Une ombre sur le Causse

Esméralda

Olivier à ce moment précis sent comme une présence dans son dos. Doucement il se retourne, il n’y a personne. Le lieu de rendez-vous ressemble plus à une masure surtout si on la compare à la maison située en face. C’est un vieux bâtiment dont les fenêtres devaient être autrefois ornées de persiennes, aujourd’hui elles sont usées par le temps. L’air est nimbé de mystère, une tension palpable flotte autour de lui. Un frisson parcourt son échine alors qu’il lève les yeux vers une des fenêtres, où une silhouette semble se dissimulée derrière les lamelles de bois.

Olivier qui se confond avec la nuit se tient immobile, observant le mouvement furtif de l’ombre à l’intérieur. Une présence qui scrutait, surveillait, mais qui se tenait à l’écart, comme une proie qui connaît le danger mais ne peut fuir. Le regard perçant de l’homme vêtu de noir se fixe sur la silhouette, ses pensées tourbillonnant autour de la raison de sa présence ici.

— « Je sais que tu es là », murmure-t-il, en un souffle dans l’obscurité.

Il attend une réaction, un mouvement. Les persiennes s’ouvrent légèrement, laissant entrevoir un œil brillant, qui observe avec une méfiance palpable. C’est un regard chargé d’histoires, de secrets trop lourds à porter.

— Pourquoi me surveilles-tu ? demande l’homme en noir, d’un ton à la fois accusateur et intrigué.

L’œil derrière les persiennes se plissent légèrement, comme si son propriétaire pesait les conséquences de chaque mot.

—Parce que je sais ce que tu cherches, répondit finalement une voix rauque, désincarnée par l’écho de la nuit.

L’homme en noir sent un frisson d’anticipation. Les ténèbres l’entourent, mais il sait que quelque chose d’important est sur le point de se dévoiler. Les mystères de la nuit s’épaississaient, et il était prêt à plonger dans l’inconnu.Soudain un trait de lumière puis comme un feu follet la lumière passe d’une fenêtre à l’autre. Olivier s’approche de la porte close et fermée par des verrous, brutalement il s’en éloigne et bien lui en prends, celle-ci s’ouvre à toute volée laissant deviner une silhouette mince, elle aussi toute de noire vêtue. La voix gutturale entendue à la fenêtre se change en une plus mélodieuse, une main happe Olivier et elle lui dit :

— Je suis Esméralda vous devez être Bozo le clown, je déteste les embrassades, venez nous partons

— Pourquoi tant de précipitation ?

— Vous n’avez pas eu le dernier message.

Olivier sort son téléphone. Un nouveau sms vient d’arriver. La lumière bleue de l’écran éclaire son visage marqué par l’angoisse et la détermination. Un simple message, mais chargé de promesses et de dangers : « Ils sont dans le village. Faites vite. »

Il glisse son téléphone dans sa poche et jette un coup d’œil à Esméralda, il lui semble qu’ils se connaissaient, mais tant qu’elle porte cette cagoule, cela lui semble difficile de la dévisager. Il sait qu’il ne peut pas agir seul ; l’ombre qui les guette dans la nuit est trop insidieuse.

— Vous avez reçu le même message. Ils sont dans le village. Nous devons planquer ailleurs. Entre eux d’eux la tension est palpable. Olivier lui dit :

— Tu sais ce que cela signifie, ils cherchent des réponses. L’un d’entre nous s’est dévoilé, moi cela fait six mois que je suis là et toi, belle Esméralda ne serais-tu pas arrivée hier avec ton grand chapeau et ta canne ? Je vois la jeune femme vaciller, elle se reprend rapidement et me dit :

— Oui, et nous devons les devancer. On ne peut pas rester ici. On doit vérifier ce qui se passe.

— Tu connais les lieux, quels sont les ordres si nous sommes repérés ?

— Je ne connais pas du tout la Région, je pensais que tu avais prévu une base arrière, dans une cachette plus sûre.

Alors qu’ils discutent, le bruit d’un moteur retentit au loin, faisant vibrer l’air nocturne. Les deux silhouettes échangent un regard inquiet. « On n’a pas de temps à perdre, déclare Bozo d’une voix ferme. Et il ajoute si nous voulons découvrir qui se cache ici, nous devons agir vite.

A suivre ..

Copyright Janvier 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Une ombre sur le Causse »

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