Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Dans un bar de la rue de Mâcon discutent deux hommes, l’un est petit portant une belle moustache qu’il doit friser tous les jours, l’autre est grand mince imberbe et n’a pas un cheveu sur le crâne. Ils sont policiers de leur état et discutent de la Une du journal.

  • Et Paul tu as vu le mort de la vigne fait les gros titres.
  • Le jeune inspecteur y était
  • Lequel ?
  • Le Parisien qui parle pointu, lui, ne roule pas les R comme la plupart d’entre-nous .
  • Parle pour toi Pierrot moi je ne viens pas de la cambrousse. Certes je ne suis pas Parigot mais à la ville on ne parle pas comme vous les campagnards Morvandiaux.
  • Bon tu m’égares, tu en penses quoi de ce Monsieur à particule, assassiné chez un gros viticulteur de chez nous.
  • Tu vas vite en besogne, personne ne comprends, il tire sur la jeune fille avec un fusil et se tue avec une vieille pétoire qui ne se retrouve pas à côté de lui et qui a été volé dans la vitrine de Monsieur de la Roche Vineuse qui jure ses grands dieux ne pas avoir quitté sa femme.
  • Oui je sais tout ça, et le pire dans cette affaire c’est que tout le personnel dit exactement la même chose. Monsieur a été vu à huit heure du matin dans les communs donnant des ordres au jardinier, ensuite à la cuisinière, puis à son secrétaire. Tous sont unanimes Monsieur ne pouvait pas se trouver dans le potager.

La serveuse leur sert un verre de vin blanc et se mêle à la conversation

  • Voyons Messieurs et si c’était une femme
  • Une femme qu’allez-vous chercher là ?
  • Pas plus tard qu’hier j’ai entendu à la boulangerie une conversation entre deux femmes.
  • Mais que connaissent les femmes dans les armes , vous rêvez, ma petite dame.
  • Laissez-moi terminé je vous prie Messieurs les policiers.
  • On vous écoute Madame
  • Comme je vous disais ces deux femmes connaissent la femme du viticulteur
  • Ah vous nous intéressez, si on pouvait damner le pion à l’inspecteur, continuez ma brave dame et servez nous en un deuxième, nous avons terminé notre service.

La brave dame est toute émoustillée , tout le café est suspendu à ses lèvres, c’est son jour de gloire. Elle leur raconte ceci. La femme De La Roche Vineuse est née Gauthier, elle jouait avec ses frères qui magnaient facilement la gâchette. Le vieux le père du propriétaire actuel du Domaine est venu chercher à l’école ménagère une demoiselle pour être au service de son fils aîné. Il a fait en sorte que la jolie demoiselle devienne la chambrière de son fils et le jeune Monsieur est devenu fou amoureux de la petite Amélie Gauthier. La belle s’est retrouvée enceinte, le mariage a été célébré rapidement et comble de l’ironie trois jours après son mariage elle a perdu l’enfant . Mais la même année elle a accueilli chez elle un garçon de cinq ans et un bébé d’à peine un mois ou deux elle n’en savait rien.

  • Cela ne nous dit pas que c’est elle, c’est une brave femme si après la guerre elle a recueilli des enfants. Qu’allez-vous chercher là ? Oubliez tout cela. Au revoir Madame.
  • A demain Messieurs

Une fois les pandores parti le petit café résonnait d’un brouhaha un peu plus animé que les autres matins. A Mâcon les Gauthier étaient bien connu. La dame du Domaine s’était éloignée des siens mais pour sauver sa fille adoptive elle avait dû retrouver ses gestes d’autrefois. Affaires à suivre en conclu le détective qui planchais sur cette énigme à la demande d’un certain Monsieur de Bougainvilliers de Béthune. Ce dernier il.ne l’avait pas vu mais il y avait reçu une longue missive pas plus tard qu’hier lui demandant de faire la vérité sur la mort de son fils.

Du reste il avait relu deux fois ce passage, si le journal stipulait qu’il était le petit fils du non moins célèbre Monsieur de Bougainvilliers, ou le vieux déraillait ou l’affaire était énorme. Lui parlait bien de son second fils qui avait quelques années de moins que Charles. Dans quel imbroglio s’était-il fourré ?

Non loin de là au Commissariat, Nicolas racontait à ses collègues que sa futur femme s’était enfin réveillé. Sa brigade était fort contente pour lui. Il aurait moins ce pli triste à la bouche. Car Nicolas depuis dix sept jours avaient perdu son sourire. Il était taciturne et jurait de faire toute la lumière sur ce vaurien de Jules de Bougainvilliers. Prénom qu’excecrait désormais Cécile. Mais de cela il s’était bien gardé d’en parler autour de lui. De là à porter les soupçons vers sa future belle-sœur il n’y avait qu’un pas.

Au Domaine c’est l’euphorie , Monsieur de la Roche Vineuse est tranquillisé sur l’état de santé de son rayon de soleil. Pour l’instant elle doit se remettre afin que soit programmé la greffe du poumon de sa jumelle compatible à cent pour cent, si certains doutaient de leurs origines là ils ne pouvaient que s’incliner et en le disant Monsieur de la Roche Vineuse pense à leur géniteur qui a nié qu’elle soit née de la même mère prouvant avec un tas de papier tous plus faux les uns que les autres la naissance chez lui de l’enfant Marie Cécile. Or des faux papiers pendant la guerre il y en avait beaucoup qui circulaient. De plus à l’écouter elle serait née deux ans avant sa sœur. Mais Monsieur ignorait que sa mère adoptive avait fait une fausse couche. Et la pauvre femme n’était plus là pour en parler. Assassiné par son fils. Il irait rejoindre sa mère et son père dans le caveau des De Bougainvilliers.

Les nouvelles de Claire étaient fort bonnes. Chaque jour elle avait la visite de Nicolas, puis il estompait ses visites car il était sur une affaire de la plus haute importance. C’était sur lui qu’était tombé l’affaire Vineuse comme l’appelait son chef. Mais il ne fallait rien laisser paraître à sa fiancée. Son commissaire était persuadé que le jeune ne s’était pas suicidé, on n’avait dû le contraindre. De plus où était passé ce pistolet qui tirait de drôles de balles. Une enquête qui s’avérait des plus complexes. Et il avait fallu que ce soit lui tout jeune inspecteur de s’y coller.

quelle malchance ! Nicolas avait peur que ce soit le père d’Annabelle qui en soit le commanditaire à défaut d’en être l’instigateur. Mais s’il avait su il ne se serait pas jeté sur cette affaire. Il l’aurait refusé compte tenu de sa proximité avec sa future famille.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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