Une rencontre inattendue (17)

Voilà mes amis sont arrivé, ils sont installé dans leurs chambres et en ce moment ils sont sur la cour et Nicolas fume des cigarettes anglaises mentholées. C’est sa nouvelle passion. Faire sortir de la fumée par le nez ce doit être fort désagréable.

Charles nous a donné des nouvelles d’Annabelle, hélas il n’y a rien de changé, elle dort paisiblement mais n’a pas repris connaissance. Elle n’a plus de tuyaux pour respirer, elle le fait elle-même. Le chirurgien lui a seulement dit d’être patient. Mais Charles n’a jamais su l’être.

Le repas s’est déroulé très cordialement, papa a posé des questions aux garçons. Nous avons parlé du voyage en Angleterre de Nicolas, il est allé à Scotland Yard où son père a un ami. Il est enchanté de ce qu’il a découvert. Stan quant à lui est resté à se morfondre à Marseille, ce qui a bien fait rire Tristan.

Mon père a refusé que je me rende dans la chambre de Nicolas, il doit craindre pour ma vertue. Nous aviserons demain. Pour ce soir je suis fatiguée par ces journées chargées en émotion. Aussi je me retire assez rapidement pour pouvoir dormir et être d’attaque pour notre enquête qui commencera demain.

Aucun bruit si ce n’est le chat-huant qui, toutes les nuits me réveille à 3 h du matin. Si je m’étais levée à cet instant, j’aurai pu voir deux ombres qui se faufilaient dans les vignes. Mais ce n’est que vers huit heures que je vais l’apprendre.

Il est à peine 7 h et déjà la maison s’active, j’entends un bruit, suivi de cris, et finalement mon père tambourine à ma porte et me dit :

  • Claire descends le plus rapidement possible il y a du nouveau
  • Du nouveau à propos de quoi ?
  • Descends je ne veux pas te parler au travers de la porte.

Ni une ni deux je me dépêche, qu’est-il arrivé pour que mon père me demande de descendre si tôt ?

Mon père me traine vers les vignes et me dit :

  • Regarde et dis-moi si quelques choses te choque

A première vue je ne vois rien mais petit à petit je m’aperçois que l’on est venu arracher une rangée de plants de vignes.

  • Notre récolte est fichu si je tenais ceux qui nous ont massacré notre meilleur vin je les pendrais haut et court.
  • Papa calmez-vous , ce n’est qu’une rangée.
  • Oui une rangée d’une cuvée spéciale et que nous montons en puissance chaque année, mon Viré Clissé va être amputé de ces meilleurs raisins. Et surtout viens avec moi, tu verras que les dégâts sont plus importants que l’absence d’une rangée.
  • Attendez Papa, je vais aller voir s’il n’y a pas des traces de pas. La rosée est abondante ce matin , ceux qui ont fait ça n’ont pas marché sur les mains.
  • C’est une très bonne idée, tu veux que tes amis te rejoignent ils prennent leur petit déjeuner en ce moment.
  • Non j’y vais seule, après on avisera.
  • Veux-tu que je t’accompagne ?
  • Oui mais marchez loin de la rangée absente.

Nous voici courant plus que marchant à la recherche du moindre élément pouvant nous mettre sur une piste. Ce n’est ni un objet, ni une trace que nous découvrons en arrivant sur notre parcelle, c’est un homme étendu avec une vilaine plaie à la tête. Un inconnu pour mon père

  • Il a l’air groggy
  • Assommé, tu m’étonnes qu’il est groggy
  • La plaie ne semble pas importante. Va appeler notre médecin ou envoie un des garçons le chercher.
  • Papa ne le secoue pas, tu pourrais aggraver son état.
  • Cela se voit que tu écoutes ta soeur.
  • Elle a travaillé avec notre médecin il lui a inculqué tout ce qu’elle doit savoir.
  • Ce n’est pas faux. Dépêche-toi !

Lorsque j’arrive dans notre salle à manger, les garçons ne sont plus là, seul notre Majordome met de l’ordre. Aussi ni une ni deux je lui demande de téléphoner à notre médecin. Puis il me le passe et je lui expose les faits. La découverte ce matin d’un homme blessé à la tempe, inerte mais qui respire encore.

  • Si vous faites une collection de blessés il va falloir vous arrêter. J’appelle la maréchaussée.
  • Oui, je n’y avais pas pensé
  • Tu voulais enquêter toi-même
  • En quelques sortes, mais bon ce n’est pas ça le plus important.
  • Qu’y-a-t-il de plus important ?
  • Annabelle
  • Oui je comprends

Ouf je m’en suis bien tirée, notre docteur n’est pas allé plus loin dans ses questions. Il faut que je déjeune, ensuite j’exposerai ma théorie à mes camarades. J’espère que Charles ne s’y opposera pas. En fait je ne vois pas la raison pour laquelle il ne le voudrait pas.

Le blessé est aux dires de Charles un saisonnier que l’on avait renvoyé l’an passé pour avoir pris de l’argent et des bijoux. Il est venu se venger mais de qui et surtout pourquoi. Père lui avait payé ses quinze jours de travail, il ne l’avait pas signalé aux gendarmes mais il ne pouvait plus d’embaucher chez nos amis et concurrents. Était-ce cette raison qui l’avait poussé à mettre nos vignes à terre. Les gendarmes patientaient pour l’interroger car il avait repris connaissance.

Notre médecin nous disait qu’il jouait la comédie, qu’il avait repris ses esprits sûrement quelques minutes avant notre arrivée. Il ne tenait surement pas à ce que Mr le Vicomte de La Roche Vineuse l’interroge.

Plutot que de l’emmener dans leurs locaux le Capitaine Laroche l’a interrogé sur place. Et nous apprenons alors qu’ils s’en vont que lui n’a rien fait il.s’est juste opposé à deux hommes qui arrachaient nos plants. Et un des types l’a frappé avec sa pioche. Après c’est un grand blanc. Il a juste entendu mon père me parler et à penser qu’il allait être désigné comme le coupable.

Les gendarmes le laisse en liberté car ils ont les noms des deux types qui ont saccagé nos plans de vigne. Un dénommé Laroze et l’autre Durant, un nom pour le second assez banal mais avec la description qui l’en a faites il y a de grandes chances qu’ils pourront mettre la main dessus.

Lorsque Charles entend leurs noms, il bondit et dit :

  • Messieurs, je vais vous mâcher le travail, nous avons pris en photo tous nos saisonniers pour éviter qu’une année sur l’autre il y est des changements de personnes sous des noms déjà connus. Avec une photo c’est déjà plus difficile.

Charles a sorti le gros cahier noir et nous le compulsons, rapidement nous trouvons le dénommé Laroze, avec sa photo mais il n’y a pas de Durant ni avec un t ni avec un d. Les gendarmes redemandent à l’individu s’il n’a pas fait une erreur dans le nom. Il reconnaît qu’il ne le connait pas, mais Laroze l’a appelé Durant.

Les gendarmes repartent et nous passons aux choses sérieuses pendant que mon père emmène le jeune à la gendarmerie car sa présence sur les lieux nous paraît fort étranges.

J’expose à mes amis ma réflexion de la veille concernant nos origines à Charles et moi. Charles est bouleversé, il fait un effort de mémoire afin de recoller les morceaux sur son existence car la mienne il y a 20 ans n’est pas possible à reconstituer.

Mais Nicolas prend les choses en main, il a toujours été doué pour le commandement. Il a de qui tenir.

  • A cinq ans et vu la période que tu as vécu il est bien possible que tu es occulté une partie de ta vie. Tu es certainement dans le déni. Pire ta femme est inconsciente à l’hôpital ça n’arrange rien. Donc dans un premier temps sans avoir de pression de l’un d’entre nous tu vas chercher tout ce dont tu te rappelles et si possible avant l’exode. Pour ne rien oublier tu les notes. Dans un premier temps je vais te faire une liste, après tu te débrouilles pour ajouter ce qui manque.
  • Oui par quoi dois-je commencer ?
  • Noms prénoms père mère grands-parents
  • lieux où tu habitais, voisins dont tu te souviens. Si tu vivais dans une maison.
  • Nous, nous allons téléphoner dans ta ville d’où vous êtes parti. L’opératrice pourra sûrement nous aider. Tu es certain de ton nom de famille.

C’est là que j’interviens en leur disant il.nous faut les papiers de l’adoption et dessus ils ont dû mentionner notre nom d’avant.

Excellente idée, mais votre père va-t-il vouloir les vous remettre intervient Stan.

Je vais lui les demander, si comme nous il veut savoir il ne devrait pas s’y opposer mais avec notre Père on peut s’attendre à tout.

Charles nous quitte, les minutes s’égrènent puis une heure passe et il n’est toujours pas revenu.

  • C’est bien long Claire, veux-tu aller voir ce qu’il se passe mais un conseil reviens vite.
  • Je reviens aussi vite que je peux, mais laissez-moi avoir gain de cause, si mon père s’est bloqué il va falloir que j’argumente.

Je file rapidement vers le bureau de mon père, il n’y a personne. Les tiroirs sont tous ouverts, même le coffre-fort est grand ouvert. Je m’approche, personne n’a essayé de voler quoi que ce soit il y a de nombreuses liasses de billets ainsi que les bijoux de ma grand-mère paternelle.

Je pars à la recherche de mon frère lorsque j’entends des éclats de voix, c’est une altercation entre mon frère et notre père. Mon frère semble en colère.

  • Que se passe-t-il ?
  • Ça ne va pas te plaire Claire ce que je viens de lire.
  • Explique-moi
  • Tu n’es pas adopté, tu es juste placé et tiens toi bien tu t’appelles Claire De Bougainvilliers.

À suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Une rencontre inattendue (17) »

  1. Coucou Evajoe.
    J’ai lu la suite cette nouvelle policière comme passager en voiture sur la route du retour en pays Gallo.
    Il faisait de plus en plus chaud en arrivant en dessous de Rennes (+ de 35°c) et je t’assure que j’attends vendredi pour retrouver mon île.
    Claire en découvre tous les jours, et le doute plane maintenant sur son identité de naissance… Le mystère s’épaissit. Et qui en voulait aux vignes, c’est tout de même fort de café…
    Bises et bon mardi – Zaza

    Aimé par 1 personne

Répondre à Zaza Annuler la réponse.