Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Un dernier baiser prolongée de Nicolas et je monte dans la voiture de Maître Leroy, les premiers kilomètres se passent dans un silence impressionnant, je me dit que cela doit se voir comme le nez au milieu de la figure que j’ai fait l’amour avec mon chéri.

Je ne sais quelle contenance prendre puis je me force à ne pas me donner des allures de coupable et c’est à ce moment que Maître Leroy s’adresse à moi.

  • Vous me semblez bien songeuse ma petite Claire, vous n’avez pas de soucis, le vieux fourbe ne vous a pas agressé comme votre demi-soeur.
  • Non Maître Leroy je me serais défendue, il ne m’aurait pas posé une seule patte sur moi.
  • Vous avez entièrement raison, du reste je me demande où étaient les matons. Compte tenu de son passé peu glorieux voire infâme jamais vous n’auriez dû vous retrouver seuls face à ce type malfaisant. Je vais en toucher un mot à la chancellerie.
  • Moi, je n’ai pas compris pourquoi vous n’étiez pas avec nous.
  • Je ne pouvais pas vous assistez c’était une visite que Charles avait demandé pour vous trois, je n’y étais pas convié. Mais au moins avec mon confrère et ami nous savons qui est ce vieux bonhomme.
  • Je lui ai dit que je porterais son nom, je n’ai pas du l’impression qu’il appréciait, mais je lui ai demandé qu’il me paye mes études à une école prestigieuse de Paris, par contre je ne suis pas certaine de pouvoir y aller. Nicolas ne semble pas très chaud pour aller dans un Commissariat dans la Capitale.
  • Mâcon est une charmante ville, pour débuter pour un jeune inspecteur c’est l’idéale. A Lyon il y a les Beaux Arts c’est moins prestigieux que l’école Boulle mais ils ont de bons résultats. Pourquoi vouloir aller sur Paris chère Claire.
  • J’adore Paris, j’y suis allée et j’ai adoré me balader sur les quais de Seine, fouiner chez les bouquinistes, aller dans les musées et pour peindre c’est vraiment le summum.

Comme nous arrivons je me tais et Maître Leroy avant de descendre me dit.

  • Votre père n’a pas vraiment apprécié que je vous ramène si tard . Vu la tête que vous avez il va comprendre que vous vous êtes aimés avec Nicolas. Passez-vous un coup par la figure, mettez-vous un peu de rouge aux lèvres et surtout peignez-vous car vous êtes non loin d’être hirsute.

Il tousse et ri en voyant la tête que je lui fait.

  • Je suppose que c’était votre toute première fois. Ne vous inquiétez pas je me tairais et ne vendrais pas la mèche. J’espère que votre fiancé a pris ses précautions.

Je ne sais pas quoi répondre, j’hoche la tête tout en me remettant du rouge, Maître Leroy roule lentement et j’ai juste le temps de remettre ma petite trousse de maquillage qui me permet de faire mes raccords lorsque je sors que la portière s’ouvre à la volée et que j’entends mon père me crier dessus.

  • Alors ma petite fille votre escapade avec la complicité de Maître Leroy vous a-t-elle convenue. C’est la première et dernière fois que vous me mettez devant le fait accompli. Je ne vous félicite pas Maître d’avoir accéder à la demande de Claire
  • Mais Papa
  • Taisez-vous, montez dans votre chambre, nous en reparlerons demain.

Je pars en courant et ne dis pas bonne nuit à Maître Leroy, je pleure, décidément tous les hommes sont des goujats. Qu’as bien pu dire l’avocat de papa que c’est moi qui ai voulu rester. J’espère que Nicolas interviendra en ma faveur sinon je vais passer un sale quart d’heure.

J’arrive sur le palier où sont desservis nos chambres, la mienne et celle de mon frère, hélas je me souviens qu’ils dorment dans la maison de Grand-père, moi qui voulait savoir ce que Maître Leroy lui avait dit je suis obligée d’attendre demain. Quelle malchance !

Je me dirige vers ma chambre, mais elle est fermée à clef, que se passe-t-il dans cette maison ? Tant pis je vais aller dans la chambre de Charles, j’y serai bien mieux que dans le grenier, bien entendu qu’il y a un lit mais à force d’y sauter dessus tous les trois, nous l’avons plutôt mis à mal. Il est un tantinet éventré.

Je frappe au cas où qu’ils y soient, personne ne me répond, j’entre, ouf il n’y a personne. Le lit est défait c’est plus que bizarre, où sont ses occupants ? Je ne me pose plus de questions, d’avoir fait l’amour je suis fatiguée plus la tension de l’après-midi et les cris de papa m’ont mis à plat.

J’ai dû m’endormir aussitôt car je ne me revois même pas faire ma toilette. Ce sont des coups sourds frappés à la porte de ma chambre qui me réveille. C’est Charles, il me demande pourquoi je dors dans son lit de jeune homme. Je lui en explique la raison. Il est choqué que notre père adoptif ai fermé à clef ma chambre et semble interloqué par ce geste inhabituel chez lui. Il va de ce pas l’interpeller avant de prendre son travail.

Quand il revient il a sa mine des mauvais jours, il m’explique que Père a enfermé Marie-Cecile l’ayant prise pour moi.

  • Mais pourquoi puisqu’il savait que j’étais restée sur Macon ?
  • Tout simplement parce qu’il s’est trompé, il vous a confondu. Il faut que je te dise que Marie-Cecile en rentrant s’est disputée avec sa mère et que celle-ci a refusé de dormir sous le même toit que sa fille. Il a fallu que maman intervienne pour calmer tout ce petit monde. Puis nous avons diner, Marie-Cecile est allée dans ta chambre pour enfiler une de tes robes, elle était penchée à la fenêtre selon la version de papa. Lui venait d’apprendre que tu rentrerais plus tard, il a crû que tu t’étais joué de lui, alors de rage il a enfermé Marie-Cecile. J’ai récupéré la clef et elle t’attends pour choisir une robe. Il y a aussi Annabelle. Tu me raconteras ta soirée après le déjeuner.

Je vais pour me précipiter dans ma chambre mais hélas sur le palier mon père m’attends. Il me ramène dans la chambre de Charles me tenant par une oreille comme lorsque nous étions enfants et qu’il nous punissait. Il ne va pas m’envoyer dans ma chambre au pain sec et à l’eau dans onze mois je suis majeure, si je suis obligée de pleurer pour voir Nicolas en tête à tête je demanderais mon émancipation. Par contre à qui devrais-je m’adresser ? Mais je n’ai pas le temps de répondre mentalement à cette question que le père d’Annabelle m’assaille de questions ?

  • Qu’est-ce que c’est que cette idée que de rester avec ton futur fiancé car tant que son père n’est pas venu me demander ta main tu l’es officieusement.
  • Mais ce n’est pas moi qui ai eu l’idée, c’est Maître Leroy qui me l’a suggéré
  • Tu te moques de moi Claire
  • Non pas du tout, Maître Leroy vous a menti ou il a déformé la vérité, vous n’avez qu’à l’appeler et lui redemander sa version. Ensuite appelez Nicolas, lui aussi m’a dit que c’était l’idée de Maître Leroy.
  • Possible mais vous auriez dû dire non, vous saviez pertinemment que je m’y serais opposé. J’espère que vous êtes …
  • Que je suis quoi ?
  • Rien, nous verrons bien.

J’ai à la fois envie de rire car père n’a pas osé me demander si j’étais toujours vierge et aussi pleurer qu’il me fasse la leçon comme à un bébé. A croire que mon géniteur lui a déteint dessus. Je me lève et lui demande si je peux me retirer. Il me fait signe que oui. Me prends dans ses bras et me dit qu’il me croit mais que cela l’a perturbé de me savoir seule avec Nicolas. La moutarde m’est montée au nez je lui ai dit en tournant les talons, Nicolas n’est pas Monsieur De Bougainvilliers. J’ai fermé la porte en la claquant.

J’ai honte de ma répartie mais il m’a mis hors de moi. Dans la chambre c’est un joli duo qui m’accueille. Marie-Cecile et Annabelle babillent comme deux collégiennes, elles me font part de la blague qu’elles ont envie de jouer à Papa.

  • Je t’expose les faits, ma chère soeurette, l’an passé la couturière nous a fait à toutes les deux la même robe, nous ne l’avons jamais mises
  • Oui elle était trop moche, à carreaux rose et blanc, sans un léger décolleté. Moche et trop chaude pour l’été.
  • Oui, mais as-tu vu le temps qu’il fait aujourd’hui ? Comment as-tu fait pour ne pas entendre l’orage de cette nuit ? Où alors…
  • Alors quoi ? A quoi penses-tu ?
  • Tu as rêvé à ton prince charmant
  • Que me dis -tu ? Je n’ai pas rêvé à Nicolas puisque j’ai passé la soirée avec lui.
  • En tête à tête
  • Oui
  • Oh !

Le cri de Marie-Cécile et Annabelle a dû me mettre le rouge aux joues car toutes deux ont éclatés de rire. Et surtout pour me mettre encore plus dans l’embarras Annabelle a ajouté

  • J’en était sûre que tu sauterais le pas. Tu as dû te faire voler dans les plumes par Papa
  • Tu ne crois pas si bien dire

Nous mettons nos robes roses à l’identique, Annabelle relève nos cheveux de la même manière . Nous maquille légèrement et nous met du rouge à lèvres carmin. Nous voilà de vrais jumelles selon Charles qui partait travailler dans les vignes. C’est Marie-Cécile qui tente l’aventure la première.

  • Ah Claire tu viens nous donner un coup de main, finalement cette robe te plaît.
  • Je ne suis pas Claire, elle m’a juste prêté cette robe.

A suivre..

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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