Une rencontre inattendue (29)

Deuxième partie

Nicolas et Stéphane avec les oncles de Charles et Claire sont penché sur un plan des corons. Paul l’aîné des oncles indique un chemin qui serpente par les jardins et va nous permettre de nous évader.

Evader est sûrement un bien grand mot, mais les deux plus vieux mineurs nous apprennent que ce chemin a déjà servi au cours des grèves passées.

Vous voyez ici il y a une porte dans notre jardin, elle communique avec le jardin de notre voisin mais sa porte à lui est située bien plus bas que la nôtre. Je vais vous donner le code pour les franchir tour à tour nous dit le Père de Chantal.

Devant nous s’étale un dessin d’enfants où il a été dessiné des personnages, chaque porte a une couleur différente de l’ensemble de la barrière. Elles sont représentés ici par des jouets colorés.

Charles avait remarqué la première fois qu’il était venu que dans le jardin de Chantal où les barrières étaient marron foncé, un morceau de barrière était hachuré en noir, cela lui avait paru bizarre, maintenant il le dit à Claire qui me le glisse à l’oreille. Et c’est à ce moment-là que leur Grand-père paternel nous explique la petite astuce.

  • L’ensemble des clôtures ont été refaites récemment car cela s’use au fil du temps. Attention à un oeil non observateur et sans ce papier vous allez tâtonner longtemps et surtout vous allez attirer les gendarmes. Certaines comme vous pouvez le voir sur le dessin sont hachuré en blanc, d’autres en noire. Pensez-vous y arriver ?

Charles se tourne vers son grand-père en lui disant :

  • Avec deux fins limiers nous passerons hors du filet.

Les fins limiers que nous sommes n’en mènent pas large, si on se fait prendre que vont devenir Marie-Cecile sans parler de Claire. Le vieux semble ne pas avoir beaucoup de scrupules. C’est à ce moment que l’on entend à la porte de grands coups. On est fait comme des rats. La fuite se termine dans la maison des Meignière. Quelle malchance ! Et dire que nos cartes de police sont dans la voiture.

Chantal ouvre la porte, ouf c’est leur voisin. Il comprend de suite ce qu’il se passe. C’est lui qui propose de nous accompagner. Les deux Grands-pères le remercient et nous voilà parti sans le plan sous la houlette de Monsieur Lebeau.

Claire donne le bras à Marie-Cécile, plusieurs fois elle manque de tomber, elle a aux pieds des talons hauts. Tous nos bagages sont dans les voitures, Claire aurait pu lui prêter une paire de ballerines. Finalement après avoir heurté une pierre, Marie-Cecile chute lourdement, elle pleure doucement, elle s’est fait mal. Avec la lampe à pile de Monsieur Lebeau nous eclairons le genou de Marie-Cécile, elle s’est ouvert la rotule, certes c’est superficielle mais Claire va devoir la soigner. Ma future femme est fort prévoyante, elle a sa malette d’infirmière. Elle nous demande de faire un rempart afin que la lampe ne soit pas vu au loin. Mais nous sommes dans le jardin d’un petit cousin des Meignière et lui a vu la lumière bougée, il comprend rapidement ce qu’il se passe et nous fait entrer dans sa maison.

Après m’être concerté avec Stéphane , nous décidons de passer à l’action afin de rejoindre nos voitures et de récupérer nos cartes de police. Enfin devrais-je dire celles que j’ai fabriqué avant de quitter le Domaine des parents adoptifs de ma bien-aimée. Nous ne pensions pas nous en servir mais là c’est une excellente raison pour voir si mes talents de dessinateur en herbe vont payer.

Nous avons laisser nos voitures à deux endroits différents, l’une est dans une rue proche du Coron, l’autre se trouve devant l’hôtel de ville. Bien nous en a pris, par contre il n’est pas certain que nous allons réussir à passer. Nous ignorons où se trouve les sentinelles. Le fils de Chantal qui nous accompagnait va nous servir de guide pour la dernière partie de notre fuite. Stéphane a mémorisé les couleurs et connait désormais le système ingénieux qui nous a permis de franchir les sept premiers jardins. Il nous en reste trois mais là ce sera difficile car nous aurons à ramper afin d’éviter la première patrouille qui bloque une des entrées du coron. Au bout de la ligne droite on aperçoit les grilles par lesquelles les mineurs accèdent. Mais auparavant nous avons deux cent mètres à découvert. Jules à mots couverts nous expliquent sa stratégie, nous l’approuvons et nous voilà embarqués pour jouer comme les gamins des corons au chat et à la souris.

Aores avoir rampé sur une bonne centaine de mètres, nous nous redressons, c’est là où nous quittons Jules. Je lui ai donné les clefs de la voiture et indiqué où se trouve nos cartes de police. Nous nous asseyons dos à un talus de charbon non prévu mais cela nous arrange bien. Nous sommes dans le noir complet. Mais nous voyons brillés une lumière. Nous nous concertons avec Steph et décidons d’attendre. Si c’est Charles et les filles accompagné de Monsieur Lebeau cela ne sert à rien de se planquer dans le tas de charbon. Dans le cas contraire nous rebrousserons chemin où nous nous jetterons dans la gueule du loup. Jules ne devrait guère tarder.

Un bruit de bottes se fait entendre, les gendarmes font évacuer les maisons et ensuite ils entrent et vérifient si les fugitifs que nous sommes ne sont pas planqué à l’intérieur , ce que nous apprendrons plus tard c’est que Paul qui avait été résistant avait fait honte aux policiers en leur demandant où était leur chef « le Commandant Himler » de son vrai nom Aymar. L’histoire avait dû faire le tour des corons n’en doutons pas.

Mais au moment des faits, nous n’en menons pas large, nous ne connaissons pas la solidarité entre mineurs. Personne nous a denoncé, les premières maisons ont été mises à sac par des policiers trop zélés à la botte de Monsieur de Bougainvilliers comme nous l’a dit sa fille.

En mon for intérieur je pense que l’image de marque de la police va s’en trouvé terni à cause d’un ou deux policiers véreux. Et je me jure d’être intègre jusqu’ à la fin de ma carrière. Et mon ami Steph me dira bien plus tard s’être fait la même réflexion.

Monsieur Lebeau éteint sa lampe et nous annonce qu’il va s’en aller chez lui pour éviter a sa femme et ses fils d’être ennuyé. Je lui dit qu’il n’a pas à subir ce genre de désagrément et que ça me dépasse de voir ce comportement.

  • ils ont des ordres ils les exécutent
  • Un jour on leur dira de descendre dans la mine et de tout faire sauter, le feront-ils ?

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Une rencontre inattendue (29) »

  1. Ah nom d’un chien, cette deuxième partie débute sur les chapeaux de roues… Vont-ils s’en sortir ?
    La suite à la prochaine publication ! 😂
    Bises et bon début de semaine – Zaza

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