Shana face à un choix 18

Lumière blafarde. Edith est allongée sur un lit médicalisé, une perfusion au bras. Ses paupières battent lentement. Elle respire difficilement. Edith est paralysée de la tête aux pieds .

Les médecins ont dit à Thomas que son pronostic vital était engagé. Il n’y a pas un seul moment à perdre, il leur faut retrouver un enfant ou peut-être deux.

Un monitoring capte son rythme cardiaque.Thomas entre seul. Il ferme la porte derrière lui. Il pose doucement une tablette sur la table. Dessus : les photos de la clinique de Bamako, le dossier de naissance falsifié, la photo du nourrisson et le code diplomatique.

Thomas (voix basse) : »Je sais que tu m’entends, Edith. Le médecin dit que t’es consciente. Et moi… j’peux pas me permettre d’attendre que t’ailles mieux. »

Il s’assied. Regarde les capteurs. Un léger pic du rythme cardiaque apparaît. Signe qu’Edith comprend.

Thomas : »Ce n’est pas ton fils, celui qu’on a récupéré à la gendarmerie. C’est l’enfant de Samir et d’une autre. Tu le sais, pas vrai ? Et son père ne veut pas qu’il serve de monnaie d’échange pour récupérer celui de ton amant. Qui est ce Sali ? Le savais-tu ?

Pause. Pas de mouvement. Mais le rythme cardiaque monte légèrement.

Thomas (posant la photo sur sa poitrine) : »Ton fils est resté là-bas. Chez les Titous ? L’as-tu caché ? Tu l’as troqué… ou tu l’as perdu ? Il se lève. Marche lentement autour du lit.

Thomas : »Tu t’es tue pendant trop longtemps. Mais ce que t’as fait, ça veut pas forcément dire que t’es une criminelle. T’as essayé de sauver quelqu’un. Ça… je peux le comprendre. Il s’approche, s’accroupit au niveau de son visage.

Thomas (calme) : »Mais maintenant, dis-moi comment te comprendre… sans que tu puisses parler ? Un battement de paupière. Peut-être une larme. Le monitoring s’agite. Thomas sort un feutre et une ardoise, la pose dans son champ de vision.

Thomas (doucement) : »On va y aller lettre par lettre. Cligne une fois si c’est A. Deux fois si c’est B. Et ainsi de suite. Je suis patient. »

Thomas commence, l’interrogatoire muet va durer plusieurs heures. Mais toute son équipe connait sa patience légendaire.

Thomas est resté toute la nuit. Le silence n’a été troublé que par les bips du moniteur cardiaque.Sur une tablette posée sur un chevalet : un tableau alphabétique. À côté, une feuille où des lettres sont lentement notées.

Léna entre discrètement, un thermos à la main.

Léna : Toujours rien de complet ?

Thomas ne tourne même pas la tête.

Thomas : »Elle communique. Une lettre à la fois. Mais faut pas se rater… La fatigue l’empêche de recommencer si on va trop vite. »Il montre la feuille. Les lettres déjà reçues :

S – A – L – I>

Thomas : »On a son nom. Sali. Mais ce n’est pas ce qu’elle voulait dire. On a continué. »Il trace d’autres lettres sous la première série :

S – A – L – I/ F – I – L – S

Un frisson passe.

Léna : »Sali… fils… Ce sont les deux clés. »

Thomas (bas) : »Pas le fils de Sali. Leur fils. À eux deux.

Léna : oui cela correspond, le bébé est né de ce Sali et d’Edith, cette dernière était marié à Sami, homme violent qui la battait, l’humiliait. Lorsque son bébé est né , son père Sali était à son chevet lorsque Sami l’a vu derrière la vitre de la pièce pour les prématurés. Il a dû comprendre que l’enfant n’était pas de lui. Il a magouillé pour enlever l’enfant de ce Sali et le remplacer par un enfant légèrement plus âgé d’un mois qu’il avait eu avec une fille Titou. Il était métis, Edith avait eu une césarienne, elle ne se souviendrait pas comment était son propre enfant. Mais ce qu’ignorait Sami c’est que le haut dignitaire avait prévu de faire partir Edith en France afin que son fils soit opérer de la maladie dont il souffrait lui-même. Cette opération doit se faire vers le dix-huitième mois. Or le petit a quinze mois. Et les Titous refusent de le donner. Sauf si Sami récupère le leur, le bébé qu’à ramené Edith.

Thomas : Tu seras une excellente enquêtrice. Tu as trouvé ce que Léonard n’a pas été fichu de comprendre.

Leonard pense avec autres choses que sa tête mon Commandant.

Thomas après cette nuit longue et pleine de tensions s’esclaffe. Léna comprend tout. Mais impossible d’en savoir davantage. Une sonnerie se fait entendre, Edith est en détresse respiratoire.

Les médecins les font sortir. Plusieurs heures plus tard, ils apprennent qu’Edith est dans le coma. Shana qui voulait venir la voir va être désespéré en l’apprenant.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

7 réflexions sur « Shana face à un choix 18 »

  1. Un interrogatoire de Thomas difficile, mais Léa a su en capter le principal…
    Ce qui ne nous donne toujours pas l’identité de ce Sali D… Zut alors.
    Édith a drôlement été amochée par Samir pour être paralysée et sombrer dans le coma…
    S’en sortira-t-elle ??? Mystère et boule de gomme !
    Bises et bon début de semaine – Zaza

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  2. Bien trouvée cette histoire d’opération à faire. Obligatoirement, il y aurait eu des tas de questionnements et l’enfant n’aurait pas été opéré.

    J’imagine l’interrogatoire lettre par lettre.

    Léna va avoir de l’avancement !

    Que vas-tu faire d’Edith ?

    Tu es la reine de l’embrouillamini EvaJoe

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