Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Jules et Cécile dévorent, à croire qu’ils n’ont pas mangé depuis des semaines. A chaque bruit, Cécile sursaute comme si l’assassin allait s’introduire chez nous en plein jour. Je n’ose songer à la nuit, la connaissant elle va trembler comme une petite feuille exposée au vent.

Cela fait déjà une heure que nous attendons Nicolas, Père ne l’a toujours pas libéré, c’est pourtant Père qui dit toujours que ne l’on doit pas retenir les gens à la limite du raisonnable. Et bien là il oublie ses grands principes.

Enfin la porte s’ouvre, voilà Nicolas, il souffle pourtant monter les escaliers quatre à quatre il en a l’habitude. Je le regarde interrogative mais c’est Jules qui lui demande combien de verres il a bu.

  • – Oh ! Mais Père exagère tu n’as pas su lui dire non m’écriais- je
  • Es-tu fâché mon amour, j’ai surtout chaud, la chaleur et l’Armagnac ne vont pas ensemble. Mais t’inquiètes j’ai jeté le dernier dans la plante qui se trouve vers la fenêtre.
  • – Pauvre plante s’écrie goguenard Jules
  • – C’est celle où Charles jette tous ses Armagnacs ajoute Cécile et figurez-vous que tout le monde s’extasie sur sa beauté. Même le jardinier l’a encore dit à ta mère adoptive l’autre jour.
  • – Oui c’est vrai mais ne nous faites pas languir ou est cet assassin ?

Nicolas et moi n’en croyons ni.nos yeux ni nos oreilles lorsque Cécile et Jules nous font le récit de leur rencontre au détour d’une rangée de vignes de notre demi-neveu. Bien que là il est dans toute son arrogance et splendeur de tueur.

  • Il vous a menacé avec son pistolet, mais il est fou. Comment a-t-il pu arriver si vite ?
  • – Il s’est bien gardé de nous le dire mais il a exigé de Cécile de lui trouver une cachette en attendant des jours meilleurs.
  • – Jules tu n’as pas protégé ma jumelle
  • – Voyons Claire je suis un gentleman , c’est bien pour ça que votre jumelle avait ss robe pleine de paille et était cramoisi, car je l’ai un tantinet bousculé, l’ai attrapé par la main et nous avons pris nos jambes à notre cou. Par contre en chemin Cécile a perdu sa chaussure qui n’était pas faite je l’avoue pour une course poursuite à travers la vigne.
  • – Ah mais c’est rocambolesque
  • – Comment peux-tu trouver ce moment terrifiant aussi amusant.
  • Pardonne-moi Cécile mais je t’imagine en train de courir, les cheveux au vent, perdant un de tes talons et tombant tel un fétu de paille dans les bras de Jules ton preux chevalier. Je comprend mieux que Père t’ai trouvé étrange. Mais où est cet escogriffe ?
  • Nous n’en savons rien, mais Nicolas viendras-tu avec moi cette nuit ?
  • Oh non !

Le cri qui nous échappe à Cécile et moi a fait accourir Père qui devait monter rejoindre Mère dans leur appartement. Il rentre brutalement dans notre chambre suivi de Mère encore plus affolée. C’est Père qui nous demande pourquoi nous avons eu un cri d’effroi. Je n’ose lui dire mais Nicolas me devance.

  • Jules et Cécile ont croisés sur votre propriété celui qui pas plus tard qu’hier était encore le frère ainé de Cécile.
  • Il est chez nous ce fourbe, cet assassin, ce dingue, ce violeur. Je vais immédiatement téléphoner à la gendarmerie afin qu’il mette tout en oeuvre pour le cueuillir et l’envoyer en prison. J’aimerais bien savoir comment sa mère a été convaincue de le laisser s’échapper.
  • Ma mère était sous la coupe de cet individu…

Pauvre Cécile elle n’ose plus prononcer le mot frère, même si ce dernier en a jamais été un. Il l’a martyrisait chaque fois que sa mère avait le dos tourné. Un jour il lui a même brûlé le bras avec une cigarette. Une autre fois elle ne doit son salut qu’à sa femme de chambre. Il pesait de tout son poids sur elle et voulait la marquer au fer rouge comme il disait avec le fer à repasser. Ce ne peut pas être un frère ce type. Jamais Charles ne m’a fait du mal. Au contraire j’étais tout ce qui lui restait de Maman aussi était-il toujours mon protecteur. Mais lui c’est un vaurien de la pire espèce.

Père n’a pas attendu d’explications supplémentaires, il s’est rué dans le vestibule s’est saisi du téléphone puis a appelé le Majordome afin qu’il appelle la gendarmerie de Belleville et qu’elle se ramène a-t-il hurlé sans tambour ni trompette. Pas besoin d’avertir ce fou de la présence de la maréchaussée.

Puis Mère et Père ont tourné les talons sans se soucier de la présence des garçons dans notre chambre. Tant que ce malade n’était pas sous les verrous il n’était pas possible de se balader maintenant, main dans la main dans la nature. Mais il n’était pas question que Cécile dorme cette nuit ailleurs que dans la chambre, alors que Nicolas n’espérait qu’une chose c’est d’être avec moi. Comme c’était compliqué.

Mais personne n’allait bien dormir cette nuit là. Tout cela à cause de ce sale type. Il allait en faire voir des vertes et des pas mûres à l’escouade de gendarmerie venue pour l’arrêter.

Nous nous organisons pour la nuit, nous récupérons au grenier deux matelas afin que Jules et Nicolas puissent dormir tout près de nous. Mais il n’est pas question que je dorme dans mon lit, c’est moi qui vais dormir sur le matelas posé sur le sol. Pour Père ces deux matelas seront le sésame de ma vertue. Je ne dois en aucun cas me montrer dans les bras de Nicolas, il en ferait un drame. Il est très collet monté et les bonnes manières dans son milieu sont très importantes et respectables. J’avoue qu’être dans les bras de mon chéri me manque énormément. Mais Cécile est partie faire une balade avec Jules, j’ai peur qu’elle se soit jeté sur Jules tant elle a envie d’être désirée. Jules je ne le connais pas tant que ça. Est-il autant prévenant que Nicolas, bien que Nicolas n’arrive pas toujours à mettre un frein à ses élans.

La nuit est encore chaude lorsque soudain nous entendons le bruit caractéristique d’une arme, enfin c’est ce que dit Jules car je n’ai jamais entendu le bruit d’un pistolet, par contre il m’est arrivé d’aller à la chasse avec Père et Charles , mais ce bruit est plus étouffé. Que ce passe-t-il ? Qui vient de tirer ?

Nicolas m’éloigne de la porte-fenêtre et la ferme, bien lui en a pris car une balle s’écrase sur le montant. Nous nous éloignons rapidement de la baie vitrée. Jules pousse Cécile dans notre salle de bain et moi je me jette au sol sous la poussée de Nicolas. Puis il se lève et met un des matelas debout devant la porte-fenêtre. Je l’aide à le faire tenir avec deux fauteuils et nous sortons dans les escaliers. 

Nous entendons distinctement les tirs échangés entre la gendarmerie et ce fou, puis un grand silence et un cri ou plutôt un brouhaha et le Capitaine appelle Père :

  • Monsieur De la Roche Vineuse appelé votre médecin nous avons deux blessés à moins que votre fille puisse venir soulager mes hommes.
  • Ma fille est absente, elle est restée dans le Nord avec son époux. Ma fille Claire peut faire un bandage de fortune en attendant notre médecin.
  • Et me voilà promulguée infirmière. Le premier est un jeune homme pas plus vieux que mon amour, il est blanc comme un linge, mais la blessure ne semble pas profonde, je la désinfecte, puis Nicolas regarde s’il y a du dégât mais la balle ne lui a qu’effleurer le bras. Il a sûrement eu plus de peur que de mal. Par contre pour l’adjoint du Capitaine là c’est différent, mon brevet de secouriste ne suffira pas. Nicolas récupère une ceinture que Père lui tend et il lui fait un garot au dessus de la cuisse car il saigne abondamment. Il ne nous reste plus qu’à attendre. Les tirs se sont tu. Ou est ce bandit de grand chemin qui par son nom nous est parent. Quelle honte ! 

A suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Hum ! Une famille tuyau de poêle ! »

  1. Il y a eu du rififi dans la famille tuyau de poêle ! Il ne manquait plus que cela.
    C’est un fou furieux ce neveu, pourvu qu’il se fasse coffrer…
    Vite la suite Evajoe.
    Bises et bonne soirée – Zaza

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Evajoe,

    Je viens de recevoir une notification. En principe, me voici de nouveau sur ta liste d’abonnés;

    Je lis et suis, bien évidemment perdue. Mais j’ai tout de même savouré le rythme de ton écriture au langage fleuri. 🙂

    Gros bisous

    J’aime

Répondre à annemarieguillard Annuler la réponse.