Une rencontre inattendue (33)

Nous prenons tout notre temps pour redescendre. Il faut bien les faire attendre. Quel est donc cet ultimatum qui ferait que nous devions les rejoindre tout affaire cessante. Car en descendant nous apprenons de la bouche de Nicolas que c’est le vieux pervers qui a demandé que nous soyons tous là.

Nous prendrait-il pour des demeurés? De quelles annonces pourraient-ils bien être le détenteur. Qu’il a perdu ses filles alors que jusqu’à ce jour il voulait s’en débarrasser.

Nicolas est formel il va se comporter en Seigneur sans être consterné pour nous jouer la comédie d’un père affligé sous prétexte que sa fille s’est évaporée dans la nature.

Mais lorsque nous arrivons dans la bibliothèque, le Majordome empêche Nicolas d’entrer. Il véhémente mais rien n’y fait il n’a pas demandé ma main officiellement et tant que la cérémonie n’a pas eu lieu il n’a pas besoin d’être présent.

Il ne veut pas que je me jette dans la gueule du loup. Je lui dit que mes parents adoptifs me protégeaient de la vindicte de Monsieur mon géniteur. Par contre ce que je ne dis pas à Nicolas c’est que j’ai peur de l’affronter. Je dois me ressaisir et ne rien laisser paraître.

Lorsque nous entrons dans la bibliothèque il y a mon frère, mes parents, Monsieur de Bougainvilliers nous tourne le dos il regarde par la fenêtre . Dans un fauteuil je vois enfin de très près celui qui est mon neveu. Enfin pour moi il n’est rien. Il arbore un sourire ironique, il doit ruminer un sale tour.

  • Bon nous voici au grand complet, Nicolas le fiancé de ma fille a accompagné son ami et collègue Stéphane à Macon afin qu’il puisse prendre son train pour se présenter sur Marseille à son poste d’officier dès demain. Quant à notre futur gendre il ne rejoindra le commissariat que demain.

Je suis étonné que mon père raconte ça à deux étrangers qui se sont comporté à la fois comme des goujats et des assassins. Où alors c’est pour les informer qu’ils sont en lien étroit avec la police.

Mais je n’ai pas le temps pour la réflexion car à peine mon père a-t-il terminé que mon géniteur se précipite à nouveau vers moi et me secoue en me disant:

 » Osez répéter devant tout le monde que vous n’êtes pas Marie-Cécile « 

  • Je m’appelais il y a 20 ans Claire Meignière, j’ai été pratiquement adoptée par Monsieur et Madame De La Roche Vineuse, et je viens d’apprendre que j’étais en réalité votre fille par les liens du sang et que vous aviez décidés que je devais disparaître afin de donner toute votre fortune à mon neveu seul descendant à vos yeux du seul fils qu’il vous reste. Or vous ignorez que vous aviez un autre fils, et, non vous n’étiez pas au courant. Ce fils de votre vivant vous ne saurez jamais qui il est.

Le vieux vacille et se retient in-extremis au bureau de mon père adoptif. Il se tient le coeur, il faudra qu’ Annabelle et moi-même lui donnions les premiers soins. Il n’ a qu’à mourir, nous en serons débarrassé. Titouan son héritier se lève et lui dit :

  • Grand-père si vous m’aviez laissé vous parler vous ne seriez pas exsangue et complètement fou, oui vous devez bouillir intérieurement à l’idée de partager votre fortune. Je savais que j’avais un autre frère, après Claire il y avait.
  • Taisez-vous, n’en dites pas plus. Vous pouvez en faire ce que vous voulez de l’argent sale que vous avez en votre possession. Je préfère être fille de mineur que celle d’un salaud.

Moi, Claire j’ai réussi à lui parler et à lui dire ce qu’il méritait d’entendre. Mais je n’avais pas fini il fallait que tout le monde sache de quoi il était capable jusqu’où il avait osé aller. Mais auparavant j’allais à la porte et laissait entrer Marie -Cécile.

En descendant de nos chambres j’avais été convaincu par Nicolas qu’il était préférable que Marie-Cécile assiste à ce grand déballage. Elle serait protégé par mon père adoptif. Je voyais bien qu’elle n’en menait pas large mais je lui serrais la main en lui disant :

  • Je suis là n’ai pas peur
  • Ton fiancé m’a dit que je n’avais rien à craindre.

Le vieux est pétrifié en nous voyant entré toutes les deux. Je pense que mes parents n’en sont pas moins surpris . Nous sommes deux gouttes d’eau et notre géniteur en écume de rage. Marie-Cecile me regarde et s’avance vers le vieux en gardant une distance respectable. Et lorsqu’elle va pour parler il lui coupe la parole en lui disant:

  • Hors de ma vue mauvaise fille
  • Oh ! Un cri, un seul s’échappe de la bouche de père et de mère.

Charles le Majordome qui apporte une collation en laisse tomber le service à thé de Maman. Tout s’éparpille sur le sol et mon neveu en est même éclaboussé. Le thé ne lui a pas occasionné une brûlure énorme et pourtant il geint en se tenant le bras. Il ferait diversion qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

C’est Papa qui intervient et n disant :

  • Cette mascarade a assez duré, nous vous écoutons Marie-Cécile, quant à vous Monsieur, sortez avec Annabelle la fille elle va vous soignez, vous semblez un tantinet moins en capacité de faire le petit caïd comme vous m’êtes apparu il y a deux jours planqué dans la cadole qui est au coeur de ma vigne. Ne vous inquiétez pas elle ne va pas vous tuer comme vous l’avez fait il y aura bientôt trois semaines.

Titouan ne demande pas son reste, il sort groggy par les mots de mon père. Il ignore que de l’autre côté de la porte se trouve Nicolas et Stéphane qui vont veiller sur Annabelle. Ce vaurien malgré sa particule est prêt à tout.

Nous vous écoutons Marie-Cecile, par contre si vous voulez que ma femme et moi nous partions. Mais Annabelle bien que courageuse préfère que les parents restent. Elle le leur dit.

  • Vous pouvez rester ce que je vais dire vous concerne aussi.
  • Alors nous vous écoutons
  • Non, cela ne m’intéresse pas moi.
  • Monsieur vous n’êtes pas en état de discuter, je suis chez moi et j’accueille cette jeune fille car je pense que les révélations qu’elle va nous faire ne vont pas vous être favorable vu les échos que je viens d’avoir de sa mère.

Le vieux devient pâle, il s’assoit et se tait

  • Je suis née le même jour que Claire, dans une maison bourgeoise de Bethune. Ma mère était la fille d’un riche industriel qui travaillait en étroite collaboration avec ce Monsieur. Mon père était le fils aîné de celui que j’appelais grand-père. Ses deux autres frères étaient encore vivant au moment de ma naissance. J’avais un frère de 7 ans mon aîné. Un jour alors que j’allais avoir douze ans et lui dix neuf, j’étais dans le jardin, il ne m’avait pas vu, il disait à un de ses amis celle que je considérais être ma sœur en réalité ma mère a fauté avec un vieux. Quand elle sera pubère tu pourras te la faire. Ce jour-là je n’ai pas vraiment compris ce qu’il disait. Quelques temps après j’ai entendu mon père se disputer avec ma mère vêt il lui disait  » ce n’est pas ta faute, ce vieux pervers ne compte plus ses conquêtes, et à ce moment ma mère s’est mise à hurler , je crois que son cri et ce qu’il s’est passé ensuite resonneront dans ma tête toute ma vie.

A ce moment de son récit Marie-Cécile s’est arrêtée, terrassée par les sanglots. Elle revoyait la scène et vu qu’elle me l’avait raconté j’en comprenais d’autant mieux la difficulté qu’elle avait à nous en faire part. Aussi j’intervenais.

  • Veux-tu que je continue
  • Non je m’excuse auprès de tes parents mais c’est comme si c’était hier et les conséquences de l’aveu de maman ont été horribles.
  • Prenez un peu de thé, certaines tasses n’ont pas subi de dégâts.

Maman a le don d’intervenir comme un papillon et de ramener tout le monde au calme.

  • Merci
  • Ne vous inquiétez pas, continuez nous sommes avec vous de tout cœur.
  • Je continue, ma mère était en colère et rapidement j’en ai compris la raison, je venais juste d’avoir quinze ans, elle s’est agrippé à mon père en lui disant  » comment osez-vous mon Amour de dire que j’étais une conquête de votre père. Je vous avait pourtant dit que votre père était le pire des salauds. Il m’a violé vous entendez violé. Je ne suis pas une de ses conquêtes. Il m’a rejoint lorsque je sortais de chez votre sœur que vous n’avez point défendu vu qu’il fallait tous que nous soyons corvéable à souhait pour le Maître des charbonnages. Le soir lorsque vous êtes revenu de votre bureau votre père vous a annoncé que Cécile était parti pour s’engager. Alors que quelques heures plus tard il l’a fait enfermé dans un hôpital psychiatrique. C’est à ce moment que mon père s’est effondré victime d’une crise cardiaque. Une fois mon père enterré je n’ai rien dit à ma mère par contre je me suis rendue chez lui. Et je lui ai dit qu’il était mon père. Il m’a ri au nez en me disant si c’est ta mère qui t’ a raconté ça et bien c’est faux. Je lui ai dit non c’est moi qui l’ai entendu avant que Papa ai sa crise cardiaque. La seule réponse qu’il’a eu ce fut  » quel imbécile mourir alors que j’avais sauté sa femme ».

À suivre ( oui je sais je devais terminer mais je ne m’étais pas aperçu que c’était fort long)

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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