Dès que Thomas est parti, Mila s’est sentie dépossédée de cette tante qu’elle n’appréciait pas réellement, mais envers qui elle restait toujours polie, soucieuse de préserver l’harmonie familiale.
Combien de fois s’était-elle étonnée de son manque d’empathie, que ce soit envers sa mère ou même envers eux ? Cette femme vivait aux crochets de la famille, profitant de tout ce qui transitait par Malian. Et ce mari, prétendument président d’un pays africain… existait-il vraiment ?
Elle en était là de ses réflexions quand Léo, penché sur son ordinateur, examinait un mail qu’il venait de recevoir.
Léo fronça les sourcils, les yeux rivés à l’écran. Un silence tendu s’installa, seulement troublé par le cliquetis discret du clavier. Mila l’observait du coin de l’œil, tentant de deviner ce que ce message pouvait contenir pour lui faire perdre ainsi sa concentration.
— Un problème ? demanda-t-elle enfin, d’une voix prudente.
Il ne répondit pas tout de suite. Puis, sans la regarder, il souffla :
C’est Tino le frère de Yanis et Inès notre cousin, il a vu ma recherche sur Instagram, il me répond.
Le cœur de Mila se serra, sans qu’elle sache pourquoi. Elle s’attendait à ce que son cousin revienne tôt ou tard dans la conversation, mais elle n’imaginait pas qu’il reprendrait contact aussi vite.
— Et… il dit quoi ?
Juste qu’il est perdu mais ne peut plus faire marche arrière. On arrête , Shana nous a appelé, allons manger on regardera après le repas.
C’est la nuit, son téléphone à la main. Léo fait défiler des vidéos en silence. Il tombe sur une page :
@the_damned_globetrotter.
Une vidéo attire l’œil de Mila qui est assise à côté de lui : une voix de Titi Parisien, une gueule mal rasée, et un titre :
Le jour où j’ai quitté la France pour ne plus jamais revenir.
Ils regardent ensemble. Tino, dans un hamac entre deux palmiers, explique :
“Je suis né dans la crasse. Petit fils d’un vicieux, fils d’un fantôme et d’une salope et frère d’ombres. Y a que la route qui m’a sauvé. Le monde est vaste. Oublier, c’est ma seule religion.”
Mila murmure, presque tremblante :
— C’est Tino.Il est vivant. Il s’est renommé Matenfer, un nom froid sombre qui donne le ton :
Léo assez calme, un tantinet irrité :
— Il veut rien savoir. Il crache sur nos origines.
Mila très excitée :
— On doit essayer quand même.
Mila envoie un message simple via Instagram :
“Salut Matenfer. Tu t’appelais Tino, je suis Mila. On a le même père. Je suis ta sœur. Je voulais juste te dire que tu n’es pas seul.
C’est Mila qui surveille la boîte mail qu’ils se sont fait pour ne pas mélanger leur vie et cette quête.
Silence radio de l’intéressé, chaque jour qui passe est un jour de trop pour Léo, mais lui est en train de monter un avenir à Yanis, ce dernier travaille chez un ébéniste qui fait des meubles. Léo est à son compte, c’est Thomas qui.lui a avancé l’argent pour acheter un atelier. Charge à lui de lui rendre. Puis Yanis né pouvant pas rester chez son patron doit en trouver un autre. Il en a parlé avec Thomas qui, lui en a parlé à Léo. Et voilà c’est parti Yanis sera son ouvrier dans un premier temps puis dans quelques mois voir année il deviendra son associé.
”Il ne répond pas. Mais deux jours plus tard, une story publique apparaît :Un selfie, avec un filtre ridicule, et le texte :
“Quand t’as fui l’enfer et qu’on t’envoie un faire-part familial depuis les flammes.”
Rires en commentaires. Une façon de repousser, d’esquiver.
Léo, furieux :
— C’est un connard. Il se fout de nous.
Mila (très calme) :
— Il a mal. Il se protège. Laisse-moi essayer encore une fois.
Elle envoie un deuxième message.
“Tino. Je sais ce que Capet t’a laissé comme poison. Mais il m’a laissée moi aussi. J’ai 15 ans. Je suis sa fille. Et il a détruit la vie de ta sœur Inès qui à mon âge, un peu comme ma jumelle. Elle est en danger. Elle est seule. Et moi aussi, j’ai peur. Si tu veux vraiment être loin de nous, dis-le. Sinon, prouve que t’es pas comme lui.
Un message est intercepté sur Facebook et sur Instagram, pour semer le trouble ou pour se justifier d’une manière maladroite. Il ne doit pas s’adresser à eux, c’est impersonnel.
Il faut attendre encore deux jours. Puis un message arrive, envoyé de nuit.
Tino :“T’as 15 ans. Putain. Moi j’ai fêté mes 22 ans dans un squat à Dakar à me dire que j’étais le dernier des déchets.J’ai fui la France pour ne pas exploser. Pour ne pas finir comme lui. Mais toi… toi t’es encore dedans. Alors j’vais pas rire cette fois. J’vais pas fuir.”
Il envoie une vidéo privée. Son regard a changé. Mila, Léo… je suis désolé d’avoir ri. J’essaie juste de respirer. Si y a vraiment une gamine en galère, une sœur à vous, à moi… je veux aider.Je veux pas qu’elle crève comme les autres.J’veux pas qu’elle devienne moi.
Mila et Léo sont assis côte à côte. Le téléphone posé entre eux. L’écran affiche :
Tino (en ligne)
Un dernier message fixe sur l’écran :
“Je veux rentrer. J’en peux plus. Mais j’ai rien. Ni papier, ni argent. Juste un sac et des regrets.
Leo envoie immédiatement un sms à Thomas pour lui demander son aide.
”Thomas entre dans le salon, tasse de café à la main. Il s’arrête en voyant leurs visages. Ils sont pâles. Figés.
Thomas (posément) :
— C’est Tino ?
Léo acquiesce. Mila, sans détour :
— Il veut revenir. Mais il est bloqué. Coincé au Sénégal. Il a plus rien.Thomas s’approche. Il pose sa tasse. Lit les messages. Son visage se ferme. Pas de colère. De la concentration.
Thomas (calme, mais ferme) :
— Vous avez bien fait de venir me voir.
Il s’assoit face à eux. Léo tente de cacher son émotion.
Léo :
— Tino, c’est pas juste un frère. C’est un survivant. Il a fui Capet. Il a tenu debout. Il a le droit à un retour propre.
Thomas hoche lentement la tête. Un temps de silence.
Thomas :— Il s’est fait appeler Math là-bas ?
Mila :— Oui. Pour éviter les gens. Il s’est reconstruit. Mais il n’a pas d’identité légale. Pas de passeport. Il vit de petits boulots, d’hôtels miteux.
Thomas (décidé) :— D’accord. Voilà ce qu’on va faire.
Il se lève. Attrape un classeur, un vieux téléphone satellite, son badge du GIGN.
Thomas :— Je vais contacter un ancien collègue à Dakar. Renseignement intérieur, cellule rapatriement. Ensuite, je parlerai à un officier consulaire. Il aura une extraction propre. Et un billet d’avion payé par mes soins s’il le faut.
Léo souffle, mais ne sait pas quoi dire, juste merci.
Mila baisse les yeux, émue.
Mila (chuchote) :— Tu vas vraiment faire ça… pour lui ? Papa
Thomas (regarde Mila avec gravité) :— Pour vous deux. Parce que je vous ai promis de vous protéger. Certains d’entre vous sont plus âgés mais si Mikael et Kévin se sont construits, toi Léo et Louis aussi. Regardez les dégâts sur la fratrie de Tino.
Thomas pense tout bas que c’est la famille de sa belle-sœur qui a le plus souffert.
Quant à Djamilla aimait ses enfants, elle les chérissait jusqu’à ce qu’elle meurt en mettant au monde Maël. Les petits ont été adoptés par deux familles différentes, mais Louis est fort il s’en sortira. Puis maintenant il a retrouver son petit frère Léo et accueillis à bras grands ouverts le petit dernier.
Il envoie Mila se coucher et demande à Léo d’en faire pareil. Demain il doit emmener son petit frère Maël passer le weekend chez leur frère et belle-sœur avec leur enfant. Le bébé s’appelle Nils, Maël a dit à Louis qu’il savait donner le biberon. Il était fier en lui le montrant hier dans l’après-midi. Maël est un ado bien dans ses bottes, Louis sera en capacité de gérer son frère s’il y avait un souci.
A suivre…
Copyright Juillet 2025

Thomas est vraiment un bon samaritain !
Toujours là pour aider, trouver une solution et payer de sa personne.
Je ne sais pas sait de faire revenir en France, le fameux Tino.
J’ai comme un doute !
Bises et bon vendredi – Zaza
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le pauvre Tino il a dû souffrir quand même.
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Quel homme, que ce Thomas !!!
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Thomas, toujours là pour les autres, jeunes ou moins jeunes.
Mais ce Math … j’attends pour savoir à quoi nous en ten ir.
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Tino qui sort de nulle part. Je crois qu’à présent la fratrie va être enfin au complet.
j’aime beaucoup le personnage de Thomas! Ça, c’est un homme! Un vrai! Il est fort et compatissant!
G Bisous
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Dans toute cette horreur il était bon que je mette une figure paternelle comme modèle pour tous les jeunes.
Avec un travail qui est prenant et dure.
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