Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Un silence de plomb a suivi le récit de Madame de Bougainvilliers, puis Claire et Cécile ensemble se sont mises à pleurer.

Vingt ans plus tard elles apprennent qu’un jour de juin 1940 sur une route où l’exode avait poussé leurs parents, leur destin avait basculé.

Puis les larmes ont succédé au rire et brusquement Claire a saisi les mains de Cécile en criant dans un même ensemble, « je suis ta jumelle » ou sur un autre registre  » nous sommes jumelles », père ne disait rien, il laissait les filles dansées autour de la table. Si elles deux s’étaient exclamées, nous par contre avions plus de mal à digérer pareille ignominie.

Puis, le téléphone a sonné mettant fin à la sarabande des jumelles. Le bruit de la sonnerie a raisonné comme un signe du destin.

  • Allo, oui je prend la communication. Bonjour Maître Leroy, que me vaut l’honneur de votre appel.
  • Oui, et bien aujourd’hui nous venons d’apprendre une nouvelle extraordinaire, venez ce soir vers 17 heures, vous me ferez part des nouvelles que vous venez d’apprendre et moi des miennes.

Père raccroche le téléphone et nous annonce cette nouvelle :

Monsieur de Bougainvilliers va être transférer sur Béthune compte tenu que les viols ont eu lieu dans le Nord. Par contre il y aura prescription sauf si des éléments nouveaux venaient se greffer dessus.

Ah ! Ce fut le cri de nous tous. Puis Père nous a demandé de sortir nous les jeunes et est resté en compagnie de Maman et de la « fausse mère de Cécile » . Nous ignorons ce qu’ils se sont dit, mais Madame de Bougainvilliers était fort pâle en sortant. Cécile a même refusé de lui parler, car, elle aurait pu lui expliquer lors de la mort de son père qu’elle n’était pas leur fille mais que son père qu’elle chérissait tant avait volé un bébé sur la route de l’exode dix ans plus tôt. Mais ce ne devait pas être facile pour elle de le dire à celle qu’elle croyait être son enfant. La pauvre femme avait dû être bouleversé. C’est ce que j’expliquais à Cécile, mais elle était tellement en colère, elle refusait de m’écouter. C’est Charles et Annabelle qui ont réussi à lui rendre son sourire.

  • Toi et ta maman d’adoption vous n’étiez pas si proches que ça
  • Effectivement, jamais elle me prenait dans ses bras, je ne comprenais pas pourquoi.
  • Et bien vingt ans plus tard tu le sais. Est-ce que tu vas repartir dans le Nord ?
  • Pour faire quoi ? Non je vais chercher un endroit pour vivre et …

Cecile se met à pleurer, elle m’avoue avoir peur de se retrouver seule. Je la plante seule au milieu du hall et je cours à la recherche de père. Il est dans son bureau et prépare avec Charles je ne sais quoi, le coffre-fort est ouvert et sur la table il y a une malette pleine de billets. Charles va sûrement porter des fonds à la banque. Mais rapidement Père m’explique que Charles, Annabelle et Madame De Bougainvilliers vont partir dès demain matin. Alors j’en profite pour lui demander où va aller Cécile ?

  • Mais il n’est pas question qu’elle se rende chez cette femme qui n’est pas sa mère. Elle peut rester là tant qu’elle n’est pas mariée comme toi ma princesse.
  • Oh papa cela fait bien longtemps que vous ne m’avez pas appelé ainsi.
  • Cela te manquait
  • Oui, mais l’essentiel c’est que vous m’aimiez.
  • Qu’importe le petit nom que je te donne, maintenant que tu me sembles rassuré pour Cécile, file. Va donc aider Annabelle à faire ses bagages.

Cecile ne se trouve plus dans le hall, mais où est-elle passée ? Je remonte et la trouve en compagnie d’Annabelle qui fait le tri de ses vêtements. Cécile va prendre sa chambre et elle choisit parmi le tas de robes que ma sœur n’emporte pas les tenues qui lui font envie.

Annabelle me jette un oeil , elle sait que la robe rouge de bal m’était destinée et Cécile la prise et mise dans son paquet. Je ne vais pas me disputer avec ma jumelle. Tant pis la couturière m’en fera une autre à moins que Nicolas m’en achète une. Je suis perdue dans mes pensées aussi je sursaute lorsque Cécile met sa main sur mon épaule.

  • Soeurette nous allons voir ensemble quelles robes nous allons pouvoir mettre. Il y en a en tout dix. Cinq chacune.
  • Attendez les filles j’ai cette robe que je n’ai jamais mise. Comme tu aimes le vert Claire elle va t’aller à ravir. C’est une robe de bal que j’ai fait faire en me temps que la rouge sur le même modèle.
  • Comme tu es gentille Annabelle, merci je t’aime trop.
  • Filez les filles, partez avec votre butin avant que je regrette ma générosité.

Elle nous regarde avec son air espiègle et éclate de rire. C’est tout-à-fait Annabelle, c’est la joie de vivre, elle fera une épouse parfaite pour Charles.

  • Bon vous partez ou je vous pousse dehors, les chaussures que je n’emporte pas je les laisse au bas de l’armoire. Je ne connais pas ta pointure. Si elles te vont tant mieux. Sinon tu les prends Claire vu que nous avons la même pointure.
  • Je fais du 37
  • Nous aussi
  • Et bien tout est à vous. Là haut je vais rarement porté des talons aiguilles mais plutôt des bottes.

Nous quittons Annabelle en riant et, elle en colère nous a lancé une de ses chaussures. Puis nous nous promenons dans la vigne et notre Majordome me prévient que Nicolas va venir ce weekend car il est de repos. Il va être étonné de rencontrer ma jumelle alors que pour lui c’était seulement ma demi-soeur après notre périple dans le nord.

A dix-sept heures tapantes Maître Leroy et Richard sont annoncé par Gérard notre Majordome. Monsieur De Bougainvilliers et son petit fils ont été transféré à la prison de la Santé.

ils nous font part de la rencontre qu’ils ont eu avec l’avocat de notre géniteur. Ce dernier est d’accord pour nous reconnaître Charles et moi. Mais en ce qui concerne Marie-Cecile elle restera sa petite fille et héritera comme ses deux enfants vu que son père est décédé.

Mais lorsque mon père lui explique les derniers événements, Maître Leroy pense qu’il.faut que Marie-Cécile soit couché sur le testament à la hauteur de son frère et sa jumelle. Il en reparlera à l’avocat d’ici deux semaines. Le procès du petit-fils aura lieu vers mars quand au grand-père il sera jugé la première quinzaine d’avril car il n’y a personne qui n’a porte plainte contre lui. Il risque de s’en sortir la tête haute. Charles se dit prêt à rencontrer celle qu’il considère comme sa cousine, la fille du frère de celui qui a été son père. Chantal j’en ai gardé un si beau souvenir qu’elle ne peut pas dire non nous dit-il…

A suivre….

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Hum ! Une famille tuyau de poêle ! »

  1. Une histoire d’argent maintenant à régler. Les gamins vont devoir se battre pour avoir gain de cause.
    Pourvu que ce géniteur prenne le maximum pour sa perversion…
    Bises et bon jeudi – Zaza

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