Shana face à un choix 24

Biologique évidemment, Shana sursaute, c’est Thomas qui arrive dans la chambre avec un bouquet de roses saumons pour Edith.

Shana interloquée : mais comment le sais-tu ?

Thomas sérieusement : notre fille m’a écrit un courrier car elle ne comprends pas ton silence. Bien que moi je le comprenne aisément.

Shana en larmes : je ne sais pas quoi lui dire, est-ce qu’elle t’as donné une raison ?

Thomas dubitatif : Non pas vraiment , juste qu’elle se pose de nombreuses questions sur sa naissance et pourquoi c’est toi Edith qui était en charge d’elle et non sa maman. Elle a demandé à Noam si lui était au courant. Mais il lui a répondu que sa mère s’était Myriam et qu’Edith etait sa nounou.

Myriam a arrangé la vérité , mais il est vrai qu’au départ j’aurais dû être sa nounou, mais le vieux ne voulait pas.

Thomas intervient : elle veut aussi savoir si cette excroissance de chair qu’elle a dans le cou peut s’enlever. Elle en a marre des réflexions des autres quand il la voit.

Shana séchant ses larmes, une fois que Thomas l’ai pris dans ses bras : oui elle m’en a parlé, mais nous pouvons aller voir un dermatologue sans aller à la prison. Et surtout elle veut savoir combien de frères elle a, et pourquoi est-elle la seule fille a être vivante ?

Thomas interloqué : Ça c’est très mauvais, car j’ai peur de la réponse. Et elle est jeune pour entendre pareilles ignominies.

C’est le grand jour pour Mila, c’est Thomas qui l’accompagne à la prison où Capet est emprisonné depuis quinze ans. Il a accepté de recevoir Mila.

Mila a suivi scrupuleusement les conseils de Thomas pour sa tenue vestimentaire. Jeans bleu pâle sans trou, tee-shirt vert bouteille, des baskets sans marque apparente. Elle avait préparé tout autres choses mais sa mère avait dit que c’était une mauvaise idée. En quoi ce mec frustré allait-il bavé sur sa tenue vestimentaire. Du coup elle avait eu sa réponse dans la voiture grâce à Thomas. Ses parents étaient totalement différents. Sa mère s’était non tout de suite, son père donnait d’abord une explication, si je la comprend c’est bon il ne va pas plus loin, si je suis butée il me le redit autrement mais fermement. Et je n’ai pas intérêt à surenchérir… Ça je l’ai bien compris.

La prison est moche, il a fait quoi mon géniteur pour se trouver là-dedans ? Thomas ne l’a pas répondu dans la voiture, enfin je dis Thomas mais il n’aime pas quand je l’appelle par son prénom. C’est réservé à Maman. Et Maël le dit que je suis trop familière. Lui il est… Bon c’est mon petit frère je me vois de le protéger, Papa m’a dit qu’il avait le même géniteur mais pas la même maman. Bien que sa maman c’est la mienne et aussi la sienne. Voilà je suis dans la file des visiteurs de prison, mais finalement on m’appelle et je dépasse tout le monde. J’entends les gens qui râlent, je les comprend très bien. Une gamine de quinze ans qui passe devant goût le monde. Il y a de quoi râler. Moi j’en ferai tout autant si je venais voir mon mari en prison. Moi ce n’est pas pareil je vais dans un parloir spécial pour mineurs. Je ne suis pas avec tous les autres.

Le gardien m’explique que je ne dois ni lui prendre la main, Ni l’embrasser. Il rêve , embrasser un vieux shnock même si c’est lui qui m’a conçu. Ça jamais. Thomas rigole lorsqu’il voit mon regard courroucé. Le gardien comprend qu’il s’est fourvoyé mais il ne dit rien.

Lorsque je rentre dans la petite salle je vois un vieux grand-père assis sur une chaise. Il a l’air complètement à l’ouest. Il sent le vieux shnock comme dirait Noam. Il a une barbe comme Edmond Dantes dans sa prison au château d’If. J’ai envie de rire, c’est lui mon géniteur, ils ont dû se tromper. À part son bouton dans le dos je ne lui ressemble pas. Ouf !

Il me regarde au-dessus de ses lunettes, il devrait prendre une loupe s’il ne me voit pas. En plus il est bigleux, il doit le faire exprès. Pauvre type. Son pentalon bleu est un bleu de travail, sa chemise est plus grise que blanche. J’ai bien envie de lui demander où il a mis son noeud papillon. Bon le gardien lui.met des menottes, il a dû tuer ce type.

Mila (sèchement) :Je suis pas là pour tourner autour du pot. Tu vas répondre.

Lui :C’est toi qui as demandé à me voir, non ?

Mila :Ouais. Et j’ai des raisons.D’abord, j’ai une saloperie dans le cou, une espèce de bout de chair qui pousse. Tu sais si c’est héréditaire ? Si d’autres de tes enfants ont ça ?

Lui : Jamais entendu ça. Mais j’suis pas médecin. J’ai pas grandi avec eux non plus.

Mila : Combien « d’eux », exactement ?

Lui (légèrement agacé) :Assez pour que je m’en rappelle plus vraiment. Cinq garçons, peut-être six. Pas sûr.

Mila interloqué : pff tu ne sais pas grands choses, tu as eu combien de femmes ?

Lui goguenard : une seule, la mère de mon fils aîné et de ma fille, une sale garce celle-là.

Mila stupéfaite : Ah je croyais que tu n’avais pas de fille.

Lui moqueur : Les autres filles sont mortes soit à la naissance soit plus tard.

Mila : combien de filles ?

Lui (silence bref) :Y en avait. Une ou deux. Mais elles sont pas restées.

Mila :Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il leur est arrivé ?

Lui (regard dur) :Elles sont mortes. C’est tout.

Mila (accusatrice) :C’est pas tout. On dit pas « c’est tout » comme ça. Tu les as connues ? Tu les as vues naître ? Tu sais ce qu’elles sont devenues ?

Lui (voix basse, nerveuse) :Non. Je sais qu’elles sont pas là. C’est tout ce que je sais.

Mila :Et ma mère ? Pourquoi c’est pas elle qui m’a élevée ? Pourquoi elle me regarde parfois comme si j’étais pas réelle ?

Lui :Parce que t’es un rappel. Permanent. Parce que ta naissance, c’est pas une histoire qu’on raconte à table.Elle a laissé sa sœur t’élever. Pour survivre, peut-être. Pour respirer.

Mila (gorge serrée) :Tu lui as fait quoi ?

Lui (pause, long regard) :Tu veux la vérité ? J’lui ai pris ce qu’elle voulait pas donner. Voilà. Et t’es née après ça.

Mila (blême, chuchote) :Je suis née d’un viol…

Lui (ferme) :Tu es née. C’est tout. Le reste, c’est à ta mère de te le dire. Ou pas.

Mila (yeux humides) :Et toi ? Tu regrettes ?

Lui :Je regrette rien. C’est pas dans ma nature. Mais j’regarde ce que j’ai fait. Et je vois les dégâts. Toi t’es là, vivante, debout. Les autres… pas tous.

Mila : Et mon frère celui qui était dans une poubelle ?

Lui inquiet :

Tu le connais, lui c’est une erreur, ce n’est pas moi qui l’ai mis dans une poubelle, ne m’accuse pas de tout. Certes je suis un monstre, mais un beau petit garçon comme lui, je voulais le garder, c’est mon père qui n’en voulait pas. Sa mère Jamila était sa propriété. Allez dégage je vais tout te dire et vu ton air candide.

Mila (très calme) :
Je voulais juste comprendre d’où je viens. Maintenant je sais.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

7 réflexions sur « Shana face à un choix 24 »

  1. J’imagine l’horreur pour Mila. Il va falloir faire avec mais ça va être difficile.

    Heureusement qu’elle est bien entourée mais, se construire avec ce passé auquel elle ne peut rien. Tu sais pendant son interrogatoire, j’avais l’impression de voir une deuxième Shana : directe, froide, déterminée à savoir.

    Du coup, c’est moi qui ait froid dans le dos !

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