Hum ! Une famille tuyau de poêle !

A peine suis-je arrivé au Commissariat que mon binôme me dit que le Commissaire est déjà arrivé et que nous sommes convoqués tous les deux dans son bureau. Je le regarde et tous les deux nous savons qu’il va falloir la jouer serrer. Nous n’avons pas tous les éléments mais une trame se dessine. Vais-je pouvoir garder l’enquête ? Là c’est moins sûr. Suis-je capable de faire la part des choses ? Il va bien le falloir sinon je suis bon pour faire la circulation.

Claude qui travaille avec moi est originaire de Charolles en Saône et Loire. Ses parents sont des agriculteurs, ils ont cinquante charolaises. L’autre jour il a apporté à la cantine deux côtes de boeuf. Quel régal ! Bon nous ne sommes pas là pour se lécher les doigts nous devons affronter le boss.

Nous voici dans l’antre du Big boss, il s’appelle Commissaire Théodule Soufflet. Et pour être un soufflet il l’est. Ce matin il.nous attend avec cafés et croissants. Est-ce que cela est de bonne augure, Claude fronce les sourcils, il semble sceptique. Moi je suis déjà désabusé. Il va nous la jouer bon prince et si nous n’allons pas dans son sens, il nous achèvera comme les vaches à l’abattoir c’est ce que me dit en rentrant Claude avec un sourire goguenard.

Je saisis son rire mais j’espère qu’il.n’ira pas tout dire à Théo le Soufflet. Autant faire durer l’enquête tant que l’on ne connait pas les motivations de l’agresseur. Car hélas, mais je ne puis formuler dans ma tête la manière dont je vais aborder ma vision de cet assassinat que le Commissaire m’agresse dans un langage pas piqué des hannetons. Dommage que je lui doive le respect sinon je lui aurais bien mis mon poing dans la gueule.

  • Alors le bleu vous avez trouvé qui sont les commanditaires à défaut de m’apporter sur un plateau l’assassin.

Comme je ne lui réponds pas assez vite voici ce que j’entends et qui me fait bouillir intérieurement.

  • Qu’as-tu à me dire trou du Q ?

J’entends Claude dire un Oh stupéfait ce qui a le mérite d’exciter le Commissaire.

Trou du Q n’est peut-être pas assez fort pour ce jeune blanc bec tout juste sorti de l’école d’inspecteur, alors toi le cul terreux que penses-tu de notre affaire ?

Claude est blanc comme un linge je le sens désarçonné par les propos agressifs de notre boss. Il répond vraiment aux surnoms que lui ont donnés ses hommes. C’est bien parce que je suis près de mon amour que je n’ai pas demandé ma mutation dès le premier jour. Parfois je me demande si le jeu en vaut la chandelle. Lyon ce n’est pas si loin. Les autres qui sont sortis comme moi parmi les cinq premiers sont dans des commissariats autrement plus en adéquation avec notre formation. Mais ici à Mâcon j’ai affaire au pire des chefs. Il était au 36 et à la suite d’une bavure il a été rétrogradé. Et bien il nous le fait payer.

  • Monsieur le Commissaire je tiens une piste, sur les six heures du matin, le jardinier Monsieur Maillard a entraperçu une femme qui se sauvait. Il a trouvé bizarre que vu l’heure elle soit déjà sur la propriété, aussi il l’a suivi et il l’a vu s’engouffrer dans une estafette blanche ou sur le côté il était écrit Coop en lettre orange. Renseignements pris il y a bien une coop au village de la Roche Vineuse.
  • Arretez Monsieur le trou du Q, n’allez pas m’embrouiller l’esprit le type chez qui il y a eu cet assassinat il s’appelle bien de la Roche Vineuse. Que me racontez-vous ? Il y a aussi un village qui porte son nom.
  • Oui Monsieur
  • Cintinuez
  • Donc avec Claude nous nous y sommes rendu pas plus tard qu’hier au soir
  • Et qu’avez-vous trouvé
  • Une femme répondant au nom de Françoise Dubon qui nous a dit qu’elle était allée déposer plainte des hier au soir à la gendarmerie. Ce qui nous a été confirmé par le Capitaine de la Gendarmerie de Belleville sur Saône.
  • Donc vous êtes bredouille
  • Pas tout-à-fait 
  • Ah qu’avez-vous ?
  • La femme !
  • Ah car les propos du jardinier sont toujours conformes, il a bien vu une femme
  • Oui mon Commandant
  • Donc vous avez enquêté
  • Oui mon Commandant, mais..
  • Quoi.il y a un mais
  • Oui car sans voiture personne n’a pu se rendre au village de la Roche
  • Donc ce qui veut dire que vous n’avez pas la moindre miette à vous mettre sous la dent.
  • Barjot venez par ici, voilà ces deux blancs becs sont sous vos ordres, vous repartez au domaine et vous me ramenez tout ce qui porte un jupon. Nous allons interroger ces femmes et je vais superviser ce beau monde.

En l’espace de cinq minutes nous voici revenus stagiaire du Commissaire. Il nous prend vraiment pour des nuls. Mais nous ne lèverons pas le petit doigt. Il se débrouillera tout seul et nous le laisserons reprendre tout à zéro sans lui donner nos indices. Quant à nos indics ils ne partageront rien avec le toutou du Commissaire.

Car c’est un secret pour personne l’inspecteur Barjot a des méthodes de rustres et malgré plusieurs bavures le Commissaire a toujours fermé les yeux. D’où le toutou Barjot…

Bon les gars on prend l’estafette et toi le gamin tu m’indiques la route la plus courte pour se rendre aux Domaines des buveurs de vin.

Je ne réponds pas car je ne veux pas aller à l’affrontement. Il l’a fait exprès pour voir ma réaction. Même Claude a compris, je me suis ramassé dans le tibia un bon coup de pieds. M’intimant l’ordre de la fermer.

A peine arrivé Barjot sort comme un ressort de la voiture et se précipite vers la première femme, ce n’est que Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers,mais que fait-elle ici, ne devrait-elle pas être à Lyon auprès de sa jumelle. Je lui fais signe de ne pas me reconnaître et tout se passe bien. Ce grand con de Bzrjot veut lui mettre les menottes mais Claude et moi nous l’en dissuadons. Elle n’est pas coupable nous ne voulons que les interroger.

Ensuite tour a tour nous embarquons la mère d’Annabelle, Annabelle elle-même, les lingères et femmes de chambre. Mais Claude doit se rendre à l’évidence le « panier à salade est pas adapté à ce nombre impressionnant de femmes. Il va falloir que l’un d’entre nous attende qu’un autre véhicule vienne nous libérer. Finalement c’est l’inspecteur Barjot qui décide de rester sur le Domaine, mais je sens qu’il va passer un sale quart d’heure lorsque je vois débouler Monsieur de la Roche Vineuse.

Ce dernier se jette sur lui et lui assène ces quelques mots.

  • Qui êtes-vous et pourquoi emmenez-vous ma fille enceinte de six mois et la jumelle de mon autre fille, elle aussi enceinte. Vous allez les interroger toutes les deux sur la propriété, elles ne peuvent faire ni l’une ni l’autre de la voiture et surtout pas de votre carriole pourrie.

Claude et moi.nous rions sous cape. Barjot se confond en excuse et demande que les deux jeunes dames descendent de l’estafette. Et je pense que lorsque j’interviens en disant à mon futur beau-père que l’inspecteur voulait passer les menottes à Cécile. Ce dernier perd son sang-froid et se jette sur l’inspecteur en lui disant je vais appeler le préfet, vous serez révoqué dans la journée.

Mais Barjot se défend en lui disant :

  • C’était les ordres du Commissaire, et se tournant vers nous ajoute :
  • – hein les gars vous l’avez bien entendu.
  • – Non pas du tout il a dit ramenez-les moi mais jamais il a dit attachez-les comme des vulgaires criminelles.

Étre gentil avec les ordres du Commissaire me faisait passer pour un sale type mais il nous fallait se débarrasser de Barjot avant qu’il ne commette une bavure. Cela faisait plusieurs fois qu’il frisait la correctionnelle.

A suivre..

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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