Hum! Une famille tuyau de poêle !

Nous entrons dans la salle comme deux jeunes, insouciantes, nous papotons, c’est juste le cri de la mère de Cécile qui nous alertent. Elle est debout, pâle comme une morte, elle ne peut pas parler car après son cri elle n’a plus de voix. Mère s’est précipitée vers elle, la soutient, lui propose de s’asseoir, mais elle est dans un état d’agitation extrême et n’arrive même plus à marcher. C’est Cécile qui va vers elle et lui demande ce qui lui arrive .

Mais Père entre accompagné de Charles et dit d’un ton glacial :

  • Elle a compris
  • Compris quoi Papa demande Annabelle et Charles

Puis notre mère rajoute car elle entre derrière Père, mais enfin mon ami qu’avez-vous fait en autorisant ces demoiselles à porter ces robes ?

Papa s’asseoit et sonne la clochette ni il répond à notre mère ni il attend une réponse de la mère de Cécile. Il appelle pour que l’on passe à table et que le repas soit servi. Cécile a réussi à faire asseoir sa mère, mais elle semble perturbé. Nous mangeons dans un silence impressionnant. Qu’attends mon père pour demander ce qui a provoqué ce séisme dans notre salle à manger ? Pourquoi Madame de Bougainvilliers est d’une pâleur inquiétante ? Cécile ne comprend rien, elle attend et n’ose apostropher Monsieur de la Roche Vineuse. Mais au moment où nous terminons les aspies concoctées par notre cuisinière et comme à son habitude excellente, elle n’y tient plus et demande à notre père de prendre la parole. Elle connait déjà les règles bien établies par nos parents

  • Monsieur puis-je vous demander la raison pour laquelle vous vouliez que Claire et moi nous portions la même robe, car tout comme moi vous voyez que ma maman est fort perturbé.
  • Je ne pensais pas Mademoiselle Cécile que cela ferait un choc à votre maman. Je vais appeler Constance pour la féliciter sur son entrée et regardez bien sa réaction.

Père sonne à nouveau la clochette mais ce n’est pas Constance qui apparaît mais notre Majordome.

  • Monsieur désire
  • Appelez-moi Constance je veux la féliciter pour son entrée.
  • Monsieur je peux le lui dire
  • Gerard vous n’avez pas à contester mes ordres, allez chercher votre femme.
  • Mais… Monsieur j’ai peur qu’elle est un choc en voyant les deux demoiselles. Claire est restée son bébé vous le savez autant que moi. Elle l’a nourri au sein en même temps que notre fille.
  • C’est tout à fait pour cette raison que je veux voir sa réaction. Par contre vous apporterez vous-même le plat principal. Je ne veux pas qu’elle lâche le plat.

Pendant qu’il s’adresse au Majordome , Madame de Bougainvilliers est fort agité. Le mari de Constance va la chercher, ils reviennent tous les deux, Constance râle pour la forme mais soudain elle me fixe et bredouille :

  • C’est pas dieu possible ma petitoune vous avez une doublure. D’où sort cette demoiselle et surtout qui est-elle ? Charles dites-moi où vous aviez caché cette petite demoiselle ?
  • Mamoune, la soeur jumelle de Claire était morte c’est celui que j’appelais Papa qui me l’a dit. Je n’en n’ai.pas parlé à ma sœur d’abord bébé puis petite fille choyée par tout le monde ici ayant peur de lui faire encore plus de peine. Mais si comme le pense Père c’est sa jumelle, seule Madame de Bougainvilliers va pouvoir nous répondre.
  • Si Monsieur le permet je repars dans ma cuisine, Claire tu viendras me raconter la suite et vous Monsieur ne me refaites jamais un choc pareil. Heureusement que j’avais déjà vu Mademoiselle Cécile sinon j’aurai pu tomber dans les pommes.

Constance est fort en colère, elle a joué enfant avec mon père et habituellement elle le tutoie très familièrement. Mon père est son frère de lait comme moi je le suis avec la fille de Constance et Gérard. L’histoire c’est répétée car mon père d’adoption et moi avons perdu notre mère lors de notre naissance. Et non loin de là dans le Morvan beaucoup de femmes de la campagne nourrissait l’enfant des autres en même temps que le leur. Constance et son mari sont là depuis déjà longtemps, ils sont natifs du Morvan. Leur village s’appelle La Chapelle sous Uchon.

Mon père devait espérer que la mère de Cécile allait nous expliquer la raison pour laquelle nous étions jumelle car c’était un fait qui s’avérait être le bon. Personne n’en doutait autour de la table. Mais elle avait les yeux perdus, et ne disait mots. Car aucun son ne sortait de sa bouche. Elle entendait c’est certain mais pour nous adresser la parole c’était impossible.

A la fin du repas, Mère étant partie car elle avait un rendez-vous en ville. Sylvaine de Bougainvilliers s’est levée , mon père lui a dit :

  • Vous pensez partir sans une explication.
  • Non je voulais vous demander de prendre la parole.
  • Nous vous écoutons chère Sylvaine

Il mettait tout en oeuvre pour qu’elle se sente bien et non jugée. Papa a juste ajouté :

  • Claire et Cécile bien que mineures vont rester car c’est de leur histoire que vous allez nous entretenir.
  • En effet, même si je ne comprends pas pourquoi elles ont été séparé
  • Alors nous vous écoutons, nous sommes en juin 1940 aux alentours de Lyon. Vous y étiez ?
  • Oui, tout comme mon époux et mon fils âgé de dix ans, moi aussi j’étais enceinte. Nous étions dans la voiture de mon mari. J’étais sur la banquette arrière très fatiguée car mon terme était dépassé. Jules notre fils pleurait. A un moment donné dans la campagne nous nous sommes arrêté. Il y avait un attroupement et mon beau-père a dit tiens mais qui donc est là. Si mes mineurs s’enfuient qui va sortir le charbon pour nous chauffer cet hiver. Mon époux a reconnu votre papa Monsieur Charles.
  • Ensuite
  • J’ai accouché comme une mendiante à même le sol, ma fille est née n’a pas pleuré, elle était morte. A ce moment-là j’ai entendue un bébé qui vagissait faiblement. J’étais agitée, je ne comprenais pas. André mon époux s’est avancé vers l’attroupement et là il a vu allongé sur le sol une femme et au creux de son bras un bébé qui pleurait doucement. La mère était morte, le bébé était chétif, tout petit, enveloppé dans une écharpe. Personne ne le prenait , aussi mon mari m’a rapporté l’enfant. Moi dans ma tête au moment je n’ai pas réagis, il avait ramené à la vie ma fille.
  • Personne ne s’est opposé à votre mari, les gens de l’attroupement n’ont pas réagis.
  • Non car mon mari leur a dit, ma femme a du lait je veux lui emporter l’enfant et je la déposerais dans une église dès que nous le pourrons.
  • Et c’est tout
  • Non, mon mari m’a donné l’enfant que j’ai mis à mon sein et pendant ce temps il a emporté ma fille.
  • Et l’a mis dans les bras de ma mère s’est écrie Charles
  • Oui
  • Voila pourquoi papa a pensé que ta jumelle était morte.
  • Je ne peux pas te répondre Charles et notre papa n’est plus là pour nous le raconter.
  • Je me souviens aussi que sur son foulard qui l’enmaillottait il était écrit à la mine noire sur un papier je me nomme Cécile.
  • Pourquoi avoir ajouté Marie devant ? Parce que c’est mon beau-père qui l’a voulu.
  • Vous étiez corvéable à souhait, vous ne vous êtes jamais opposé à lui, demande Annabelle.
  • La seule fois que je l’ai fait il m’a battu
  • Oh !
  • Alors j’ai courbe la tête.
  • Ceci n’explique pas ce qu’il s’est réellement passé. Pourquoi un des bébés étaient seules avec sa mère et l’autre avec son père. Charles étais-tu vers ta mère où ton père t’a éloigné ?
  • Je ne me souviens de pas grand chose juste que maman était allongée dans l’herbe et que papa m’a mis Claire dans mes bras, puis a dit ça se complique pour le deuxième bébé et ta maman ne va pas y arriver toute seule. Ensuite rien, cela duré longtemps puis un bruit tout petit d’un autre bébé qui pleure. Et à ce moment un avion est passé, tout le monde s’est mis à courir. Je me suis trouvé tout seul avec ma petite soeur et j’ entendais les pleurs qui s’éloignaient, puis, plus rien. Maintenant je pense que c’était toi Cécile.
  • Et ton père tu te souviens qu’il a dit que l’autre bébé était mort.
  • Oui mais pas tout de suite
  • Comment ça , explique toi
  • Mais Papa, Charles n’avait que cinq ans, vingt ans se sont écoulé comment voulez-vous qu’il se souvienne de tous les détails ?
  • Puis vous Madame votre mari a-t-il parlé à notre père.
  • Je ne m’en souviens pas
  • Jamais au cours du reste de sa vie votre mari vous a dit quoi que ce soit.
  • Avant de mourir il m’a dit :  » Marie Cécile a une jumelle qui comme notre fille restera à tout jamais mes demi-soeur, j’ai fait une enquête, j’ai réussi à retrouver sa trace grâce à notre avocat. N’en parle jamais à notre père mais fait tout ton possible pour qu’elles se retrouvent un jour et demande à leur père de me pardonner de lui avoir laissé croire que Cécile était décédé, j’ai mis notre fille morte dans les bras de sa femme. Et il est mort.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Lorsque Monsieur de la Roche Vineuse fait part à sa femme d’aller voir à la prison Monsieur de Bougainvilliers pour en avoir le coeur net, elle pousse les hauts cris en lui disant :

  • Mon pauvre ami qu’allez-vous faire à la prison ? Cet homme ne vous dira pas ce qu’il sait où il va déformer la vérité. Demandez plutôt à la maman de Marie-Cécile. Elle est bien en capacité de vous dire si elle a mis un enfant au monde ou non. Enfin cela coule de sens mon ami.
  • Oui bien sûr mais
  • Mais quoi ?
  • Il faut que je pose la bonne question.

Marie-Cécile n’a pas vu que la porte s’ouvrait et elle se trouve propulsé dans le boudoir de Madame de La Roche Vineuse. Elle a beau s’excuser, oui c’est vrai elle les a entendu parler d’elle, cela l’a convaincu d’écouter, elle s’excuse mais aimerait bien savoir quels doutes ils ont.

Le père d’Annabelle la conduit à la porte en lui disant, occupez-vous de jouer avec mes filles. Cette nouvelle robe vous va à ravir. Par contre j’aimerais qu’au repas vous mettiez toutes les deux la robe rose.

  • Pourquoi ?
  • Vous le saurez bien assez vite
  • Bon d’accord, mais Claire m’a dit que c’était mieux de l’ôter.
  • Claire a eu tort je ne le lui ai pas interdit. Allez filer et ne vous faites pas de soucis. Ce n’est qu’un échange d’idées entre ma femme et moi.

Marie-Cecile remonte quatre à quatre l’étage, rejoint Annabelle et Claire pour leur redire mots pour mots les propos de leur père, elle s’aperçoit que les deux soeurs échangent un regard, mais aucune des deux lui donne une explication.

Elle, par contre dit à Claire que son père lui a demandé de remettre la robe rose. Elle préférait cette verte mais elle veut bien accéder à sa demande.

Les deux soeurs hochent la tête et lui passe la robe qui était à n boule sur le lit. Cette dernière est toute fripée. Cécile s’en étonne et Annabelle lui dit :

  • Heureusement que tu es arrivee car on allait la découper en morceau afin de la jeter pour en faire des chiffons pour Rose ma femme de chambre.
  • Oh non laissez-la moi, je vais la retoucher et l’agrémenter d’un tissus légèrement transparent au niveau de la poitrine.
  • Tu sais coudre

Cécile baisse la tête et se met à pleurer

  • Pardon Cécile si nous t’avons fait de la peine, mais ce n’est pas une tare de savoir coudre. Au contraire si cela te permet de transformer une robe qui ne te plaît pas en une autre plus moderne, alors je vais te donner pleins de robes que je déteste soit tu me les transforme pour moi soit tu en fais ce que tu veux.
  • C’est Grand-père qui a ordonné à maman de m’envoyer chez les religieuses pour que j’apprenne la couture…

Cécile pleure de plus en plus, son chagrin en fait pleurer Claire. Elle ressent pour Cécile une empathie énorme, bien plus qu’avec Annabelle. Et si son père avait raison

  • Arrête de pleurer, explique nous pourquoi cela te fais tant de peine – lui dit Annabelle-
  • Je voulais comme Claire faire les Beaux arts et mon géniteur n’a jamais voulu disant que c’était des lieux mal famés.
  • Et bien maintenant sœurette tu vas t’inscrire avec moi. Nous irons ensemble. As-tu des croquis que je puisse les regarder ?
  • J’ai tout laisse chez-moi, mais si tu as des crayons et un bloc je veux bien Claire te faire une esquisse de ce que je sais faire.

Ni une ni deux Claire se précipite vers son pupitre et en sors un bloc à dessin et lui tend un crayon mine afin qu’elle se mette au travail.

Annabelle et Claire s’assoient sur le lit et ne disent plus rien. On entend juste le crayon qui court sur le bloc à dessin.

  • Tenez, voila qu’en pensez-vous ?
  • Oh !

Annabelle est stupéfaite, en quelques coups de crayon, Cécile a fait leur portrait. Claire reste les yeux fixés, Cécile et Annabelle sont obligé de la secouer pour qu’elle revienne avec elle.

  • Qu’y a-t-il ? Pourquoi es-tu dans un état second ?
  • C’est juste qu’il y a quelques choses d’étrange. J’ai toujours su par Charles que notre mère de naissance était douée en dessin. Même lorsque nous étions dans le Nord ma grand-mère maternelle m’a montré des dessins de Maman. Qui dans ta famille est capable de dessiner aussi bien que toi. ? Ton demi frère ? Ton frère décédé, notre géniteur ?
  • Oh sûrement pas lui, surtout qu’il disait souvent c’est bon pour ses bons à rien d’enfants de mineurs de venir m’implorer pour payer les études de leurs enfants qui gribouillent.
  • Ah ! Je n’ose pas te dire ce que Père soupçonne..
  • Il faut tout me dire Claire
  • Mais je ne sais pas si c’est possible et pourquoi Charles a occulté de sa vie ce deuxième bébé.
  • On parle de moi
  • Charles mon amour, Claire parle bizarrement de toi.
  • Raconte Claire ce qui te trouble
  • Je ne sais pas comment te le dire, mais Cécile dessine aussi bien que moi et tout à l’heure on a essayé de berner Papa en prenant des robes semblables. Bon si Cécile a fait illusion moi il a deviné que j’étais sa fille adoptive. Par contre il nous a trouvé trop semblable et il pense que c’est ma véritable jumelle. Pourtant tu n’as jamais dit que nous étions deux.

Charles semble complètement perdu, puis finalement il bredouille :

  • Oui tu avais une jumelle née deux minutes après toi, mais papa m’a dit ton autre soeur est morte avec ta maman. Je ne t’en ai jamais parlé, c’était déjà assez triste d’avoir perdu notre maman.
  • Mais Marie-Cecile est bien vivante et si elle est adoptée, pourquoi sa maman ne le dit pas.
  • Je préfère être ta sœur jumelle. Mais pourtant maman a bien eu une fille puisque je figure sur leur livret de famille.
  • Tu sais avec notre géniteur tout est possible. A moins que…
  • Que quoi- dirent en chœur Annabelle, Cécile et Charles
  • Que ta maman ait bien eu un enfant et qu’elle soit morte.
  • Mais comment aurait-elle pu se trouver aux portes de Lyon alors qu’elle habitait Béthune
  • Qu’en sais-tu , tout le monde quittait le Nord, qui te dis qu’elle n’y était pas.
  • Mais enfin papa ne s’est pas trompé quand il a vu ta jumelle morte.
  • Allons voir la mère de Cécile, elle doit savoir ce qu’il s’est passé.
  • C’est trop tard il est l’heure de passer à table.

Au moment où nous arrivons dans la salle à manger Cécile et Claire nous laissent entrer les premiers pour faire plus d’effets. Si nous avions su ce que ça allait provoquer je ne sais si nous aurions agis de la même manière.

À suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Pendant que Marie-Cécile se rend vers Père, Annabelle m’apprend qu’au dîner hier soir, il a dit que Marie-Cécile et moi nous nous ressemblons pas. Et c’est pour lui prouver que l’une pourrait passer pour l’autre que nous lui jouons cette petite blague.

Dans l’escalier nous entendons craquer la planche de l’escalier que nous savons éviter, ce qui n’est pas le cas de Marie-Cécile, rien qu’avec ce détail elle se trahirait. La voilà, elle est tout sourire et bien entendu père est tombé directement dedans notre piège fort gentil.

A mon tour d’affronter père, je vais voir s’il va deviner que je suis sa fille adoptive. Je marche rapidement, j’ai pris les baskets de Cécile cela me donne un air gauche. Mais il faut bien se plier aux jeux de mes sœurs. Puis, après tout je vais voir si les liens du cœur sont forts et si Papa va me reconnaître, lui qui m’a porté enfant dans ses bras.

Charles me croise et me dit

  • Tu joues à quoi ?
  • Ah tu m’as reconnue, qui suis-je ?
  • Tu es Claire
  • A quoi me reconnais-tu ?
  • A ton petit grain de beauté vers la bouche, Cécile ne l’a pas.
  • Mais ce n’est pas grave je vais le masquer
  • Amuses toi, mais Annabelle a de drôles d’idées.

Je regarde à droite et à gauche, nulle trace de père je me fais un petit raccord avec un peu de fond de teint que m’a prêté Annabelle, elle aussi avait émis que mon petit grain de beauté pouvait me démasquer. Je regarde les belles grappes de raisins, ils seront bientôt à maturité. Je poursuis mon chemin et croise notre jardinier, et, lui va-t-il me reconnaître ?

  • Bonjour Mam’zelle Claire, il ne fait pas très chaud ce matin.

Puis bredouille et devient tout rouge et s’excuse.

  • Excusez-moi Mademoiselle de Bougainvilliers je vous ai prise pour notre demoiselle.

Je n’ose me trahir mais d’un autre côté je ne veux pas qu’il pense que je me suis jouée de lui.

  • C’est bien moi, Firmin, c’est moi Claire, mais je veux faire une farce à bon père.
  • Oh lui vous n’allez pas le berner il va vous reconnaître au premier coup d’œil.
  • Nous verrons Firmin, continuez bien votre travail.
  • Au revoir Mademoiselle

Il me nomme toujours Mam’zelle, papa doit être dans les parages. Je vais trainer un peu pour vérifier dans ma petite glace si mon grain de beauté est toujours à sa place. Bon tout est en place, allons se confronter avec le regard inquisiteur de père.

  • Alors Cécile vous êtes revenu pour me donner un coup de main
  • J’y suis obligée
  • Non, je vous taquine, votre mère va mieux ce matin?

Aïe me voilà prise au piège, je ne sais pas quelle est la teneur de la dispute entre Cécile et sa mère. Aussi je bredouille je ne sais quoi et tourne les talons. Je n’ai pas fait trois pas qu’une main s’abat sur mon épaule et j’entends la voix de mon père :

  • Claire tu pensais me mystifier pendant combien de temps ?
  • Je ne suis pas Claire
  • Ah la la ma fille vous me défiez, à quels jeux jouez-vous ? C’est sûrement Annabelle qui a eu cette idée.

Je ne sais quoi lui répondre, je fais celle qui joue un rôle, mais il me tend une petite serpette, me montre une grappe et me dit :

  • Le raisin de table est prêt à être cueilli, vous voulez Cécile que je vous montre comment couper délicatement une grappe.
  • Oui je veux bien
  • Attention je vous averti si vous en coupez une et que vous n’y arrivez pas vous me ferez toute la rangée, or je sais que ce matin Claire doit recevoir un appel téléphonique de son chéri.
  • J’ignorais Père
  • Moi aussi Claire, tu es l’enfant que j’ai bercé dans mes bras, tu étais terrifié par le tonnerre, une voiture qui faisait du bruit, tu avais des peurs terribles, ta mère n’arrivait pas à te calmer, alors je t’emmenais dans la vigne, te prenais la main, te faisais toucher les raisins et comme par enchantement tes larmes s’arrêtaient de couler.
  • Tu es fâché
  • Voyons, mais non, mais je reviens sur ce que j’ai dit hier soir, c’est vrai que votre ressemblance est troublante. Vraiment je me pose des questions.
  • Lesquelles ?
  • Tu vas mener l’enquête, ce que je vais te dire est impossible. Ton frère a toujours dit que ta maman avait accouché pendant la débâcle et était morte en te mettant au monde.
  • Oui et tu penses que nous étions deux, Claire et Cécile. Mais pourquoi au moment de l’adoption, personne ne vous aurait dit que nous étions deux.
  • Nous sommes allé à l’orphelinat le même jour que plusieurs familles. C’était en pleine guerre. Ta maman en voyant Madame de Bougainvilliers a eu l’impression de la reconnaître.
  • Charles n’a jamais dit que nous étions deux
  • Charles n’était pas avec toi à l’orphelinat, nous l’avons eu un an avant.
  • Vous ne me l’aviez jamais dit.

Je sens que Père est ennuyé je vais retourner voir si on a besoin de moi. Je l’embrasse et lui me rappelle en me disant :

  • Va chercher tes sœurs pour une cueillette de nos bons raisins. Attention pas un mot. Je vais aller à la prison ce soir rencontrer Monsieur de Bougainvilliers, je veux en être sûr.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Un dernier baiser prolongée de Nicolas et je monte dans la voiture de Maître Leroy, les premiers kilomètres se passent dans un silence impressionnant, je me dit que cela doit se voir comme le nez au milieu de la figure que j’ai fait l’amour avec mon chéri.

Je ne sais quelle contenance prendre puis je me force à ne pas me donner des allures de coupable et c’est à ce moment que Maître Leroy s’adresse à moi.

  • Vous me semblez bien songeuse ma petite Claire, vous n’avez pas de soucis, le vieux fourbe ne vous a pas agressé comme votre demi-soeur.
  • Non Maître Leroy je me serais défendue, il ne m’aurait pas posé une seule patte sur moi.
  • Vous avez entièrement raison, du reste je me demande où étaient les matons. Compte tenu de son passé peu glorieux voire infâme jamais vous n’auriez dû vous retrouver seuls face à ce type malfaisant. Je vais en toucher un mot à la chancellerie.
  • Moi, je n’ai pas compris pourquoi vous n’étiez pas avec nous.
  • Je ne pouvais pas vous assistez c’était une visite que Charles avait demandé pour vous trois, je n’y étais pas convié. Mais au moins avec mon confrère et ami nous savons qui est ce vieux bonhomme.
  • Je lui ai dit que je porterais son nom, je n’ai pas du l’impression qu’il appréciait, mais je lui ai demandé qu’il me paye mes études à une école prestigieuse de Paris, par contre je ne suis pas certaine de pouvoir y aller. Nicolas ne semble pas très chaud pour aller dans un Commissariat dans la Capitale.
  • Mâcon est une charmante ville, pour débuter pour un jeune inspecteur c’est l’idéale. A Lyon il y a les Beaux Arts c’est moins prestigieux que l’école Boulle mais ils ont de bons résultats. Pourquoi vouloir aller sur Paris chère Claire.
  • J’adore Paris, j’y suis allée et j’ai adoré me balader sur les quais de Seine, fouiner chez les bouquinistes, aller dans les musées et pour peindre c’est vraiment le summum.

Comme nous arrivons je me tais et Maître Leroy avant de descendre me dit.

  • Votre père n’a pas vraiment apprécié que je vous ramène si tard . Vu la tête que vous avez il va comprendre que vous vous êtes aimés avec Nicolas. Passez-vous un coup par la figure, mettez-vous un peu de rouge aux lèvres et surtout peignez-vous car vous êtes non loin d’être hirsute.

Il tousse et ri en voyant la tête que je lui fait.

  • Je suppose que c’était votre toute première fois. Ne vous inquiétez pas je me tairais et ne vendrais pas la mèche. J’espère que votre fiancé a pris ses précautions.

Je ne sais pas quoi répondre, j’hoche la tête tout en me remettant du rouge, Maître Leroy roule lentement et j’ai juste le temps de remettre ma petite trousse de maquillage qui me permet de faire mes raccords lorsque je sors que la portière s’ouvre à la volée et que j’entends mon père me crier dessus.

  • Alors ma petite fille votre escapade avec la complicité de Maître Leroy vous a-t-elle convenue. C’est la première et dernière fois que vous me mettez devant le fait accompli. Je ne vous félicite pas Maître d’avoir accéder à la demande de Claire
  • Mais Papa
  • Taisez-vous, montez dans votre chambre, nous en reparlerons demain.

Je pars en courant et ne dis pas bonne nuit à Maître Leroy, je pleure, décidément tous les hommes sont des goujats. Qu’as bien pu dire l’avocat de papa que c’est moi qui ai voulu rester. J’espère que Nicolas interviendra en ma faveur sinon je vais passer un sale quart d’heure.

J’arrive sur le palier où sont desservis nos chambres, la mienne et celle de mon frère, hélas je me souviens qu’ils dorment dans la maison de Grand-père, moi qui voulait savoir ce que Maître Leroy lui avait dit je suis obligée d’attendre demain. Quelle malchance !

Je me dirige vers ma chambre, mais elle est fermée à clef, que se passe-t-il dans cette maison ? Tant pis je vais aller dans la chambre de Charles, j’y serai bien mieux que dans le grenier, bien entendu qu’il y a un lit mais à force d’y sauter dessus tous les trois, nous l’avons plutôt mis à mal. Il est un tantinet éventré.

Je frappe au cas où qu’ils y soient, personne ne me répond, j’entre, ouf il n’y a personne. Le lit est défait c’est plus que bizarre, où sont ses occupants ? Je ne me pose plus de questions, d’avoir fait l’amour je suis fatiguée plus la tension de l’après-midi et les cris de papa m’ont mis à plat.

J’ai dû m’endormir aussitôt car je ne me revois même pas faire ma toilette. Ce sont des coups sourds frappés à la porte de ma chambre qui me réveille. C’est Charles, il me demande pourquoi je dors dans son lit de jeune homme. Je lui en explique la raison. Il est choqué que notre père adoptif ai fermé à clef ma chambre et semble interloqué par ce geste inhabituel chez lui. Il va de ce pas l’interpeller avant de prendre son travail.

Quand il revient il a sa mine des mauvais jours, il m’explique que Père a enfermé Marie-Cecile l’ayant prise pour moi.

  • Mais pourquoi puisqu’il savait que j’étais restée sur Macon ?
  • Tout simplement parce qu’il s’est trompé, il vous a confondu. Il faut que je te dise que Marie-Cecile en rentrant s’est disputée avec sa mère et que celle-ci a refusé de dormir sous le même toit que sa fille. Il a fallu que maman intervienne pour calmer tout ce petit monde. Puis nous avons diner, Marie-Cecile est allée dans ta chambre pour enfiler une de tes robes, elle était penchée à la fenêtre selon la version de papa. Lui venait d’apprendre que tu rentrerais plus tard, il a crû que tu t’étais joué de lui, alors de rage il a enfermé Marie-Cecile. J’ai récupéré la clef et elle t’attends pour choisir une robe. Il y a aussi Annabelle. Tu me raconteras ta soirée après le déjeuner.

Je vais pour me précipiter dans ma chambre mais hélas sur le palier mon père m’attends. Il me ramène dans la chambre de Charles me tenant par une oreille comme lorsque nous étions enfants et qu’il nous punissait. Il ne va pas m’envoyer dans ma chambre au pain sec et à l’eau dans onze mois je suis majeure, si je suis obligée de pleurer pour voir Nicolas en tête à tête je demanderais mon émancipation. Par contre à qui devrais-je m’adresser ? Mais je n’ai pas le temps de répondre mentalement à cette question que le père d’Annabelle m’assaille de questions ?

  • Qu’est-ce que c’est que cette idée que de rester avec ton futur fiancé car tant que son père n’est pas venu me demander ta main tu l’es officieusement.
  • Mais ce n’est pas moi qui ai eu l’idée, c’est Maître Leroy qui me l’a suggéré
  • Tu te moques de moi Claire
  • Non pas du tout, Maître Leroy vous a menti ou il a déformé la vérité, vous n’avez qu’à l’appeler et lui redemander sa version. Ensuite appelez Nicolas, lui aussi m’a dit que c’était l’idée de Maître Leroy.
  • Possible mais vous auriez dû dire non, vous saviez pertinemment que je m’y serais opposé. J’espère que vous êtes …
  • Que je suis quoi ?
  • Rien, nous verrons bien.

J’ai à la fois envie de rire car père n’a pas osé me demander si j’étais toujours vierge et aussi pleurer qu’il me fasse la leçon comme à un bébé. A croire que mon géniteur lui a déteint dessus. Je me lève et lui demande si je peux me retirer. Il me fait signe que oui. Me prends dans ses bras et me dit qu’il me croit mais que cela l’a perturbé de me savoir seule avec Nicolas. La moutarde m’est montée au nez je lui ai dit en tournant les talons, Nicolas n’est pas Monsieur De Bougainvilliers. J’ai fermé la porte en la claquant.

J’ai honte de ma répartie mais il m’a mis hors de moi. Dans la chambre c’est un joli duo qui m’accueille. Marie-Cecile et Annabelle babillent comme deux collégiennes, elles me font part de la blague qu’elles ont envie de jouer à Papa.

  • Je t’expose les faits, ma chère soeurette, l’an passé la couturière nous a fait à toutes les deux la même robe, nous ne l’avons jamais mises
  • Oui elle était trop moche, à carreaux rose et blanc, sans un léger décolleté. Moche et trop chaude pour l’été.
  • Oui, mais as-tu vu le temps qu’il fait aujourd’hui ? Comment as-tu fait pour ne pas entendre l’orage de cette nuit ? Où alors…
  • Alors quoi ? A quoi penses-tu ?
  • Tu as rêvé à ton prince charmant
  • Que me dis -tu ? Je n’ai pas rêvé à Nicolas puisque j’ai passé la soirée avec lui.
  • En tête à tête
  • Oui
  • Oh !

Le cri de Marie-Cécile et Annabelle a dû me mettre le rouge aux joues car toutes deux ont éclatés de rire. Et surtout pour me mettre encore plus dans l’embarras Annabelle a ajouté

  • J’en était sûre que tu sauterais le pas. Tu as dû te faire voler dans les plumes par Papa
  • Tu ne crois pas si bien dire

Nous mettons nos robes roses à l’identique, Annabelle relève nos cheveux de la même manière . Nous maquille légèrement et nous met du rouge à lèvres carmin. Nous voilà de vrais jumelles selon Charles qui partait travailler dans les vignes. C’est Marie-Cécile qui tente l’aventure la première.

  • Ah Claire tu viens nous donner un coup de main, finalement cette robe te plaît.
  • Je ne suis pas Claire, elle m’a juste prêté cette robe.

A suivre..

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

En attendant que Nicolas revienne de la prison nous racontons à Père notre rencontre avec notre géniteur comme nous préférons dire. Il.nous écoute impassible mais sa colère monte nous le voyons à son attitude. Il serre la mâchoire et son tic familier fait son apparition. Il a le sourcil gauche qui monte et descend digne d’une explosion.

helas elle ne va pas dans le sens que nous espérions, père nous trouve frileux dans notre attitude tout au moins pour moi . Surtout il semble fort en colère que j’accepte de porter son nom moyennant une somme rondelette pour rentrer dans une école privée prestigieuse. Jamais il ne m’avait dit être d’accord pour que je passe le concours. C’est fort de café.

Pour Charles il est content de ce qu’il lui a dit, ce qui se comprend il va passer directeur des Houillères du Nord. Le grand patron restant Monsieur de Bougainvilliers. Du reste selon les nouvelles récoltées par Maître Leroy il va être transféré dans le Nord. Et pire il risque d’être libéré. Charles voit tout cela d’un sale oeil. Une cohabitation risque d’être dangereuse surtout en la présence d’Annabelle. Mais ce n’est pas demain que cela va arriver. Enfin nous l’espérons tous.

Pour Marie-Cecile notre père lui conseille vivement d’en parler avec sa mère, car il a bien ressenti tout comme nous qu’il y avait des non-dits entre la mère et la fille. Parler ouvertement je vous le conseille ma chère demoiselle. Mettez tout à plat et laissez vos griefs de côté. Votre maman est déjà assez ennuyé de nous causer tout ce tracas.

C’est sur ce trait de génie que je vous enfin revenir mon amour. Je le jette dans ses bras au grand dam de mon père. Il m’en fera quelques réflexions plus tard, de cela j’en suis certaine.

j’expose à Nicolas ce que j’ai demandé à celui qui dit être mon père et dont je suis certaine vu la couleur de ses yeux si étranges aux miens et à ceux de Marie-Cécile, mais les siens sont glaciales alors que les nôtres pétillent.

Nicolas me dit tu iras lorsque nous serons mariés car j’ai refusé une place sur Paris me rabattant sur Macon pour tes beaux yeux et je ne peux pas changer avant..

Notre père s’exclame :

Voila Nicolas c’est ce dont je vous entretenais l’autre matin, Claire décide tout sur un coup de tête sans en parler avec les personnes intéressées. Mais bien sûr que tu attendras jeune sotte que tu sois marié et surtout que ton mari consente à ce que tu ailles gribouiller sur un papier blanc. Je n’appelle pas ça de la peinture. Tu sais ce que JF pense de ce milieu.

Je dois être rouge comme un coquelicot, père me met dans un embarras profond, car depuis la découverte de mon vrai père j’ai l’impression qu’il se sent démuni. Tout de même il a mis vingt-ans pour s’apercevoir que je n’étais pas leur fille à part entière et maintenir il me contredit dans tous les projets. Je fonds en larmes et les trois hommes que j’aime le plus se précipite vers moi. Nicolas bien entendu qui me chéri, mon frère Charles qui adore sa petite sœur et mon père adoptif qui est confus de me voir aussi malheureuse regrettant ses paroles sans en avoir mesurer toutes les conséquences.

C’est Nicolas qui a le dernier mot, il me prend dans ses bras et me dit :

  • Viens je ne peux pas rester trop longtemps on m’attend mais je ne veux pas que l’on se quitte ainsi. Essuie tes jolis yeux ma Mie et ne pleure plus. Ton père et vous tous vivez des choses peu communes. Ne prends pas ses paroles argent content. Il va sûrement les regretter.
  • Tu ne l’avais pas dit qu’il me trouvait inconséquente
  • Le pire ma douce c’est que nous n’avons nullement parlé de toi et il ne m’a jamais fait pareilles révélations.
  • Pourtant pour le dire haut et fort c’est qu’il s’en souvient.
  • il en a peut-être parlé avec Charles mais nullement avec moi. Et puis tu es mienne et ce que ton père dit bientôt tu l’auras oublié. Et avant de te quitter mon père va venir demander ta main à… A ton avis doit-il la demander à ton géniteur ou à ton père adoptif.
  • A personne je t’ai dit oui
  • Mais mon père est de la vieille école il veut faire ça dans les règles.
  • Alors à mon père adoptif, c’est chez lui que je suis depuis mes neuf mois.

Birn qu’un peu éloigné de la voiture il en profite avec mon accord à m’embrasser, j’entends une petite toux discrète et Maître Leroy me dit

  • Votre père est pressé de rentrer il m’a envoyé vous dire que vous pouvez rester avec votre fiancé je ferais le chaperon.
  • C’est vrai, il doit vouloir se faire pardonner. On repartira à quelle heure ?
  • Je n’ai rien dit à votre père mais j’ai un dîner en ville, nous dirons que je vous ramène vers 22 h.
  • Merci Maitre, mais toi Nicolas tu es de service jusqu’à quelle heure ?
  • J’ai terminé, allez viens je t’enlève et je vais te montrer notre futur appartement. Maître à quelle heure je dois vous retrouver et surtout à quel endroit ?
  • Je vous laisse ramener votre fiancée par contre vous allez dans un premier temps me suivre à mon étude et
  • Non, nous avons cinq heures à passer ensemble. Votre repas se termine a quelle heure ?
  • Je n’en sais rien mon jeune ami, donnez-moi votre adresse finalement je viendrais chercher Mademoiselle, Monsieur De la Roche Vineuse en fera moins de vagues si c’est moi qui vous ramène. Allez filez jeunes gens et soyez sage.

Nous filons à vive allure nous sommes aux anges . Nous voici en centre ville de Mâcon sur les quais. Là où Nicolas a un appartement c’est luxueux, sûrement que Beau -papa y est pour quelques choses. J’admire la petite cuisine, le grand séjour et il y a deux magnifiques chambres. Une salle bain avec baignoire ronde. J’applaudis je n’ai jamais vu ça, ce qui fait rire Nicolas. J’en profite pour l’essayer, Nicolas ascquièse et je m’étends dans l’eau chaude, lorsque soudain les lumières s’éteignent. Je crie, j’entends Nicolas juré, il me dit ne t’affole pas, cela m’est déjà arrivé, je remet le disjoncteur.

Puis tout va aller trop vite, je sors de la baignoire et je m’aperçois qu’il n’y a pas de serviette de bains. Je dois appeler Nicolas. Quelle honte, jamais il ne m’a vu complément nue. Je suis sa fiancée mais nous n’avons pas été ensemble. Nous n’avons pas fait l’amour. Je tremble autant de froid que de peur puis je me décide à l’appeler.

  • Nicolas
  • Qu’y a-t-il ? Tu es tombée
  • Non, je n’ai pas de serviettes et dans ton placard il n’y en a pas.
  • Ce n’est pas grave, je t’en apporte
  • Oui mais..

mon mais s’est évanoui car personne ne me réponds , je l’entend jurer car apparemment il ne retrouve plus ses serviettes, puis il entre je suis là les bras sur mes seins. Il s’approche et me dit :

tu es encore plus belle que dans mes rêves, je le vois qui regarde les seins puis il m’aide à m’essuyer j’y prends du plaisir, il sais bien y faire. Il me tend la main et me dit viens, nous avons tout le temps. Je sais où il m’emmène mais ai-je peur ? Je ne pense pas. Pourtant lorsqu’il m’allonge sur son lit, je suis effrayée, je pense à mon géniteur, il faut que je lui le dise sinon je vais le regretter toute ma vie.

  • Nico mon amour, je te demande pardon mais je ne suis pas prête, je pense à l’autre qui a pris ma mère de force.
  • Ma chérie nous allons prendre notre temps, c’est ce soir que nous sommes ensembles, l’occasion ne se représentera pas. Je vais te faire l’amour je ne vais pas te violer mais je veux être certain que toi aussi tu es d’accord et que tu en as autant envie que moi.
  • Oui bien sûr
  • Alors
  • Oui mais je ne l’ai jamais fait
  • Geureusemenh tu t’es gardée pour moi, j’apprécie, allez ne parlons plus laisse-moi t’admirer.

J’hésite, l’autre m’obsède, mais mon Nico n’est pas l’autre obsédé. Nico je l’aime et Annabelle m’a dit qu’elle aimait bien les caresses que mon frère lui donnait. Elle a voulu m’expliquer mais je me suis bouchée les oreilles, c’est de mon frère qu’elle me parlait. J’aurais dû l’écouter je ne sursauterais pas chaque fois que Nico me touche. Puis je me laisse faire. Il m’apprend, il est tendre doux, j’apprécie il me dit des je t’aimes.

Puis avant de me faire l’amour il s’arrête et m’explique ce qu’il va faire, mais devant mes supplications il éteint la lumière, il m’étreint et j’ai à peine crié et après c’était délicieux que j’ai voulu recommencer. Mais Nicolas me dit :

  • Pendant que tu prenais ton bain j’ai appelé le restaurant à la « Petite traboule », je n’ai rien prémédité et j’espère que tu ne m’en veux pas.
  • Nicolas, j’espère que nous n’aurons pas un bébé, as-tu pris des précautions.

Je le vois mal à l’aise et du coup je n’ai plus du tout envie de recommencer. Je ne lui en veut pas, mais j’aurais dû le lui rappeler. Pourvu que je ne me retrouve pas enceinte. Ce serait la catastrophe. Déjà Annabelle, cela a fait un scandale et ce n’est pas terminé pourtant elle a perdu son bébé. Mais je pense que ça arrange tout le monde. Nous serions obligés de nous marier plus vite que prévu et aucune de nos familles apprécieraient.

  • A quoi penses-tu ?
  • J’ai peur d’être enceinte
  • De toutes façons tu auras le temps de t’en apercevoir. On avisera en temps voulu. La prochaine fois je ferais plus attention.
  • Il le faut

Au restaurant je me régale et j’oublie car je suis souvent insouciante. Maître Leroy est dans le même restaurant que nous, ça me rassure de cette manière nous ne retournerons pas dans notre appartement. Je partirais dès que Maître Leroy aura terminé son dîner d’affaire. Je vous bien que Nicolas est contrarié mais je ne lui céderait pas.

A suive….