Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Charles était à peine arrivé que Père lui demandait où nous étions passé, il l’a rassuré en prétextant une balade en compagnie de sa cousine Chantal dans un parc. Bon gré mal gré il a fait contre mauvaise fortune bon cœur, surtout que l’oncle de Chantal , le majordome avait introduit le jumeau de notre géniteur. Ce dernier venait s’entretenir avec Charles sur sa nomination à la tête des Houillères de Béthune dont Anin faisait partie.

  • Dépêche-toi Charles un homme vient de se présenter il demande à te rencontrer.
  • Oui je l’ai rencontré en ville c’est le jumeau de notre géniteur.
  • Jumeau lui, mais il ne ressemble nullement à son frère.
  • Il nous a dit être son faux jumeau. Il.m’a laisse sa carte, il se nomme bien Pierre de Bougainvilliers.
  • Et bien va voir ce qu’il te veut, il est dans le bureau de son frère c’est là où le majordome l’a fait entrer.
  • J’y vais à plus tard

Lorsque nous sommes rentrées, nous avons croisés la traction noire de Monsieur de Bougainvilliers orne de fleurs blanches et filant à bout allure vers les terrils de Béthune. Charles par la fenêtre ouverte nous a salué.

  • Il va falloir l’attendre pour se rendre à Anin nous a dit Chantal
  • Mais il.a qu’à prendre la traction de papa
  • Pour nous rejoindre
  • Oui ça nous évitera de marcher au retour
  • Pauvre petite nature

Notre père nous taquinait, il semblait moins taciturne que ces jours passés.

  • Annabelle ne me raye pas la carrosserie comme à ton habitude, je te prête ma voiture.
  • Voyons papa je ne l’ai plus rayé depuis longtemps
  • Je préfère t’avertir si tu la raye tu payeras les réparations.
  • Oui

J’espère qu’Annabelle ne va pas nous taper contre un mur ou rentrer dans une voiture car la connaissant elle nous demandera de partager les réparations. Et il faudra toute la mansuétude de notre mère pour que père revienne sur sa décision.

Emmenés par Annabelle, Chantal nous a fait déposer Cécile et moi à Anin devant la maison de nos grands-parents maternels. Comme c’était non loin de chez Chantal, une fois que Charles nous aurait rejoint nous repartirons chez elle où nous attendait le reste de la famille.

Une bonne odeur de café et une douce chaleur nous étions chez nos grands-parents. Mémé Renée avait mis une robe noire ornée d’une dentelle blanche au col et au poignet, elle nous attendait assise dans son fauteuil tout près de la cheminée. Notre Grand-père Léon avait une moustache blanche ainsi que ses cheveux, des yeux verts presque transparent comme ceux de Charles, un pantalon noir et une chemise blanche à manches courtes. Sur sa tête une casquette, il fumait du gris dans sa pipe comme il.nous l’a dit, espérant que la fumée n’allait pas nous incommoder. Devant notre négation il a allumé sa cigarette qu’il avait patiemment roulé devant nous.

  • Ou est mon petit-fils Charles
  • Il est avec oncle Pierre
  • Ah il est revenu l’enfant maudit
  • Maudit ?
  • Oui, rejeté par les Bougainvilliers car pas conforme à leur rang
  • Qu’avait-il en dehors du fait qu’il soit un faux jumeau ?
  • Il a un pieds baut
  • Ah et c’était une tare pour nos grands-parents Bougainvilliers… Comme c’est triste.
  • Helas autrefois et ça ne date pas de si vieux les enfants malformés étaient abandonnés, votre oncle a eu de la chance que sa mère les aime tous les deux ses petits. Mais elle est morte alors que les gamins n’avaient que dix ans c’est ce que Pierre m’a raconté. Nous sommes conscrits tous les deux, on l’a place dans une ferme puis il.s’est sauvé et son père l’a envoyé à la mine. On avait tous les deux treize ans lorsque nous sommes descendus la première fois. J’ai su qui il était le jour où son père est venu à Anin suite à un coup de grisou. Le porion lui a dit la mauvaise graine ne meurt jamais. On venait juste de me remonter et je leur criais :  » Pierrot est mal en point mais il est vivant » le vieux s’est penché sur moi et m’a dit : Ne crie pas, c’est quel Pierrot ? Connais tu son nom de famille ? Il m’a dit un jour qu’il était personne. Alors c’est mon fils. Tous les mineurs ont sifflés et quand mon copain Pierrot est remonté j’ai su que c’était le fils du Seigneur des Houillères comme tous nous l’appelions.
  • Était-il blessé,?
  • Oui une plaie ouverte à la tête, mais lui comme moi nous étions les seuls survivants du coup de grisou. Mais Pierrot n’est pas revenu travailler, le porion nous a dit que le Seigneur avait eu honte.
  • Et est-ce que tu l’as revu ?
  • Jamais, si Charles peut lui demander de venir me voir … J’aimerais bien.
  • Tu le lui demanderas Grand-père , il va venir Charles.
  • Arrêté Léon de ressasser le passé je vous ai fait un gâteau vous allez m’en dire des nouvelles. Je suis heureuse de vous connaître mes petites filles car je vais mourir tranquille désormais. Je peux m’en aller.
  • Mémé tu as le temps, attends mon mariage
  • A quand la noce
  • L’an prochain
  • Tu es laquelle des jumelles ?
  • Claire
  • Et toi Cécile ?
  • Mou aussi je vais me marier le même jour que Claire.
  • Que font vos fiancés?
  • J’ai répondu à mon grand-père que mon fiancé était inspecteur de police en poste à Mâcon, quant à Cécile elle lui a dit je le cherche mais j’ai devant moi une année pour le trouver.

Grand-père a tellement rit qu’il s’en est étouffé et s’est fait gronder par Mémé Renée

A suivre …

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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