Une rencontre inattendue (9)

Le frère de Papa, mon oncle Jean De La Roche Vineuse, mon parrain a marié Annabelle. J’ai bien cru au moment de la question fatidique qu’Annabelle allait dire non. Il y a eu de longues minutes de silence jusqu’à ce que mon parrain lui dise: Annabelle ce n’est pas le moment de rêver. Tu veux dire oui ou non.

Mon père s’est levé blanc comme un linge et a dit :

  • Elle fait sa mijaurée et se donne en spectacle.

Annabelle a éclaté de rire et dit :

  • Oui bien sûr que je veux t’épouser mon Charles bien aimé
  • Je ne t’en demandais pas tant Annabelle a répliqué mon parrain. Recommence et dis-moi tout simplement oui.
  • Oui je le veux.

Rite et applaudissements, enfin les voilà mariés.

Puis nous sommes partis à travers vigne à pieds jusqu’à la chapelle du village. Les saisonniers conviés à la noce lançaient des pétales de roses sur les jeunes mariés.

Au bas des marches de nouveaux palabres entre Charles, Annabelle et mon père. De discussions âpres en colère noire non loin du courroux de mon père, celui-ci a finalement accepté sous la contrainte du maire et du curé a accepté de prendre le bras de sa fille.

Au son de la marche nuptiale nous emboitons le pas derrière Charles et Maman, suivis de petits enfants tous habillés comme les demoiselles et garçons d’honneurs, puis la mariée au bras de notre Père suivis des quatre demoiselles et damoiseaux d’honneur.

Avec du recul je trouve que c’était féerique. Si tout le monde était dans la joie, une personne attentive aurait vu que mon père était dans une grande colère et Annabelle avait une mine renfrognée comme si elle montait sur un bûcher.

Finalement la cérémonie s’est bien déroulée et mes cousines ont accompagnés au violon tous les chants choisis par les mariés. J’étais sous le charme. Nous sommes redescendus à pieds seuls les mariés étaient dans la calèche de Grand-père, tirés par ses quatre chevaux, deux alezans, deux mérinos et ma jument blanche Perle de Neige.

Le vin du Domaine de La Roche Vineuse a coulé à flot. Les saisonniers ici ou là ont roulés sous les tables. Tout était délicat, délicieux, tout le village était invité. Il faut dire qu’il ne compte que 50 personnes. Puis la nuit est tombée, les jeunes mariés ont demandés la permission de se retirer, et nous avons terminés la fête sans eux.

A 5 h du matin des coups violents frappes à ma porte m’ont réveillés. Dire que je venais à peine de m’endormir. Que se passait-il encore ?

J’ Entrouvre ma porte et voit mon frère complètement hagard, la mine défaite, les cheveux en bataille, des sillons de larmes coulent encore sur son visage. Il se jette sur moi et me dit :

  • Viens suis-moi
  • Pour aller où ?
  • Tais toi je t’en supplie viens

Je passe rapidement un déshabillé, me chausse avec des balerines et dévale l’escalier derrière mon frère et là dans les vignes je vois la robe de mariée d’Annabelle rouge sang.

À suivre…

Une rencontre inattendue (8)

C’est à ce moment-là que j’entends un bruit de vaisselle, décidément les gens sont passablement énervés. Que se passe-t-il ? Mon père choisi juste ce moment pour sortir de la chambre de ma sœur, je n’ai pas le temps de me précipiter dans la mienne. De toutes façons cela n’aurait rien changé au courroux de mon père.

  • Que fais-tu là Claire ? Tu écoutes aux portes.
  • Nin je viens d’arriver il est 9 h 45 , Ma …Mère nous attends pour aller à la mairie.
  • Petite sotte tu racontes n’importe quoi, c’est mon frère le maire qui se déplace et non nous, et heureusement, quel honte ce serait.
  • Papa
  • Claire qu’ ai-je dit c’est de l enfantillage ces papa et maman.
  • Tu ne m’aimes plus alors pourquoi m’as tu adopté ?
  • Claire, calme toi, ce n’est pas je jour, mon amour pour toi n’a pas changé juste parce que je veux que mes trois enfants tiennent leur rang dans la société et nous disent comme moi avant vous Père et Mère.
  • Oui mais j’ai l’impression que je ne suis plus ton bébé.
  • Viens là mon bébé, allez tu pourras dire Maman à ta mère et à moi tu me diras Papa lorsque nous serons que tous les deux. Allez sèche tes larmes, avec ta jolie robe tu es resplendissante. Je t’aime toi ma toute petite. Tu ne feras pas comme Annabelle rougir de honte.

Je ne sais quoi répondre à mon père, je n’ai qu’entendu des éclats de voix mais pas une conversation certes animée mais chaque mot de mon père allait droit au but comme à son habitude et ma soeur est sûrement dans un sale état.

  • Ne me réponds pas je vois bien que tu n’as pas entendu
  • Oui je viens d’arriver mais je ne suis pas entrer car tu grondais Annabelle
  • On va dire ça, allez dis à ta sœur de se dépêcher, les invités sont tous là. Et dis lui d’arrêter ses enfantillages. Elle a 24 ans.
  • Oui Père

J’attends que les pas de mon père s’éloigne et je frappe à la porte de ma sœur. Sa robe de mariée est jetée sur le plancher, et ma soeur est habillée tout de noir. Je suis catastrophée.

Belle qu’as-tu fait ? Pourquoi ta robe est en boule.

  • Tu n’as pas croisé Père c’est lui qui m’a dit que je déshonorais la blancheur de ma robe. Alors de rage j’ai quitté ma belle robe et devant lui je me suis mise cette robe grotesque. Je lui ai dit comme ça cher Père vous n’aurez plus honte de votre uni…
  • Quoi que veux-tu dire ? Unique fille…
  • Pardon Clairette, je lui ai dit ça car j’étais en rage mais tu es bien ma petite sœur, ne l’oublie jamais.
  • Ce n’est pas grave dans le feu de l’action on a des mots qui dépassent notre pensée. Que t’as dit Père
  • Rien, il m’a giflé
  • Oh ! C’est tout
  • Non, il a ajouté, tu n’es pas l’unique vous êtes deux mais toi tu me fais honte, la suite je ne te l’a dis pas car je me suis mise à pleurer.
  • C’était aussi horrible que ça
  • C’était vulgaire, et venant de Papa …
  • N’en parlons plus, allez je vais t’aider à quitter cette robe affreuse non digne de ton mariage. Tu verras Papa il sera fier de monter les marches avec toi.
  • Il ne veut pas m’accompagner et il ne veut pas que nous nous marions à l’église.
  • Oh !

J’ai réussi à calmer Annabelle, j’ai baigné ses yeux avec une décoction de camomille, j’ai appelé la coiffeuse, elle lui a remis s s cheveux, pose son diadème blanc et nous sommes descendu il était à peine 10 h 30.

  • Ah vous voilà mes princesses, vous êtes bien dignes d’être des femmes vous savez faire attendre tous les Messieurs de ma salle de bal. Ma fille vient vers nous. Annabelle rejoint vite ton fiancé.

C’est ainsi que la cérémonie du mariage a eu lieu chez nous. Il n’y avait que la famille. Les autres invités nous attendaient à l’église pour 11 h.

À suivre …

Une rencontre inattendue (7)

  • Et qu’y a-t-il d’autres dans ce dossier ? Tu avais cinq ans, tu m’as toujours dit que nous avions une maison vers Lille. Notre papa n’a pas tout emporté sur sa carriole. Nous devons bien y avoir laissé des objets, des papiers. La famille de Maman , elle existait bien.
  • Claire je vais me renseigner
  • Pourquoi ne l’as-tu pas fait pendant que tu étais seul, alors que maintenant tu vas épouser Annabelle et tu vas avoir un enfant.

Au moment où je termine ma phrase je vois Charles serrer les poings et dans ses yeux un éclat d’une chose indéfinissable. Il ne veut pas de cet enfant je le ressens au plus profond de mon être. Mais je ne dis rien, ce n’est pas le moment. Nous verrons lorsque l’enfant sera né.

  • Je vais rentrer avant que Père parcourt ses vignes, fais-en autant.
  • Non je l’attend, il m’a donné rendez-vous
  • Pour ?

A ce moment j’entends la voix de notre père :

  • Deja lever Clairette

Je dissimule rapidement comme je le peux le dossier sur notre père légitime et répond.

  • J’ai voulu célébrer le mariage de Charles avant tout le monde, mais maintenant je file me coucher.
  • Tu veux dire te faire belle
  • Il est si tard, la noce n’est qu’à 10 h
  • Oui, mais la maison est déjà une ruche, les coiffeuses sont arrivés pour ta sœur, et bientôt pour toi. Allez file maintenant c’est une affaire d’homme.

Avant de les quitter je saute au cou de notre père mais hélas le dossier tombe, heureusement qu’il est attaché par un élastique car rien ne s’éparpille. Seulement cela met la puce à l’oreille de notre père.

  • Qu’est-ce donc ?
  • Quelques dessins que j’ai montré à Charles
  • Et moi ?
  • C’est une surprise !

Et je m’enfuis en courant ne lui laissant pas le temps de saisir le dossier. Je l’entend rire et ajouter cachottière

Ouf je m’en tire bien. Il faudra que je lui montre après la noce quelques dessins sinon il va revenir à la charge. Pour l’instant je cours rejoindre Annabelle, elle voulait que je vienne la voir dans les mains de la coiffeuse. Lorsque j’arrive tout est bourdonnement comme si un millier d’abeilles butinaient de ci de là.

Mère est sortie de son lit, elle a le teint cireux, je me demande ce qui la mine tant. Mais ici c’est tabou on ne peut pas savoir de quoi souffre notre Mère. Pour moi ce n’est jamais Mère mais Maman, la mienne m’a tant manquée que Ninon la mère d’Annabelle est tout naturellement devenue la mienne. Puis enfants nous lui disions Maman. C’est seulement depuis la mort de notre grand-mère que notre père nous a ordonné de lui dire Mère et de la vouvoyer.

Peu importe, je lui saute au cou notre père n’étant pas dans les parages. Maman m’embrasse et me dit :

  • Comment va mon bébé ce matin ?
  • Ton bébé va avoir 20 ans demain
  • On va te fêter, aujourd’hui le mariage de ta soeur et ton frère. Demain on refait la fête pour célébrer tes 20 ans. L’an prochain tu seras majeur. Alors j’ai encore un an à t’appeler mon bébé.
  • Oh oui je veux bien. Que dois-je faire ?
  • Annabelle t’attend avec la coiffeuse. File les rejoindre mais passe une robe je ne veux pas qu’elles te vois comme un garçon.
  • Comme un garçon ?
  • Ce pantalon tu l’as emprunté à ton frère
  • Oui il ne lui va plus , aussi je l’ai réajusté à ma taille et lorsque je vais vendanger je l’enfile.
  • Ton père le sait ?
  • Oui et il préfère m’a-t-il dit
  • Alors si ton père est d’accord tout est parfait.

Je monte quatre à quatre les marches, je m’engouffre dans ma chambre me déshabille entièrement et file sous la douche. Passe une robe en percale fleurie et me précipite dans la chambre de ma soeur ainée. Je suis attendue, pourtant je ne suis pas la mariée. Annabelle est debout vers la fenêtre et me dit lorsque j’entre :

  • Tu faisais quoi avec Charles si tôt
  • Des secrets je lui racontais

Et j’éclate de rire et ne laisse pas le temps à Annabelle de répliquer, elle rit avec moi et nous passons à autres choses. Elle ne veut plus avoir les cheveux défaits Elle veut un chignon. La coiffeuse lui explique que les cheveux défaits mettraient en valeur ses boucles.

Mais c’est bien de cela qu’il s’agit, elle déteste ses boucles que je lui envie. Elle aimerait échanger avec ma tignasse aux cheveux raides. Cela fait un an que je me laisse pousser mes cheveux pour me faire un chignon, je n’en ai parlé à personne il me faut convaincre ma sœur à ne pas avoir de chignon.

  • Tu ne peux pas avoir de chignon
  • Pourquoi ?
  • Car tes quatres demoiselles d’honneur en auront et toi on doit voir la beauté de tes cheveux.
  • J’ignorais, c’est la raison pour laquelle tu t’es laissée pousser les cheveux. Ainsi que ma collègue et nos cousines. Cachottiere.
  • Oui, mais tu devais en avoir la surprise
  • Et bien c’est raté. Décidément je suis nulle je fais tout raté.
  • Ce n’est pas grave Belle

Annabelle essuie une larme et me prends dans ses bras je viens de l’appeler comme lorsque j’étais très jeune par son diminutif.

  • Merci Clairette
  • Tu resteras toujours ma Belle
  • Meme quand je serais vieille comme une pomme ridée.
  • Oui

Et voilà ma soeur va se faire peigner comme Maman le désirait. Et nous les demoiselles d’honneur nous serons avec nos chignons et un ruban assorti à nos robes. Bleu pour moi, rose et verte pour mes cousines et jaune pour l’amie d’Annabelle. Nos garçons d’honneur auront leurs mouchoirs assortis à nos robes.

Je suis assise sur l’escalier qui sent l’encaustique. J’attends que la mariée sorte de sa chambre mais pour l’instant seul notre Père en colère crie. Que se passe-t-il ?

À suivre…

Une rencontre inattendue (6)

Décidément personne ne va me laisser dormir. Je regarde ma montre il est 5 h 30 du matin, quel est le bruit qui m’a réveillé ?

j’allume ma lampe de chevet et aperçois sur le sol une pierre enroulée dans un papier. Je suis certaine que c’est Charles qui vient de me l’envoyer. Que me veut-il ?

Je me lève, et défais l’élastique qui entoure ce message.

« Sœurette viens me rejoindre à la vigne de grand-père proche de sa cadole. »

C’est laconique mais je suis certaine que c’est Charles qui me l’a envoyé. En bas il a mis un cœur avec nos deux initiales de nos prénoms. Deux C entrelacés. C’est au cas où. Cela date de fort longtemps lorsque j’étais enfants. C’était me disait-il pour que je sois toujours sûr que c’était lui qui m’envoyait des messages. Mais nous ne l’avions plus utilisés depuis une décennie.

Je passe rapidement un tee-shirt et un pantalon, et pris d’un doute je n’emprunte pas l’escalier mais descend par la vigne vierge qui serpente sur le mur de notre maison. Je me réceptionne facilement et part d’un grand pas à la vigne de Grand-père. Les raisins sont déjà bien formés mais ils n’ont pas atteint leur maturité complète. Les vendanges commenceront d’ici deux mois. Mais il ne faut pas que je m’attarde notre père se lève tôt et je ne voudrais pas qu’il m’aperçois dans les vignes en train de comploter avec mon frère. Comploter est un bien grand mot, mais que va m’annoncer Charles au matin de son mariage.

Il est là habillé pour son mariage, beau comme un cœur. Il a la mine soucieuse. Que se passe-t-il ? Mais il ne me laisse pas le temps de le lui demander. Il s’approche de moi et m’enlacer en me disant :

  • Il faut que je t’avoue quelques choses, je ne sais pas si c’est le bon moment mais je me marie je me dois de t’en faire part.
  • Qu’as-tu à me dire de si important ?
  • Voila j’ai 25 ans et il y a quatre ans le jour de ma majorité j’ai reçu des mains de grand-père un gros dossier. Il m’a dit voici les recherches que j’ai faites pour retrouver ton père.
  • Ah Grand-père a cherché notre père, mais pourquoi ?
  • Tu sais Grand-père était de la vieille école, adoptés des enfants il ne fallait pas qu’il y est une mésalliance.
  • Ah et bien je ne le pensais pas comme ça, je suis déçue.
  • Ne soit pas déçue, il était ainsi mais il nous aimait tout autant qu’Annabelle.
  • J’espère,mais que contient son dossier.
  • Notre père ne pouvait pas revenir nous chercher car il était dans la Résistance et il a été exécuté le 15/06 1944
  • J’avais à peine quatre ans, tu penses que les femmes de la DDASS était au courant puisque c’est à cette date que nous avons été bons pour l’adoption.
  • Oui elles étaient au courant,il y a le nom de Madame Loiseau.
  • je m’en doutais. Mais pourquoi ne t’a-t-elle rien dit ?
  • Je ne sais pas, ce n’est pas grave car maintenant tu verras notre père avec d’autres yeux. Il ne nous a pas abandonné, il a juste servi notre Pays.

À suivre…

Une rencontre inattendue (5)

Haïr jamais ce mot a franchi les lèvres de notre famille. Pourquoi Annabelle tient pareils propos. Il faut qu’elle s’explique.

  • Annabelle pourquoi tu haïs Julien. Que t’a-t-il fait ? Ou dit ?. Explique-moi.
  • J’avais rendez-vous cette nuit avec Julien nous devions partir tous les deux en Espagne ou sa famille nous attendait. Mais…
  • Oui que s’est-il passé ?
  • Il n’y était pas, seule une vieille femme m’attendait, sans un mot elle m’a tendu une enveloppe à l’intérieur un mot laconique. Je ne t’aime pas, adieu sois heureuse.
  • Qu’as-tu fais ?
  • J’ai demandé à la femme qui elle était, elle m’a dit sa grand-mère, et elle m’a giflé en me disant « sois maudite et laisse nous tranquille ».
  • Ce n’était pas sa mère et elle t’a giflé. Dis-moi Julien sait-il que tu attends un enfant ?
  • Non je devais le lui annoncer ce soir.

A ce moment là, la porte de ma salle de bain s’est ouverte et mon frère Charles lui a dit :

  • Épouse-moi, tu seras libre, et j’attendrais que tu m’aimes d’amour. J’élèverais ton bébé, ce sera le nôtre. Nous ne dirons pas à Père que tu voulais fuir avec ce vaurien. Célébrons notre noce. Le veux-tu ma Douce ?
  • Tu ne m’en veux pas que je ne sois pas la première pour toi.
  • Non car moi aussi à la fac je suis tombé amoureux d’une fille, elle s’est donnée à moi, mais elle n’attend pas d’enfants, c’est une femme papillon, elle butine de ci de là. Toi tu es unique et tu seras à moi dès cette nuit.
  • Mais le bébé
  • Quoi le bébé ? Je ne lui ferais pas de mal, tu le sais bien toi qui a fait deux années de medecine.
  • Oui, puis je ne suis pas enceinte de beaucoup de mois, c’est juste que je m’en suis aperçue très rapidement.
  • D’ici là
  • Que veut-tu dire ?
  • On ne sait jamais, regarde Maman elle a fait combien de fausses couches
  • 5 avant que Papa et Maman vous adopte. Mais est-ce bien de se marier entre frères et sœurs.
  • Nous ne sommes pas du même sang. Et personne n’a l’air de s’y opposer que ce soit le maire ou le curé. Donc nous ferons la noce. Ce sera la plus belle de la Région. Et maintenant il est temps d’aller dormir.

Enfin me voici seule et je m’interroge , seront-ils heureux ou feront-ils semblant? Je ne sais quoi penser de cette situation étrange. La noce aura lieu mais j’aimerais savoir comment est Annabelle ? Ses états d’âmes, son ressenti. Pourra-t-elle tenir son rang ? Celui que son père lui a inculqué. Va-t-elle tendre heureux mon frère ? Et lorsque ce bébé va naître comment vont se comporter ceux qui ne verront pas les traits ou une quelconque ressemblance avec Julien.

Il est cinq heures du matin il serait grand temps que je dorme. Mais des pas sur les gravillons me font me relever. C’est notre père et Charles. Au début je n’entends rien de leurs échanges puis je les vois se congratuler et Père dit à mon frère.

  • Merci tu as sauvé l’honneur d’Annabelle

Si ma sœur n’avait rien dit, certes c’était malhonnête envers mon frère mais…Je ne sais quoi penser de tout cela. J’espère que ce Julien ne lui a pas conte fleurette car nous avons été élevée à L’ École des soeurs et on nous répétait à longueur de journées de ne pas s’offrir au premier venu. Annabelle la Sainte comme ses amies l’appelaient avait fauté, j’avais des doutes.

À suivre…