— Madame Ménard et le Docteur Alain m’ont contacté ce matin. N’ayez crainte, vous avez sauvé cet enfant, vous vous êtes dévoilé aux yeux de tous, vous êtes sortie de votre clandestinité pour sauver un inconnu. Bravo Shana, vous permettez que je vous nomme par votre prénom.
Shana ne sait pas quoi lui dire, elle secoue la tête, la police elle en a peur, mais si c’est l’ami du Docteur Alain et de Myriam elle peut lui faire confiance.
— Pendant votre absence on a trouvé le corps de la mère de ce petit garçon, il était à l’emplacement de votre vélo, dans le couloir de la cave. Cette femme est très jeune, son identité est encore floue.
— Oh comme c’est triste !
— Le bébé n’a aucun papier, il est si petit. Nous avons fait le tour des maternités, aucun bébé n’a disparu, aucune trace d’hospitalisation. C’est un miracle qu’il soit en vie.
Shana sent ses jambes faiblir. Elle reste debout par fierté. Ou par instinct. Elle ne dit rien, pas encore, bientôt.
Myriam, qui la regarde attentivement, s’approche lentement.Elle pose la main sur son bras, puis remarque ses vêtements froissés, les égratignures sur son cou. Le regard dans le vide.
— Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
Shana secoue la tête. Mais ses yeux se remplissent de larmes.
— Il m’a suivie. L’homme au chapeau. Il m’a plaquée contre un mur. Il a essayé de… Elle ne finit pas.
Le policier se redresse aussitôt.
— Décrivez-le, ses vêtements, sa taille, son visage, s’il a parlé. Et vous venez tout de suite au commissariat faire une déposition. Et on fera un portrait robot. Ce n’est plus une affaire de hasard.
Shana regarde le bébé. Il dort paisiblement. Ignorant la violence du monde dans lequel il vient de naître. Elle murmure, presque pour elle-même :
— Il m’a dit que ce bébé n’était pas à moi. Et que j’allais payer pour l’avoir laissé vivre.
A suivre
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