Une ombre sur le Causse

Des rumeurs

J’attend trente minutes afin d’être certain que Mireille contre mauvaise fortune bon coeur s’en est allé. Puis je me dirige bien malgré moi vers le point de ralliement proposé sur la carte.

J’avance prudemment le long du sentier sinueux, mon GPS, fidèle compagnon de route, m’avait conduit à cet endroit isolé, où le temps semblait s’être arrêté. C’est un vieux buron, avec ses murs de pierre fissurés et sa toiture effondrée. La brume était venue donner à ce lieu sinistre une étrange ambiance. Cela pesait sur l’air, et chaque ombre semblait raconter une histoire oubliée.

Olivier s’arrête un instant, scrutant les alentours, conscient que ce lieu abandonné pouvait receler des secrets. Mais pourquoi la belle rousse n’était pas à l’extérieur. Qu’attendait-elle de lui ? Il se souvient des rumeurs parlant d’un berger qui, des décennies auparavant, aurait disparu dans ces parages, laissant derrière lui son troupeau et ses rêves. Bozo, intrigué par cette légende, se sentit attiré par le buron. Peut-être y trouverait-il des indices sur le traffic qui l’avait amené dans les parages.

Qui était l’indic ? La rousse, il avait du mal à le croire. Qui était celle qui appelait au secours ? Que de questions qui méritaient des réponses, mais il ne devait pas foncer tête baissée à l’intérieur du buron. D’abord il.lui fallait avoir des nouvelles de Martin. Il s’était évanouis dans la nature comme s’il avait le feu aux trousses.

Il lui suffisait de téléphoner à la brigade d’été de Nasbinals. Et pour le faire il lui fallait trouver un endroit où la communication soit possible.

_ Capitaine Turpin : Je voudrais parler à l’agent responsable de l’accueil, s’il vous plaît.

_ Interlocuteur à l’accueil : Bonjour, Capitaine. C’est moi, comment puis-je vous aider ?

_ Capitaine Turpin : Écoutez, j’ai une situation inquiétante. L’agent Martin n’a pas donné signe de vie depuis ce matin, il est censé être en service depuis 8 heures. Avez-vous des nouvelles de lui ?

Interlocuteur à l’accueil : Non, je n’ai reçu aucune communication de sa part depuis ce matin. Je vais vérifier ses rapports de mission. Un instant, s’il vous plaît. Il doit rendre compte à chaque incident notoire.

_ Capitaine Turpin : D’accord, je comprends.

Interlocuteur à l’accueil : Je consulte le registre des véhicules. Ah, voici. La voiture de l’agent Martin vient d’être retrouvée, fermée à clef au carrefour de l’homme mort.

_ Capitaine Turpin : je vous remercie et vous tient au courant j’en suis à un kilomètre je vais voir s’il est dans les parages.

_ Interlocuteur à l’accueil : Attendez avant de raccrocher notre Capitaine va prendre vos coordonnées afin que vous puissiez nous communiquer ce que vous allez découvrir.

_ Capitaine Turpin : 06 00 26 06 18

Je raccroche et je me pose la question suivante, Martin a voulu faire du zèle et est allé voir ce qu’il’y avait dans le buron. Pourvu qu’il n’y est pas laissé sa peau ? Il me faut Oural, ou est-il passé. Dans un premier temps je vais siffler puis si je n’ai aucun signe de vie je l’appellerai avec les ultrasons.

Je me rapproche de la Croix de l’homme mort, il y a un attroupement autour de la voiture. Que font-ils ?

_ Bonjour, que ce passe-t-il ici ?

_ Rien, on regardait s’il y avait un cadavre

_ Pour quelles raisons ?

_ C’est aujourd’hui l’anniversaire de la disparition du berger. Alors une voiture abandonnée ça correspond.

_ Et bien cette voiture c’est la mienne, donc vous pouvez circuler.

Je les renvoie à leurs balades tout en pestant contre Martin. Où a-t-il pu se planquer. Il n’y a pas cinq cent mètres entre le buron et la croix. Il y a de fortes chances qu’il y soit encore. Ce que j’espère c’est qu’il soit vivant. Mais rien n’est certain.

C’est à ce moment su’Oural daigne faire son apparition. Il se rapproche de moi à vive allure. Il m’attrape par le bas de mon bermuda et me tire. Que me veut-il ou dois-je le suivre ?

Il m’entraîne vers le buron désaffecté et se met à grogner. Soudain ces grognements s’intensifient et je vois une silhouette qui apparaît. Ce n’est pas Martin, c’est la Rousse. Elle semble interloquée en me voyant. Puis finalement rit et me dit :

_ Vous avez aimé mon jeu de piste

_ Ah je ne me suis pas rendu compte que c’était un jeu. Ou est le gendarme Martin ?

Martin ? Je ne connais pas, mon père et moi rénovons ce buron. Si vous voulez vous donner la peine d’entrer.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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