Une rencontre inattendue (27)

Nicolas et Claire partent en direction de la demeure seigneuriale du patron des Houillères. Ils ont demandé leur chemin une fois à un Monsieur qui portait un haut de forme, une canne avec un pommeau doré, et une redingote. Il les a dévisagé comme s’il voyait un fantôme. Claire a eu l’impression que c’était elle qui l’intriguait. Mais il leur a montré en haut d’une petite colline une maison. Et il a ajouté  » c’est chez vous. »

  • Que voulait dire cet homme ? C’est chez vous.
  • C’est bizarre, je n’ai vraiment pas tout compris Claire. Par contre Steph m’a dit que la petite fille du patron te ressemblait. Je me demande s’il n’a pas pensé que c’était toi.
  • Moi ? Je serai elle.
  • Oui si tu lui ressemble tant.
  • Et pourquoi je lui ressemble à s’y méprendre. Elle n’est que sa petite fille. Sais-tu son âge ?
  • Non, ta cousine Chantal en a rien dit à ton frère et à mon ami.
  • C’est compliqué j’aurais préféré que la nièce de mon père soit ma tante.
  • C’est plutôt ta cousine
  • Ne m’embrouille pas
  • Peu importe, pour eux tu es leur petite fille et nièce. Tu fais partie de la famille Meignière. Il se fiche que le vieux est…
  • Est quoi ? Vas-y dis-le que ma mère trompait mon père.
  • On ne sait absolument rien de ce qui s’est passé
  • Toi, tu sais quelque chose.

Je ne pouvais pas dire à mon amour que le vieux avait violé sa mère. Ce n’était pas mon rôle et pour moi c’était même inconcevable. Aussi pour l’instant je ne lui ai rien dit.

Tout en devisant nous sommes arrivés devant la demeure du Patron des Houillères. J’avise un jardinier et je l’interpelle :

  • Et mon brave, je suis de la police
  • Oui

Mais au moment ses yeux se portent sur Claire il lui dit :

  • Mademoiselle, votre mère se faisait du souci, enfin vous voici de retour. Entrez Monsieur vous nous ramenez la petite.
  • Oui, mais je veux m’entretenir avec Monsieur De Bougainvilliers.
  • Monsieur n’est pas là, il n’y a que sa brue, la mère de la petite.
  • Et son père
  • Il est mort, Mademoiselle ne vous a rien dit.
  • Je ne l’ai pas interrogé à ce sujet
  • Je comprend, je vais appeler la femme de chambre de Madame et vous pourrez vous entretenir avec elle.

Claire est abasourdie, elle doit vraiment ressembler à sa quoi. Est-ce sa demi-soeur ou sa nièce. Mais elle n’a pas le temps de se poser plus de questions un jeune garçon d’à peine 12 ans se jette sur elle en la frappant de ces deux poings et l’apostrophe en criant :

  • Marie Cécile enfin tu es revenu Jean-Marc est parti à ta recherche.
  • Je pense jeune homme que votre soeur a perdu la mémoire. Qui est Jean-Marc ?
  • C’est notre frère
  • Où est votre mère
  • Je suis là, Louis retourne travailler , je m’occupe de cet inspecteur.
  • Oui maman

Et le petit garçon serre encore Claire dans ses bras et disparaît par le grand escalier. Sa mère nous fait entrer dans un boudoir, nous invite à nous asseoir, sonne et tout en se tournant vers nous, nous demande ce que nous buvons. Claire ne dit rien, quant à moi je prends un café. Et cette femme tout de noir habillé ajoute vous apporterez deux tasses de thé, Marie Cécile en prendra une tasse avec moi. Une révérence et la jeune bonne disparaît.

Celle qui est la mère du jeune garçon, ferme la porte à double tour et se tourne vers Claire et lui dit :

  • Vous n’êtes pas ma fille, mais je pense que je sais qui vous êtes, nous n’avons pas beaucoup de temps mon beau-père ne va plus guère tarder. Vous êtes ma belle-sœur, la demi-soeur de mon défunt mari. Nous avons découvert votre existence au moment de l’ouverture du testament de mon Marcel. Le notaire a réussi à vous retrouver à moins que ce soit Jean-Marc.
  • Non Madame c’est une coïncidence
  • Ne m’appelez pas Madame, je suis votre belle-soeur
  • Mais nous avons trente ans de différence.
  • Qu’importe ! Par contre il faut que vous partiez, mon beau-père ne veut pas de vous ici.
  • Mais je ne vous demande rien, de toutes façons je suis sûre que c’est le Monsieur que nous avons croisé en ville. Celui qui se dit mon père a-t-il une canne avec un pommeau
  • En or, oui!
  • En or, c’est pire que ce que j’imaginais. Viens Nicolas, nous partons je ne veux rien savoir de ce type.
  • Attends, j’aimerais savoir où est Marie Cécile ?
  • Mon beau-père a eu une altercation avec elle et je lui ai conseillé de s’éloigner. Elle est partie accompagnée par son frère chez ma sœur.
  • Pourquoi son petit frère nous a dit
  • Qu’importe ce qu’il.vous a dit. Tenez je vous donne le nom et l’adresse du notaire. Allez le voir. Maintenant suivez-moi, quittez rapidement Béthune car j’ai peur pour votre vie.
  • Qui veut ma mort ?

Mais au moment où celle qui se dit ma belle-soeur va pour me répondre, nous entendons une voix caverneuse et en colère hurler :

  • Où est cette fille de mauvaise vie, Marie-Cécile, c’est lui l’homme que tu aimes.

Ma belle-soeur est pâle comme une morte, elle nous pousse dans un petit couloir et nous dit le plus bas possible.

C’est par là que sort notre personnel , mon beau-père ne vous trouvera pas. Suivez le couloir jusqu’à une porte vitrée, ouvrez-là, vous allez déboucher sur un jardin. Allez jusqu’au mur d’enceinte. Vous trouverez une porte peinte en vert, ouvrez-là, vous serez à l’arrière de la maison. Ne revenez pas par la gauche. Descendez en direction de la mine, dites-moi où vous êtes descendu. J’y serais dans trente minutes.

Nicolas lui donne les coordonnées de notre hôtel. Elle disparaît dans un frou frou de sa longue jupe. Je prends la main de Nicolas et nous faisons en tout point ce que cette femme, je n’arrive pas à dire belle-soeur nous a dit.

Enfin nous voici à l’hôtel, nous rejoignons Stéphane, il est seul je vois Claire qui cherche son frère. Stéphane l’a tranquillise en lui disant qu’il l’a ramené chez Chantal.

Après avoir mis Stéphane au courant, nous attendons cette femme, mais la nuit est tombée et personne ne s’est présentée à l’hôtel. Je ne me vois pas repartir chez ce type. Tant pis nous nous décidons a partir récupérer Charles et nous voyagerons de nuit. Au moment où nous réglons les chambres d’hôtel je vois arriver le jardinier. Discrètement je le rejoint. Et il me dit :

  • Madame a fait un malaise mais elle avait donné à ma femme qui est sa femme de chambre ce papier il y a une adresse où vous pouvez lui ecrire.

Il tourne son béret dans ses mains, il doit attendre un pourboire. Je lui remet dix francs. Il me remercie et s’en va.

À suivre …

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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