Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Depuis dix jours Cécile reçoit une lettre par jour, mais elle ne daigne même pas ouvrir son courrier. Ce matin Papa est venu me voir à la clinique et il m’a raconté que Jules écrivait tous les jours à ma jumelle et elle ne lui répondait pas mais pire encore elle n’ouvrait pas les lettres.

A entendre papa je devrais la faire changer d’avis. Il fallait que je profite de notre intervention pour lui en toucher deux mots. Demain je devais partir en ambulance et dans la soirée Cécile me rejoignait à L’hôpital Edouard Herriot à Lyon. Nous serions dans une chambre et non dans une grande salle. C’était seulement la seconde fois que le père de Jules allait pratiquer cette intervention. Mais il serait assisté d’un de ses anciens internes excellent dans ce domaine. Un éminent chirurgien. C’est le frère de Jules , car ce jeune homme était souvent venu à mon chevet au cours de ces dix derniers jours. Il me faisait la cour, mais rapidement je lui avais laissé entendre que j’étais fiancée. Puis un jour il avait croisé Nicolas et compris à qui j’étais promise. Depuis il avait regagné son hôpital sur Lyon. Papa était au courant car je lui en avais parlé. Ce beau jeune homme me troublait et ça coïncidait avec l’absence de Nicolas. Comme Cécile me ressemble comme deux gouttes d’eau Maman ne veut pas vivre un drame. Ou une bagarre de jeunes coqs entre les deux frères. Cécile serait bien capable de sortir avec l’un pour agacer l’autre.

Papa a dit , vous vous ressemblez physiquement mais cela s’arrête là. Cécile est ton.opposé dans bien des domaines. Nous l’avions aussi remarqué avec Charles. Elle n’avait pas beaucoup de compassion ni d’empathie. Elle était futile, certe j’aurais tant aime que nous soyons semblable à cent pour cent. Elle était plus comme les Bougainvilliers et moi comme Maman. Charles était un cocktail entre Maman et Papa, bien que je n’ai point connu Maman mais au vu de ses parents c’était des gens gentils doux qui jamais aurait pu faire du mal à qui que ce soit.

Charles était intransigeant dans le travail, il.ne cédait jamais par contre si c’était lui qui en avait l’initiative il.pouvait apporter aux mineurs de meilleures conditions de travail. Ce qui faisait dire au mari de sa cousine on dirait le vieux avec un soupçon de douceur. Mais jamais il ne montrait ce côté. Son oncle enfin le nôtre disait tu es un mélange d’Artémis et de moi. Gentils sous une carapace de méchanceté. Heureusement que ton côté gentil ressort bien vite. Les Vineuse t’ont bien élevé je leur en suis reconnaissant.

Me voilà chargé d’une délicate mission. Pourvu que Cécile m’écoute. Avant de partir Maman a vu que ma jumelle avait mis le courrier de Jules dans sa valise. Etait-ce pour les jeter une fois arrivée à l’hôpital ou avait-elle peur que Papa les ouvre. C’était comique jamais Papa n’aurait pu faire ça.

Lorsque Cécile arrive elle est accompagnée de Papa et de Nicolas, elle vient vers moi, se penche au-dessus de mon lit et me dit :

  • J’ai peur et toi
  • Non c’est le père de Jules et son frère qui vont s’occuper de nous.
  • Son frère le bel interne.
  • Oui mais il est chirurgien il a réussi sa thèse.

Je vois un sourire narquois se dessiner sur la jolie bouche rouge de ma Cécile, qu’est-ce qu’elle peut bien mijoter ?

  • Pourquoi fais-tu cette tête on dirait que tu as une idée .
  • Non soeurette je pensais à…

Je vois ma jumelle piquée un fard magnifique, c’est ce soir ou jamais que je dois l’attaquer. Je n’ai pas le droit de me lever. Il faut que je sois en forme. Ce soir nous mangeons notre dernier repas avant l’opération le surlendemain. Au menu un potage une tranche de beefsteak et de la purée, une crème de gruyère et des raisins. Nicolas m’aide à manger, moi qui suis gauchère je n’arrive pas à manger de la main droite. Et c’est ce soir que Nicolas de ouvre que Cécile, elle, est droitière. Comme je le connais il va s’en souvenir et ne tombera plus dans un de ces pièges. Car de ce côté elle est machiavélique.

Tous les trois rions, je suppose qu’elle n’en veut plus à Nicolas, c’est déjà ça et c’est lui qui va orienter la discussion vers son meilleur ami.

Alors Cécile as-tu des nouvelles de Jules ?

Je la sens un peu déstabilisé puis sans la moindre gêne lui répond :

  • Oui il m’a écrit mais je n’ai pas eu le temps de lui répondre.
  • Ah tu fais la femme de chambre chez Monsieur et Madame de la Roche Vineuse.
  • Oh mais tu es bête, je viens voir Claire maintenant que tu la boudes
  • Je ne l’a boude pas, je mène une enquête
  • Alors tu as trouvé l’assassin ?
  • Oui je suis sur une piste
  • Ah ! Tu ne peux pas me le dire
  • Non, mais revenons-en à Jules, quand penses-tu lui répondre. Il aimerait bien savoir.

Je fais la naïve et demande :

  • Savoir quoi ?
  • Ce n’est pas à moi de te le dire mais ta soeur di elle veut te faire des confidences le fera. J’ai lu que les jumelles se disaient tout. Mais pour l’instant je dois rentrer sur Mâcon. Je suis de service cette nuit.

Nicolas se penche sur moi et me fais le plus doux des baisers, puis il prend dans ses bras Cécile et lui fait deux grosses bises sur les joues. Puis il part. Nous voilà seules, c’est le moment de lui parler de ses lettres.

Cecile dis-moi tout ce que te dis Jules vous n’êtes pas encore intime je peux bien savoir ce qu’il te raconte.

Cécile se met à sangloter , je n’arrive pas à la calmer, je suis même bien ennuyée lorsque je vois le frère de Jules surgir dans la chambre.

  • Voyons, Mademoiselle c’est l’opération qui vous fait peur ?

Que va répondre ma soeurette ? Elle lève les yeux, je sens qu’il est troublé en découvrant ma copie.

  • Vous êtes des cachottiers dans votre famille, personne ne m’a avertis que vous étiez à ce point ressemblante, ni Jules, ni Nicolas me l’ont dit.
  • C’était pour voir votre réaction Docteur. Claire est ma jumelle, mais qu’a-t-il entendu car au même moment je disais Cécile est ma jumelle.
  • Ah vous êtes issue du même oeuf, à ce point c’est incroyable. Avez-vous une différence pour que je n’enlève pas votre rein Claire et le greffe à Cécile.

Nous éclatons de rire et ajoutons mais là où c’est placé nous ne pouvons vous le montrer. 

Il.part en riant. Et j’attends que ses pas s’éloignent pour parler des lettres avec Cécile. Après bien une demi-heure où elle me raconte n’importe quoi, elle m’avoue ne pas avoir ouvert une seule lettre et surtout ne lui avoir jamais répondu. Je lui demande la raison. Elle n’ose pas lire qu’il la méprise. Je la regarde stupéfaite et lui en demande la raison.

Je me suis donnée à lui, il ne s’est pas retiré et maintenant je pense être enceinte et si je lui le dis que va-t-il penser de moi ?

Cela fait un mois et, déjà elle pense être enceinte, comment peut-elle déjà le savoir. Enfin je ne connais pas ces choses-là. Mais Annabelle peut peut-être l’aider dans ce domaine.

  • Justement lis ses lettres, il s’excuse peut-être
  • Ah je n’y avais pas pensé
  • Les as-tu emporté ?
  • Oui
  • Et bien qu’attends-tu ?

C’est juste à ce moment qu’arrive le professeur et il demande à Cécile de venir avec lui car il veut l’entretenir d’une chose. Mais Cécile refuse de le suivre et lui dit qu’il peut tout dire devant moi. Je vois le professeur hésiter puis finalement il se lance :

Mademoiselle Cécile vous ne pouvez pas donner votre poumon à votre soeur car vous attendez un enfant. Comme Charles est aussi compatible c’est lui qui sera le donneur.

Cécile éclate en sanglots, le chirurgien s’en va la laissant en plein désarroi.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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