Un passé bien encombrant. ( 23 )

Les deux jours qui nous séparaient pour revoir nos grands-parents paternels sont passé à la vitesse de l’éclair. J’ai mis deux jours pour savoir ce que je laissais ici et ce que j’emportais. Aussi le samedi soir lorsqu’enfin je fermais ma valise ne restait sur le lit que mes tongs africaines. Tout le reste était dans la valise. Chez Bastien c’était pareil. Enfin presque car lui avait une tonne de shorts et de bermudas. Mais surtout il avait fait de la place pour glisser la malette rouge de Maman. Nous ne voulions pas la laisser là.

Samedi nous nous sommes couché tôt. J’avais envie de lire les lettres de Maman, mais comme elle ne les avaient jamais ouvertes, j’ignorais si elle les avaient reçu ou si une main indiscrète les avait récupéré avant de les cacher dans le tiroir secret de la coiffeuse. Il n’y a que Maman qui puisse me l’expliquer. Pourtant Bastien à qui je m’étais confié me disait ouvre-les et si c’est trop personnel tu les refermes. Mais je n’osais pas. Maman serait là, je ne sais même pas si je les aurais trouvé. Donc je les avais mise dans mon sac à dos car je ne voulais pas que Grand-mère les trouvent.

Bien m’en avait pris car le lendemain juste avant que mes grands-parents n’arrivent elle exigeait que j’ouvre ma valise. Je ne voulais pas, mais elle insistait et le menaçait de rester là. Aussi contre mauvaise fortune bon coeur j’avais accepté qu’elle l’ouvre. Sa main s’était enfoncée dans mon linge de corps, soulevant mes jupes. Pour qu’elle ne puisse pas aller plus loin j’avais fait un caprice. Je suis douée pour pleurer à la demande. Elle s’était entêtée jusqu’à ce que mes cris de terreur ramène mon Papy.

  • Pourquoi Charlotte hurle -t-elle ?
  • C’est une gamine mal élevée
  • Arrête tu viens d’ouvrir sa valise et la moitié de ses vêtements sont éparpillés sur le sol. D’une tu aurais pu mettre la valise sur la table à la cuisine. Et surtout éviter de défaire la valise de la petite et me demander mon avis. Il est grand temps que nos petits enfants partent vu ce dont tu es capables.
  • Que dis-tu ? Ils partent une semaine
  • Oense ce que tu veux, viens ma petite Charlotte ne pleure plus ta grand-mère souffre de l’absence de notre fille, mais
  • Mais quoi? Tu vas lui dire quoi à cette gamine effrontée. Elle est bien comme sa mère au même âge on voit où tout cela l’a mené. On a plus de fille et notre petite fille est son portrait craché, toi tu es tellement bête car tu fais comme avec ta fille, tu te laisses mener par le bout du nez.

Pendant que mon grand-père et ma grand-mère se lançaient des mots durs je remet les vêtements tout plissé par les mains de celle que je ne considère plus comme ma grand-mère mais plutôt comme une sorcière.

Bastien arrive en courant et crie mon parrain est là avec Papy Mamie, dépêche-toi Charlotte. On a du trajet à faire. Papy prend mes deux valises, Bastien a déja emporté sa valise. Je sautille sur un pieds je suis heureuse de quitter cette femme aigrie. Je vois que mon papy est tout triste. Il m’appelle son petit rayon de soleil. Je lui fais un gros bisous. Auparavant il a serré la main de mon grand-père paternel et aussi de mon oncle, le grand frère de Papa. Quant à ma grand-mère il l’a serré dans ses bras en lui disant :

  • Heureux de te revoir Mélanie, je t’ai expliqué la raison pour laquelle je veux que les petits soit avec vous. Si tu sais quoi que ce soit appelle-moi sur le téléphone que j’ai donné à notre petite fille. Le numéro du mien est dedans.
  • Ne t’inquiètes pas Paul nous te…

Mais ma Mamie Mélanie s’était arrêté de parler car mon autre grand-mère était arrivée. Elle lui avait dit une drôle de chose qu’au moment je n’avais pas compris. Maintenant deux mois après je suis au courant.

  • Alors Mélanie tu n’as pas changé ma pauvre vieille tu cours toujours après ton prétendant.

Mamie sans se démonter l’avait remise à sa place, puis Papy nous avait dit il est temps de dire au revoir. Si le Papa de Maman m’avait serré dans ses bras, sa femme ne m’avait pas regardé. Pour Bastien il n’avait embrassé personne juste dit au revoir grand-père et grand-mère à bientôt.

Dès que nous sommes dans la voiture Papy Antoine nous demande si nous avons laissé des vêtements chez nos grands-parents. Bastien se met à rire et dit devinez ce que Charlotte a laissé … On dirait que les parents de Papa me connaissent par cœur. Mamie dit : rien peut-être une paire de sandales et Papy Maurice dit un foulard. Le pire c’est mon oncle lui il dit une vieille jupe qu’elle déteste ou une bague qu’elle a trouvé par terre. Je lui tire la langue et lui me prend dans ses bras en me disant tu ressembles à ta Maman. Pas étonnant que la  » vieille » mais il se reprend car Papy Maurice lui dit de ne pas parler ainsi. Et ajoute pas étonnant que ta grand-mère ne t’aime pas.

  • Tu connais ma Maman
  • Bien sûr que je la connais, elle venait souvent dans les Pyrénées lorsqu’elle fréquentait mon frère. Puis lorsque Bastien est né ils sont venu tous les deux me demander d’être son parrain. Puis les années passant ils ont quittés Pau car mon frère en tant que gendarme avait pris du grade, il a été nommé à Lyon . Ensuite… Vous êtes partis en Afrique. Tu étais née entre temps mais nous ne te connaissions au début que par photos jusqu’au jour où je suis allé vous voir. Tu ne t’en souviens pas.
  • Oh si tu me faisais sauter sur tes genoux
  • Jusqu’à ce que tu me dises d’arrêter car tu n’étais plus un bébé.
  • Je t’ai dis ça moi?
  • Oui Mademoiselle
  • Pfff
  • Bon Mikaël on peut en placer une
  • Oui je te laisse Papa leur expliquer je ne sais quoi

Mon grand-père nous a dit que nous ne partions pas pour une semaine mais jusqu’à ce que notre papa revienne. Ils allaient inscrire Bastien dans le lycée où notre Papa était allé. Ils avaient rendez-vous demain. Quant à moi j’irai au collège à Tarbes. J’étais inscrite mais avant la rentrée je rencontrerais les nouveaux élèves pour une visite de l’établissement. Même si je n’allais pas en sixième, il fallait que je me familiarise avec le college. Et comme j’avais à peine douze ans et que je rentrais en cinquième ils avaient demander mes résultats à mon école de Dakar. Et au vu de mes excellentes notes j’étais admises en cinquième…

Je suis à la fois heureuse d’aller chez mes grands-parents paternels mais triste de ne pas revoir mon Papy Paul. Mais j’ai le droit de lui téléphoner.

A midi nous mangeons sur l’autoroute sur une aire de pique-nique. Mamie a tout fait maison. Nous nous régalons. C’est notre oncle qui reprend le volant pour la suite du voyage. Papy Antoine somnole. Mamie aussi. Puis Mik comme nous l’appelons nous demande si nous n’avons pas des cassettes. Devant notre sur ahuri il nous dit comment écoutez-vous de la musique, c’est Bastien qui répond avec mon smartphone. Apparemment on serait plus moderne sur lui. Il faut dire que la voiture de Papy n’est pas de première jeunesse. Mais elle est passée au contrôle technique nous répond notre Papy. Il ne devait pas bien dormir.

C’est à deux kilomètres avant d’arriver qu’il nous apprend une nouvelle stupéfiante …

À suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Un passé bien encombrant. ( 23 ) »

Répondre à entrebrumeetsoleil Annuler la réponse.