autre manière. Je peux encore le rattraper. Vite j’enfile une robe , je reviendrais prendre un bain plus tard. Je sors tête nue je dévale les escaliers , l’appelle. Il ne se retourne pas, il sort par la grande porte et rejoint ses collègues. Me voici sur le perron, je le vois se diriger vers la maison de Grand-père, je cours, crie son prénom, je n’entends rien, je suis échevelée, je pleure. Et… Soudain une douleur fulgurante me traverse la poitrine. Je ne comprend pas pourquoi j’ai tant mal. Je m’effondre au sol, j’entends des cris, puis je vois Nicolas pâle qui me demande pardon.

Pardon ? Pourquoi ?

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Jules et Cécile dévorent, à croire qu’ils n’ont pas mangé depuis des semaines. A chaque bruit, Cécile sursaute comme si l’assassin allait s’introduire chez nous en plein jour. Je n’ose songer à la nuit, la connaissant elle va trembler comme une petite feuille exposée au vent.

Cela fait déjà une heure que nous attendons Nicolas, Père ne l’a toujours pas libéré, c’est pourtant Père qui dit toujours que ne l’on doit pas retenir les gens à la limite du raisonnable. Et bien là il oublie ses grands principes.

Enfin la porte s’ouvre, voilà Nicolas, il souffle pourtant monter les escaliers quatre à quatre il en a l’habitude. Je le regarde interrogative mais c’est Jules qui lui demande combien de verres il a bu.

  • – Oh ! Mais Père exagère tu n’as pas su lui dire non m’écriais- je
  • Es-tu fâché mon amour, j’ai surtout chaud, la chaleur et l’Armagnac ne vont pas ensemble. Mais t’inquiètes j’ai jeté le dernier dans la plante qui se trouve vers la fenêtre.
  • – Pauvre plante s’écrie goguenard Jules
  • – C’est celle où Charles jette tous ses Armagnacs ajoute Cécile et figurez-vous que tout le monde s’extasie sur sa beauté. Même le jardinier l’a encore dit à ta mère adoptive l’autre jour.
  • – Oui c’est vrai mais ne nous faites pas languir ou est cet assassin ?

Nicolas et moi n’en croyons ni.nos yeux ni nos oreilles lorsque Cécile et Jules nous font le récit de leur rencontre au détour d’une rangée de vignes de notre demi-neveu. Bien que là il est dans toute son arrogance et splendeur de tueur.

  • Il vous a menacé avec son pistolet, mais il est fou. Comment a-t-il pu arriver si vite ?
  • – Il s’est bien gardé de nous le dire mais il a exigé de Cécile de lui trouver une cachette en attendant des jours meilleurs.
  • – Jules tu n’as pas protégé ma jumelle
  • – Voyons Claire je suis un gentleman , c’est bien pour ça que votre jumelle avait ss robe pleine de paille et était cramoisi, car je l’ai un tantinet bousculé, l’ai attrapé par la main et nous avons pris nos jambes à notre cou. Par contre en chemin Cécile a perdu sa chaussure qui n’était pas faite je l’avoue pour une course poursuite à travers la vigne.
  • – Ah mais c’est rocambolesque
  • – Comment peux-tu trouver ce moment terrifiant aussi amusant.
  • Pardonne-moi Cécile mais je t’imagine en train de courir, les cheveux au vent, perdant un de tes talons et tombant tel un fétu de paille dans les bras de Jules ton preux chevalier. Je comprend mieux que Père t’ai trouvé étrange. Mais où est cet escogriffe ?
  • Nous n’en savons rien, mais Nicolas viendras-tu avec moi cette nuit ?
  • Oh non !

Le cri qui nous échappe à Cécile et moi a fait accourir Père qui devait monter rejoindre Mère dans leur appartement. Il rentre brutalement dans notre chambre suivi de Mère encore plus affolée. C’est Père qui nous demande pourquoi nous avons eu un cri d’effroi. Je n’ose lui dire mais Nicolas me devance.

  • Jules et Cécile ont croisés sur votre propriété celui qui pas plus tard qu’hier était encore le frère ainé de Cécile.
  • Il est chez nous ce fourbe, cet assassin, ce dingue, ce violeur. Je vais immédiatement téléphoner à la gendarmerie afin qu’il mette tout en oeuvre pour le cueuillir et l’envoyer en prison. J’aimerais bien savoir comment sa mère a été convaincue de le laisser s’échapper.
  • Ma mère était sous la coupe de cet individu…

Pauvre Cécile elle n’ose plus prononcer le mot frère, même si ce dernier en a jamais été un. Il l’a martyrisait chaque fois que sa mère avait le dos tourné. Un jour il lui a même brûlé le bras avec une cigarette. Une autre fois elle ne doit son salut qu’à sa femme de chambre. Il pesait de tout son poids sur elle et voulait la marquer au fer rouge comme il disait avec le fer à repasser. Ce ne peut pas être un frère ce type. Jamais Charles ne m’a fait du mal. Au contraire j’étais tout ce qui lui restait de Maman aussi était-il toujours mon protecteur. Mais lui c’est un vaurien de la pire espèce.

Père n’a pas attendu d’explications supplémentaires, il s’est rué dans le vestibule s’est saisi du téléphone puis a appelé le Majordome afin qu’il appelle la gendarmerie de Belleville et qu’elle se ramène a-t-il hurlé sans tambour ni trompette. Pas besoin d’avertir ce fou de la présence de la maréchaussée.

Puis Mère et Père ont tourné les talons sans se soucier de la présence des garçons dans notre chambre. Tant que ce malade n’était pas sous les verrous il n’était pas possible de se balader maintenant, main dans la main dans la nature. Mais il n’était pas question que Cécile dorme cette nuit ailleurs que dans la chambre, alors que Nicolas n’espérait qu’une chose c’est d’être avec moi. Comme c’était compliqué.

Mais personne n’allait bien dormir cette nuit là. Tout cela à cause de ce sale type. Il allait en faire voir des vertes et des pas mûres à l’escouade de gendarmerie venue pour l’arrêter.

Nous nous organisons pour la nuit, nous récupérons au grenier deux matelas afin que Jules et Nicolas puissent dormir tout près de nous. Mais il n’est pas question que je dorme dans mon lit, c’est moi qui vais dormir sur le matelas posé sur le sol. Pour Père ces deux matelas seront le sésame de ma vertue. Je ne dois en aucun cas me montrer dans les bras de Nicolas, il en ferait un drame. Il est très collet monté et les bonnes manières dans son milieu sont très importantes et respectables. J’avoue qu’être dans les bras de mon chéri me manque énormément. Mais Cécile est partie faire une balade avec Jules, j’ai peur qu’elle se soit jeté sur Jules tant elle a envie d’être désirée. Jules je ne le connais pas tant que ça. Est-il autant prévenant que Nicolas, bien que Nicolas n’arrive pas toujours à mettre un frein à ses élans.

La nuit est encore chaude lorsque soudain nous entendons le bruit caractéristique d’une arme, enfin c’est ce que dit Jules car je n’ai jamais entendu le bruit d’un pistolet, par contre il m’est arrivé d’aller à la chasse avec Père et Charles , mais ce bruit est plus étouffé. Que ce passe-t-il ? Qui vient de tirer ?

Nicolas m’éloigne de la porte-fenêtre et la ferme, bien lui en a pris car une balle s’écrase sur le montant. Nous nous éloignons rapidement de la baie vitrée. Jules pousse Cécile dans notre salle de bain et moi je me jette au sol sous la poussée de Nicolas. Puis il se lève et met un des matelas debout devant la porte-fenêtre. Je l’aide à le faire tenir avec deux fauteuils et nous sortons dans les escaliers. 

Nous entendons distinctement les tirs échangés entre la gendarmerie et ce fou, puis un grand silence et un cri ou plutôt un brouhaha et le Capitaine appelle Père :

  • Monsieur De la Roche Vineuse appelé votre médecin nous avons deux blessés à moins que votre fille puisse venir soulager mes hommes.
  • Ma fille est absente, elle est restée dans le Nord avec son époux. Ma fille Claire peut faire un bandage de fortune en attendant notre médecin.
  • Et me voilà promulguée infirmière. Le premier est un jeune homme pas plus vieux que mon amour, il est blanc comme un linge, mais la blessure ne semble pas profonde, je la désinfecte, puis Nicolas regarde s’il y a du dégât mais la balle ne lui a qu’effleurer le bras. Il a sûrement eu plus de peur que de mal. Par contre pour l’adjoint du Capitaine là c’est différent, mon brevet de secouriste ne suffira pas. Nicolas récupère une ceinture que Père lui tend et il lui fait un garot au dessus de la cuisse car il saigne abondamment. Il ne nous reste plus qu’à attendre. Les tirs se sont tu. Ou est ce bandit de grand chemin qui par son nom nous est parent. Quelle honte ! 

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Nous sommes à table et par deux fois notre Majordome est venu se renseigner pour savoir s’il pouvait servir. D’un signe discret j’ai fait non de la tête. Il est reparti sans poser de questions, mais je vois Père qui s’agace, il joue avec le rond de sa serviette sous les yeux excédés de Mère, il tapote une mélodie inconnue sur la table, soupire, marche de long en large. S’assoit, puis n’y tenant plus il demande à Rose d’apporter l’entrée.

C’est a ce moment-là que surgit Cécile, rouge de la tête aux pieds, que ce soit sa robe ou son visage elle est cramoisie. Elle bredouille je ne sais quoi et finit par s’asseoir ce qui fait bondir Père. Il lui assène des mots si violents que ma sœur jumelle se met à sangloter. Puis elle se lève et sans un mot disparaît. Père va pour se lever mais Annabelle et moi lui demandons de ne pas poursuivre Cécile car il risque de la contrarié davantage.

  • – Mesdames taisez-vous, je suis encore chez moi et lorsque je dis on dîne à 20 h tout le monde se doit d’être là. Quant à votre ami mon cher futur beau-fils il mangera avec qui il voudra, à la cuisine si le cœur lui en dit, ici ce est pas un moulin. Et si je veux voir Cécile entre quatre yeux je n’ai nullement besoin que mes filles me fassent la leçon. Tenez vos places.

Un silence suit les paroles de Père, plus aucun d’ entre-nous n’ osons parler. Père est furieux et Jules n’est toujours pas de retour. Étaient-ils ensemble, rien n’est moins sûr. Nous ont-ils joué la comédie, j’y croirais d’avantage. Cécile me le dira dans l’intimité de notre chambre. Pour l’instant je mange les crudités de notre potager sans grand enthousiasme. Mon amour me tape du pied, que me veut-il ? Je suis son regard et voit dans les vignes son ami assis qui fume. Il est perdu dans ses pensées, pourquoi n’est-il pas à table ? Que s’est-il passé entre ces deux-là ?

Le repas continue sans que Cécile ou Jules ne nous rejoignent. Comme d’habitude la tarte au citron meringuée était un délice. Père et Nicolas vont dans la bibliothèque boire un digestif, Annabelle téléphone à Charles, cela risque de durer des heures, moi je reste avec Mère le temps que mon fiancé revienne. J’espère que cela ne va pas durer plus que d’habitude.

C’est à ce moment que mère me saisit le bras, je lève les yeux de mon livre et l’interroge du regard. Elle met un doigt sur la bouche et me pousse dans l’entrée et de là sur le perron.

  • – Claire, tu vas profiter que ton fiancé est avec ton père adoptif pour aller voir Cécile, elle me fuit mais à toi elle va te répondre. J’ai peur qu’elle et Jules soient allés un peu loin. C’était leur première rencontre j’ose espérer qu’elle ne s’est pas déjà donné à lui.
  • – Voyons Mère n’allez pas croire pareilles choses, Cécile a été bien élevé jamais elle ne se jetterait au cou d’un homme qu’elle ne connait pas.
  • Annabelle l’a bien fait, et toi je le pense aussi je ne suis pas naïve ma petite Claire.

Je baisse les yeux je sais a quels jours elle fait allusion, mais je dis oui ni non. Je préfère tourner les talons et monter à l’étage pour voir de quoi il retourne.

  • – Toc toc
  • – Qui est là murmure une toute petite voix
  • – Cecile laisse moi entrer c’est Claire

La porte s’entrouvre et oh surprise dans la chambre il y a Jules, je suis décontenancé e. Les draps de son lit sont froissé comme si… Comme s’ils avaient fait l’amour. Je leur jette un regard et tous les deux éclatent de rire.

  • – Ce n’est pas très gentil de vous payer ma tête.
  • – C’est bien de ta faute tu étais certaine comme tous tout-à-l’heure que j’avais consommé.
  • – Oui et alors ? As-tu vu ta tête rouge ?
  • – J’ai pris un coup de soleil
  • – Ta robe toute plissée
  • – Nous avons roulé dans la paille
  • – Oh vous avez réponse à tout
  • – Tu ne poses pas les bonnes questions
  • – Ah bon !
  • – Allez tu en meurs d’envie
  • – Pourquoi Jules n’est pas venu manger et pourquoi toi tu as joué la comédie
  • – Ah et bien voilà, tu poses les bonnes questions.
  • – Oui alors ?
  • – Nous avons vu l’assassin
  • – Quel assassin ?
  • – Tu le fais exprès
  • – Non, mais de quel… Oh mon Dieu il est là. Il nous a suivit. Mais que nous veut-il ?
  • – Jules a une théorie mais il voulait l’exposer quand Nicolas et toi nous nous serions retrouvés.
  • Et bien attendons-le. Mais je vais dire à mère que je suis avec toi. Elle vous fera monter un plateau repas.
  • – Oh oui – nous mourrons de faim.

A suivre..