Une rencontre inattendue (24)

  • Marie Cécile qui est-ce ?
  • Marie Cécile de Bougainvilliers, l’unique petite fille du vieux.
  • Elle lui ressemble tant que ça
  • Oui c’est étrange on dirait sa jumelle
  • Ah !

Stan note dans son carnet Marie Cécile de Bougainvilliers ressemble comme deux gouttes d’eau à Claire de La Roche Vineuse.

Étrange mais intéressant. C’est à ce moment que Charles me décroche un regard qui en dit long. Il est capable de tout, l’ami Charles, surtout que maintenant qu’il sait que sa mère a été déshonoré par son patron il y a désormais vingt ans, il pourrait faire des bêtises, Stan doit être vigilant.

Il décide de prendre en main la suite de la rencontre chez Chantal . Les femmes sont intarissables sur le Grand patron des houillères. Les expressions toutes plus vulgaires les unes que les autres fusent :

  • Il a les mains baladeuses
  • Il nous coince partout où il peut
  • Pas dans la mine ?
  • Non mais nous avons intérêt de ne jamais rentrer seule.
  • Il.nous fait monter dans son bureau, il.nous promet de nous augmenter ou de nous faire changer de travail, mais il y a une condition nous devons nous déshabiller
  • Vous le faites ?
  • Nous , Non crièrent-elles toutes en chœur. Jamais.
  • Hélas plus elles sont jeunes plus elles passent à la casserole.
  • C’est un pervers, il quitte son pantalon et nous tire les cheveux et nous sommes obligés de….
  • Chut ne dit rien ma fille

Chantal devient rouge comme une pivoine. Charles et moi nous ne voulons pas qu’elle nous en dise davantage. Hélas nous comprenons trop bien.

  • Chantal , c’est bon nous avons compris quel sale type est cet homme. Nous allons vous laisser nous avons abusés de votre accueil.
  • Non ça nous fait du bien de savoir que Claire et Charles sont vivants. Dommage pour ton père. Quant à ta mère elle est hélas partie bien trop tôt. Mais si votre mère adoptive est fort gentille, aimez- là du mieux que vous pouvez. Ce doit être une bonne âme pour avoir adopté deux enfants en bas âge.

Charles est ému d’entendre sa cousine parler de sa mère adoptive en des termes élogieux alors que sa tante, sa mère est morte dans d’atroces conditions. Nous prenons congés de ma famille. Stan est salué par mon grand-père avec beaucoup de malice d’un tonitruant :

  • Bonsoir mon Commandant
  • Il va en couler de l’eau sous le pont avant que je sois Commandant
  • Vous en avez la stature jeune homme

Sur ces mots nous quittons leur humble demeure et en sens inverse nous parcourons les rues des corons. Hélas nous avons dû nous tromper de chemins car nous passons plusieurs fois devant une taverne d’où résonnent des chansons paillardes. Stan pense qu’il est préférable de se renseigner plutôt que de prendre le risque de rencontrer des hommes sous l’emprise de l’alcool et cherchant la bagarre. Soudain nous entendons crier :

  • Charles, Charles

C’est le frère de mon père, il lui ressemble tellement que je ne puis me tromper.

  • Attendez je vais vous reconduire, je vous ai vu tourner en rond je ne pouvais te laisser toi et ton ami vous perdre dans les dédales des corons. Êtes-vous venu en voiture ?
  • Oui
  • Est-ce que vous vous souvenez du lieu exact
  • A peu près

Après avoir tourné de rue en rue, l’oncle Pierre a eu l’idée de retourner chez Chantal ma cousine afin de demander à son neveu s’il se souvenait par quel endroit nous étions arrivé. Ce fut très facile, mais il s’en est fallu de peu que nous dormions à la belle étoile.

De retour à l’hôtel nous nous sommes effondré sur nos lits, fatigué mais heureux notre enquête avançait. Demain nous irions faire un tour vers la demeure du Seigneur de ces lieux Monsieur de Bougainvilliers n’irait pas jusqu’à nous convier à rentrer mais il nous fallait trouver une faille pour rencontrer la jeune Marié Cécile.

J’ai dormi comme une souche, lorsque j’ouvre les yeux il n’est pas loin de 10 h. Pourquoi Charles qui n’est plus dans le lit voisin ne m’a pas réveillé. Je rage intérieurement.

Sur la table un mot :

 » Je n’ai pas osé te secouer davantage tu dormais si bien. Je suis parti en direction de la demeure du vieux Bougainvilliers. Il est 9 h 55. Si tu as déjeuner rejoins-moi. »

Hum ! Tout cela ne présage rien de bon, si Charles est reconnu, vu que ses oncles ne se sont pas trompés en nous voyant tous les deux. Le vieux peut se souvenir de son père. Je crains le pire. J’avale un café noir et file en direction de Béthune centre. À quelques mètres je vous Charles en grande conversation avec un Monsieur à la mine austère. Nous voilà bien, c’est sûrement le « vieux « . Je les rattrape et je n’y vais pas par quatre chemins.

  • Tu me présentes Charles
  • Je ne connais pas ce Monsieur, sauf que ce n’est pas celui que tu crois.
  • Bonjour jeune homme, je me suis permis d’interpeller Monsieur Meignière car j’ai trouvé une certaines ressemblance avec Pierre Meignière qui travaille à la mine d’Arcin. Et votre ami m’a confirmé cette son neveu.
  • Et, vous êtes ?
  • Je suis le meilleur ami de Jean Meignière son père et son fils vient de m’apprendre son décès. Or je suis fort étonné car nous nous écrivons.
  • Pardon de quand date son dernier courrier ?
  • Il y a huit jours
  • Huit jours mais Charles on t’avait bien dit que ton père était mort fusillé par les Allemands.
  • Oui, j’ai vu son nom dans un cimetière, je ne comprend vraiment pas.
  • Monsieur pouvez-vous nous dire où le père de mon ami habite.
  • Ecoutez jeunes gens je vais lui envoyer un courrier car je ne veux pas lui faire un choc en lui apprenant que son fils est vivant ainsi que sa fille. Charles l’a donné ses coordonnées, je vous écrirais et vous verrez si votre père est prêt à renouer des liens avec vous.
  • Mais c’est son fils et Claire sa fille, pourquoi ne le voudrait-il pas ?
  • Ce n’est pas à moi de vous le dire, mais à lui.

Encore une énigme , décidément, mais le connaît-il vraiment ? J’espère que Charles n’est pas tombé dans un piège ? Nous verrons lorsque le courrier arrivera.

Nous repartons en direction de la maison plus que bourgeoise du Sieur Bougainvilliers, Charles est secoué, à l’hôtel il appellera Claire mais auparavant il essayera de joindre son père adoptif. Il n’a pas envie de mettre la zizanie dans sa famille. Car il n’a eu qu’eux depuis vingt ans. Et pour lui c’est sa famille dorénavant.

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

7 réflexions sur « Une rencontre inattendue (24) »

  1. Oups!
    je recommence!

    ces gens ont une vie bien compliquée! Et moi j’ai un tel retard dans mes lectures! je ne vais pas pouvoir le résorber! Je ferai ce que je peux.
    gros bisous philosophes!

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