Une rencontre inattendue (19)

Nous voici en gare de Mâcon, des trains pour Lille il n’y en a pas tant que ça. Ils vont partir pour Lyon et prendront la direction de Roubaix d’ici deux heures et changerons en chemin. Ils vont aller se renseigner pour ne pas passer la journée et la nuit dans les trains. Charles me dit d’y aller et de prendre notre temps pour rentrer.

  • Vous avez plus d’une heure pour rentrer. Nicolas vous direz à notre père que vous avez attendu le train pour repartir. Attention soyez sages.
  • Merci Grand-frère, tu es un ange.
  • Salut Charles à charge de revanche. Et rapportez nous de bonnes nouvelles.

Mon frère ferme les yeux sur mon idylle avec Nicolas. Je suis mineure et Nicolas n’osera pas me demander d’aller dans un hôtel. Jusqu’à présent nous nous sommes limités à des baisers et quelques caresses. Mais je sais que Nicolas veut aller plus loin. Il me faudra me montrer persuasive, cela peut rapidement aller trop loin. Je ne sais même pas si je suis prête à être complètement aimé par Nicolas.

Annabelle m’avait décrit son histoire d’amour avec Julien, ses mains qui couraient sur sa peau, elle frémissait, avait toujours envie d’aller plus loin. Il ne lui avait pas fait l’amour mais voulait essayer de la pénétrer. Elle voulait être vierge pour Charles, avec du recul je vois qu’elle s’est donnée à un autre homme.

Tant qu’elle n’a pas repris connaissance je ne sais pas ce qui a bien pu se passer ? Était-elle consentante ou l ‘ a-t-on forcé ? Le voulait-elle vraiment ?

  • Mon cœur à quoi pensez-vous ? As-tu peur de moi ?
  • Non, j’ai juste peur de ne pas savoir me contrôler. Promets-moi de ne pas dépasser les limites que nous nous sommes donnés
  • Je ne ferais que ce que tu voudras, mais dis-moi non si tu ne veux pas aller plus loin.
  • Oui

En mon for intérieur je me demande si je ne vais pas accepter et qu’une fois le temps de l’euphorie passé je vais regretter. Se contrôler tout le temps c’est agaçant. J’ai juste envie de me laisser aller.

Nous repartons en direction de notre village, cela fait bien trente minutes que nous roulons, nous discutons et Nicolas ne m’a pas proposé de s’arrêter. On va rapidement arrivé et on aura pas profité de ce temps pris au temps pour se découvrir un peu plus qu’à la sauvette comme à l’école de police. Puis sur la route , Nicolas me dit :

  • C’est là -haut que nous allons aller, en bas il y a le château de Chasselas, j’y suis allé il y a fort longtemps avec un de mes oncles et le propriétaire nous avait montré sa cadole très isolée, qui ne servait plus car aux alentours il ne faisait plus pousser de vignes.
  • Es-tu sur que c’est toujours le cas ?
  • Oui car j’y suis retourné il y a quatre jours avec ton père, il est venu saluer le châtelain.
  • Et, on ne risque pas de le trouver ?
  • Non, car il prépare la foire au vin sur Mâcon
  • Et bien allons-y , est-ce loin ?
  • Non

Nicolas ouvre le coffre et prend un plaid, on dirait qu’il avait tout prévu. Il faut que je lui le demande. Nous montons d’un bon pas, habitués tous les deux à faire du sport. Au début nous traversons des vignes, puis elles se raréfient pour complètement disparaître. Et j’aperçois au détour du chemin une jolie cadole.

  • Tu viens ma douce Claire, nous avons dix minutes de route et un peu plus d’une heure à passer ensemble. Même plus si Charles ne dit rien sur l’horaire de son train.
  • Comment le sauras-tu ?
  • Demain j’irai aux PTT lui téléphoner et seulement après il téléphonera à ton père.
  • C’est toi qui lui dira nous sommes restés trente minutes ou une heure. Mais son train était à quelle heure ?
  • Il ne partira que cet après-midi , on a raté celui du matin.
  • Ah !
  • Allez viens, n’ai pas peur je ne vais pas te prendre de force, je veux juste t’aimer, le veux-tu ?
  • Oui

Mais la suite ne s’entends pas, il a mis ses mains sous mes cuisses et m’entraîne dans la Cadole. Au début c’est doux, il prend mes lèvres et m’embrasse doucement puis il me force à ouvrir la bouche et me caresse avec sa langue. Je me sens merveilleusement bien. Je laisse ses mains passées sous mon chemisier, il me regarde, je sais que j’en ai autant envie que lui. Alors il s’enhardit, me dégrafe mon soutien-gorge et me caresse. Il murmure tu as des seins à me faire damner. Je gémis, je ne peux pas me contrôler. J’en veux plus. Il me soulève ma jupe, me fait entrouvrir les jambes, puis les cuisses, guette mon consentement et me descend ma petite culotte. Je tremble, j’ai peur je devrais lui dire non et pourtant j’aimerais sentir ses mains sur moi, en moi. Je ne sais même pas comment tout cela aurait pu se terminer car nous avons entendu siffler.

Des gamins se chamaillent au retour de l’école. Nicolas a rabattu ma robe , a mis un doigt sur ses lèvres. Et il s’est levé. Son pantalon était baissé, il l’a remonté. Nous avons attendu que les pas des gamins s’éloignent mais l’euphorie était passée. Il s’est approché de moi m’a serré dans ses bras, et m’a dit :

  • Ce n’était pas le lieu rêvé pour que tu deviennes ma femme. Mais j’ai vu dans ton regard que tu voulais et ton corps était prêt à me recevoir. Je t’aime ma Claire adorée.
  • Moi aussi Nicolas j’ai vu que tu me désirais et je t’aime aussi.

Nous avons repris la route et moins de dix minutes plus tard nous arrivions au Domaine. Avant nous nous étions arrêtés près d’une fontaine pour me baigner le visage. La moustache de Nicolas avait laissé quelques traces autour de ma bouche. Mais à l’arrivée je m’étais regardé dans la glace et mon visage avait repris ses couleurs normales. Le soir même Nicolas se coupait sa moustache.

À suivre…

Une rencontre inattendue (18)

  • Tu te moques de moi Charles, c’est bien ta maman qui m’a mise au monde.
  • Oui il n’y a aucun doute, mais je me suis toujours appelé Charles Meignière. Je me souviens de mon grand-père maternel il me disait toujours, toi tu es bien un petit Meignière, j’ignorais notre nom de famille, seul celui-ci m’est resté.
  • Pourquoi je ne suis pas adoptée ? Pourquoi m’avoir considéré comme votre fille si je ne le suis pas.
  • Claire, ton père avant de vous déposez à la porte d’une église avait noté qu’il ferait parvenir aux religieuses ton acte de naissance. Celui-là nous l’avons eu trois mois après l’adoption de Charles, comme c’était la guerre nous avons classé le papier et oublié . Pour nous tu es notre fille.
  • Qui est mon père ?
  • C’est noté de père inconnu, mais le père de Charles a ajouté un papier écrit de sa main. La soeur de Charles est du patron des houillères. Monsieur de Bougainvilliers.
  • C’est tout
  • Oui

Mais je vois bien à la mine de Charles que mon père adoptif et lui-même me cachent un secret. Je le découvrirais, en attendant il va falloir aller dans le Nord pour en savoir davantage.

Je m’en moque du papier d’adoptio, papa et maman m’aiment comme leur fille. Ce n’est qu’un papier. Mais il faut que je comprenne qui a eu vent que je n’étais pas adopté, car tout vient de là. Voudrait-on se débarrasser de moi ? Est-ce que je gênerait des frères et soeurs dans un partage d’héritage. Et maman était-elle marié au père de Charles ? Qui était ma mère biologique, une maitresse pour le père de Charles ou sa femme.

Nicolas me dit que Charles va partir avec Stan pour se rendre dans la petite commune d’où mon père est parti au moment de l’exode. Ils iront en train. Sur place ils essayeront d’en savoir le plus possible, car si Charles a accepté d’y aller, il ne veut pas rester trop longtemps éloigné de sa femme. Et Nicolas d’ajouter, tu aurais pu y aller mais ton père et ton parrain s’y sont opposé.

  • Ils craignent pour ma vie
  • Oui et là tu vas être sous ma surveillance
  • Cela ne le dérange pas
  • Je m’en doute ma douce
  • Chut, personne ne doit savoir
  • Charles a compris. Il me dit de ne pas te regarder avec des yeux d’amour.
  • Je n’avais pas remarqué

Nicolas éclate de rire et je vois mon père apparaître et lever ses sourcils comme il fait quand il est interloqué.

  • Que se passe-t-il pour que vous riez alors que nous sommes dans une situation qui ne le mérite pas ?
  • Père nous n’allons pas pleurer, Nicolas et moi nous évoquions nos premières enquêtes, ce serait trop long à t’expliquer.
  • Et en quoi elles ont le don d’amuser Mr Nicolas
  • Nous n’avions pas trouvé le coupable, c’était juste simulé, et le coupable était notre capitaine.
  • En effet, mais bon qu’y trouvez-vous de risible ?
  • Tu aurais vu ma tête au moment tu pourrais encore en rire.
  • Je vous laisse mes enfants je dois aller voir mes vignes. Charles m’a dit qu’il partait avec votre collègue.
  • Qui va l’emmener à la gare de Mâcon ?
  • Ils partent quand ?
  • Le plus tôt possible, donc aujourd’hui
  • Debrouillez-vous pour l’emmener, j’ai appelé mon assureur j’ai autres choses à faire.
  • Nous y allons père
  • Oui

Bizarre mon père me laisse y aller avec Nicolas, à moins que j’ai un chaperon ou alors il n’a pas réfléchi. J’opte pour le fait qu’il est trop absorbé par tous les évènements qui se succèdent depuis le mariage d’Annabelle.

  • Nicolas saisissons cette opportunité et filons pendant qu’il en est encore tant. Dans le garage il y a la traction de grand-père elle a les vitres blindées. Prenons-là, nous serons à l’abri.
  • Les vitres blindées, elle appartenait à qui ?
  • C’est celles des FFI de la section de Cluny, grand-père était un Résistant.
  • Elle est en état de rouler
  • Oui, notre Majordome la fait briller tous les jours.
  • Allons-y

Nous n’avons pas fait 100 mètres que j’entends mon père crier, je sais très bien ce qu’il dit, je l’entend clairement.

 » Claire reviens, tu n’as pas à te trouver avec un garçon seule… »

  • Que crie ton père Charles ?
  • Demande à Claire, elle le sait très bien
  • Ce n’est pas grave, Nicolas je l’aime
  • Je m’en suis douté petite soeur chérie
  • Ca se voit
  • Oui
  • Crois-tu que Papa va me punir ?
  • Je ne pense pas, mais il sera en colère

A nouveau Nicolas rit et ajoute :

  • Je demanderais la main de votre soeur Charles, nous attendrons pour nous marier.
  • De longues fiançailles , c’est ce que nous avons vécu avec Annabelle. Ça a beaucoup de charme. Mais connaissez-vous votre affectation ?
  • J’ai demandé Lyon ou Mâcon. Et comme je suis premier de ma Promo j’ai toutes les chances d’y aller.
  • Macon ce serait bien, nous en sommes si proche.
  • Esperons ma douce Claire.

Comme nous avons laissé Charles conduire, il en profite pour me prendre dans ses bras et poser sur ma bouche le plus délicieux des baisers.

À suivre…

Une rencontre inattendue (17)

Voilà mes amis sont arrivé, ils sont installé dans leurs chambres et en ce moment ils sont sur la cour et Nicolas fume des cigarettes anglaises mentholées. C’est sa nouvelle passion. Faire sortir de la fumée par le nez ce doit être fort désagréable.

Charles nous a donné des nouvelles d’Annabelle, hélas il n’y a rien de changé, elle dort paisiblement mais n’a pas repris connaissance. Elle n’a plus de tuyaux pour respirer, elle le fait elle-même. Le chirurgien lui a seulement dit d’être patient. Mais Charles n’a jamais su l’être.

Le repas s’est déroulé très cordialement, papa a posé des questions aux garçons. Nous avons parlé du voyage en Angleterre de Nicolas, il est allé à Scotland Yard où son père a un ami. Il est enchanté de ce qu’il a découvert. Stan quant à lui est resté à se morfondre à Marseille, ce qui a bien fait rire Tristan.

Mon père a refusé que je me rende dans la chambre de Nicolas, il doit craindre pour ma vertue. Nous aviserons demain. Pour ce soir je suis fatiguée par ces journées chargées en émotion. Aussi je me retire assez rapidement pour pouvoir dormir et être d’attaque pour notre enquête qui commencera demain.

Aucun bruit si ce n’est le chat-huant qui, toutes les nuits me réveille à 3 h du matin. Si je m’étais levée à cet instant, j’aurai pu voir deux ombres qui se faufilaient dans les vignes. Mais ce n’est que vers huit heures que je vais l’apprendre.

Il est à peine 7 h et déjà la maison s’active, j’entends un bruit, suivi de cris, et finalement mon père tambourine à ma porte et me dit :

  • Claire descends le plus rapidement possible il y a du nouveau
  • Du nouveau à propos de quoi ?
  • Descends je ne veux pas te parler au travers de la porte.

Ni une ni deux je me dépêche, qu’est-il arrivé pour que mon père me demande de descendre si tôt ?

Mon père me traine vers les vignes et me dit :

  • Regarde et dis-moi si quelques choses te choque

A première vue je ne vois rien mais petit à petit je m’aperçois que l’on est venu arracher une rangée de plants de vignes.

  • Notre récolte est fichu si je tenais ceux qui nous ont massacré notre meilleur vin je les pendrais haut et court.
  • Papa calmez-vous , ce n’est qu’une rangée.
  • Oui une rangée d’une cuvée spéciale et que nous montons en puissance chaque année, mon Viré Clissé va être amputé de ces meilleurs raisins. Et surtout viens avec moi, tu verras que les dégâts sont plus importants que l’absence d’une rangée.
  • Attendez Papa, je vais aller voir s’il n’y a pas des traces de pas. La rosée est abondante ce matin , ceux qui ont fait ça n’ont pas marché sur les mains.
  • C’est une très bonne idée, tu veux que tes amis te rejoignent ils prennent leur petit déjeuner en ce moment.
  • Non j’y vais seule, après on avisera.
  • Veux-tu que je t’accompagne ?
  • Oui mais marchez loin de la rangée absente.

Nous voici courant plus que marchant à la recherche du moindre élément pouvant nous mettre sur une piste. Ce n’est ni un objet, ni une trace que nous découvrons en arrivant sur notre parcelle, c’est un homme étendu avec une vilaine plaie à la tête. Un inconnu pour mon père

  • Il a l’air groggy
  • Assommé, tu m’étonnes qu’il est groggy
  • La plaie ne semble pas importante. Va appeler notre médecin ou envoie un des garçons le chercher.
  • Papa ne le secoue pas, tu pourrais aggraver son état.
  • Cela se voit que tu écoutes ta soeur.
  • Elle a travaillé avec notre médecin il lui a inculqué tout ce qu’elle doit savoir.
  • Ce n’est pas faux. Dépêche-toi !

Lorsque j’arrive dans notre salle à manger, les garçons ne sont plus là, seul notre Majordome met de l’ordre. Aussi ni une ni deux je lui demande de téléphoner à notre médecin. Puis il me le passe et je lui expose les faits. La découverte ce matin d’un homme blessé à la tempe, inerte mais qui respire encore.

  • Si vous faites une collection de blessés il va falloir vous arrêter. J’appelle la maréchaussée.
  • Oui, je n’y avais pas pensé
  • Tu voulais enquêter toi-même
  • En quelques sortes, mais bon ce n’est pas ça le plus important.
  • Qu’y-a-t-il de plus important ?
  • Annabelle
  • Oui je comprends

Ouf je m’en suis bien tirée, notre docteur n’est pas allé plus loin dans ses questions. Il faut que je déjeune, ensuite j’exposerai ma théorie à mes camarades. J’espère que Charles ne s’y opposera pas. En fait je ne vois pas la raison pour laquelle il ne le voudrait pas.

Le blessé est aux dires de Charles un saisonnier que l’on avait renvoyé l’an passé pour avoir pris de l’argent et des bijoux. Il est venu se venger mais de qui et surtout pourquoi. Père lui avait payé ses quinze jours de travail, il ne l’avait pas signalé aux gendarmes mais il ne pouvait plus d’embaucher chez nos amis et concurrents. Était-ce cette raison qui l’avait poussé à mettre nos vignes à terre. Les gendarmes patientaient pour l’interroger car il avait repris connaissance.

Notre médecin nous disait qu’il jouait la comédie, qu’il avait repris ses esprits sûrement quelques minutes avant notre arrivée. Il ne tenait surement pas à ce que Mr le Vicomte de La Roche Vineuse l’interroge.

Plutot que de l’emmener dans leurs locaux le Capitaine Laroche l’a interrogé sur place. Et nous apprenons alors qu’ils s’en vont que lui n’a rien fait il.s’est juste opposé à deux hommes qui arrachaient nos plants. Et un des types l’a frappé avec sa pioche. Après c’est un grand blanc. Il a juste entendu mon père me parler et à penser qu’il allait être désigné comme le coupable.

Les gendarmes le laisse en liberté car ils ont les noms des deux types qui ont saccagé nos plans de vigne. Un dénommé Laroze et l’autre Durant, un nom pour le second assez banal mais avec la description qui l’en a faites il y a de grandes chances qu’ils pourront mettre la main dessus.

Lorsque Charles entend leurs noms, il bondit et dit :

  • Messieurs, je vais vous mâcher le travail, nous avons pris en photo tous nos saisonniers pour éviter qu’une année sur l’autre il y est des changements de personnes sous des noms déjà connus. Avec une photo c’est déjà plus difficile.

Charles a sorti le gros cahier noir et nous le compulsons, rapidement nous trouvons le dénommé Laroze, avec sa photo mais il n’y a pas de Durant ni avec un t ni avec un d. Les gendarmes redemandent à l’individu s’il n’a pas fait une erreur dans le nom. Il reconnaît qu’il ne le connait pas, mais Laroze l’a appelé Durant.

Les gendarmes repartent et nous passons aux choses sérieuses pendant que mon père emmène le jeune à la gendarmerie car sa présence sur les lieux nous paraît fort étranges.

J’expose à mes amis ma réflexion de la veille concernant nos origines à Charles et moi. Charles est bouleversé, il fait un effort de mémoire afin de recoller les morceaux sur son existence car la mienne il y a 20 ans n’est pas possible à reconstituer.

Mais Nicolas prend les choses en main, il a toujours été doué pour le commandement. Il a de qui tenir.

  • A cinq ans et vu la période que tu as vécu il est bien possible que tu es occulté une partie de ta vie. Tu es certainement dans le déni. Pire ta femme est inconsciente à l’hôpital ça n’arrange rien. Donc dans un premier temps sans avoir de pression de l’un d’entre nous tu vas chercher tout ce dont tu te rappelles et si possible avant l’exode. Pour ne rien oublier tu les notes. Dans un premier temps je vais te faire une liste, après tu te débrouilles pour ajouter ce qui manque.
  • Oui par quoi dois-je commencer ?
  • Noms prénoms père mère grands-parents
  • lieux où tu habitais, voisins dont tu te souviens. Si tu vivais dans une maison.
  • Nous, nous allons téléphoner dans ta ville d’où vous êtes parti. L’opératrice pourra sûrement nous aider. Tu es certain de ton nom de famille.

C’est là que j’interviens en leur disant il.nous faut les papiers de l’adoption et dessus ils ont dû mentionner notre nom d’avant.

Excellente idée, mais votre père va-t-il vouloir les vous remettre intervient Stan.

Je vais lui les demander, si comme nous il veut savoir il ne devrait pas s’y opposer mais avec notre Père on peut s’attendre à tout.

Charles nous quitte, les minutes s’égrènent puis une heure passe et il n’est toujours pas revenu.

  • C’est bien long Claire, veux-tu aller voir ce qu’il se passe mais un conseil reviens vite.
  • Je reviens aussi vite que je peux, mais laissez-moi avoir gain de cause, si mon père s’est bloqué il va falloir que j’argumente.

Je file rapidement vers le bureau de mon père, il n’y a personne. Les tiroirs sont tous ouverts, même le coffre-fort est grand ouvert. Je m’approche, personne n’a essayé de voler quoi que ce soit il y a de nombreuses liasses de billets ainsi que les bijoux de ma grand-mère paternelle.

Je pars à la recherche de mon frère lorsque j’entends des éclats de voix, c’est une altercation entre mon frère et notre père. Mon frère semble en colère.

  • Que se passe-t-il ?
  • Ça ne va pas te plaire Claire ce que je viens de lire.
  • Explique-moi
  • Tu n’es pas adopté, tu es juste placé et tiens toi bien tu t’appelles Claire De Bougainvilliers.

À suivre…

Unec rencontre inattendue (16)

Dès que je suis dans la traction noire de notre médecin je ne puis m’empêcher de demander à mon parrain d’où viennent les armes . Il me répond qu’elles appartiennent à la gestapo et ajoute.

  • La gestapo a été contrainte de tout abandonner au moment du débarquement
  • À quel moment ?
  • Lorsque les Maquisards de Cluny sont venu une nuit sans lune attaqué le Domaine.
  • Vous étiez où ?
  • Ici aux Domaines, mais la gestapo avait la grande maison et nous, nous vivions dans les annexes. Mais ils ne sont arrivé qu’en 1942 au moment où la ligne de démarcation a disparue. Deux ans sous la botte nazie a été suffisant.
  • Vous avez combattu
  • Oui et notre prise de guerre était ses fusils, ton grand-père les avait entreposé dans les cadolles. Et nous les avions complètement oubliés.
  • Celui qui les a retrouvé soit il connaissait leur cachette soit il les a trouvé.
  • Bonne déduction Mademoiselle l’enquêtrice

Tristan se mis à rire ce qui a détendu l’atmosphère. Je voyais les yeux de mon oncle lancés des éclairs lors du récit du médecin. Il n’avait pas l’air d’apprécier qu’il nous raconte la « bataille de Cluny ». Pourtant c’était une page de notre histoire qu’y avait-il de mal à l’entendre.

Mais tout cela ne me disait pas la raison pour laquelle j’étais devenue une cible. Adopter à l’âge de 18 mois par Paul et Claudette De La Roche Vineuse, je ne faisais de l’ombre à personne.

Mon père était selon les dires de mon frère un homme bon, mais ses souvenirs n’étaient pas fiables il n’avait que cinq ans en 1940. Et seulement un an de plus lors de notre placement plutôt qu’adoption en mai 1941. Ce n’est qu’en décembre que le père de Paul et Jean faisait accélérer les démarches afin que nous portions leur nom.

Quel danger je pouvais être pour que l’on en vienne à me tirer dessus. Est-ce que tout cela avait du sens? Charles devait l’être tout autant que moi. Pensez un homme, cela transmet un nom. Pourtant notre nom de famille était effacé à tout jamais. Jusqu’à la maison du médecin je me faisais des noeuds au cerveau pour comprendre la raison pour laquelle on avait essayé de me tuer.

Mais personne ne comprenait. Je ne représentais rien qui puisse mettre en danger la notoriété des vins. Je n’étais pas la fille d’un prince. Il fallait que je découvre qui était nos parents. C’était là l’énigme et le nœud du problème.

Cela n’avait aucun rapport avec la guerre c’était plus mon appartenance à une famille qui faisait de Charles et moi les boucs émissaires d’une vengeance. Notre nom de famille était des plus banales.  » Meignière » . Avait-on une particule, en ce cas tout changerait. Demain avec mes collègues de l’école de police nous nous pencherons sur notre histoire.

À suivre…

Une rencontre inattendue (15-1)

  • Non je ne m’étonne pas, vous avez dit à table que le fils de « votre Général » allait venir. Que vous étiez dans son État Major. Or c’était pendant la drôle de guerre. Ensuite je pense que comme beaucoup vous êtes retourné travailler à votre vigne. Mais je sais aussi par Grand-père que la gestapo avait réquisitionné le domaine. Serait-ce une prise de guerre ?
  • Et bien ma filleule vous avez déduits pas mal de choses. Votre enquête commence bien.

Au moment où je vais répondre à mon parrain, ce dernier se jette sur moi et me plaque au sol. Et il crie :

  • Paul couche-toi le fou va nous tirer dessus.

J’entends une rafale de balles qui nous passe largement au-dessus. Puis plus rien, un grand silence comme celui de la mort. Au sol je vois couler du sang, je réprime le cri qui me vient. Me touche le front, j’ai du sang mais je ne suis pas blessée. Donc c’est celui de mon parrain.

  • Papa papa réponds-moi
  • Oui, ne t’inquiètes pas
  • Mais Papa il y a du sang
  • J’arrive, ne bouge surtout pas

Je ne sais combien de temps s’écoule mais mon parrain ne m’a pas adressé la parole, il est lourd sur moi. Et mon père qui n’arrive toujours pas. Je ne sais ce que je dois faire.

Enfin j’entends la jeep qui revient, Charles se précipite vers moi. Il soulève délicatement mon Parrain, je l’entend dire à mon cousin. Va chercher le médecin, demande au Majordome de l’appeler.

Claire ouvre les yeux, tu n’es pas blessée. Ne t’inquiètes pas, Parrain est dans la force de l’âge. La tête saigne beaucoup mais je ne pense pas que ce soit très grave. C’est peut-être juste un cailloux qui a ricoché sur sa tête.

  • Et Papa ?
  • Papa n’est pas là
  • Mais il était avec nous, Parrain lui a dit de se coucher car le fou allait nous tirer dessus. Je ne sais même pas comment il s’en est aperçu
  • Nous aussi nous l’avons vu, le soleil a envoyé un éclat. L’autre ne s’en est pas rendu compte.
  • Il visait qui donc ?
  • Malheureusement je pense que c’était toi
  • Mais pourquoi ?
  • Ca je me le demande
  • Hier matin il se serait trompé de cibles
  • Oui je le pense, mais c’est à la police criminelle de nous l’expliquer.
  • Papa m’a permis d’enquêter
  • Tu es à la fois victime et enquêtrice ? Est-ce compatible ?
  • Je vais l’inventer pour moi. Mais Papa serait dedans la cadolle.

À ce moment Julien apparaît avec mon père ils arrivent par le chemin du bas.

  • Par où êtes-vous passé Père
  • Lorsque mon frère a crié j’étais juste vers les éboulis aussi je me suis jeté à l’intérieur de la cadolle et petit à petit j’ai rampé, le mur en s’affaissant a dégagé l’entrée du tunnel qui relie les deux cadolles entre elles. Et doucement je suis descendue en prenant garde de ne pas me taper la tête car tout s’est affaissé à certains endroits. De plus la pente est raide.
  • Pourtant je vous ai parlé
  • Oui et je t’ai répondu, il y a un conduit qui les relie, enfants avec mon frère on s’amusait à se parler de cette manière.
  • C’est intéressant

Sur ces entrefaites notre bon médecin est arrivé dans la jeep menée à tombeau ouvert par mon cousin.

  • Après la nièce c’est l’oncle vous avez installés un stand de tir dans vos vignes.
  • Arrête tes conneries toubeeb
  • Je vois que le mort va mieux
  • C’est une égratignure
  • Qui nécessite de te recoudre, passe à la maison je te ferais ça
  • Je pensais que tu avais apporté ta panoplie
  • Je n’ai rien apporté, je suis juste venu constater ton décès
  • Mon fils a dû se montrer alarmant
  • Bon j’ai appelé la gendarmerie il devait demander à je ne sais qui de venir rapidement.
  • Les Lyonnais de la criminelle
  • Ah et bien ils vont arriver dans huit jours
  • Toujours le mot pour rire Paul
  • Tu crois que ça m’amuse qu’un dingue tire sur mes filles
  • S’était Claire qui était visée
  • Il semblerait vu que je l’ai poussé à terre et que c’est moi qui ai pris la balle.
  • Effectivement tout correspond, vous ne l’avez pas pris en chasse.
  • Si tu penses que l’on a que ça à faire.

C’est à ce moment que Maman est arrivée, ses Messieurs se sont tourné vers elle. Elle avait effectué une course rapide qu’il a fallu que notre bon médecin l’examine avant qu’elle puisse nous dire que Monsieur d’Archambault Nicolas et Mr Ménière Stéphane étaient à la gare de Mâcon.

  • Vous leur avez dit Ma mie que nous étions en plein drame.
  • Bien entendu Charles je ne suis pas une oie blanche

Papa s’est approché de Maman et l’a pris dans ses bras. C’était rare que devant les autres, Il la prenne dans ses bras, alors lui donner un baiser était improbable. Pourtant c’est ce qu’il a fait en cette soirée de juin 1960.

  • Charles va avec ta soeur cherchez ses Messieurs, allez tous les deux dans la gare, veille sur elle et commencez à discuter tous ensemble des derniers événements. Et dépêchez-vous de revenir. Mais faites bien attention, ce type est peut-être caché et va vous suivre.
  • Pourquoi l’envoie tu avec Charles Paul ? Va avec ton fils.
  • Mais nous ne connaissons pas ses Messieurs
  • Il n’y en aura pas cinquante
  • Après tout tu as raison, Claire va avec ta mère chez ton Parrain.
  • Venez plutôt chez moi, il faut que je recouse le front de Jean. Allez embarquez dans ma traction.

Julien que mon cousin était allé chercher patientait en tournant sa casquette dans tous les sens, il semblait fort ennuyé. Tristan riait de sa déconvenue.

Au moment de partir mon père se rappela qu’il avait fait venir Julien pour qu’il lui en apprenne plus sur le saisonnier. Aussi qu’elle ne fut pas notre stupeur de l’entendre lui dire :

  • Quant à toi je te dépose chez les gendarmes, tu auras la langue déliée. Car de près ou de loin tu es mêlé à ses événements.
  • Monsieur s’il vous plaît je veux bien répondre à toutes vos questions mais ne m’amener pas chez les pandores.

À suivre…