Un passé bien encombrant. ( 5 )

La roche de Solutré pour vous mettre dans l’ambiance… Et ses vignes…

Il est à peine cinq heures, Marie est déjà levé, l’appel téléphonique d’hier au soir m’a fait passer une mauvaise nuit. La malédiction était encore sur nous. Le seul héritier en France de nos vignes avait fait une syncope. Mon petit Bastien était selon son père dans un sale état. Il est vrai que le chasseur d’images ne me portait pas dans son coeur, c’était réciproque. Il était bien capable de me culpabiliser. Mais avant de venir il était bien normal que leur père les avertisse de la disparition de leur mère. Il.les avait laissé dans l’ignorance, c’était déjà discutable mais sinon plus il.n’avait pas su choisir ses mots là c’était inconcevable. Marie m’avait dit de me taire tant ma colère était grande. Depuis que le médecin lui avait dit que je faisais de l’artithmie elle se faisait un sang d’encre et évitait que je me dispute ou que je prenne des coups de sang.

Enfin voilà que le jour succède à la nuit. Le soleil se lève doucement, peignant le ciel d’une palette de couleurs pastels. Assis sur mon lit je fixe l’horizon. Les premiers rayons du matin filtrent au travers des rideaux, éclairant la pièce d’une lueur chaleureuse. Pourtant malgré la lueur tranquille de l’aube mon esprit est tourmenté par un tourbillon de pensées sombres.

La syncope de son petit-fils avait secoué son monde d’une façon inattendue Les doutes s’insinuent dans mon esprit comme les ombres dans la lumière, me laissant perplexe et incertain pour l’avenir. Je me demandais comment tout cela s’était enrayé, j’entendais dans le calme du matin le tic-tac de la Comtoise, nul autre bruit, un silence de mort m’entourait.

Où avais-je pu commettre une erreur, et pourquoi tout avait changé si soudainement. Depuis la disparition brutale et horrible de mon père, tout était redevenu à la normale. Rien n’était venu endeuillé notre quiétude. Mais à ce moment-là je me demande si j’ai tout fait pour protéger mon petit-fils.

Marie me presse nous devons aller à Lyon récupérer nos petits enfants. J’ignore si elle a organisé une rencontre avec ce type, sûrement l’instigateur de la disparition de notre fille. Quelle idée d’aller en Afrique, il aurait pu faire des photos dans les Alpes surtout qu’il est originaire de Savoie. A cinq ans notre fille nous vantait les exploits de Bastien lorsqu’ils rejoignaient les parents de notre gendre. Le gamin n’avait pas froid aux yeux il suivait son Papy sur les pistes bleus au départ puis rouges. Son grand-père était un grand skieur, il avait eu son temps de gloire. Puis une sale blessure et adieu la compétition juste six mois avant Albertville. Pourquoi est-ce que je pense au fier comme Artaban ? C’est ainsi que je nommais Maurice, dieu qu’il était pédant ce type, tandis que sa femme, elle aussi une grande championne, était l’inverse, discrète,mignonne mais insignifiante, Charlotte devait tenir d’elle. Car sur les photos que nous recevions régulièrement je ne la trouvais pas très belle. Elle devait essayer de ressembler aux Africains car elle était plus noire que blanche. J’allais y remédier, elle n’allait pas nous faire honte cette sale gamine. Je ris de mon trait de génie. Noire et Sale tout est dit … Heureusement que Marie conduit car j’aurais lâché le volant pour me tenir les côtes.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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