En chute libre !

Elisa est une jeune fille de quinze ans elle habite au coeur d’une petite bourgade appelée Peisey-Nancroix, la seule fille entourée de frères qui l’ont initié à leurs jeux et sports. C’est une skieuse accomplie, elle fait du parapente avec l’aîné de ses frères et de l’escalade avec le plus jeune de quatre ans de plus qu’elle.

Elle s’est toujours sentie chez elle dans les montagnes. Les vastes panoramas, les crêtes déchiquetées, et les vallées verdoyantes étaient pour elle une seconde nature.Ce jour-là, en colère contre ses parents, elle avait choisi de fuir la demeure familiale ainsi que des rires goguenards de ses frères. À cela s’était ajouté le courroux de son père, sa mère prof de violon donnait ses cours et n’étaient pas au courant de la dernière de ses enfants.

Elisa en colère fit claquer la porte et décide en l’espace de cinq minutes de faire peur à ses frères et surtout à vos père. Elle va partir et va se réfugier dans ce monde qu’elle aime tant.

Tout en marchant d’un bon pas elle entend encore le rire de son aîné lorsque dans une colère froide son père lui avait ordonné de monter dans sa chambre non sans lui avoir supprimé son smartphone avec lequel sur les réseaux sociaux elle avait noué une idylle avec un jeune homme qui aux dires de son frère était un adulte plutôt qu’un jeune de son âge.

C’était la réflexion de José qui avait mis le feu au poudre. La montée était difficile, mais elle se sentait invincible, ses mains agrippant les prises froides de la roche, ses pieds s’installant avec précision sur chaque recoin, enfin libre !

Tout en montant elle se souvenait du baiser brûlant que lui avait donné Mohand son amoureux. Quelle malchance que juste à ce moment elle avait vu sur le trottoir d’en face son frère ainé. Prise de panique elle s’était enfuie.

Au fur et à mesure qu’Elisa s’élevait, les paysages qui l’entouraient prenaient des teintes éclatantes. Le soleil, bien que voilé par de légers nuages, illuminait les sapins qui bordaient le sentier. Les fleurs sauvages, éclatantes de couleurs, parsemaient le sol, tandis qu’un ruisseau dévalait les pentes, murmurant des secrets oubliés.

Plus haut, les sommets majestueux, drapés de neige, se dressaient comme des gardiens silencieux, prêts à accueillir les rêveurs. Mais la colère aveuglait Élisa. Les nuages, d’abord discrets, s’épaississaient, s’accumulant comme une ombre menaçante. Ignorant les signes de l’orage qui s’annonçait, elle poursuivit son ascension. Soudain, un grondement sourd résonna au loin. Elle hésita, mais la pulsion de la montée était plus forte.

C’est alors qu’un éclair déchira le ciel, suivi d’un fracas assourdissant. Le sol se mit à vibrer sous ses pieds, et, déséquilibrée, elle lâcha la paroi.La chute fut brève mais terrifiante. Élisa s’écrasa sur une plateforme rocheuse plus bas, perdant connaissance sous le choc.

Lorsque le premier éclair zébra le ciel, José ébéniste qui travaillait dans son atelier non loin de la demeure familiale regarde sa montre et s’étonne que sa jeune sœur qu’il avait vu partir avec son sac sur le dos son piolet accroché à l’arrière ne soit pas de retour. Elle connaît tout comme ses frères les dangers de la montagne par mauvais temps.

Il range ses outils , au second coup de tonnerre qui se propage plusieurs fois en montagne, il est inquiet. Elisa n’a plus son téléphone son père lui l’a confisqué, il ne peut l’appeler. Sous une pluie battante il se précipite dans les ruelles déjà envahis d’eau, lorsqu’il voit venir à sa rencontre le maire du village. Il semble inquiet mais esquisse un signe lorsque José le croise :

  • Votre sœur a disparue, votre petit frère vient d’alerter la brigade afin qu’un peloton de gendarmerie monte. Connaissez-vous les lieux où votre sœur aurait pu aller ?

Disparue répète José… Elle ne peut pas faire le mont Pourri…

  • Avez-vous téléphoné aux gardiens du refuge ?Oui, mais elle n’y est pas. Au refuge il y a des alpinistes chevronnés, dès que l’orage s’arrête, Peter nous a promis d’envoyer une équipe.José songeait à sa sœur, elle n’était pas équipé pour aller jusqu’au sommet. De plus elle n’a que quinze ans et nullement le droit de partir seul.

Les coups de tonnerre étaient de plus en plus fort. Le peloton de gendarmerie accompagné de José partent sous une pluie battante. D’abord en voiture jusqu’à Plan Peisey, le ciel est d’un blanc laiteux, quelques flocons tourbillonnent alors que l’on entend le tonnerre grondé, afin de se rapprocher du lieu où pourrait se trouver la jeune sœur de José.

Pour ce dernier, le jeune gendarme qui conduit lui semble familier, il verra à la descente s’il le connait. Entre temps il a averti son père qui n’a pas dit un mot. Mais a dû se précipiter pour récupérer leur mère. Il imagine les regrets de son père.

Les paysages qui entouraient le village, bien que majestueux, prenaient une tournure sombre alors que la tempête continuait de rugir. Les torrents d’eau dévalaient des pentes, et le vent hurlait dans les arbres. Le peloton de gendarmerie avec leur jeep se trouve rapidement aux pieds de la paroi rocheuse.Avec de puissantes jumelles ils scrutent la paroi. Le chef de groupe, celui qui conduisait la voiture s’approche de José et lui propose de s’habiller en conséquence s’il veut rejoindre sa sœur. José est abasourdi celui que sa sœur embrassait est gendarme dans le groupe d’intervention des secours en montagne. Il ne dit rien , l’autre l’observe et lui demande quelles sombres pensées traversent son esprit.

  • Vous appelez-vous Mohand ?
  • Non pourquoi ?
  • Pour rien !
  • Je vois bien que quelque chose vous tracasse, si ça peut vous consoler mon petit frère se nomme Mohand.
  • Quel âge a -t-il ?
  • Il aura 18 ans après demain, en quoi mon frère vous intéresse lui demande-t-il tout en commençant la montée.
  • Si vous allez chercher ma soeur c’est en partie à cause de votre frère et de mon père.
  • Lorsque nous aurons retrouvé votre sœur en pleine forme vous me raconterez toute l’histoire. Pour l’heure je suis en opération sauvetage. Est-ce que vous êtes en état de nous accompagner ?
  • Oui bien entendu je suis guide de Haute Montagne.

Il ferait la jonction sur la plate forme à cinq cent mètres du restaurant avec le groupe qui allait arriver en provenance du restaurant d’altitude.Il y avait bien un chemin qui serpentait au travers, mais José était formel , sa soeur adorait grimper à mains nues sur cette portion. Le groupe conduit par un guide Suisse et qui venait du refuge les rejoindrait au même endroit.Tous connaissait ce lieu qui servait de bivouac aux groupes qui apprenait l’escalade. Cela permettait aux nouvelles recrues de se perfectionner, c’était facile pour ceux qui connaissaient la roche. Ils terminaient leur cours par une nuit au refuge.

Les montagnes, bien qu’imposantes, avaient aussi un cœur, un cœur qui battait au rythme de la solidarité et de l’amitié.La tempête s’éloigna, laissant place à un ciel dégagé. La roche humide est encore glissante mais tous ceux qui montent ont su dompter la montagne.Les sauveteurs, conscients de l’urgence de la situation, avancent avec précaution sur les sentiers escarpés. La première équipe, composée de Medhi, plus un villageois guide en haute montagne ainsi que de deux gendarmes membres expérimentés, se dirigent vers la plateforme depuis la vallée par la paroi Nord qui se nomme Feclaz Jean du nom du grand-père de José. Ils scrutent les environs pour repérer des indices de la présence de la jeune fille.

La seconde équipe, également composée de José et deux sauveteurs, emprunte un chemin parallèle à l’ouest, utilisant leurs cris et sifflets pour se signaler mutuellement tout en recherchant un signe de vie.

Pendant ce temps, la troisième équipe, partie du refuge, descend avec détermination. Ils sont en communication radio constante, partageant des informations sur leur progression et les zones déjà explorés.Alors que les équipes s’approchent de la plateforme rocheuse depuis différentes directions, l’angoisse grandit. Les sauveteurs ne savent pas qu’à quelques mètres de là, la jeune fille est toujours inconsciente, allongée sur la surface froide et dure de la roche. Le vent souffle, apportant avec lui des sons de la nature environnante, mais aucun des sauveteurs ne peut encore entendre les battements de son cœur.

Soudain, alors que les deux équipes de la vallée se rapprochent de leur point de rencontre, l’un des membres de la première équipe aperçoit une silhouette au sol. « Regardez, là-bas ! » s’exclame-t-il en pointant du doigt. Les autres se retournent et, réalisant que cela pourrait être la jeune fille, ils accourent vers elle, le cœur battant.Ensemble, ils se précipitent sur la plateforme, tandis que la troisième équipe, maintenant à proximité, entend les cris et se joint à l’effort. Ils se rassemblent autour de la jeune fille, vérifiant ses signes vitaux et appelant les secours pour une évacuation d’urgence par hélicoptère.La tension de ces moments cruciaux laisse place à un sentiment d’espoir. Ils savent qu’ils doivent agir vite pour lui apporter les soins nécessaires. La vie de cette jeune fille dépend maintenant de leur professionnalisme et de leur détermination.

Le vent glacial s’engouffrent dans les anfractuosités de la montagne, amplifiant la tension palpable qui flottait dans l’air. Soudain, un bruit mécanique assourdissant, se rapprochait de la plateforme où Élisa, , était allongée, inconsciente, perdue entre la vie et la mort. Son visage était pâle, presque translucide, et le rouge vif du sang qui s’écoulait de sa tête contrastait avec la blancheur de la neige qui l’entourait. José, son frère, se tenait à quelques pas d’elle, figé par la peur et l’angoisse. Ses mains tremblaient alors qu’il luttait pour garder son calme, chaque battement de cœur de sa sœur résonnant dans son esprit comme un tambour de guerre. Il se souvenait des rires qu’ils avaient partagés, des secrets échangés dans le noir, des rêves qu’ils avaient tissés ensemble. Comment avait-on pu en arriver là ?

Le bruit de l’hélicoptère s’intensifie, et José lève les yeux, ses yeux embués de larmes, cherchant la silhouette de l’appareil. Quand il l’aperçut enfin, une lueur d’espoir illumina son visage soucieux. Les secouristes étaient en route. S’ils pouvaient juste arriver à temps, s’ils pouvaient la sauver.

Enfin l’hélicoptère est au-dessus, un des gendarmes envoie un filin par lequel José et Medhi fixent la civière sur laquelle repose la jeune sœur de José. Medhi invite José à accompagner sa soeur au CHU le plus proche. Ils s’étreignent et José disparaît dans les entrailles de l’oiseau venu sauver Élisa.

Si pour ces hommes le sauvetage est terminé, pour lui ce soir c’est différent, son jeune frère Mohand a embrassé la jeune Élisa, ce n’est pas si grave mais José a avoué à Medhi que son père était assez sévère avec sa sœur et que lui même en avait rajouté un peu, mais dans son esprit cela aurait dû se terminer autrement. Il s’en voulait car par sa petite phrase assassine il avait mis la vie de sa sœur en danger.Dans l’hélicoptère les secouristes continuent par des gestes précis à soulager sa sœur. Une minerve lui est posée, puis comme un murmure José entend un des secouristes lui dire :

  • C’est une bonne commotion cérébrale, je ne pense pas qu’il y est une fracture du crâne, le sang c’est une plaie qu’elle a dans le cuir chevelu, cela a saigné mais c’est superficiel . Devant le visage pâle de José et son mutisme Yohan lui tend une flasque et lui conseille d’en boire une petite rasade.

José apprécie c’est du génépi, cela le réchauffe et lui donne un coup de fouet. Il se ressaisi et peut se pencher au-dessus de sa sœur.

L’hélicoptère rejoint le CHU de Bourg Saint Maurice où elle serait bien soigné. Il appelle ses parents et ses frères pour les avertir qu’une équipe médicale attend Élisa à Bourg Saint Maurice. Dans le même temps il averti Medhi afin qu’il puisse faire ce qu’il lui a promis.

Cela fait plus de trois heures qu’Elisa est entre les mains des médecins lorsqu’arrive Medhi accompagné de son petit frère. José présente à ses parents Medhi comme l’homme de la situation qui a permis de retrouver leur enfant, dans la foulée Medhi dit à leur père qui il est, et la raison pour laquelle il est accompagné de son jeune frère. Ce dernier salue Monsieur et Madame Feclaz tout en ajoutant :

  • Je suis le petit ami d’Elisa mais avant on était juste des copains et petit à petit on s’est découvert plein de points communs, on s’est rapproché et lorsque votre fils aîné nous a vu, certes nous nous embrassons, mais c’était la première fois. Le soir même chacun de notre côté nous devions en parler moi à mon frère puisque c’est lui qui s’occupe de moi. Et votre fille à vous. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Monsieur Feclaz a les yeux qui vont tour à tour de Medhi à Mohand et regarde José d’un regard courroucé qui s’adoucit face au gendarme du peloton de haute montagne.

  • Nous en reparlerons plus tard jeune homme.
  • Merci mon Commandant d’avoir fait le nécessaire auprès de ma fille.
  • Ce n’est rien Monsieur je ferais ça pour tout le monde mais là c’était particulier surtout après que José m’a expliqué pour sa sœur.
  • Hélas je suis un impulsif, ma femme me le répète assez souvent, José m’assurait que votre frère était bien plus vieux, j’étais en colère contre ma fille j’ai fait n’importe quoi. J’ai vu rouge, alors que ce sont deux jeunes qui se sont rapprochés et qui s’aiment.
  • Je dois vous dire Monsieur que je vais avoir 18 ans samedi.
  • Nous en reparlerons jeune homme.
  • Merci Monsieur.

C’est à ce moment que la porte du service de réanimation s’est ouvert.Le médecin chef de l’unité spéciale des blessés en montagne leur fait signe.Rapidement ils sont rassuré, Élisa est sorti de son coma, elle a juste un traumatisme crânien sans écoulement de sang à l’intérieur de la boîte crânienne. Elle est groggy et il faut que la douleur diminue. Le médecin ajoute qu’ils vont la garder en observation 48 heures. Ensuite un repos de huit jours et elle pourra repartir d’un bon pied.

  • Pouvons-nous voir notre Fille
  • Bien entendu par contre seulement deux personnes à la fois.

Au moment où le père d’Elisa et José va entrer dans le service, il se tourne vers Medhi et lui dit :

  • Votre frère et vous je vous invite à aller voir ma fille. Expliquez-lui que vous l’avez retrouvé par la voie Féclaz. Et quant à vous jeune homme vous avez ma bénédiction pour votre idylle naissante.

le 11/12/24 copyright

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « En chute libre ! »

  1. Inconsciente jeune fille, ne jamais partir seule en montagne encore moins pour grimper…
    J’espère que ce sera une bonne leçon pour elle mais également pour toute la famille …
    Sinon ils vont aussi devoir changer d’hélicoptère il est trop lent lol
    Bisous

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