Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Il est à peine sept heures lorsque Chantal vient taper délicatement à notre porte, elle n’attend pas notre permission pour entrer.

Elle ouvre les persiennes, le soleil entre à flot dans la pièce. Ouf il fait beau. Elle hésite avant de me demander :

  • – Comme il m’est difficile dans vos belles chemises de nuit de savoir qui de vous est Claire …
  • – Où Cécile ajoute ma jumelle
  • – Effectivement , vous êtes ?
  • – Devinez lui dit-on d’une même voix.
  • – Vous êtes insupportables, je vais ne pas vous nommer juste vous faire part de ce que Monsieur de la Roche Vineuse m’a dit.
  • – Ah que vous a dit Père
  • – Claire, vous venez de vous trahir il.y a que vous qui appelez Monsieur : « Père ».
  • – En effet cette fois vous avez gagné. Alors dites nous tout.
  • – Il faut que vous rassemblez rapidement vos affaires , vous partez à huit heure précises. Il a même ajouté, habillées ou non elles partent.
  • – Et bien sortez chère Chantal, nous allons rapidement nous habiller, tout est prêt, puisque nous avons déjà mis nos bagages dans les voitures dès hier au soir. Par contre est-ce que la mère adoptive de Cécile nous accompagne ?
  • – Votre père ne m’en a rien dit. Certes il ne me considère pas comme la bonne à tout faire comme le vieux, mais il ne me fait pas ses confidences.
  • – Ce n’est pas grave nous le saurons bien assez tôt.

Tout en m’habillant je me demande si Cécile est heureuse, soit elle sera contrarié que Père lui impose sa mère, enfin celle qui s’est faites passer pour elle, soit elle sera soulagé qu’elle vienne et tout son contraire aussi. Elle a la tête que j’ai lorsque je suis dans mes pensées sombres. Voir son visage est parfois déconcertant. Car j’ai l’impression d’être moi et aussi Cécile. N’ayant jamais vécu ensemble, sauf lors de la gestation, et bien que nous soyons en symbiose totale, je me sens mal à l’aise en la regardant. Elle est beaucoup plus révoltée que moi par cette situation.

Est-elle heureuse ? J’espère que dans notre propriété elle retrouvera son beau sourire et rencontrera tout comme moi son âme sœur.

Je suis tirée de mes pensées par la cloche qui n’a jamais sonné depuis notre arrivée. C’est ainsi que Monsieur de Bougainvilliers la faisait retentir tous les matins pour que son personnel sache qu’il était temps de se lever. Mais il n’était pas sept heures en ces temps-là mais cinq heures du matin comme nous l’avait bien raconté Paul.

Et bien qui est impatient me demande Cécile. Du temps de mon Grand, enfin tu sais cela signifiait que qui que ce soit pouvait se faire insulter de sotises ou frapper par lui.

Le vieux n’y allait pas de mains mortes il frappait sur la figure quiconque lui résistait. Hommes, femmes et enfants tous y passaient. Chantal une fois qu’elle était venue avec son fils né de son viol avec le vieux avait elle , reçu cinq coups de balais sur le dos car son fils avait volé en cuisine de belles fraises qui trainaient dans une soucoupe, quant au petit il l’avait fouetté devant tout le personnel en le traitant de « bâtard ». C’était arrivé alors que son fils n’avait même pas six ans. Depuis cette date elle n’avait jamais emmené le gamin au château comme tout le monde disait. De toutes façons même si à ce moment il avait été certains que les doutes du vieux étaient vérité, il aurait traité l’enfant de bâtard. À ses yeux les garçons c’étaient des rejets de la Société, les filles du potentiel bétail, pour assouvir ses envies et habitudes malsaines.

Nous voici dans la grande salle nous prenons en compagnie de mes parents adoptifs notre dernier déjeuner. Charles est là mais nous ne voyons pas Annabelle donc je suppose qu’elle va rester et nous allons nous coltiner Madame de Bougainvilliers. Quelle déception ! Pourquoi part-elle avec nous ? 

Ah voici Annabelle, pour la circonstance elle a mis un pantalon ce que Père déteste en temps habituel, mais pour faire de la route il le conçoit. Par contre en cours de route elle sera obligée d’enfiler une robe sinon elle sera contrainte de rester dans la voiture. En mille neuf cent soixante peu de femmes osaient transgresser l’ordre établi. Aux hommes les pantalons ou les shorts l’été. Les femmes n’étaient pas des hommes elles devaient rester en robes ou en jupes. Et chez ceux de la haute comme disait mon chéri c’était pire.

  • – Mesdemoiselles ce n’est pas le moment de rêver, nous avons plus de neuf cent kilomètres à parcourir. Deux jours nous serons nécessaires si nous pouvons partir avant huit heures trente je vous en serais fort reconnaissant.
  • – Est-ce que Madame de Bougainvilliers vient.
  • – Non

Je ne pose aucune autre question, Annabelle est verte , je me demande ce qu’elle a, j’en saurais d’avantage une fois en voiture. En effet il est à peine huit heure vingt lorsque nos deux voitures s’éloignent. Charles a longuement serré dans ses bras sa femme, puis il lui a remis sa valise d’infirmière et nous sommes partis.

Nous avions à peine fait trois cent mètres qu’Annabelle s’est arrêtée et est allée vomir. Ah voilà que ses vomissements la reprenait. Pourtant depuis son cinquième mois elle nous disait être bien mieux. Et bien nous allions faire un drôle de voyage.

Après à peine une heure de route nous voici arrêté par la police. Père va se garer et Annabelle en fait tout autant.

  • – Que ce passe-t-il ? Demande Père
  • – Êtes-vous accompagné par Madame de Bougainvilliers ?
  • – Non, nous aurions dû
  • – Pas du tout qu’allez-vous chercher ?
  • – Alors pourquoi êtes-vous à sa recherche
  • – Nous avons reçu l’ordre de rechercher une Bentley grise et une Peugeot dont la couleur n’était pas définie. Dans l’autre voiture qui s’y trouve ?
  • – Nos filles
  • – Et vous ignorez où est Madame André de Bougainvilliers.
  • – Non nous le savons
  • – Elle se trouve à Béthune dans la propriété des de Bougainvilliers.
  • – Helas nos confrères les gendarmes ont voulu l’arrêter cet elle a disparu.

Plus tard , Père va se demander si elle n’était pas partie pendant la nuit. Car au petit déjeuner elle brillait par son absence.

A la pause déjeuner, Annabelle en a profité pour se rendre à une cabine téléphonique, hélas deux de ses pièces sont avalé. Père lui conseille de se rendre au PTT afin de lui téléphoner pendant le temps du repas pour être sûr qu’elle le trouvera.

Quand elle revient elle nous explique les derniers événements . Dès notre départ les gendarmes s’étaient présentés chez les Bougainvilliers pour arrêter Madame, cette dernière n’était pas dans sa chambre. Charles avait demandé aux pandores la raison de cette arrestation, car leur a-t-il dit cette femme au même titre que tant d’autres est une victime. Mais eux ne l’entendaient pas de cette manière. Elle avait aidé son fils à s’échapper de prison, personne ignorait si elle n’était pas sous l’emprise de son fils. Aussi le juge avait demandé son arrestation. Le brigadier chef avait demandé où nous étions et c’est ainsi que nous avions dû nous justifier, comme des voyous avaient ajouter Père.

C’est la première et dernière fois que je mets les pieds dans cette ville si triste. Ce qui avait fait rire Cécile. Mais devant le regard noir de Père celle s’était abstenue de surenchérir.

Le soir nous sommes arrivés sur Saumur, nous avons bien roulé. Nous nous arrêtons chez des amis de Père qui sont ravis de revoir Annabelle. Cécile et moi à priori nous ne les intéressons pas. Qu’importe on n’est pas vraiment de la famille de Père.

La nuit est belle nous sommes non loin du château c’est fort beau. L’ami de Père fait lui aussi du vin. Il a de belles vignes que nous visitons le lendemain avant de partir. Dans les rochers nous admirons quelques maisons troglodytes qui sont habité.

Vets les dix heures nous partons, mais Père s’arrête dans la ville pour connaître les derniers événements. Charles ne sait rien.

Alors nous repartons pour notre coin de Paradis non loin de Moulin-à-vent. J’ai de plus en plus hâte d’arriver. Heureusement la route est plus calme, Annabelle est toujours taciturne mais au moins elle ne vomit plus. Apparemment celle s’était disputée avec Charles. Et elle était contrariée.

A suivre….

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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