Un passé bien encombrant. (17)

  • Ne pleure pas Charlotte, regarde sur ton téléphone portable et surtout promets-moi de ne rien dire ni à Papy Paul et encore moins à son drôle de copain.
  • Papy il est gentil, je lui dit tout.
  • Petite dinde regarde ce que Papa t’as écrit. Si tu es incapable de tenir ta langue je prends ton téléphone. Si je te l’ai laissé c’est parce avec Papa nous te trouvons très responsable.
  • Non c’est parce que le téléphone était rose

Bastien rit, ce n’est même pas drôle. Je m’arrête de crier, je lis ce que Papa m’a envoyé.

 » Ma petite fille, n’ai pas peur … Pour me cacher à Dakar , un de mes amis gendarmes comme moi va m’emmener menotter. Tu as le droit de pleurer. Bastien je l’ai averti avant. Toi j’ai hésité, parfois tu n’en fais qu’à ta tête. Mais cette fois, ma princesse tu ne dois le dire à personne. Même pas à ton grand-père. Silence. Promets-moi ma fille adorée. Il en va de la survie de ta Maman.

Je n’accuse pas ton grand-père , loin de là… Mais il faut que le secret soit bien gardé et j’aurais la possibilité de me fondre au milieu de ceux qui l’ont enlevé. Bastien te donnera toutes les explications qu’il faudra.

Ne te sépare jamais de ton téléphone mets -y un mot de passe dont tu te souviendras. Je te permets d’appeler ton ami Joseph mais ne lui dit rien me concernant. Rien. Même pas que je suis en Afrique. Si tu en as déjà parlé dis-lui que tout est annulé. Réponds-moi que tu as tout compris. Je vous aime mes enfants. A bientôt. Je vous serre contre moi et vous couvre de baisers. » Papa qui vous aime.

Je continue à pleurer, mais je vois arriver vers nous le copain de Papy. Vite je dois répondre à Papa sans que l’on voit mon téléphone .

« Cher Papa, moi aussi je t’aime et je ferais tout ce que tu as dit. Comme dans le jeu que tu m’as acheté où on ne peut gagner que si notre adversaire ne sait rien sur notre manière de jouer. Alors même si ce n’est pas un jeu je saurais me taire. Gros bisous mon Papa chéri. Ta fille adorée. Charlotte. Bastien me dit qu’il t’embrasse. »

Maurice me console et me dit, chut pas un mot sur ce qu’il vient de se passer à l’embarquement. Vos grands-parents n’ont pas besoin de se faire du souci. Ils sont déjà fort affecté par la disparition de leur fille. Je compte sur vous.

D’une seule voix nous lui disons que l’on est d’accord. Lorsque Papy me voit encore en larmes. Il me dit de ne pas pleurer que mon papa saura se débrouiller, qu’il connaît bien l’Afrique et qu’il comprend que pour moi c’est dur de laisser partir mon papa. Je lui en suis reconnaissante de me dire ses mots forts gentils.

Nous repartons avec l’ami Maurice et Papy, épuisée je m’endors et lorsque je me réveille je suis sur mon lit. Je regarde l’heure à ma montre, déjà 16 heures je n’ai ni mangé ni accompagné Papy visiter ses caves. Je prends mes chaussures à la main car Grand-mère ne veut pas que ses escaliers bien cirés soient rayés. J’arrive à la cuisine il y a un plateau repas. Il est écrit dessus, pour Charlotte. C’est gentil qui m’a préparé cela? Grand-mère ou sa cuisiniere, lingère ,femme de chambre. Elle m’a dit s’appeler Louise mais ma Grand-mère l’appelle Louloute et cela l’a fait rire.

Ah voilà Louise, elle me met un gros bisous sur la joue et me dit :

  • Votre grand-mère est parti jouer au bridge chez ses amies, Monsieur m’a dit que vous alliez être affamé, aussi je vous ai fait ce plateau repas. Vous aimez tout Mademoiselle Charlotte.
  • Oui, mais je ne veux pas que vous m’appeliez Mademoiselle Charlotte. Et dites moi  » tu « .
  • Lorsque je serais en présence de Madame ne t’étonnes pas que je te dises Mademoiselle.
  • Merci Louise

Louise attends que je termine mon repas, elle me donne une glace et m’annonce que Bastien et Grand-père m’attendent devant la porte du caveau. Je ne comprends pas ce que c’est que ce caveau. Mais elle rit et m’accompagne. Ah la porte est déjà ouverte, Louise appelle mon grand-père par son prénom, ça c’est super bizarre. C’est Bastien qui arrive et qui remercie Louise , il me fait signe de le suivre.

Je suis dans une pièce voûtée, il fait frais, sur des étagères il y a des bouteilles de vin. Antoine celui qui avait des vues selon Bastien sur Maman, est encore là. Avec lui un couple, tous les trois boivent du vin rouge. Papy explique que sa robe est rouge brun foncé, qu’il est à boire les yeux fermés. J’écoute je suis sous le charme de sa voix lorsqu’il parle de son vin. Il m’aperçoit et dit au couple, voici la soeur de Bastien, ma petite fille Charlotte. Viens ma princesse, la dame est la meilleure amie de ta Maman. Elle va bientôt se marier, puisque ta Maman est absente pour le moment c’est toi qui sera sa demoiselle d’honneur.

Je ne sais pas quoi leur répondre. Mais si cette dame accepte que je sois sa demoiselle d’honneur je suis super contente. Mais Maryline l’amie de Maman me dit :

  • Ta Maman aurait dû être ma demoiselle d’honneur toi tu seras chargé de prendre ma traîne et Aurélien mon futur mari va te trouver un cavalier dans sa famille.
  • Quel âge as-tu Louise? Me demande Aurélien.
  • Je vais avoir onze ans
  • Eh bien ce sera mon petit frère Théo qui sera ton promis il a douze ans.
  • Merci Monsieur
  • Tu as le droit de m’appeler Aurélien, moi aussi je la connais bien ta Maman, avec Maurice et ma future femme nous étions une bande de copains copines.
  • Et vous avez fait tourner en bourrique ma femme.

Tous se mettent à rire et c’est à ce moment que notre Grand-mère arrive. Elle n’a pas l’air contente de tous nous trouver dans le caveau.

  • Je vois que c’est la fête pendant que je m’absente. Et vous riez pour quelles raisons? Quels bêtises mon époux vous racontent. Ah c’est toi Maryline tu te souviens encore que nous habitons à Solutré. On ne t’a pas vu briller lorsque nous t’avons avertis que ta meilleure amie était partie en Afrique. et que nous étions sans nouvelle d’elle. Quel bon vent te ramène sur nos terres?
  • Bonjour Madame, je suis venue vous annoncer mon prochain mariage avec Aurélien Duboeuf, vous vous souvenez de lui.
  • Oui je ne peux pas l’oublier, j’espère que vous, vous souvenez de la raison Monsieur
  • Madame je vous réitère mes excuses, nous n’avions que dix sept ans et les paris sont souvent stupides.
  • J’espère que vous ferez plus attention à vos enfants quand vous en aurez et j’ai l’impression que cela ne saurait tarder. Vous avez mis la charrue avant les bœufs.

Une fois que ma Grand-mère a fini de dire cette phrase fort énigmatique pour moi, elle a tourné les talons et nous a laissé. Grand-père était pâle, si pâle. Aurélien s’est précipité vers lui et l’a fait asseoir sur une des chaises qui se trouvait non loin de lui. Bastien et moi nous n’osions dire un mot. Papy a repris des couleurs, il s’est excusé au nom de sa femme. Et il est sorti en demandant à Bastien de s’occuper de nos invités, et il a ajouté je vais tirer les oreilles de ta Grand-mère.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

7 réflexions sur « Un passé bien encombrant. (17) »

  1. Coucou Evajoe.
    Je ne reçois plus les notifications de vos blog WordPress sur ma boîte orange, et impossible de rentrer une nouvelle adresse mail… Et cela depuis mon piratage… Grrr
    Heureusement que tu partages sur Facebook, cela me permet de rattrapper mon retard.
    Donc, j’avais raison, le copain à menotté Paul pour assurer sa couverture !🤣
    Je file lire la suite…

    Aimé par 1 personne

    1. Ah ! Effectivement j’allais te demander la raison pour laquelle tu ne venais pas.
      Et oui on lui a mis les menottes pour pouvoir enquêter plus facilement et la suite tu verras… Rire…

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