Ombres sur le Causse

Unr drôle de rencontre

Si dans le village il y avait un seul homme qui ne se souciait nullement de tous ces faits étranges c’était Olivier. Ses parents ont toujours habité Nasbinals non loin du lac de Salhiens ou nous pouvons apercevoir la cascade du Déroc qui jaillit d’une hauteur de trente-deux mètres du haut des falaises volcaniques. C’est Pierre son ami et voisin qui va remettre cette affaire sur le tapis.

Ce matin Pierre n’a pas l’air dans son assiette, il bougonne et Olivier l’entend dire tout bas : Je me demande qui est cet homme ? Pour quelles raisons se cache-t-il ? De qui a-t-il peur ?

Finalement de l’entendre parler dans sa barbe, cela alerte Olivier. Ensemble ils échafaudent mille et une hypothèses. Cet homme qui est arrivé par temps froid et que, personne au village n’a croisé c’est fort étrange. Pendant les mois d’hiver notre village a de moins en moins d’habitants. Les gens viennent surtout pendant les vacances, en effet il y a de nombreuses résidences secondaires. En hiver je ne suis jamais sur Nasbinals, je vais travailler dans un bureau miteux. Mais ce type surgit de nulle part me titille le cerveau.

Aussi dès mon retour pour les congés j’ai demandé à Pierre, si pendant le printemps il avait croisé l’homme du buron, devant son mutisme, je suis parti, sac au dos, en direction de la chapelle d’Aurelle, elle se situe dans mon département l’Aveyron. Cette chapelle est classée monuments historiques, si Rosette a vu entrer un étranger dans ces lieux, je persiste et signe à croire qu’il y est encore. Le village est abandonné, pourtant lorsque j’arrive à proximité de la maison de l’ancien maire j’entends des coups de marteaux. Etrange qui peut travailler ? Il est à peine neuf heures, j’avance doucement, heureusement je n’ai pas emmené mon chien, c’est un berger Allemand ancienne race à poils courts et au dos droit, je l’ai depuis mes dix-huit ans, il vient d’avoir six mois, il ressemble à un loup car il en a la couleur. Ce n’est pas étonnant il vient d’un élevage de Tchéquie, il se nomme Oural, comme la chaîne de montagne en Russie. Faut-il que je siffle une mélodie pour annoncer ma présence, ou dois-je me taire et surprendre le loup dans sa tanière. Je préfère ne rien dire, mais brusquement devant moi j’aperçois un homme armé d’un fusil pointé dans ma direction. Serais-je l’intrus à abattre ? J’opte pour le dialogue. Bien mal m’en prend, cet homme est un véritable sauvage, il ne parle pas, il émet seulement des cris gutturaux. Il aboie plutôt qu’il me parle, il me fait comprendre que je dois déguerpir. Je ne dis rien et je m’éloigne de son champ de vision. Je me hâte de rejoindre le chemin de randonnée que je n’aurais pas dû quitter, mais ma curiosité m’a poussé à aller à la rencontre de cet homme, mal m’en a pris, Monsieur est un loup solitaire, Oural à côté est gentil malgré son allure de loup. Je reviendrais avec mon chien pendant la nuit, j’aimerais bien savoir qui est cet homme ? En ce moment il répare le buron, je trouve ça bien, alors pourquoi montré ses crocs alors que nous l’avons bien accueilli, c’est étrange et bizarre.

Je croise des randonneurs qui se sont perdus, je les remets sur la bonne route et continue mon chemin sans rencontrer âme qui vive. Je déjeune en compagnie de vaches paisibles et discutent avec un berger qui surveille ses moutons. Tout naturellement lorsque je lui dis d’où je viens, il me demande si j’ai rencontré le fou du buron. Au départ j’hésite, puis devant son air bon enfant j’opine de la tête, ne voulant pas m’étendre sur le sujet. Je suppose que nous parlons du même homme, toutefois j’ai quelques doutes en écoutant ses propos. Un homme affable me dit-il, ne faisant de mal à personne, mais sans que rien ne le présage il pique des colères et sors son fusil, une vieille pétoire datant de Mathusalem et qui ne tuerait même pas un lapin à un mètre. Donc lui dis-je si je comprends bien c’est la raison pour laquelle vous l’appelez le fou du buron. Il me regarde d’un air ahuri, aussi je n’insiste pas et le laisse courir après ses moutons, qui, pendant notre discussion, en ont profités pour prendre la poudre d’escampette. Bien mal lui a pris de faire un brin de causette. Après cette belle journée passée au grand air je retourne à Nasbinals comme tous les vacanciers du coin qui profitent de leurs vacances pour randonner.

A suivre…

Février 2025 copyright

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Ombres sur le Causse »

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